UA-71569690-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Les coeurs flagadas

    Unknown-1.jpeg
     
    Le cœur à la fin se fatigue,
    ne bat plus que d’un aile:
    un vieux ridé comme une figue
    au tabac d’à côté,
    une guitare qu’on abandonne,
    le regret d’un baiser perdu,
    ou le geste amorcé
    d’une maldonne survenue...
     
    Tu lui parlais de beaux lointains,
    et vous aurez rêvé:
    vous serez partis le matin
    vers les mondes ensoleillés
    de vos claires années;
    des mots inhabités de chair
    vous avez séparé
    les ombres et la lumière,
    et les enfants là-bas
    dans l’insouciance radieuse,
    faisant les innocents,
    jouaient comme jouent les enfants...
     
    Les enfants l’aident à traverser:
    la vieille reste là
    Un peu lasse de n’avoir plus
    assez de force en elle
    pour se relever en rebelle
    contre tout ce qui cloche
    dans le monde parfois si moche...
     
    Puis je m’en fiche, se dit-elle:
    je danse encore un peu,
    je lui souris même au-delà
    de notre doux trépas -
    et l’étoile là-haut clignote
    comme un vieux qui radote...
     
    Dessin: Albrecht Dürer