Lettres par-dessus les murs (41)
Ramallah, le 6 juin 2008, matin.
Cher JLs,
Cela m'a fait penser à un passage du bouquin de Calvino, Si par une nuit d'été un voyageur, où l'on voit un écrivain regarder une lectrice, par la fenêtre de son bureau, et l'écrivain en panne d'inspiration de se demander ce qu'elle lit, avec tant d'attention, et de se mettre à écrire pour elle – pas vraiment pour elle, bien sûr, mais pour le regard qu'elle posera sur ses mots à lui – et tout son projet d'écriture se ratatine alors en une bête entreprise de séduction, parce qu'il serait prêt à écrire n'importe quoi, des romans de gare, à l'eau de rose, à trois sous, pour peu qu'elle les lise avec la même attention, avec la même émotion, avec les mêmes soupirs et les mêmes froncements de sourcils.
Je te suppose aussi intéressé que lui, que moi, à séduire cette lectrice, étendue dans les herbes hautes de la Désirade… je crois que tu y réussis, parce que ce blog est fait pour elle, elle peut s'y promener en toute liberté, sans craindre d'être assaillie par un quelconque scribouillard avide de lui faire avaler ses mots, et elle choisira ses livres, ses phrases et ses images comme on fait un bouquet. Je te jette des fleurs donc, ce que je veux dire, c'est que par un miracle dont je ne veux pas connaître les rouages, ces écrits échappent à la loi du plus fort énoncée plus haut, et c'est ce qui me fait lire jour après jour ces carnets tournés vers l'Autre. J'aime le foutoir qui y règne, la façon dont ces billets changent de place à toute heure du jour, on découvre des textes écrits il y a dix ans, des fusées tapées à l'instant, qui disparaissent, reviennent dix jours plus tard, on a l'impression de contempler la table d'un bureau, vue de haut, un bureau jonché de papiers qu'on écrit, qu'on relit, qu'on empile, qu'on annote, qui finissent en boule, sont récupérés, défroissés, récrits, rangés et dérangés par des mains jamais immobiles, et ce qui fuse ici c'est la création à l'état brut, sidérante, pour ceux qui cherchent lentement le mot juste, qui rêvent ensuite de le graver dans l'éternité de la pierre ou du firmament, quand ils devraient plutôt se laisser porter par le vent, qui jetterait sur leur feuille des mots bien plus justes, bien plus vivants. C'est au jour d'aujourd'hui ce que je crois avoir tiré de cette correspondance longue de trois mois... quelques idées et un ami – dans quelques semaines nous nous serrerons la pince pour de vrai, j'ai hâte.
En attendant, je te donne vite d'autres nouvelles de Palestine - que je vois mal en ce moment, à cause de ma grippe, et parce que la vigne folle a envahi de ses feuilles tout l'horizon de ma fenêtre. J'entends des tirs dans la rue, des tirs de joie, à cause de la victoire d'Obama, ou des tirs de colère, à cause de sa belle tirade sur Jérusalem capitale d'Israël, je ne sais. L'espoir s'effiloche de jour en jour, je préfère écouter, ce matin, les chants entrelacés de l'appel à la prière, ils ont engagé une nouvelle équipe de muezzins mélomanes, ou alors on a changé les hauts-parleurs de tous les minarets, c'est très mélodieux aujourd'hui, ça donne presque envie de croire.
PS. Entre nous : je te joins mon roman, enfin, je suis sûr que tu n'as absolument rien d'autre à lire en ce moment...
Cher vieux,
Merci pour le foutoir et les fleurs : c’est vrai que ça fait beaucoup, lorsque tu reçois à peu près vingt livres par jour, donc à peu près cinq cents auteurs par mois qui défilent sous tes fenêtres avec leur calicot perso : et Moi ? et Moi ? et Moi ? Et voilà que tu m’envoies ton roman en messie virtuel, sans douter une seconde que je vais l’imprimer fissa et le lire dans la foulée et m’impatienter de le voir édité et de le saluer comme THE roman qu’on attendait.
