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Rebatet le fasciste

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Ma  visite à l'écrivain maudit
Dix ans après la mort de Céline, Lucien Rebatet passait, au début des années 1970, pour l’écrivain le moins fréquentable de la France littéraire. Condamné à mort pour faits de collaboration, il avait échappé de justesse au poteau après des mois, les chaînes aux pieds, à attendre le peloton. Des propagandistes du fascisme, il avait été le plus frénétique par ses écrits, notamment dans les colonnes de Je suis partout, plus encore  dans le pamphlet furieusement antisémite intitulé Les décombres, paru en 1942 et qui lui valut un énorme succès. Connu de ses amis pour sa couardise physique, Rebatet s’était comporté, face à ses juges, avec une indignité complète. Autant dire qu’un tel personnage n’avait rien d’attirant. Mais Lucien Rebatet avait écrit, en prison, un roman magnifique : Les deux étendards. Je l’avais lu à vingt-cinq ans, quelque temps après m’être éloigné du gauchisme bon teint. Un voyage en Pologne, la découverte du Rideau de fer et du socialisme réel, la lecture de Stanislaw Ignacy Witkiewicz et maintes conversations sur les méfaits du communisme, dans le cercle des amis des éditions L’Age d’Homme, à Lausanne, me portaient naturellement à prendre le contrepied du conformisme intellectuel de l’époque, à l’enseigne duquel un Rebatet faisait figure d’ « ordure absolue ». Avec les encouragements de Dominique de Roux et de Vladimir Dimitrijevic, je me pointai donc un jour, moi qui n’était ni fasciste ni antisémite non plus, chez ce petit homme perclus d’arthrose, vif et chaleureux, qui ne tarda à me lancer qu’à mon âge il eût probablement été, lui, un maoïste à tout crin... Les lignes qui suivent reprennent l’essentiel de l’entretien que je publiai au lendemain de ma visite, qui me valut pas mal d’insultes, de lettres de lecteurs indignés et même une agression physique dans un café lausannois. Bien fait pour celui qui se targuait d’indépendance d’esprit…


