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Petite Naine

littérature,poésie


 

De l’incertaine dualité du corps et de l’âme. Où l’enfant apparaît sous sa forme la plus fragile et la plus sauvage. De la savane africaine, des couleurs de Van Gogh et de la Constellation du Vélocipédiste.   

        Le corps et le ciel ont tout stocké en mémoire de ces échappées. Le ciel aime surtout à se rappeler la grâce des enfants. Pour aller vite: les accros le branchent de moins en moins. Il a certes eu sa période Tour de France, à l’époque des grands duels Anquetil Poulidor et tutti quanti, ou précisément aussi: du temps du Giro de Fausto Coppi et Dino Buzzati, mais à présent il ne voit plus que l’agitation machinale de ces espèces de spermatos multicolores en quête de énièmes de secondes, et ça le fatigue à la fin malgré la dégaine de la caravane: ce cirque ne fait plus le poids à ses yeux s’il se rappelle le sentiment d’un seul gosse se dandinant pour la première fois sur le vélo femelle de sa mère (ou de ses tantes des grandes vacances, ou de sa soeur aînée déjà bien en croupe, ou de ses cousines poussines de la campagne) et jouissant ensuite de la descente à fleur de ciel, the right formule at the right place.

        Le ciel est plein de ces histoires radieuses des débuts de Little Robic ou du Petit Nemo se rêvant en train de valser dans la Constellation du Vélocipédiste. Le bas de la tunique du ciel (naguère de soie, désormais de viscose made in India aux coutures mal finies) est tatoué de tous ces zigzags de tous ces mômes sur les trottoirs du quartier, puis sur la chaussée, à travers la ville, et plus tard autour du lac et des lagons - le ciel adore identifier ces myriades de cicatrices que le corps lui ressort sans se faire prier, tout le menu fretin rose des estampilles à peine visibles, et de temps à autre pourtant la toute belle balafre (un ado lancé à folle vitesse sur les sagaies d’une clôture) ou la déformation à vie (rares mais terrifiques vieilles fractures réduites à la diable, surtout dans les pays chauds), et justement à ce propos le ciel et le corps se rappellent tout soudain les petits cyclistes de la savane africaine, et alors là c’est le top.
        Les petits cyclistes de la savane africaine rivalisent de célérité, aux fins de journées saturée de poudre à canon, sous le ciel rouge et noir, comme pour rattraper on dirait, mais vaine poursuite ils le savent, les antilopes fuyant là-bas entre les flamboyants, quand on sait qu’ils ne font la course qu’avec leur ombre dansant dans la poudre brenneuse de la piste dont les tièdes bouffées de vent leur remplissent les narines et la guenille qui leur sert de  culotte.
        Le corps jouit de se sentir ces jarrets élastiques des petits cyclistes de la savane africaine, mais le ciel se remémore bientôt d’autres cieux, et c’est déjà reparti pour la Hollande.
        A de tels moments on relève entre le corps et le ciel certain froid. Le ciel prend en effet ses aises et temporise, à l’ennui croissant du corps jamais résigné à la trop molle pédale (la Hollande, non mais des fois...) et qui ne va pas tarder d’ailleurs à réclamer sa dose d’excès, puis voici que le ciel se rappelle tout à coup Van Gogh et le dit au corps, lequel se jette aussitôt sur l’os, après quoi fulgurent les couleurs extrêmes.  
        Sur la route noire sous le ciel jaune (ou, à choix, sur la route jaune sous le ciel noir) le corps bandé par l’effort est violet dehors et dedans tout blanc fulminant de muscles chauffés à fond la bielle.
        Cependant une autre phrase s’écrit à l’instant sous la candide dictée du ciel: vive le jaune, et au même moment surgissent les fourgons chargés de déments à destination de la maison là-bas derrière les barbelés et les bulbes bataves, et du coup le corps, aux anges, s’impatiente de rejoindre la fameuse allée cyclable du domaine, tout à trac il envoie promener le consultant au vocabulaire qui prétendait le tester sur la souhaitabilité des changements d’appellations (on sait que le terme de fou paraît désobligeant à certaines familles), et de se busquer, de se braquer, de se cabrer comme un bronco puis de se faire presque mal à défendre n’était-ce que la possibilité d’une phrase du genre: il passera sa première nuit supercool chez les dingos, au Pavillon Les Dauphins.
        Yak.jpgAprès le goûter, quoi qu’il en soit, toute les bicyclettes sont alignées pour l’inspection à l’entrée de l’allée cyclable de la maison jaune et c’est alors que le Général Dourakine apprend des instances dirigeantes qu’il est privé de vélocipédie au motif de ne s’être pas, une fois de plus, retenu de saluer le Drapeau.

        Il vient au corps un engourdissement pénible à la seule évocation du Général. La mélancolie du personnage fait mal à voir. A vrai dire jamais le corps n’a été si désireux  d’acquérir le moindre soupçon d’adresse, jamais incapable non plus à ce point, mais une telle impossibilité de la nature n’est jamais allée de pair non plus avec une telle joie.
        La première fois aurait pu se révéler la plus humiliante, tant la meute était déchaînée: de l’étron perché à la patate roulante, tout y a passé, et le corps se souvient de ce chemin de croix de l’ancienne allée caillouteuse bordée de ronces; malgré le sourire du ciel le corps est meurtri par le ressouvenir des énormes bleus sur le corps boudiné de l’hippo schizo - et c’est aux douches un jeu de plus que de les compter à voix haute en se jetant le patapouf d’une mêlée savonneuse à l’autre -, mais le Général Dourakine n’a qu’une obsession, le ciel sait laquelle, n’a qu’un rêve et c’est le Tourtour, n’a qu’une amour et c’est Petite Naine.
        D’aucune âme le ciel ne se rappelle tant de joie à se lancer sur la piste après les autres, fût-ce en grosse lanterne ballottée entre deux chutes, suant la graisse et le pissat nerveux, crachant l’âcre gravier, tombant chaque fois plus bas à ce qu’il semble et se relevant plus illuminé.