Tu connais Les frères Holt ? C’est un roman américain, je crois, que j’ai lu en version abrégée dans le famous Sélection du Reader’s Digest, il y a de ça au moins un demi-siècle, qui racontait l’histoire de deux frères bibliophages finissant étouffés dans leur appart’ plein de livres et de revues et de journaux. Voilà La Désirade mon canard : à peu près 15.000 livres que je viens d’amputer de 5000 transplantés à mon nouvel Atelier et qui vont s’augmenter de 10.000 nouveaux quand nous aurons liquidé l’appart’ lausannois que nos filles quittent ces jours pour cohabiter avec je ne sais quels lascars. Et tu m’envoies un roman sous ton tas de fleurs. Alors gaffe que ce soit bon, car j’attaque tout à l’heure. Je finis de lire Vivre en Russe de Nivat père, formidable patchwork du slaviste à travers le temps et les lieux de la plus ou moins sainte Russie, de Pasternak à Poutine, et ensuite je finis Bagdad, zone rouge de sa fille Anne, non moins remarquable reportage à travers Bagdad et ses humanités. Je n’irai pas jusqu’à dire que je n’ai rien d’autre à lire ces jours que ton roman, puisque je viens de me lancer dans Le cheval rouge, vaste fresque tolstoïenne d’Eugenio Corti dont les 50 premières des 1000 pages m’ont déjà beaucoup touché (on y découvre une communauté de paysans et d'ouvriers de Brianza, en juin 1940, dont les jeunes gens vont partir à la guerre sous la bannière de l'Italie fasciste, à laquelle les gens de la région sont massivement opposés), mais enfin tu sais ma curiosité et mon impatience de voir éclore le verbe neuf.
Mais aucun mérite à cela: à vrai dire, les « purs » m’ont toujours gonflé, qui te soutiennent qu’il n’y a QUE l’école de Barbara Cartland qui mérite l’estime, foi de Blanchot, ou QUE la tendance dure de l’autofiction genre Journal de Bridget Jones qui tienne, comme le pressentait déjà notre cher Roland Barthes en ses éclairs de lucidité prophétique.
Blague à part, et pour en finir avec les exclusives anorexiques, j’ai été touché qu’au début de Bagdad, zone rouge, Anne Nivat rende un chic hommage à Shrapnels d’Elisabeth Horem, qui parle de la ville en guerre de l’intérieur de son bunker sécurisé de femme d’ambassadeur, avec une acuité de perception et une finesse d'expression rares. C’est ça la littérature à mes yeux : à la fois Bashung et Schubert, Vincent l’agité et Rothko, Godard et Sokourov, ton verbe tout contre le leur...
D’ailleurs, Pascal, quelle autre preuve de ton existence ai-je que ton verbe ?



Pour marquer le coup, il m’écrivait de temps à autre une sentence qu’il estimait digne d’être retenue. J’ai gardé un papier sur lequel il a griffonné au crayon rouge : COMMENT NE PAS RIRE QUAND ON VOIT UN MINISTRE…
Ce soir, cependant, c’est d’une autre rencontre que je reviens, à Genève avec Georges Moustaki dont vient de sortir le dernier disque, intitulé Solitaire et mêlant vieilles bonnes choses, comme Ma solitude (en duo avec China Forbes) et Sans la nommer (très bien enlevée avec Cali) et nouvelles compositions. On est loin, évidemment, des audaces de Bashung, mais j’aime bien cette dernière ligne de la chanson Rive Gauche avec son mélange de poésie de rue à la française et de touches latino, d’émotion délicate et de sensualité, et l’heure que j’ai passée avec le métèque tout chenu m’a rempli de nostalgie souriante, d’autant plus sereine que l’homme, visiblement fragilisé dans sa santé, n’a rien de désenchanté ni d’amer. Nous avons d’ailleurs parlé des cadeaux de la vie plus que de ses misères, évoqué sa vie à travers ses chansons qui, selon lui, en disent bien plus long qu’une biographie. Nous avons parlé de son enfance solaire d’Alexandrie, de sa vie dans les livres, de Kazantzaki et de Cavafy qui participent de sa source grecque, puis d’Albert Cossery dont il a tout lu et d’Henry Miller, toujours dans cette veine des viveurs philosophes qui vivent la paresse comme un art selon Lafargue, auquel il rend également un bel hommage.



















