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Bateaux ivres

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Verlaine le pouilleux,
tout amoureux fou d’un voyou
renifle dans sa verveine;
il a mal partout,
à la tête et au cœur couillu,
car aimer lui fait de la peine.

Cet Arthur est un saligaud :
ce foutu gigolo
qui tord le cou aux vers
et fait rendre gorge à l’orage,
les peignant tout en vert
en vrais Peaux-Rouges coupe-gorge -
ce débauché de l’Ardenne bleue
est un démon vaudou
bandant comme un mât de garenne
et cinglant jusques aux étoiles
quand il se fait la malle
sur son bateau nu titubant
de cinglé tout en moelle.

Alors Verlaine qui n’en peut plus
lui tire un coup au fond du cœur:
un bon coup de couteau
chargé de vraies balles en métal -
on sait que ça fait mal;
mais Verlaine aime à en faire peur,
il n’est plus que douleur
et de raison: que dalle !

Cependant, et bien étonnant
au dam du philistin:
c’est que Rimbe à la fin pardonne,
trouvant à son ami
l’excuse de la maldonne
et des jeux joyeux du destin;
la belle excuse enfin
de qui perd la boussole en mer
et se noie dans la prose,
les yeux égarés de beauté -
deux anges naufragés,
et la musique en toute chose...

 

 

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