Entretien avec Lucien Rebatet. Paris, 14 mars 1972.
Vingt ans après la parution de son plus beau livre, Les deux étendards, Lucien Rebatet se trouve toujours au ban de la plupart des nomenclatures du roman français contemporain, son nom ne se trouvant prononcé, par les professeurs de littérature et les critiques, qu’avec le mépris réservé en général aux assassins et aux filous. La raison de cette conspiration du silence : ses opinions politiques. Rebatet fut en effet partisan, jusqu’à la dernière heure, du national-socialisme, « et de l’espèce la plus frénétique », ajoute-t-il lui-même.
Je l’imaginais de haute taille et tonitruant, et je l’ai trouvé plutôt frêle, petit, en robe de chambre et les mains déformées par le rhumatisme, l’œil rieur, d’une gentillesse vous mettant tout de suite à l’aise alors qu’il vous accueille comme s’il vous connaissait depuis longtemps. J’imaginais un intérieur de grand bourgeois cossu (il réside dans l’un des quartiers huppés de Paris) et je suis entré dans un appartement modeste, seuls le bureau et la bibliothèque du maître des lieux en imposant quelque peu. Très vite, le contact allait s’établir : à soixante-neuf ans, Lucien Rebatet m’a sidéré par sa jeunesse d’esprit.
Or il a commencé par évoquer sa condition de proscrit : « Comme on ne m’a pas fusillé, vous comprenez qu’il fallait au moins me clouer le bec. Brasillach liquidé, on pouvait reconnaître son talent. Mais le nazi Rebatet, un écrivain valable ? Pensez donc ! Notez que ma consolation vient des jeunes, qui me semblent beaucoup plus intelligents que leurs aînés. Ils sont ainsi très nombreux à m’écrire, pour me dire qu’ils discutent ferme autour des Deux étendards.
Sans fausse modestie, Lucien Rebatet parle de son chef-d’œuvre avec passion. Il sait bien que les succès annuels de la moulinette littéraire disparaîtront peu à peu des mémoires, et que Les deux étendards demeureront. Pourtant, avant d’aborder plus longuement ce livre qui a motivé ma visite, j’aimerais qu’il s’exprime à propos de ses positions politiques dont je saisi mal les tenants.
« Ah ! vous savez, notre génération a été sacrifiée par la politique. Vous n’avez pas idée, vous qui êtes né après la guerre, de la férocité de la lutte que nous avons dû mener. C’est que la France, en ce temps-là, était dans une pagaille invraisemblable. Vous avez lu Les décombres, hein ? C’était ça, la France : tout y était corrompu, et nous sentions qu’il fallait dire non. Non à la corruption, non au désordre, non au communisme ! Mais allez : à part la lutte contre les « cocos », tout cela est du passé. Un jour, j’ai d’ailleurs écrit dans Rivarol que les gens de mon bord seraient prêts à confesser leurs erreurs, le jours où ceux du bord opposé en feraient autant… »
Suivent quelques propos sur la situation politique actuelle, les « maos » en France, Sartre et la mort tragique d’Overney (« C’est ces intellectuels boutefeu qu’on devrait arrêter, et pas les petits gars qui militent ! », lance-t-il à ce propos), ou le rappel des jours qu’il passa à Sigmaringen en compagnie de Céline : « Il était inénarrable, surtout quand il insultait les Boches. D’une verve prodigieuse ! Il parlait véritablement sa littérature ! »
Dans ses moments d’emportement, Rebatet semble cependant m’adresser un clin d’œil, comme sous l’effet de la distance prise : « Voyez-vous, je ne suis pas un politique. J’ai toujours été mal à l’aise dans ce monde-là. Et je ne suis pas un homme de lettres non plus, Disons que je suis une sorte de propagandiste de certaines idées. » Et comme je m’en étonne, il précise : « Oui, la littérature a toujours été, pour moi, un manifeste, comme dans Les décombres, ou un luxe et une joie, comme dans Les deux étendards. »
Ensuite, comme je lui demande s’il n’y a pas aussi un moraliste chez lui : « Pas moraliste pour un sou s'il s’agit de défendre la Morale ou les Valeurs bourgeoises. Vous le savez bien : le capitalisme est une sorte de vol organisé. Mais si vous le prenez dans le sens où l’entendait un Brice Parrain, alors d’accord : moraliste, si l’on considère que la philosophie doit servir à améliorer l’homme… »