        Hélas le corps ne saluera pas aujourd’hui le Drapeau du ciel, et c’est tout seul et à pied, puis entouré de ses aides de camp, que le Général Dourakine se retrouve à ce moment où dans sa vie il se fait soir.
        Lui vient cependant, une fois encore, la vision de Petite Naine au ciel, et le corps se sent tout délivré. Elle est gracieuse. Les roues petites et grandes font dans les nébuleuses comme un dessin maladroit.

Commentaires

  • C’est pour ton bien !

    Vous n’avez pas de courage M. Watremez
    http://mesterressaintes.hautetfort.com/
    je l’aurai donc pour vous !!!

    C’est pour ton bien ! Stalker


    Stalker à M. Watremez
    Etonnant tout de même.
    Watremez, vous me semblez être un fieffé plaisantin... En plus de très mal écrire, vous supprimez des commentaires qui n'ont franchement rien de désobligeant, les miens par exemple.
    Vous aimez lécher apparemment, si j'en juge par les pommades passées à longueur de billet ? Vous savez que ce n'est pas vraiment comme cela que vous allez vous faire un nom, surtout pas dans le petit monde impitoyable de la blogosphère ?
    Petit conseil mon ami : ne me chauffez pas trop à supprimer mes messages, surtout ceux qui font avancer le débat : je n'ai insulté personne je crois et ai exposé, vertement peut-être mais c'est mon style (j'allais écrire, l'ami : au moins, j'en ai un...), ma conception d'une littérature différente de celle d'Alina, tout en condamnant les anos, que je déteste.
    Donnez-moi une explication ou je crois que vous allez grossir, pour le plaisir de beaucoup, ma célèbre catégorie des Nains et Mégères, cela vous dit quelque chose ?
    Ecrit par : Stalker | 18.06.2006

    Réponse d’un nain qui sait qu’il est un nain (pardon pour les nains)
    Tout le monde bêle là dedans !!!



    Diantre ! Avoir peur d'être dans la trèèès célèèèèèbre rubrique:

    "Nains et Mégères" du blog de Juan Asensio ?
    C’est à mourir de rire, on se croirait dans une cour d’école !!

    N'avez vous pas lu les derniers commentaires d'Alina ?
    " Juan, dans la même matinée vous m'embrassez en privé et me conspuez en public..."

    On lèche d’un côté, on casse de l’autre. Comme manipulateur on ne fait pas mieux non ?
    C'est un risque, Amaury !
    Refusez lui de se faire de la pub sur votre blog. C'est la spécialité du Stalker !!
    Vous lui rendrez service.


    Le petit monde impitoyable de la blogosphère est le terrain de jeux de son ego malade, boursouflé, enflé...il ne risque pas d'aller frotter sa peau d'adolescent boutonneux dans certains blogs, car il sait pertinemment qu'il serait reçu à coup de crosse!
    Regardez le qui trépigne, qui tape du pied, qui glapit d'impatience, c'est pitoyable !!
    "Donnez-moi une explication" !! Ah Ah, je m'en tape le ventre de le lire..
    C'est certain, il n'est pas terminé l'Asensio, il a du pain sur sa planche, spirituellement parlant, à moins qu’il ne relève tout simplement de la psychanalyse…


    Tiens gamin je te remet en mémoire ce commentaire sur Amazon qui t’as été offert comme un koan que tu devrais méditer souvent :

    Stalker atteindra l'excellence (dont il est proche) lorsqu'il aura vaincu ses démons, qu'il serre pour l'instant d'un peu trop près. Gageons alors qu'il osera s'aimer un peu, juste assez pour voir avec Borges que "le combat peut être une fête". À partir de là son style s'épurera, se délestera du poids d'une adolescence tenace qui nuit encore trop à la Zone, en l'éclaboussant notamment d'inutiles sarcasmes scatologiques.


    Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? oui
    Ecrit par : un nain qui sait qu'il est un nain | 18.06.2006

    http://www.le-terrier.net/polis/marseil/fessee.htm

    Ecrit par : un nain qui sait qu'il est un nain | 19.06.2006

  • Ma Petite Naine clame son innocence: elle n'a rien à voir avec ces combats de Gnomes et de Titans, dont elle se bat l'oeil à vrai dire. Mais je m'en voudrais d'effacer ces commentaires parasites, qui nous rappellent quel drôle de roman virtuel est aussi un blog...

  • à propos (de trucs qui s'effacent), je cherche (en vain) la note sur Le carnet de Rrose...

    serais-je à ce point fatigué ?

    bon, je pique un petit roupillon et repasse ultérieurement


    bien à vous et à vos lecteurs

  • Les Maîtres du Château HautetFort ont raccourci la durée de vie visible du fil, donc je suis en train de reclasser mes notes sur les branches de l'Arborescence... En attendant je vous ressors la Rrose de son pot d'eau fissa...

  • Apparemment le nain a déposé sa crotte de commentaire dans pas mal de blogs, dont le mien ; pour ma part j'ai préféré nettoyer les lieux, mais je comprends aussi votre choix.

  • en vous remerciant !

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