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06.04.2008

A rebrousse-toiles

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Les questions que chacun brûle de se poser en matière de cinéma un dimanche 6 avril de grisaille neigeuse.

1. Quel est le dernier film que vous ayez vu en salle ou en DVD et qu’en avez-vous pensé ?
- Hier soir en DVD: L'Enfance d'Ivan d'Andréi Tarkovski. On ne pense rien d'un tel film: on le vit.

2. Quelle est la meilleure définition qu’un cinéaste vous ait donnée de son art ?
- Alain Cavalier : l’art de passer d’un plan à un autre.
3) Le chef-d'oeuvre ab-so-lu ?
- Cette expression est d'une stupidité tout actuelle, mais Vertigo n'est pas mal dans le genre.

4) Citez le moment d'un film qui vous revient obsessionnellement en mémoire :
- La mélopée lancinante du protagoniste à la  balançoire, sous la neige, dans Vivre (Ikiru) d’Akira Kurosawa.

5) Une séquence qui vous a fait pleurer depuis sept ans:
- Les larmes, à la fin de L’enfant des frères Dardenne. La fin de La vie des autres.
6) Votre bon mot préféré d'un cinéaste ?
- Fellini qui répond, au critique lui demandant ce qu'il pense de l'opinion d'un de ses confrères prétendant que les mauvais cinéastes italiens ont tous un nom finissant par "ini": - Mais n'est-ce pas mon ami Viscontini qui prétend cela ?
7) Un film dans lequel vous auriez aimé entrer ?

1309976252.jpg- J'aurais volontiers fait la valise dans La fille à la valise, ce bijou de Valerio Zurlini.
8) La scène d'amour qui vous a ému ces trois dernières années ?
- Dans Sous les toits de Paris, les vieux amants Michel Piccoli et Mylène Demonjeot. Vraiment très belle scène.  
9) Citez un film qui module la plus profonde nostalgie.
- Incontestablement et pour toujours : Vivre d’Akira Kurosawa.
710265019.jpg10) Quelle est votre apparition préférée d’un personnage historique dans un rôle de fiction ?
- Le Hitler de La Chute est celui que je préfère cette semaine.
11) Votre film préféré ce 6 avril 2008 ?
- Je dirais Le voleur de bicyclettes de Vittorio de Sica.
12) Citez les titres du premier double programme que vous diffuseriez pour l’inauguration de votre propre salle d’art et d’essai ?
The Snapper  de Stephen Frears, et La Bataille pour Haditha de Nick Broomfield.
13) Quel serait le nom de cette salle ?
- Le Trou.
14) Le film le plus résolument tordant ?
- Joe la limonade, parodie de western d'un cinéaste tchèque dont je ne me rappelle pas le nom.
15) Votre film préféré de Federico Fellini ?
- Cela change tous les jours : aujourd’hui c’est La Strada.
16) Votre émotion la plus mémorable liée à l’utilisation de la couleur d’un film ?
- La scénographie de Senso, de Luchino Visconti.
17) Quel film constitue-t-il la plus forte critique de la guerre ?
- La bataille pour Haditha, hier, et aujourd’hui Lettres d’Iwo Jima.
18) L’actrice que vous n’épouseriez sous aucun prétexte ?
- Arielle Dombasle, nul doute.
19) Quelle critique vous a-t-elle semblé la plus injuste depuis 7 ans ?
- Celle de Gérard Lefort à propos de La chute.
20) Y a-t-il un film que vous aimeriez avoir signé ?
- Umberto D.
21) Le plus grand ratage d’une adaptation de roman ?
- J’aime beaucoup L’homme qui a tué Don Quichotte, mais Terry Gillian va faire encore mieux.
22) Votre film préféré de la semaine prochaine ?
- J’ai vraiment envie de revoir Saraband de Bergman 
1653112627.jpg23) Qu’est-ce qui pour vous, dans un film, marque la supériorité du 7e art ?
- C’est le cinéma, me semble-t-il. Vous voyez autre chose ?
24) Citez le meilleur livre qui ait été inspiré par un monstre sacré ?
- Je suis en train830567178.jpg de le lire. Il s’intitule L’ogre obèse et fait revivre Marlon Brando et deux autres magnifiques personnages, imaginaires, avec un brio formidable. Son auteur est Claude Delarue. Lr roman vient de paraître chez Fayard.
25) Quel est votre souvenir de cinéma le plus aquatique ?
- Les cœur verts, d’Edouard Luntz, une histoire de blousons noirs en « cinéma vérité » que j’ai vu 27 fois (j’étais alors placeur de cinéma). Il y a là une scène de natation nocturne clandestine, dans une piscine, qui est plus encore qu’aquatique: amniotique.
26) Citez l’auteur qui parle le mieux de cinéma :
- Il me semble que c’est Gilles Deleuze. Ou peut-être Serge Daney ? Ou quand même Jean-Luc Godard ? Ou Luc Dardenne ? Ou Martin Scorsese dans ses magnifiques anthologies du cinéma américain et italien ?
27) Citez le film dont le mauvais esprit vous ait le plus réjoui :
- C’est arrivé près de chez vous, naturellement. Et Prick up your ears de Frears, pas mal non plus.
28) Votre film préféré des sixties ?
- Probablement Qu’est-il arrivé à Baby Jane d’Aldrich. (1962)
29) Le film que vous enverrez votre pire ennemi voir ce soir ?
- Je n'ai aucun ennemi. Par égard pour mes amis, je leur recommande de ne pas aller voir le dernier mauvais film qui passe en salle, que je n'ai d'ailleurs pas vu. 