Mais venons-en aux Deux étendards, dont il faut situer d’abord le cadre du grand débat qui s’y développe. Entre Paris et Lyon, trois jeunes personnages à l’âme ardente : Michel Croz, garçon de vingt ans qui débarque à Paris dans les années 1920 pour y achever ses études. Ancien élève des pères, qu’il abhorre, il découvre l’art et la volupté, ainsi que sa vocation d’écrivain. Parallèlement, son ami Régis Lanthelme, resté à Lyon, lui apprend qu’il va entrer chez les jésuites alors même qu’il vient de tomber amoureux fou d’une jeune fille du nom d’Anne-Marie. Michel tombe à son tour amoureux de la belle et, pour s’en approcher, tente de se convertir à la religion qui unit ses deux amis. Peine perdue. Or, fondu dans une histoire d’amour impossible (Anne-Marie ne pouvant suivre ni Régis ni Michel dans leurs croisades opposées pour le Ciel et la Terre), les débat des Deux étendards fait s’empoigner  un défenseur de la « religion des esclaves » (le christianisme selon Rebatet) et son contempteur, le nietzschéen Michel.
« Michel Croz, m’explique l’écrivain, est un contestataire avant la lettre. Ce qui le concerne est en partie autobiographique. Il me ressemble. Mais à vingt ans, il est beaucoup plus intelligent que je l’étais, moi. En face de lui, Régis appartient au passé. On pourrait même dire que c’est un personnage historique, comme si le roman se déroulait au XVIe siècle. De nos jours, sa foi d’acier en ferait un intégriste rejeté par l’Eglise romaine, une sorte d’abbé de Nantes. Quant à Anne-marie, c’est vraiment ma fille. Elle a des traits de femmes que j’ai connues, sans doute, mais le personnage, dans sa vie propre et sa manière de s’exprimer, est entièrement inventé ».
A la question, que je lui pose alors, de savoir où il se situe aujourd’hui par rapport à son roman, Lucien Rebatet me répond qu’il lui reste tout proche : « Comme je vous l’ai dit, la jeunesse m’y fait revenir sans cesse. Et puis, les jours où l’on se trouve dans un livre qui marche bien sont les plus beaux de la vie avec l’amour quand on est jeune… »
J’aimerais en savoir plus, cependant, sur les circonstances dans lesquelles son roman a été composé.
« Le 8 mai 1945, j’ai été arrêté par la Sécurité militaire à Feldkirch, en Autriche. J’étais parvenu au chapitre XXVII du livre. Grâce à ma femme, demeurée en liberté, qui se démena pour faire rapatrier mon manuscrit, j’ai pu reprendre mon travail en cellule. A Fresnes, j’étais enfermé en compagnie d’un bandit corse que je bourrais de romans policiers pour le faire taire. La condamnation à mort tomba le 23 novembre 1946. Dès lors, je passai 141 jours les chaînes aux pieds, pendant lesquels j’achevai ce qui allait devenir Les deux étendards. Enfin, sur l’intervention de Claudel, qui estimait qu’on ne pouvait exécuter l’homme qui avait déculotté Maurras, je fus gracié par Vincent Auriol le 12 avril 1947. ma peine étant commuée en travaux forcés, j’allais être transféré à Clairvaux, séparé de mon manuscrit pendant deux ans… »
Evoquant sa captivité, Lucien Rebatet s’en rappelle les affres autant que les aspects positifs : « Sur le plan de l’existence quotidienne, ce fut un enfer stupide, même pour les politiques. Mais pour écrire, c’était extraordinaire. Tous les soirs, on m’enfermait dans une « cage à poules » de 2mx2m où régnait une paix royale. De six heures à minuit, j’écrivais sans discontinuer. En novembre 1949, enfin, la dactylographie de mon roman, représentant 2000 pages  environ, me parvint par une voie clandestine. J’y travaillai encore dix mois puis il me quitta, entièrement tapé, par l’entremise d’un charcutier qui fournissait notre cantine. Ma libération eut lieu l’année de la parution du livre, en juillet 1952, après sept ans de prison. »
La conversation, largement arrosée de whisky, s’est prolongée des heures, jusqu’au déclin du jour. Après que Madame Rebatet eut annoncé la nécessité de se préparer pour une séance de cinéma (sous le nom de François Vinneuil, Rebatet tient aujourd’hui encore une chronique cinématographique, avec une pertinence qui n’a d’égale que sa connaissance encyclopédique de la musique), les interlocuteurs se sont levés dans la pénombre et se sont dirigés vers la porte sans que l’écrivain ne cesse de s’adresser à son visiteur: « L’art nous permet de mieux exister, n’est-ce pas ? Voilà ce qu’il nous reste, mon vieux : un certain nombre de valeurs aristocratiques, que ceux qui en ont le désir et la volonté doivent développer. La lucidité, d’abord, et la lucidité partout et à tout instant. Ce qui me paraît très grave, dans l’art d’aujourd’hui, c’est que de nombreux créateurs ne semblent tendre qu’au néant et à la désintégration. Ce qu’il nous faut, au contraire, c’est construire, réinventer des formes correspondant à notre temps, en individus et non en troupe grégaire, avec le « pied léger » cher à Nietzsche… »
Rebatet3.jpgLucien Rebatet. Les deux étendards. Gallimard, collection Soleil, 1312p.
A lire aussi : Une histoire de la musique. Robert Laffont, 1969.

