
À La Désirade, ce samedi 4 juillet 2026. – Je dénombre quatre fines petites voiles immobiles, ce matin, sur les eaux étales du lac immense, qui flottent là-bas sans un souffle à la toile, j’imagine leurs occupants désoccupés sans les envier du tout mais sans exclure non plus que tel ou telle souffre dans sa vie comme, hier soir, j’ai été confronté aux tribulations de nos semblables en regardant les sept épisodes d’une série américaine toute consacrée aux conflits parfois mortels de voisinage ; or ce n’est pas morbidité mais attention lucide que de constater le cumul constant de la merveille et de l’infernal – la série en question détaillant, sur fond de banlieues apparement vouées au bonheur loin des méchants, un éventail de tous les aspects du ressentiment par humiliation, de la compulsion vengeresse et de ses séquelles criminelles – j’y ai resongé tout à l’heure en lisant, sur le Résau, la litanie aigre d’un influenceur plus ou moins écrivain convaincu d’être persécuté et concluant à la décadence inéluctable d'un monde égaré infoutu de l’écouter en sa pureté, et je nous revois sous le vent avec Lady L. barrant son 420, cette année-là, comme quoi…