30) Quand avez-vous réalisé pour la première fois que les films étaient réalisés ?
- Quand j’ai réalisé mon premier film sans pellicule.


Avertissement : ce questionnaire, libre de droits pour les zones humides des terres émergées, résulte du pillage et de la réadaptation de la version proposée par Ludovic Maubreuil, déjà recyclée par l’ami Pierre Cormary.

Commentaires

Les questions sont pointues, les réponses souvent piquantes. Exercice vivifiant pour la mémoire de celui qui l'écrit et aussi pour celle du lecteur-trice... [Flesh? Damned j'en ai presque tout oublié!]
Pour la question des non-épousailles, je n'arrive pas à savoir qui je fuirais en courant le plus vite, de Kevin Costner à Christophe Lambert.
Autre sujet de perplexité: pourquoi n'ai-je jamais rencontré en tant d'années de fréquentation assidue de salle obscure un seul placeur??

Ecrit par : marie.. | 03.04.2008

Vous mettez le doigt, Marie, sur l'un des drames de notre époque: la disparition des placeuses et des placeurs. Les placeuses et les placeurs, à travers les siècles, ont constitué la pépinière du goût en matière d'art. Les placeuses et les placeurs de l'Antiquité égyptienne, les placeuses et les placeurs des cathédrales de nos mères-grands, les placeuses et les placeurs de l'avant-garde théâtrale suédoise, et quelle perte aussi quant à la douce pratique du pourboire, elle-même liée à la coutume séculaire: pour boire...

Ecrit par : JLK | 03.04.2008

Oh j'ai bien des souvenirs de jeunesse où des placeuses perçaient de leurs torches électriques l'obscurité pour nous conduire à nos fauteuils... et, oui, nous leur glissions un pourboire à ces Lucifères! Mais de placeur mâle, je n' ai jamais croisé un seul spécimen.

Ecrit par : marie.. | 03.04.2008

Et bien dîtes donc, en voilà un questionnaire des plus intéressants. D'ailleurs, je vais m'empresser de découvrir films et réalisateurs cités, qui me sont pour la plupart inconnus. Voyez-vous, pour ce genre de partages culturels dont vous me faîtes le plaisir (oui, "me", sur ce coup, je ne vais parler qu'en mon nom), je ne cesserai jamais d'être fasciné par la magie de la toile.
Monsieur, bien à vous
Mike.

Ecrit par : Mike B. | 04.04.2008

Mike, vous allez cesser de me traiter de Monsieur où je vous envoie Chigurh, le tueur du film que vous savez...

Ecrit par : JLK | 04.04.2008

Rires, très bien alors, j'arrête d'être taquin avec cette dénomination qui ne vous sied que très peu. Cependant, je me débrouille pas mal pour tirer à pile ou face, j'aurai peut-être un peu de chance. Dans le pire des cas, je rangerai pour quelques temps le Duc dans sa baignoire et appellerai Walter à la rescousse. Ce peut-être un choc des titans intéressants...

Ecrit par : Mike B. | 04.04.2008

Aucune chance Mike. Chigurh a de nouvelles armes. Il intervient par les conduits de réfrigération latéraux au moyen de jets de lave quantique de type NewZyklon. Tu fais O et t'es déjà cyanisé comme la ratte blanche dans la canule de Zorgal le fielleux. La pièce n'a plus de face qui pile: elle chuinte dans la spirale d'antimatière.