Photo de Lucien Rebatet en mars 1972: Paule Rinsoz.
Lucien Rebatet est mort en septembre 1972.

Commentaires

  • Remarquable, mais ce n'est pas la première fois. Vous faites rimer blog avec intelligence, ce qui n'est pourtant pas bien commode, surtout pour les milliers de petits poètes virtuels improvisés.
    Lorsque George Steiner avoue sa fascination pour les romans de Rebatet, un immense silence se fait autour de lui et, gênés, ses auditeurs regardent le plafond en se grattant la pomme d'Adam : imbéciles.
    Voià bien le genre de texte que j'aimerais publier dans la Zone.
    Cordialement.

  • Merci, camarade, pour votre salamalec. Et quant à reproduire n'importe quoi de ma zone de libre échange, il suffit de s'y servir...

  • M'associe aux louanges pour le roman de Rebatet : Les Deux étendards. Une oeuvre de qualité. G.

  • Je suis ravie de lire ce récit d'entretien, et également ravie de voir Les Deux étendards hissé à sa juste valeur. Ce livre m'accompagne depuis quelques années, et je déplore (pour les raisons que vous décrivez très bien) l'oubli dans lequel il est tenu !

  • Merci pour cet entretien. Y aurait-il possibilite de le lire en entier ??? Ce qui se passe avec Rebatet en France, et ailleurs, est tout a fait honteux, et ce a plusieurs egards. La France ne veut en aucun cas affronter son passe, l'ecrivain le plus vendu en France pendant la seconde guerre mondiale est a peine lu, etudie (remarquez, c'est pareil avec le cinema, la plus grosse production de l'epoque, "le carrefour des enfants perdus" de Joannon (premier film de Reggiani) est introuvable, pourtant il y a dans ce film une mine pour comprendre l'epoque, bien plus complexe que ne le disent nos dichotomiques manuels scolaires). Je crois savoir qu'un journaliste du Figaro, dont je pourrais retrouver le nom, a recu en heritage, parce qu il avait redige son memoire de maitrise sur lui, les droits entiers des ecrits de Rebatet, des tiroirs complets de manuscrits (un essai sur une philosophie de l'image, un roman inacheve, des lettres en pagaille, etc.), un vrai tresor, pour l'histoire, la litterature et les arts electrifies en general. On a peur du debat en France, qu'y a t-il encore de venimeux dans les Decombres du point de vue raciste, pourquoi interdire ce livre, on n'est pas aptes, en France, a tenir une discussion sur le sujet, a refuter les theses antisemites que ce livre contient? Car a cote de cela, il y a, encore une fois, des elements d'analyse de la collaboration et de l'occupation indeniables, et un humour ravageur, le pere Daudet en prend plein son grade, Maurras, quant a lui, se fait sonner les cloches d'une maniere singuliere, en pleine saison de Vichy ! Son histoire de la musique est la plus repandue en france, elle repose sur les etageres de droite comme de gauche, mais allez trouver les Deux Etendards (reedites en 92 et epuises) ou les Epis Murs... Rebatet etait un touche a tout genial, l'un des plus grands critiques de cinema de son epoque, critique de peinture, maitre dans le decryptage des images inanimees et animees. Suis ni antisemite, ni raciste, et ai peu a voir avec les idees politiques, meme philosophiques de Rebatet, notamment en ce qui concerne l'analyse du cinema, mais il faut reconnaitre qu'au moins, lui, il donne a penser, c'est copieux, c'est bien ecrit, c'est vivant. A cote de ca on ira vous gratter le moindre fond de placard de Sartre pour retrouver ses notes de blanchisserie pour les publier dans le tome 42 de la Pleiade. D'ailleurs,dans la Pleiade, ou est Barres ? On a raye de la liste litterature francaise un bon nombre d'auteurs importants (sans juger de la qualite de l'oeuvre, mais important du point de vue influence, lectorat) : c'est une forme de mepris bien parisien, de mepris des gouts populaires. La bienveillance bourgeoise organise sa petite censure, bien conventionnee.
    ps: je viens de "tomber" sur vos carnets, veritable plaisir de lecture. merci, Jean.

  • Merci, Jean, pour ce message si intéressant. Hélas, l'entretien est ici complet, tel que je l'avais retranscrit à l'époque (1972...), je me demande si j'avais seulement un magnéto avec moi. De toute façon, j'étais un gamin et mal organisé, pas archiviste non plus. Donc j'ai recopié ici tout l'entretien paru dans la Feuilles d'Avis de Lausanne, devenue 24Heures, où j'avais trouvé débouché grâce à mon confrère Henri-Charles Tauxe, esprit libre, sous le pseudo de Jean-Louis Carrel, non pour me planquer mais parce que le journal où je sévissais à l'ordinaire, la Tribune de Lausanne, rechignait à faire de la publicité à Rebatet.

  • REBATET ET LES AUTRES.....ENFANTS PERDUS DE LA REPUBLIQUE ONT MERITE PIRE QUE LA CORDE:l'infamie eternelle. drieu LA ROCHELLE,CELINE,BRASILLACH,MAURRAS, DAUDET,CHARDONNE......A LA POUBELLE DE L'histoire humaine.LE TALENT LITTERAIRE NE SERT A RIEN S'IL N'EST QUE LE PAQUET CADEAU DE LA MERDE MORALE
    adieu

  • Il me semble que le cher Aragon manque à votre liste de Juste...