Les ânes nous sont revenus de la même façon hier, suivant de quelques jours l’éclosion des narcisses et précédant d’autant la lune de mai. La terre tremble au loin, les ânes chinois en pâtissent, mais cette année nous en aurons trois nouveaux à La Désirade qui n’ont rien à craindre : il est helvétiquement établi que la Terre ne tremble qu’à l’étranger. Ils se livrent donc en toute placidité à leur job d’ânes au pré : ils mâchent leur chewing-gum d’herbe en te matant avec l’air de te dire qu’ils ont tout leur temps. On les dirait aussi bien dans le bleu du Temps.
Antonio Rodriguez est né à Lausanne en 1973. Etudes de lettres à Lausanne et Paris. Il a publié deux recueils de poèmes, Saveurs du réel (Empreintes, 2006), En la Demeure (Empreintes, 2007), et de nombreux textes dans des revues suisses et européennes. Mène également une activité de critique universitaire avec des essais : Le pacte lyrique, Modernité et paradoxe lyrique: Max Jacob, Francis Ponge. Son écriture de création le porte également vers des formes interdisciplinaires, notamment avec l'image et la peinture, ou le renouvellement du roman photographique, dans Le Dépôt des rêves (Jean-Michel Place 2006) et une collaboration avec la plasticienne vaudoise Catherine Bolle (Ce qui, noir, prend souffle, Traces 2007). Il réside actuellement en France où il mène à bien l’écriture d’un essai et d’un nouveau recueil. Un nouveau recueil vient de paraître chez Tarabuste, sous le titre Big Bang Europa. Présentation à venir incessamment sous peu.









Ce n'est qu'à la fin de cette année-là que j'ai compris que Poe n'allait jamais se coucher, je l'ai surpris qui picolait dans sa chambre en regardant la nuit par la fenêtre ouverte, et dans un fauteuil enfumé, dans le coin, il y avait Mallarmé, et les deux salopards causaient ensemble toutes les nuits, quand ils s'étaient enfin débarrassés de l'étudiant et des ses questions idiotes.
Plus important : le chien du doreur ne se nomme pas Pierrot mais Poulou, enfin je dis Poulou pour égarer ceux qui se plaisent au jeu des identifications, ces ennemis avérés de la littérature. Quant au cybercat, il va de soi que ce n’est pas le chat du sac : c’est un angora noir et blanc tout semblable à mon adorable Gogol d’il y a bien des années, qui me revint un jour (j’habitais alors dans une espèce de ferme en bordure de champs de blé) se traînant sur quatre pauvres moignons après avoir été amputé de ses pattes par une faucheuse. J’en aurais chialé, mais j’ai dû le conduire au plus vite au refuge animalier voisin, pour le soulager définitivement. Une chose reste exacte dans mon premier petit rapport : le griffon.
