
(Ce que me disait Gore Vidal en rêve)
«Ils le traiteront d’imbécile ou mieux: d’imprévisible fou », me dit Gore à son balcon sur la mer de saphir, à Ravello, « mais tu verras que la plasticité du monstre relève de la folie tout à fait ordinaire du multivers qu’il incarne avec son génie infantile d’instinctif narcissique, et tu as lu Suétone, tu as lu Les Douze Césars, tu a lu mes livres, tu sais le manque d’imagination des rapprochements actuels qu’on fait entre Rome et New York, tu sais que l’apparence trompeuse de la Force molle cache un plan destructeur qui relance le projet de Nixon de jouer sur l’incertitude, le désordre, voire la démence psychique, alors que la machine avance - sauf que Nixon n’était pas connecté, pas de Bush sur X, pas d’outillage virtuel pour travailler en temps réel la relativité des fantasmes collectifs et ramasser la mise au casino du faux », et Gore de me vriller un clin d’œil sarcastique après avoir évoqué son transit personnel des jardins des Kennedy au palais de marshmallow de Mar-a-Lago dont le kitsch et le toc lui semblaient finalement moins fragiles que les superstructures des Twin Towers, etc.