Ecrit par : JLK | 04.04.2008

Oui mais, Walter le vétéran a la rage du vieil ours paranoïaque. Et les nihilistes, il leurs croque les oreilles, et fissa fissa. De plus, il peut se servir du brave Donnie en guise de bouclier humain. Chigurh, bien que malin comme un singe, fourbe et glacial comme une hyène, ne m'a pas l'air très à l'aise dans les combats au corps à corps. D'autant que son derby avec une voiture l'a laissé bouche bée...

Ecrit par : Mike B. | 04.04.2008

Dommage que tu sois si loin Mickey, on se serait partagé la fiole de vodka au miel que je viens d'ouvrir au coin du fuego, alors que l'ourse Manka la schizo cherche Walter juste venu chercher refuge à La Désirade...

Ecrit par : JLK | 04.04.2008

D'ores et déjà je vais de ce pas me procurer le livre de Claude Delarue "L'ogre obèse" je vais me régaler pour ma journée de repos ,demain je travaille au cinéma !
Je vais montrer ce questionnaire à mon patron , pour voir s'il peut programmer d'anciennes copies ...
Tous les ans Fassbinder hante nos salles , j'ai eu une chance inouie de rencontrer Hanna Schygulla ...
Comme les retards ne sont permis (une anecdote , un jour Juppé est arrivé quelques minutes de retard , il n'a pu voir son film) , il n'ya pas de pubs et chaque minute du film compte par respect de tous les protagonistes du film du début jusqu'à la fin du générique ...c'est pour ça je pense qu'il n'y a plus de placeurs mais c'est le caissier ou caissière ou le projectionniste et la projectionniste qui courent comme des dingues pour fermer les portes ...
David Lynch ne vous dis rien ?...
Merci .

Ecrit par : soulef | 05.04.2008

Merci à vous Soulef, dont je découvre le blog. C'est vrai que fermer les yeux fait parfois mieux voir, même au cinéma. David Lynch bien sûr, mais pas tout.

Ecrit par : JLK | 05.04.2008

Cher amis, et cher JLK

Je vous propose un nouveau jeu...

Envoyez moi un poème - de vous ou d'un autre - , une citation, un titre de livre, une définition, une critique, une prose, un morceau écrit, des miscellanées, bref, un - ou des - "quelque chose" sous forme de mots que je rassemblerai sur le blog

CABINET DE CURIOSITES d'Éric Poindron.

Ce sera le cabinet de curiosités des amis....

Je compte sur vous et sur ceux à qui vous ferez passer le message...

Ma contribution - parmi d'autres à venir :

"Ici nous vivons tous dans une ambitieuse pauvreté " Juvenal.

Eric Poindron

Vous pouvez déposer les mots sur :

Le Cabinet de curiosités de Éric Poindron

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites


ou à : coqalane@wanadoo.fr

Ecrit par : Éric Poindron | 05.04.2008

Définition du cinéma,

selon Truffaut : C'est une opération chimique qui prend ou qui ne prend pas.

Bien à vous et toujours au plaisir de vous lire

Eric Poindron

Ecrit par : Éric Poindron | 05.04.2008

Je lis "Le bel obèse" ...merci ,
J'adore M.B et sa vie m'intrigue."...une existence sans réalité cernable mais qui lui permettait tout de même de mesurer l'ampleur de son talont ,l'immensité de son ennui .Il parvient à s'arracher , à se lever , alla s'accouder à la balustrade mouillée de rosée ,se dit qu'il lui restait encore de grandes foutaises à accomplir ,quelques millions de dollars à gagner ,quelques producteurs à entuber ,et cette perspective de désolation infiniment satisfaisante le comblait d'aise ."
Il a payé cher ses engagements .

Ecrit par : soulef | 06.04.2008

Cher JLK,
Je tente de vous joindre mais visiblement je n'ai pas d'adresse valable. Je tente donc ma chance ici...
Peut-on vous faire parvenir un mail? à l'adresse que vous pourriez m'indiquer sur mon mail (qui doit apparaître dans ce message) ?
On se croirait dans un roman d'espionnage...
Bien à vous

sf

Ecrit par : Stéphane Fretz | 10.04.2008

No problem agent SF. Dans la colonne de gauche (Cinquième) vous voyez un A Propos. Mon mail est casé là. Bonjour à vos toiles.

Ecrit par : JLK | 10.04.2008

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