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  • De la liberté ou presque

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    Ils se sentaient tous égarés:
    c’est ce qu’ils vous auront dit
    à la montée agressive
    des injonctions collectives
    affolées par tous les relais
    et réseaux en mêlée -
    la meute hurlait dans le vortex:
    tel était le contexte…
     
    Mais le contexte n’est qu’un mot,
    ou peut-être un prétexte
    à tout réduire en unité
    de douteuse simplicité,
    par les slogans et les formules
    incessamment publicitaires
    dans l’oubli concerté
    des évitements solitaires
    aux fructueux émules…
     
    Nous entrons en opposition,
    déclarent les fileuses,
    là-bas, du plus joyeux coton,
    vous défilerez mais sans nous,
    vous vous alignerez,
    vous vous lamenterez,
    à genoux et les yeux baissés,
    vous vous direz perdus,
    comme si vous l’aviez voulu…
     
    La planète est comme un vaisseau
    dans les flots étoilés
    où nous tissons les destinées
    et le juste et l’injuste
    se faufilent à l’avenant;
    la partition vous est fournie,
    et libre à vous d'en disposer,
    enfin libres ou presque,
    quand tout est presque hors le néant...
     
    Image: les trois moires.

  • Masque de chair

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    Qui écrit ça quand j’écris ça ?
    C’est la question du jour:
    la question qui te reviendra
    par delà ton oubli,
    quand soudain l’écrit sera signe
    d’on ne saura trop quoi,
    d’on ne sait qui non plus,
    car tu n’y seras plus…
     
    Qu’auras-tu donc été pour moi ?
    Telle est la vraie question
    car le miroir ne m’apprend rien
    que la fragile part
    de ce que de mon en deçà
    mon regard seul perçoit ,
    vers ton si fragile au-delà,
    d'ou me revient ta voix,
    quand tes yeux m’étaient si précieux …
     
    Je ne sais si je t’ai déçu (e),
    c’est la question qui tue,
    je me sens partout étranger,
    tout est neuf et à moi,
    à moi la vue, à moi l’emoi;
    je suis votre double à jamais,
    et je ne suis pas là:
    je vous parle au delà du trouble -
    je vous parle d’ailleurs,
    je ne suis pas ce que tu vois ...
     
    Peinture: Francis Bacon.

  • Avatars de la menterie

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    Mon ignorance est un océan
    dont l’oreiller me berce:
    je grandis de ne pas savoir:
    je vague et je divague;
    de port en port, de porte en porte :
    partout je suis ailleurs,
    ignorant tout,
    ignorant l’heure…
     
    Je porte en moi comme une idée
    qui me fait supporter
    d’être tant en n’étant que rien
    qu’un infini qui flotte,
    mais cette idée n’a pas de nom,
    et qui veut le savoir
    porte l’épée au fond de grottes
    où tout reste secret...
     
    Au demeurant le va et vient
    d’Ulysse et de sa bande
    m’enchante quand je dors
    et comme l’antilope rêve
    en oubliant Pénélope
    et ses fileuses de feuilleton
    campant sur les rivages
    arrimés à vos illusions,
    je reste du voyage ...
     
    L’océan est une fumée
    dont l’Éternel partout,
    au nom qui vous reste ignoré
    plus que le rêve du tatou -
    l’Éternel à vue de nez
    savoure les yeux fermés
    les parfums éventés;
    et Mnémosyne au pédalo,
    loin des serpents, près des oiseaux ,
    nourrit les mêmes songeries
    fleuries de menteries…
     
    Image: animaux imaginaires, du sphinx à la chimère.

  • Voyants et voyeurs

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    "Voyants et voyeurs vont voir ailleurs" (la Rumeur)
     
    Le quelqu’un qu’il voit au miroir
    n’est pas tout à fait lui,
    mais il se garde de le dire;
    il vaut mieux l’écouter:
    il dit Je en parlant de soi,
    mais la soie du discours
    flotte bien au-delà de lui -
    qui est-il pour oser dire moi
    se demandera-t-on,
    mais on ne signifie personne
    et lui n’est que question…
     
    Quand revient en lui la lumière,
    il ne voit plus que soi:
    ce moi que marquent tous les traits
    d’un visage apaisé -
    la guerre même n’aura pu,
    la guerre et la misère,
    dans le temps accordé n'ont pu
    démentir le présage …
     
    La voyante aveugle là-bas,
    en sourirait encore
    à voir aux yeux de cet enfant
    comme un ciel étoilé:
    ce gars-là ne dormira pas:
    je vois de la vision
    dans la foison de son regard -
    ma prédiction vaut un dollar…

  • Le matin quand on est abeille

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    Il faut repartir de tout près:
    il faudrait revenir
    au zéro du proche infini,
    c’est cela : il faudrait,
    et la faux tranche dans le vif
    du geste de beauté
    qui d’un premier matin délie
    enfin le décisif -
    il faut changer l’eau des lapins !
     
    L’éclat de rire à l’aube pure
    est le plus beau défi
    qu’au repli de tous les dénis
    l’heureux imbécile que je suis
    balance en insoumis ;
    telle la bille de mercure,
    le lapin n’en a cure,
    qui a jailli de la Nature…
     
    Nature, berce-nous follement
    et que l’eau ruisselant
    sur nos corps soudain ajeunis
    par la fraîcheur de son averse
    nous mette le cœur en perce;
    il faut falloir, il le faudrait,
    la faux signe le vrai,
    dira le beau, dira le blé -
    et l'abeille consigne...
     
    ("Le matin quand on est abeille, pas d'histoires, il faut aller butiner". Henri Michaux)