Les quais de Vevey, cependant, sont plutôt féminins de tonalité, ou disons qu’ils ont quelque chose d’aquarellé (je ne tarderai d’ailleurs à sortir mes godets) et de tchékhovien, surtout en fin de journée et avec, ces jours, la dernière neige ourlant les créneaux de Savoie. Les gazons sont entretenus et plus encore, mais des jeunes filles n’hésitent pas à les joncher de leurs corps délicats. Quelques cyclistes point impatients zigzaguent entre de vieilles Anglaises se rappelant que leur cher Henry James a passé par là et que, quelque pas plus à l’Ouest, au balcon du château de l’Aile dont je te reparlerai, Paul Morand faisait tous les matins sa gymnastique nordique, torse nu et méthodique en son caleçon aussi joliment plissé que sa phrase. Bref, entre Vladimir Nabokov (à Montreux), Eric Ambler et Noël Coward (aux Avants) ou Ernest Hemingway (vallon que surplombe La Désirade sert de dernier décor à L’Adieu aux armes), Kokoschka (Villeneuve, où vécut aussi Romain Rolland), nous sommes ici bien entourés au point de nous croire au cœur du monde. C’est d’ailleurs exactement ça que je ressens en mon Atelier, mon cœur est ailleurs mais je suis ici au cœur du monde…


Celui-ci, que j’ai déniché pour 300 francs par mois dans la vieille ville de Vevey, à cinquante mètres d’Adam Mickiewicz, prince des poètes polonais, et qui se réduit à une chambre donnant sur une cour à ciel ouvert, précédée d’une piécette d’entrée pavée de brique rouge sang de bœuf pourvue d’un évier de pierre à robinet d’eau froide, ce lieu absolument serein à la douce lumière sera ma thébaïde. J’y installe 7000 livres et mon chevalet, rien d’autre, si : un fauteuil à bascule pour lire. Autant dire le monde au cœur du monde, mais loin des rumeurs du monde, et d’autant plus que le réseau Swisscom est coupé net à la porte de la vieille maison dont le parterre est occupé par l’atelier d’un encadreur-doreur, gardé par le chien Pierrot à foulard libertaire, secondé par le chat Cybercat. Tout un autre monde déjà, que je te raconterai en alternance avec ton Amman et ton Bangladesh.
Dans le jeu des coïncidences, figure-toi qu’une grande et belle édition récente d’Un coup de dé jamais n’abolira le hasard, paru à la Table Ronde l’an dernier, se trouve déposée depuis hier sur le manteau de la cheminée désaffectée de l’Atelier. Plus précisément, il s’agit du recueil des premières et deuxièmes épreuves avec les corrections manuscrites de Mallarmé, complété par un commentaire détaillé de Françoise Morel, la propriétaire de l’ouvrage. L’objet contient, entre autres, le poème en l'état de sa parution dans la revue Cosmopolis du 4 mai 1897 et un texte repris en préface à la première édition en volume. Françoise Morel précise : «Les observations qui suivent n'ont pour objet que l'évocation de possibles, multiples et variables interprétations symboliques. On ne trouvera donc pas une clé ou des clés, mais de nombreux chemins, parfois de traverse, des carrefours, peut-être avant tout une rencontre, une ouverture, un horizon. Et qui mieux que Mallarmé pouvait nous conduire… »







Donc, dans l’immédiat, je vais plutôt revenir en Autriche. Tu me vois venir avec cette autre folie ? Alors tiens-toi bien : moi aussi je la voyais venir, l’histoire de l’attentionné pépère. J’en ai senti l’odeur abjecte dès mon arrivée à la Pension Mozart, il y a treize ans de ça.
Eh bien tu oublies, ami Pascal : car ce fut par un dément que je fus reçu, furieux de mon retard (une heure en effet, dont je n’étais aucunement responsable, après un effroyable trajet en train rouillé, de l’aéroport en ville, interrompu par au moins treize accidents de personnes et de vétilleux contrôles de billets. Or au lieu de compatir et de m’offrir une part de la classique Sacher Torte, le Cerbère m’annonça qu’il m’avait d’ores et déjà puni en me reléguant dans la chambre de derrière, dépourvue de la table que j’avais posée comme condition de mon séjour, mesquine et sombre, avec une douche de fortune installée dans la pièce même, évoquant une cabine de téléphone de station balnéaire à l'abandon. Qu’en aurait pensé Amadeus ? Tu sais que cet ange était capable de colères vives. Moi aussi, surtout en fin de matinée autrichienne, quand on me fait chier. Donc j’envoyai paître cet imbécile et m’en fus avec mes treize valises, ne sachant où me réfugier. Treize heures plus tard à marcher sous la neige, j’échouai dans un hôtel du centre historique de la ville dont le concierge, après m’avoir signifié que je le dérangeais, me désigna une chambre certes pourvue d’un escabeau en forme de table, mais donnant sur une cour. De guerre lasse, je m’y posai, attendant d’autres désastres. Il y en eut tous les jours durant le mois sabbatique que je passai en ces murs d’une sournoise joliesse extérieure, jusqu’à ma rencontre d’Hitler.



