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  • Comme un Dieu caché

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    (Pour Lambert)
     
    On n’entendait plus que des cris,
    et la nuit revenue,
    le noir fut tout enseveli
    dans le gris du brouillard,
    mais les griffes, les dents féroces,
    l’haleine de la haine atroce
    dans la grisaille humaine
    ne cessent de tendre à la force
    de la mauvaiseté…
    Il avait l’air d’un doux agneau,
    cet insidieux salaud,
    elle était tout sucre tout miel ,
    la nitouche de fiel,
    et le seul nom de pilori
    érigé comme un pal
    suffit à les galvaniser
    comme autant d’ombres sombres
    au pur aval du Mal...
     
    Mais comme il fait beau ce matin,
    nous nous réjouissons
    de la non moins pure idiotie,
    en nos yeux cet épieu,
    de l’innocente folie de Dieu…
     
    Image: Philip Seelen.

  • Notre défi

     
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    Restez encore à la lumière,
    disais-je aux beaux enfants
    qui se lavaient dans la rivière
    de ces étés d’antan…
    Restez, ne bougez pas, voilà:
    ce seront des images
    qui vivront tant que vous vivrez
    et vous serez au ciel
    quand les enfants de vos enfants
    dans la même lumière
    se baigneront à l’avenant…
    Tu me regardes de là-bas ,
    d’un geste bien à toi,
    ta mèche retombée sur l'oeil
    rebelle autant que toi,
    l’adolescent bravache
    relevant le défi d'orgueil...
     
    Image: jeune réfugié hongrois, en 1956.

  • Comme au naturel

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    Il rutile sous les projos:
    il a tout réussi,
    le plus adulé des barjos
    aveuglés par l’envie,
    il explose les résultats
    serinent les médias -
    il envoie même des fusées
    dans les cieux médusés,
    il est l’Alpha promotionné
    et l’Omega total
    de la lutte finale en version relookée…
     
    Nous autres toujours indolents,
    nous regardons ailleurs,
    en louseurs que les vents décoiffent
    au dam de tout honneur
    et quitte à désoler les mânes
    du vieux Commandeur,
    l’esprit serein de son frère l’âne,
    est notre instituteur…
     
    Les rutilants dans la prairie
    ont l’air un peu perdu
    quand les filles assez mal vues
    dans les foins à peine vêtues
    sont cajolées par des garçons
    aux mines réjouies;
    riches de leurs seuls yeux tranquilles,
    facétieux et fertiles,
    les unes et les autres
    y vont de leurs doux patenôtres
    joyeusement païens...

  • Comme du Mozart

     
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    Je ne suis pas ce que tu crois,
    lui dira sa mémoire,
    tu as cru ce qu’on disait croire,
    ou tout à l’opposé,
    dans ce que tu croyais le noir
    tu t’étais libéré
    ou du moins l’auras-tu pensé
    de toute soumission
    à ce que croyait l’implorant -
    mais c’est ailleurs que j’attendais
    la joie de te revoir…
     
    À fleur de sommeil ils revoient
    les visages aimés,
    et ceux-la de tous les rejets,
    cœurs de pierre ou de glace -
    désormais rien ne vous délace
    de ce que vous rappelle
    en vous rebelle à ne pas croire
    cette voix du premier savoir
    qui n’est que d’écouter…
     
    On dirait : comme du Mozart,
    mais n’importe le nom décloué
    comme autant de portes
    où le passé jamais ne passe,
    où la portée des mélodies
    à tout jamais hors de portée
    des pire infamies,
    fait de toute chose autre chose -
    comme une élégie messagère...

  • Comme un nombre secret

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    L’envie de vomir les reprend:
    il ouvre le journal,
    elle se tait devant sa télé,
    on se dit que ça la fout mal
    d’être là seul à supporter
    au ventre une ventrée
    de dégoût ravalé
    et de peur des réalités…
     
    Moi je ne faisais que passer,
    moi je cueillais des simples,
    moi je rédigeais des rapports,
    moi j’avais les mains jointes
    et priais de toute ma plainte,
    moi j’étais tout joyeux
    d’avoir vécu vivant si vieux,
    moi j’étais malheureux
    comme on l’est tout fringant
    au trépan de ses dix-sept ans,
    moi j’étais un violent qui s’ignore,
    moi j’attendais au port
    mon semblable tout innocent…
     
    Ton corps se réveille en lumière,
    ta beauté est pareille
    à l'obscur tracé de ton sort,
    tu es l’incarnation
    des lumineuses nuit du corps
    à l'orée du sommeil,
    tu es mon nombre d’or
    mon ombre qui dort et qui veille…
     
    Peinture: Johannes Gump: Autoportrait.

  • D'ici et de maintenant

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    « Il est l’affection et le présent», etc.
    (En écho au Génie de Rimbaud)
     
    Si la Machine est un miroir,
    qu’elle dise mon profil,
    décèle en moi du fond du noir
    l’étincelle fertile
    au feu subtil dans le silence
    de l’eau que les yeux morts déplorent :
    rien que le brin de paille
    à la bouche du soupirail
    d’où monte le dernier murmure…
    Vous ne croyez plus même en vous,
    quand Dieu en jeune fou,
    numérisé par les jaloux,
    vous manque plus que tout amour
    empêché de retour ;
    votre savoir en océan
    de vagues vaguant vaguement
    aux genoux du néant
    ne trouve plus le mot qu’il faut…
     
    Alors qu’une simple chanson
    le prendrait au lasso :
    le mot léger comme l’oiseau,
    pesant du poids sacré
    des jurements du premier âge,
    le mot du frais ombrage,
    de l’innocence et du courage,
    le mot qui fait d’après-midi,
    l’été d’éternité
    des féeries variées,
    le jour plus bienveillant
    que toute charité perdue –
    le mot du Génie retrouvé…
     
    (À la Maison bleue, ce lundi 26 mai 2025, entre six et sept heures du matin)
    Image JLK: le lac et le ciel gris entrevus de la maison bleue...