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Metin le veilleur

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488772750_10238068834526756_4045701440323359140_n.jpgÀ propos d'un homme de bonne volonté opposé aux dérives tribales des siens.
Il fut un temps où, dans la foulée d’un Sartre se la jouant maître à penser mondial, la notion d’engagement, essentiellement idéologique, posait son auteur sur le « bon bord », selon l’expression du chrétien de gauche Henri Guillemin.
Le chaos actuel, où l’adjectif-valise de « fasciste » suffit à qualifier n’importe qui pour n’importe quoi, relègue apparemment l’auteur « engagé » dans le débarras des vieilles lunes, alors même que la réalité d’un engagement conséquent, qu’il soit d’un James Baldwin contre le racisme ou d’un Boualem Sansal contre l’islamisme radical, reste combien légitime, et l’exemple de Metin Arditi, scientifique de formation et notablement enrichi au titre d’agent immobilier, mécène au rayonnement international et ambassadeur de bonne volonté à l’UNESCO, écrivain depuis sa quarantaine et couvert depuis lors de prix littéraires, défie tous les classements « sartriens » et notamment sur la « question juive », comme l’illustre magnifiquement son manifeste de 62 pages intitulé Comment je suis devenu juif en dix leçons (avant de virer parano), où nous voyons de plus près (comme dans le roman) comment une expérience vivante en pleine chair, et en lien avec l’Histoire, et donc avec le Temps, fonde la reconnaissance « charnelle » d’une appartenance.
C’est à quatre ans déjà que le jeune Metin, diablement précoce (!) et fermement décidé à devenir le roi de Turquie (il y était né en 1945 et, à deux mois déjà (!!) avait convaincu son paternel de migrer d’Ankara à Istanbul, pour mieux développer ses affaires), quand sa mère objecta. « Tu ne peux pas », alors lui : « Et pourquoi ? ». Et elle : « Parce que tu es juif. Nous ne sommes pas de vrais Turcs. Nous sommes juifs ». Et lui de conclure : « Alors je serai roi de Juivie »…
Mais c’était avant d’apprendre ce qui était arrivé aux millions de Juifs exterminés en plein XXe siècle, avant Israël qui l’a fait « virer parano » à la découverte (notamment) du sort de la Cisjordanie, avant l’horreur du 7 octobre 2023 et l’horreur de la vengeance lui inspirant ces lignes en 2024. « Le pays a, depuis des décennies, tourné le dos au droit international sans en payer le moindre prix ». Mais ceci aussi : « L’urgence est de ne plus écouter les marchands de malheur dont, étrangement, de nombreux arguments reprennent ceux des discours inflammatoires de Netanyahou ».
Se disant hanté par les images de Gaza, et s’abstenant cependant de juger la réponse d’Israël aux crimes atroces commis par le Hamas, c’est en homme de bonne volonté « réaliste », une fois encore, que Metin Arditi , à l’exclusion d’un État binational, propose un Etat fédéral inspiré du modèle helvétique – mais là encore foin d « spoiling » et allez-y voir, lectrices et lecteurs de bonne foi qui refusez de vous payer de mots - c’est au pied de la Lettre que vous attend l’écrivain...

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