
À L'Oasis, ce jeudi 8 avril 2026. – Le soleil printanier dénude les cuisses et fait tomber les chemises : il y avait ce soir comme un prélude estival sur le ponton où je descends tous les soirs mon vin chaud, un formidable Black tout tatoué, comme laissait le voir son maillot, semblait trés lancé dans l’entreprise de séduction de deux blondes dans la trentaine, tandis qu’un préado écrasait sa joue sur la table d’à côté avec une sorte de tristesse accusatrice, entre trois dames jacasses, dont sa mère probablement parlant fort l'américain; et je me réjouissais d’être encore en vie au milieu de ce tableau après avoir décidé résolument, en fin de matinée, après un téléphone de notre fille puînée m’annonçant le départ de sa petite équipe demain destination Majorque, de ne pas lâcher la rampe de la fusée avant la fin des vacances des petits…
NE PAS CRIER AU LOUP. - On dit que c’est le bon vieil Esope qui a forgé le conte du garçon multipliant les fausses alertes avant de voir son troupeau dévoré par le loup profitant de l’insouciance stimulée des villageois, et c’est fort de cette sagesse antique que, ce matin, j’ai déclaré à mes filles de ne pas s’inquiéter tout en évoquant le contraire entre les lignes, de mon état de plus en plus chancelant, mon souffle réellement défaillant et mes jambes ne me portant plus qu’à peine, doutant de plus en plus d’arriver au 14 juin prochain où l’on sera censé fêter (sans moi) les 80 ans du Président américain, s’il ne s’est pas effondré d’ici-là sous le poids de sa nullité, et la mémoire de Che Guevara né le même jour (en 1928) et assassiné à la veille de ses quarante ans – tous trois donc nés sous le signe des Gémeaux qui passe pour celui de la dualité...
Or la question reste à mes yeux, ce soir, de savoir si le Che, au pouvoir eût été moins malfaisant que le misérable Donald Trump ? L’exemple de Fidel Castro en fait douter malgré la jobardise à lunettes de plomb d’un Jean-Paul Sartre et de tant de grands intelligents, mais passons...
Et marchons plutôt, camarades, jusqu’à la fin des vacances de nos innocents…