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  • Au Lecteur complice

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    Sept autres considérations matinales

    (ou comment tenir sa ligne face à la confusion)

     

    1. J’apprends ce matin de la Saint Désiré, dans le Prologue à La Pensée chatoyante de Pietro Citati tout dédié à la mémoire homérique d’Ulysse le mobile, la double nature de lumière et d’ombre, de violence et d’harmonie, du dieu incarnant, avec ses emblèmes contraires ou complémentaires de l’Arc et la Lyre, et que la vertu qu’on dit « apollinienne », en son épure, procède de l’obscure nuit du crime originel, cela me ramenant au 25e chant du Purgatoire de la Commedia de Dante qui marque depuis des mois l’interruption de mon commentaire – et tout à coup comme un éclair de foutre zèbre la page : la sublimation passe par là, ou plus exactement la transmutation poétique.    
    2. Cingria le thomiste « évhémériste » parle quelque part du sperme comme du « sang de l’espèce », et cela prolonge la vision physiologico-mystique de Dante, qui en fait dans le chant XXV du Purgatoire une sorte de transit fléché, des couilles mâles, dont il floute pudiquement la mention crue,  à l’âme suressentielle qui n’aplus de sexe ou qui les emmêle tous en orgiaque effusion ; et fort de cette observation bel et bien « apollinienne » je vais pouvoir poursuivre mon commentaire de la Commedia avec un clin d’œil à Philippe Sollers autre grand lecteur…  
    3. Peu porté à la critique de dénigrement ou aux démolitions « à la Rinaldi » dont raffole un certain public peu exigeant, j’avoue avoir été d’une rigueur excessive à l’encontre de certaisn livres de Philippe Sollers, à commencer par l’illisible Paradis et deux ou trois faux roman nrcissiques que j’ai qualifiés, notamment, de « Niagara du chiqué », et ce avant de découvrir et reconnaître chez lui un lecteur d’exception, et plus précisément, en complicité avec Benoît Chantre, un commentateur éclairé de la Commedia dans un volume de 742 pages crânement intitulé La Divine comédie.
    4. Un gros volume technique, intitulé Le sexe en solitaire, et signé par l’historien américain Thomas Laqueur (Gallimar, 2005) , prétend  que l’opprobre majeur lancé contre la manuélisation sexuelle n’est pas tant le fait de la Bible (la fable mineure d’Onan répandant sa semence au dam de la règle tribale) ni non plus cléricale (le souci du confesseur relatif au toucher de l’ouaille supposé peiner le Seigneur), mais bien plutôt de l’inquiétude capitaliste, née au siècle des Lumières, de voir l’Individu producteur de Force de Travail distraire son énergie laborieuse au lieu de se réserver tout pur à la divine Usine…               
    5. Ma petite-fille au prénom de Liza murmure à l’oreille de sa mère : « Moi veux MA robe », et c’est son premier désir de personne individualisée par elle-même en tant que MOI-JE, que je salue ce matin comme une divinité printanière…
    6. En 1964, au Gymnase de la Cité, à Lausanne, notre professeur de français Georges Anex nous avait proposé par défi, entre trois autres sujets de dissertation, ces mots du poète belge Henri Michaux : « Quand les autos penseront, les Rolls-Royce serint plus angoissles que les taxis », et j’aurai été seul à relever le défi, ce qui m’a valu la note de 9 1/2 sur 10, le prof en question restant calviniste en matière de compliments…
    7. Le même Georges Anex (1916-1991), critique littéraire mémorable du Journal de Genève / Gazette de Lausanne, premier commentateur (généreux) de mon premier livre, en 1973, s’est montré particulièrement tendre à l’égard de Lady L., mon premier flirt de l’époque, dix-huit ans avant notre mariage, alors que l’étudiante en question ne montrait aucune disposition sérieuse en matière de dissertaion ou d’analyse des poèmes de Paul Valéry et autres raseurs…