Nous avons eu plusieurs fois cette discussion-là, parfois sérieusement aussi, et à chaque fois notre utopie se cassait la gueule, notre île implosait. On est tombé d'accord : il est agréable de rêver à des mondes tranquilles, immuables, mais ça ne marche pas. C'est là le gros problème d'Israël, cette volonté de vivre dans un monde qui serait parfait, qui serait clos, avec une population choisie. Ca peut sembler légitime, au départ il s'agit seulement de se tenir « loin des méchants ». Désir de contrôle, comme vous dites, qu'on porte tous au fond de soi, mais qui par essence ne connaît pas de limites, et qui finit par provoquer le pire. Je revois les images de ce sous-sol, que le père incestueux avait aménagé pour sa fille, une petite salle de bains, un lit, tout ce qu'il fallait. Dans sa tête à lui, c'était parfait aussi.


Le terminal d'Erez ressemble à un petit aéroport, vu de l'extérieur, avec son parking et ses grandes baies vitrées, c'est là-dedans qu'ont lieu les fouilles les plus poussées de la région, et sans doute du monde, trente-six détecteurs de métaux, de poudre, d'explosifs, des questions et des déshabillages. Et c'est aussi le seul point de passage pour Gaza, mais manque de pot, il est fermé.
C'est alors, ou un peu plus tard, que sort le convoi. Et l'image coupe net notre conversation, comme si le convoi nous avait roulé sur les pieds. Une jeep militaire qui précède un camion militaire, genre bétaillère. A l'arrière ballotte une trentaine d'hommes, les yeux bandés. La pêche du jour. On les conduit sans doute à la prison d'Ashkelon... Anja a le temps et le courage de prendre une photo, regardez bien, à l'arrière-plan, on voit la 4ème Convention de Genève qui part en fumée.













Je ne relève pas, je répète ma question, très calmement, combien de temps ça va durer, vous pouvez répondre à cette question ? Une demi-heure, peut-être plus, dit-il. On a trouvé une bombe.
Et lui : mais pourquoi ? Jusqu’au moment où je lui ai amené la photo que tous les journaux et les médias diffusaient de par le monde, annonçant la mise à prix de sa tête. Alors lui, candide, de regarder la photo et de me regarder, avant de prendre l’air catastrophé de l’aimable assistant-dentiste d’origine marocaine qui fait son stage dans la super-clinique de Chauderon et auquel on révèle soudain sa ressemblance avec l’ennemi public Number One. Note que Zarkaoui, comme je m’obstine à l’appeler, était repéré bien avant que son sosie terroriste n’attire l’attention sur lui : son faciès suffisait à le faire arrêter tous les matins à la douane française de Genève, venant de Bellegarde, et tous les soirs à la sortie de notre aimable pays. Les douaniers avaient beau savoir une fois pour toutes que ce bon Monsieur Meknès était un dentiste diplômé travaillant dans un maison sérieuse de la place lausannoise : sait-on jamais avec ces nez crochus ? Te voilà d'ailleurs donc en bonne compagnie, alors que je n’ai jamais eu droit, pour ma part, et surtout sur les lignes d’autobus Greyhound, aux States, qu’au soupçon d’être un Juif new yorkais, statut qui ne me défrisait d'ailleurs pas plus que d’être pris pour un Palestinien de Chicago ou un Tchétchène à Zurich-City. Bref.