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En plein chaordre

 
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Du désordre régnant et de nos façons de l’interpréter. Que l’ordre de la nature appelle des cantiques autant qu’un nouveau regard à clin d’œil quantique…
 
La Maison bleue, ce mardi 26 janvier.- Si je voulais être exact, je parlerais de la maison blanche, ou plus précisément de la maison style fin XIXe au crépi blanc cassé à bordures de gris tendre dont les stores des quatre étages sont cependant d’un beau bleu balnéaire qui me rappelle les cabines de bain de la plage de Balbec, devant le Grand Hôtel d’une des fenêtres duquel le jeune Marcel zyeutait les jeunes filles en fleur dont certains prétendent sans fantaisie que c’étaient des garçons, comme d’autres ne comprendraient pas que je parlasse de maison bleue pour cet immeuble blanc bordant la Grand-Rue, à la hauteur du marché couvert de la ville de M. dans lequel nous créchons momentanément. Or je me rends compte à l’instant que ce besoin de mise au point procède directement du désordre ambiant…
 
PRESCRIPTIONS.- Tombées en cascade hasardeuses des hauteurs de l’Autorité sanitaire plus ou moins autoproclamée, les interdictions frappant ces temps commerces divers et clients finiront par énerver ceux-ci et ceux-là dont la patience, proportionnée à une prudence sans doute justifiée, pourrait un de ces quatre virer à la désobéissance civile – j’en viens pour ma part à l’espérer dans l'esprit du philosophe dans les bois dont l'anarchisme protestait précisément contre le désordre établi.
Or je notai, hier, en parcourant telle grande surface puis en longeant telle rue, que dans les rayons de celle-là la culotte et la brosse à dents étaient en accès libre tandis que le linge éponge se trouvait proscrit, et que les jouets d’enfants restaient absolument interdits à la vente alors que les lunettes de lecture ou de plongée étaient autorisées ; puis au kiosque voisin je constatai que les journaux et revues feuilletés par mille mains restaient accessibles au contraire des livres aussi prohibés en ce lieu que dans les libraires d’ailleurs fermées.
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Et qui avait décidé cela ? Qui avait trouvé sanitairement juste d’autoriser l’entraînement des nageurs de 5 à 7 ans mais de l’interdire aux 8 à 88 ans ? Quelle andouille de fonctionnaire avait décidé que les enfants des garderies seraient punis par le Gouvernement s’ils chantaient dans tel canton de la Confédération et autorisés dans tels autres ?
 
L’ORDRE DE BABEL ? – En me baladant cette nuit par les rues de Séoul en compagnie de deux jeunes amis musiciens, puis en les accompagnant sur le toit en jardin d’une maison de bois d'un quartier plutôt modeste, non sans admirer la vue sur les buildings absolument immodestes du centre d’affaires, je me rappelai aussi que nos deux petits-fils, à peine âgés d’un et trois ans, ont déjà « fait » le Cambodge et la Thaïlande, donc entendu la musique particulière des langues parlées dans ces pays, sans les comprendre mieux que je ne le pouvais de la conversation de mes deux amis virtuels, musiciens de leur état et parlant de leur passion en des termes que seuls les sous-titres du film que je regardais me permettaient de saisir et de partager réellement puisque nos trois entités sensibles reliées par Netflix ressentaient à peu près la même chose de ce qu’on appelle la musique - or la musique échappe aux raisons de la statistique...
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Une heure auparavant, toujours via Netflix, je me trouvais à Malibu, en pleines années 70, dans la maison surplombant l’océan de la journaliste et romancière Joan Didion, apparaissant ensuite en reportage au Salvador, selon elle « terrifiant », puis dans les couloirs de je ne sais quel hôpital new yorkais où venait d’être transporté son cher John foudroyé cette nuit-là par une crise cardiaque probablement liée à l’hospitalisation récente de leur fille Quintana, laquelle ne se remettrait pas non plus de sa maladie aux symptômes assez semblables à ceux du coronavirus…
Sur quoi j'ai repris la lecture (sur Kindle cette fois) du très beau récit de la même Joan Didion (L'année de la pensée magique) consacré à son deuil, où elle s'efforce de retrouver l'ordre de la bonne vie dans le chaos de sa douleur. Et si ce chaos apparent n’était qu’un aspect de l’Ordre cosmique ? me dis-je à présent.
 
QUELLE CONSPIRATION ? – « Nous ne somme pas désespérés », écrivait cet homme très sage que fut Charles du Bos, « nous sommes dans la perplexité », et c’est ce que je répétais ce matin à Lady L. en lui proposant de rapporter l’idée d’un complot aux pouvoirs abusifs du monde entier, hors de toute concertation entre de fantasmatiques « états profonds » mais bel et bien conformés à l’enrichissement privé et à l’abrutissement public des masses.
Pour ma part je n’ai qu’à tourner la tête vers L. pour constater que l’ordre des campanules dans la lumière du matin, l’ordre des sourires d’enfants préservés du malheur, l’ordre musculaire accordé au galop de cheval déconstruit par Leonardo sur ses dessins de dissections, pareil à l’ordre tourbillonnaire des cascades et à celui du sourire serein de la Joconde, ressortissent à une certaine harmonie échappant de plus en plus à tous les discours jusques et y compris à celui de la critique d’art se croyant branchée, comme le Marché a détruit l’ordre de celui-là.
Oui, la culture actuelle est un lamentables désordre, mais l'ordre nouveau se conformera aux mouvements de l'Univers et la vieille notion de progrès linéaire devra cesser de freiner nos curiosités...
S’il y a conspiration, tout désordre dénué de style en est le signe, et ça nous concerne avant tout le reste. Par conséquent voyons les choses comme elles sont, sous le microscope ou à la longue- vue, et préparons-nous surtout à changer nos façons de voir et d’interpréter ce que nous voyons, soyons stylés et gentils, etc.

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