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  • La bourde de la gourde

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

  • La bourde de la gourde

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

  • La bourde de la gourde

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

  • La bourde de la gourde

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

  • Olé, Lélo !

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    À La Désirade, ce mercredi 7 juillet 2026. - Dès mon retour à ma table au biord du ciel, ce matin, je reviens à Lélo dont je vais tâcher de rappeler tout ce qu’elle représente, à mes yeux, après avoir revu, hier soir, le docu sur Netflix dont j’ai mieux distingué, après mon premier bond d’enthousiasme, les qualités indéniables et les failles.
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    Quant à ces faiblesses, elles me semblent essentiellement liées à la faute de goût qui a poussé la réalisatrice, Emmanuelle de Riedmatten, à « théâtraliser » plusieurs séquences de la vie de Lélo et à prêter à celle-ci les traits de deux actrices dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles n’ont aucune affinité physique avec l’ « original ».
    Pire: une scène de triolisme érotique, associant Lélo à Albert Moravia et son rival Paolo, est figurée par trois paires de jambes nues inégalement velues, et l’on verra même une Lélo à poil peindre en se déhanchant comme une vahiné d’atelier…
    Dommage, car l’intention initiale est des meilleures et la réalisation satisfaisante dans les grandes largeurs à quelques détails près, dont le sous-titrage négligé qui transforme par exemple Philippe Jaccottet en Jacques Côté…
     
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    Pour ma part, le seul nom de Lélo me ramène à « toute une époque », comme on dit, qui était celle du Lausanne des années 1950 à 1970 où l’on dénombrait plus de 20 galeries d’art et tout un public avisé, des chroniqueurs compétents (un Paul Budry au premier rang) et des artistes ou des écrivains de qualité, dont un Cingria qui avait salué les qualités de Lélo avec laquelle il aura bu quelques verres (et peut-être plus) avec Budry sur quelque terrasse de Saint-Saphorin…
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    C’est avec le cri joyeux de « Cachou ! » que les gosses de Saint- Saph accueillaient Charles-Albert remontant à pied la venelle pentue du bourg pour se pointer chez Lélo,
    non sans s’arrêter devant la vieille fontaine où, en nage sous son béret, il sortait rituellement la fameuse boîte de cachous fleurant la réglisse dont il distribuait chaque fois une poignée aussitôt éparpillée entre les petites mains des rejetons de vignerons le remerciant d’une seule voix qui faisait rire Lélo malgré sa piètre santé de ces temps-là, « merci Cachou ! »
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    Ces détails m’ont été rapportés par notre ami le bon docteur Emile Moeri, cardiologue attitré de Cingria et proche de Lélo Fiaux à laquelle il prodiguait aussi conseils et soins gratuits, recevant d’elle en retour des toiles ou des objets peints de sa main, comme le bel abat-jour présenté dans le docu où le fils d’Emile, mon compère Tonio, lit également une lettre de son père à Lélo et présente une très belle petite crucifixion évoquant de loin un Goya – l’un des maîtres implicites de l’artiste, au même titre variable qu’un Delacroix ou qu’un Pierre Bonnard.
     
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    À propos de peinture, hélas, l’on ne saurait dire que la présente approche de Lélo Fiaux soit d’un apport bien conséquent, faute de bons cadrages -les citations visuelles sont bien trop rapides et jamais identifiées - et de commentaires dépassant les généralités et les platitudes. Le contexte vivant de l’artiste est en revanche mieux situé, grâce surtout aux propos précis et conséquents d’un Bertil Galland ou, plus anecdotiques, aux témoignages d’un Philippe Jaccottet (le fameux Jacques Côté !) ou des peintres Pietro Sarto et Jean Lecoultre. Dans la foulée, l’on rencontre Jean Eicher, dit Jeannot Loiseau, dont le grand talent est trop brièvement évoqué et le personnage à peine esquissé alors qu’il incarnait bel et bien la bohème artiste dont Lélo Fiaux était un peu l’égérie et la « performeuse », selon le vocabulaire actuel, toute d’instinct et de primesaut, etc.
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  • La bourde de la gourde

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    À relever, au fil des premières séquences du film documentaire consacrée à la grand artiste romande Lélo Fiaux (1909-1964), et diffusé sur Netflix sous le titre Lélo, Liberté et peinture, cette énormité proférée par une prétendue peintre (elle peint des lacs et des flaques conceptuelles) au nom de Caroline B. à propos d'une des créatrices les plus authentiquement engagées de ce pays de nains de jardin, au triple plan de la vitalité de coeur et de corps, de la réalisation artistique la plus exigeante et de la liberté existentielle incarnée loin des chiens et chiennes de garde de l'art aligné selon les lois du néo-conformisme et du Marché. Olé Lélo ! Olé olé...

