
Ce mercredi 20 mai. – Le journal de bord de l’humanité que constitue la Littérature avec une grande aile (l’image est de John Cower powys) s’est enrichi, le 20 mai 1799, d’une sorte d’empereur plumitif en la personne d’Honoré Balzac, qui s’ajouta lui-même une particule comme Napoléon se couronna lui-même – le futur grandgousier des lettres (la Comédie humaine compte au moins 140 titres) déclarant crânement que ce que le Corse n’avait pu accomplir avec l’épée le serait sous sa plume.
Mais qui lit encore Balzac, s’enquiert alors l’imbécile préposé au Nivellement contemporain. Moi, répond fièrement notre amie la Profesorella, connue de ses étudiants de l’université de Pise (où elle, enfant maltraitée à la Dicken) tenait à mains sûres la chaire de littérature française, et elle le confirme aujourd’hui en octogénéreuse à l’eoil clir : moi j’ai lu TOUT Balzac, et parfois plusieurs fois si tu me cherches en détail…

Et pourquoi lire Balzac aujourd’ui ? demandait le courriériste littéraire Bernard Pivot à l’écrivain Michel Butor qui venait de consacrer TROIS ouvrages au même Titan comme on n’en fait plus. Parce que c’est intéressant.
Ah bon, tu es en train de relire Les Trois mousquetaires ? Mais ça ne fait pas le poids, hein, à c’oté d’Illusions erdues, n’est-ce pas ? même si c’est intéressant bien plus qu’on ne le dit, et que, fort de ses plus de 400 romans, Dumas a lui aussi du monstre balzacien, auquel Pietro Citati, dans Le Mal absolu, le rattache en disant d’un Vautrin, comme Milady est l’incarnation du mal absolu au féminin, qu’il est bel et bien lui aussi une figure majeure du mal en sa dégaine de séducteur diabolique…