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  • Ce qu'étaient nos étés

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    Les soirées d’été s’allongeaient,
    nous nous couchions plus tard,
    nos corps étaient abandonnés ;
    la mer, en vieux seigneur
    rêvait de nous envelopper
    de ses vagues langueurs…
     
    Tu marcherais au bout du sable,
    ce serait ton désert :
    tu tracerais ta propre piste,
    tu aurais seize ans maintenant,
    tu lèverais le tendre voile
    de tes timidités –
    tu te ferais artiste…
     
    Les étés restent déposés
    en nous comme de l’or ;
    il peut se faire qu’on nous dérobe
    notre sang passager,
    mais les étés en nous demeurent,
    à nous bronzer le cœur,
    semblant d’éternité…
     
    Peinture: Cézanne.

  • Poussière d'étoiles

    JLKASTRAL.jpg
     
    (Pour Anne Marie, dite la Professorella,
    ce soir de la Saint Sébastien, au téléphone)
     
    Au reflux des larmes tu restes
    un peu comme hébété,
    comme sonné par le vacarme
    du silence esseulé ;
    oui ce seront comme des cris
    te déchirant à vif
    comme des lames de canif
    au fond du ciel indifférent…
    Malgré l’Absence une illusion
    te dit que tout parle encore
    qu’en toi tout reprend corps,
    et de tout un concert de voix,
    la sienne comme aucune
    semble écouter en toi la tienne -
    mais tu sais qu’il n’y a personne…
    À cela près qu’on ne sait pas :
    si jamais on saura :
    ce qui était, ce qui es,
    ce qui sera sous la Grand’ Voile :
    poussière d’étoiles que tout cela -
    téléphone-moi de là bas…
    Image: Philip Seelen, portrait astral de JLK.

  • Sebastiano


    Sebastiane3.jpgLe pauvre garçon doit terriblement souffrir, mais j’ai ce qu’il faut pour le soulager quand les soldats nous laisseront seuls.
    Pour l’instant le supplice continue.
    Chaque flèche qui le pénètre me pénètre. Ils ne visent que la chair pleine, en évitant les os et les organes vitaux, de sorte que cela pourrait se prolonger des heures, mais je sais que ce sont eux qui flancheront les premiers et que pendant leur sieste je pourrai m’approcher de lui.
    Je me demande parfois si Dieu s’ombrage de la douceur de mes caresses. Je ne sais exactement qui a ordonné le supplice, et je me soumets à la volonté supérieure comme Sebastiano lui-même s’y soumet, mais comment Dieu ressent-Il la chose à ce moment-là ?
    La réponse que je donne pour ma part est une caresse plus douce encore, qui fait soupirer le jeune homme et lui tire ses dernières larmes, juste avant la conclusion.
    Sebastiane2.jpgPersonne ne me voit lui planter le couteau de cuisine au coeur. Personne ne l’a entendu me supplier de lui donner le coup de grâce. Sa queue se libère enfin du pagne quand ma lame s’enfonce en lui, mais le bleu de ma robe de pucelle se confond à celui du ciel et personne n’y verra la tache
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