  • Surprise du jour

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    Découverte d'un film documentaire ressuscitant sur Netflix (!) la personne haute en couleurs et l'oeuvre non moins admirable de Lélo Fiaux, grande artiste vaudoise oubliée à redécouvrir absolument. À partir d'une intention très louable, et fort appréciable par sa documentation visuelle, la chose pèche en revanche à divers égards...
    Ce dimanche 5 juillet. – Mon dimanche pantelant, titubant, chancelant, tousseux et dolent a été sauvé, cet après-midi, par la découverte à vrai dire ahurissante et non moins réjouissante d’un film documentaire diffusé par Nertflix et tout consacré à Lélo Fiaux, à sa vie de bohème et de poivrote inspirée, amante de Moravia et grand frangine attentionnée de l’adorable Jeannot Loiseau – lequel m’a longueement parlé d’elle sous les oliviers de Grignan -, revivant ici par le truchement d’un grand choix d’images d’époque évoquant ses multuples pérégrinations – de Papeete à Saint-Saphorin en passant par l’Andalousie, et autant de peintures et d’aquarelles tirées de son œuvre aussi profuse qu’oubliée aujourd’hui....
     
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    740769961_10245425415436681_2561248196942664502_n.jpgSurprise dans la surprise et qui m’a ravi autant que stupéfait: la séquence où apparaît mon ami Tonio lisant un texte de son paternel (Emile Moeri, cardiologue de Charles-Albert Cingria et grand ami de Lélo, dont il a collectionné les toiles), bref j’étais à moitié bon à jeter ce matin aux déchets carnés et je revis ce soir comme un ressuscité…
    Post scriptum du soir: quant à la qualité réelle de ce documentaire fleurant l'amateurisme provincial, avec des lacunes et des séquences de théâtralisation frisant le grotesque (trois paires de jambes nues figurant une situation de triolisme amoureux, ou cette actrice jouant Léo déguisée en clownesse), le soussigné préfère ne pas en parler un si beau dimanche...

  • Nuances de bleu

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    À La Désirade, ce samedi 4 juillet 2026. – Je dénombre quatre fines petites voiles immobiles, ce matin, sur les eaux étales du lac immense, qui flottent là-bas sans un souffle à la toile, j’imagine leurs occupants désoccupés sans les envier du tout mais sans exclure non plus que tel ou telle souffre dans sa vie comme, hier soir, j’ai été confronté aux tribulations de nos semblables en regardant les sept épisodes d’une série américaine toute consacrée aux conflits parfois mortels de voisinage ; or ce n’est pas morbidité mais attention lucide que de constater le cumul constant de la merveille et de l’infernal – la série en question détaillant, sur fond de banlieues apparement vouées au bonheur loin des méchants, un éventail de tous les aspects du ressentiment par humiliation, de la compulsion vengeresse et de ses séquelles criminelles – j’y ai resongé tout à l’heure en lisant, sur le Résau, la litanie aigre d’un influenceur plus ou moins écrivain convaincu d’être persécuté et concluant à la décadence inéluctable d'un monde égaré infoutu de l’écouter en sa pureté, et je nous revois sous le vent avec Lady L. barrant son 420, cette année-là, comme quoi…

  • Avatars de la menterie

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    Mon ignorance est un océan
    dont l’oreiller me berce:
    je grandis de ne pas savoir:
    je vague et je divague;
    de port en port, de porte en porte :
    partout je suis ailleurs,
    ignorant tout,
    ignorant l’heure…
     
    Je porte en moi comme une idée
    qui me fait supporter
    d’être tant en n’étant que rien
    qu’un infini qui flotte,
    mais cette idée n’a pas de nom,
    et qui veut le savoir
    porte l’épée au fond de grottes
    où tout reste secret...
     
    Au demeurant le va et vient
    d’Ulysse et de sa bande
    m’enchante quand je dors
    et comme l’antilope rêve
    en oubliant Pénélope
    et ses fileuses de feuilleton
    campant sur les rivages
    arrimés à vos illusions,
    je reste du voyage ...
     