  • j suis tombe sur ''les 2 etendarts ''par hasard naturellement jconnaissais LR par les decombres et et son role dans la collaboration ...j n ai pas pu m arracher avant d 'avoir fini...ca fait reflechir sur l'engagement en politique ..on se demande s'il faut prendre les excites militants au serieux et pourtant ils ont parfois de l'influence
    votre entretient est tres interessant et eclaire bien le contexte
    en lisant j ai parfois eu l impression d'une parente avec proust..
    m denis

  • Dans les années 1980 à la Radio Suisse Romande à Lausanne, j'ai eu le même problème avec Drieu la Rochelle que vous à la rédaction de la Tribune de Genève avec Rebatet : on préparait avec un ami prof de lettres un numéro de la série "les infréquentables" (Sachs, Artaud, Burroughs, Drieu, etc.) sur l'auteur du Feu follet. Un archiviste nous dit : "Drieu...Ouh, la, la... c'est trop sulfureux ! on a tous effacé après la fin de la Seconde guerre mondiale..."
    Autenthique.
    Bien cordialement.

  • Très bel entretien.

    Jean d'Artois > je suis tout à fait sensible à l'argument selon lequel il faut publier même les oeuvres qui suscitent des désaccords idéologiques.

  • Savez-vous si l'information mise en ligne par alapge.com concernant une imminente réédition de ce livre est fondée??

    merci

  • Pourquoi mettre tant de haine au service de la clairvoyance et du génie... Tous ces penseurs collabos dont la "bizarrerie gratuite" comme disait antonin Artaud ne s'explique que par leur impuissance à reconnaitre l'horreur qu'ils ont couverte de leur génie...
    Brasillach, Rebatet et les autres : douze balles dans la peau au lever du soleil...

  • merci pour ce texte.

  • Depuis longtemps convaincu que la seule façon de pouvoir s'exprimer dans notre société muselée, est de passer à la clandestinité et à la résistance.
    Adepte de Léo Ferré, de Brassens et de bien d'autres encore, je soutiens que nos esprits sont à l'image de l'informatique : des disques durs bien formatés et qui n'acceptent plus les bugs.
    Bravo pour cet article

  • Caramba: le dernier bug, cette année encore, fut sous contrôle dès la première heure.

  • A mon tour de vous remercier pour la publication de cet entretien. Je comprends d'autant plus ce que vous dites qu'il m'est aussi arrivé d'être pris à parti à cause de ce que je peux dire ici ou là d'Henri Béraud, autre damné, mort après plusieurs années de bagne, et qui a laissé dans une oeuvre inégale trois romans, trois livres de souvenirs et plusieurs reportages du plus haut intérêt.
    C'est drôle car, comme je l'écrivais à Bertrand, j'avais prévu de lire les deux étendards cet été. Cordialement

  • Je me réjouis, Solko, de vous lire à propos de ce livre tout imprégné des atmosphères de Lyon et de Paris et traversé par un souffle juvénile sans pareil. Le côté Grand Débat a peut-être quelque chose d'un peu daté aujourd'hui, mais je n'en suis pas si sûr et j'ai très envie moi aussi de m'y replonger un de ces quatre, quand j'aurai fini ma re-lecture des Karamazov...

  • " le pamphlet furieusement antisémite intitulé Les décombres"

    Curieuse description pour ce témoignage historique que sont Les décombres. Ca n'est ni un pamphlet, ni un livre qu'on peut réduire à son antisémitisme qui n'est pas la ligne conductrice de l'ouvrage!

  • Vous n'avez pas tout tort, dans la mesure où le vaste tableau de la France des années 30 brossé par Rebatet est plus qu'un pamphlet du point de vue du genre, mais disons que la fureur indéniable qui l'anime relève bel et bien d'une polémique endiablée, à caractère pampohlétaire (Rebatet en convenait d'ailleurs absolument en riant de plus belle) et non du tout d'un témoignage quelconque; et quant à l'antisémitisme, sans être la ligne conductrice, comme dans Bagatelles pour un massacre de Céline, il n'en dégouline pas moins de part en part - le livre a été réédité chez Pauvert avec le surtitre Mémoires d'un fasciste et n'importe quel lecteur de bonne foi pourra vérifier ce que je dis là...

  • Oui, disons après tout que le philosémitisme est une réalité très moderne. Voir l'anthologie des propos contre les juifs de Blanrue. Il est toujours bon de le rappeler.

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