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  • Donald octo-millenial

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    (Ce que me disait Bret Easton Ellis en rêve)
     
    « Tu as relevé le fait que le nom de Trump est cité 47 fois dans American psycho », me disait Bret devant la statue de Vladimir Nabokov où il m’avait rejoint depuis sa suite du Montreux-Palace, « et tu te souviens, hypermnésique tel que je te connais, qu’un épisode du roman est « trumpien » à outrance, quand mon killer Pat Bateman débarque dans la laverie chinoise avec les draps supposés maculés à mort par le sang de la miss qu’il vient de massacrer, et que les Chinois ne bronchent pas vu que les draps ensanglantés ne le sont, comme son crime, que dans l’imagination du killer, qui a tué sans tuer comme Donald ce matin prétend avoir gagné la guerre sans l’avoir gagnée – ce qui revient au même », et Bret avait vrillé un bref clin d’œil à la statue de Nabokov, dont il préférait comme moi les nouvelles aux romans, puis il avait daubé sur l’idée selon laquelle Trump était un monstre typique du patriarcat blanc viriliste alors que, selon lui, c’était plutôt un octo-millenial décérébré qui, au contraire des révoltés de 68 en appelant à prendre ses désirs pour des réalités, prenait sa réalité perso comme un désir accompli grâce aux lois du marché verrouillées par la Machine, « et ce que j’ai noté dans White s’applique mieux encore au nouveau Donald, trente ans après la brute machiste des années 80-90 fricotant chez Epstein, le délire du personnage révélant sa vraie nature d’immature profond aux réflexes d'ectoplasme sur-adapté, apolitique et amoral, en phase immédiate avec les milieux multiples auxquels il est à la fois connecté en temps réel et totalement dissocié – et là je n’ai plus envie de donner dans la satire mais de t’inviter à me suivre au cimetière là-haut où le Vieux repose avec Vera » , etc