    L’océan est une fumée
    dont l’Éternel partout,
    au nom qui vous reste ignoré
    plus que le rêve du tatou -
    l’Éternel à vue de nez
    savoure les yeux fermés
    les parfums éventés;
    et Mnémosyne au pédalo,
    loin des serpents, près des oiseaux ,
    nourrit les mêmes songeries
    fleuries de menteries…

  • Faits divers d'été

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    Ce jeudi 2 juillet. – À la peine ce matin en dépit de l’insolente splendeur du jour au balcon en forêt de La Désirade : peine à se lever et peine à marcher, peine à gravir les marches de plus en plus hautes du maudit escalier, peine de rotules et de mollets et autres jarrets au semblant d’exercice suédois pratiqué face à l’impertinent Panorama (Das Leben ist KEIN Panorama, sagte Arthur Schopenhauer), peine en somme partout et de quoi s’en réjouir comme un fou – tout cela profitant absolument à l’Esprit.
    L’Esprit est en effet en toi de toute sa force douce et tu entends encore, de l’autre jour, la voix de ton petit-fils A. te murmurant comme ça, au moment de quitter le petit gang et sa nouvelle maison du bonheur, qu’on a encore besoin de toi Papito – non mais des fois !
    Les enfants sont ces jours au jardin tout à l’insouciance de l’été, loin du terrible monde (ce qu’on apprend tous les jours des séquelles de l’affreux séisme de Caracas) le journal local s’attarde ce matin à la pendable ladrerie de l’Etat lésinant sur la climatisation des asiles de vieux du canton, tu vois d’ici ces gueules de fonctionnaires bien ventilés dans leurs bureaux frais comme des cimetières, alors que les vieilles peaux innocentes sont livrées à la cruelle canicule, tu restes conscient de tout ce qui bien plus que toi se trouve ce matin à la peine en ce monde aux dehors rutilants, sur quoi tu relève les yeux de tes fichus carnets sur le triple bleu du lac aux reflets verts et des verts paradis du ciel aux reflets bleus où palpite le cœur de ton cœur et la lumière de ta vie…

  • Sur le nuage

     
    À La Désirade, ce vendredi 3 juillet. – Un nuage d’été en forme de masque mortuaire voile ce matin les hautes roches savoyardes du Château et du Casque de Borée, qui devriat inciter à la méditation grave sur nos fins dernières, et pourtant non : le nuage s’est effiloché en frise de flocons d’ouate céleste et la pensée aussi se défait de l’Idée…
    D’ailleurs il fallait que je note ma rencontre de la nuit dernière avec Michel de Montaigne (prononcer Montagne) sur une des terrasses surplombant la cour et la basse-cour de sa demeure aux rayons préférés de sa bibliothèque (qu’il appelle sa Librairie) voués comme on sait au sciences naturelles, au jardinage et à la cosmologie et me parlant en toute simplicité à la manière des humanistes signalés par le Dictionnaire.
    Or notant cela, et la couleur amarante de la robe de chambre de mon interlocuteur nocturne me parlant maintenant avec bienveillance des « maisons » du ciel et des « trois commerces » amoureux, je me dis qu’il y aura ces jours soixante ans que je prends ces notes et qu’à soixante ans précisément Montagne (qui s’écrit Montaigne) a rendu son dernier souffle…

  • Comme une maison retrouvée

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    (Chanson de La Désirade)
     
    On reviendrait à la maison:
    on n’a pas oublié,
    on a traversé les saisons,
    ce qu’on dira : voir du pays,
    et ce qu’on n’a pas dit,
    ce qui offense la mémoire,
    ce qu’on n’a pas voulu
    ou qu’on ne veut pas reconnaître -
    mais ce n’était pas moi !
    en accusant le traitre
    qu’il y avait peut-être là,
    tout au tréfonds de soi -
    on n’en sait rien, ou mieux :
    on préfère ne pas savoir -
    on ne pense à l’instant
    qu’à la maison au coin des bois…
     
    Il y a partout des champs de ruines,
    du ciel on voit la terre,
    et ce qui exulte et fulmine,¨
    ceux qu’on bénit, qu’on assassine,
    celle qui vous accueille
    et ceux dont on recueillera
    les derniers mots au soir,
    après des jours de désespoir;
    et dans les ruines les errants
    ne pensent qu’à revoir
    cette maison au coin des bois
    qui existe ou peut-être pas…
     
    Un-deux-trois-quatre-cinq-six-sept-huit,
    fait un octosyllabe,
    suivi d’un-deux-trois-quatre-cinq-six ,
    au jeu des contrerimes,
    et c’est parti pour la chanson
    en rimes et raisons
    possiblement déraisonnables
    qui diront à façons
    ce que raconte la maison…