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Pas une minute à perdre

 
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(Pour Jules Supervielle)
 
Je regarde le Temps passer
avec sa clope au bec,
il est hirsute et mal peigné,
il a l’air distrait;
se souvient-il d’où il venait
quand il est apparu
au premier jour du calendrier,
et sait-il distinguer
l’année chinoise du jour d’après ?
Pour le moment il passe
et se dépasse à l’avenant
au défi de l’impasse...
 
La durée est imprévisible:
on la dit capricieuse,
les enfants n’en voient pas la fin,
et quant au vieux Berbère
il n’y voit que du vent
dans le nuage du désert;
elle non plus ne saurait pas dire
ce que contient son sac à main:
elle pose pour un photographe,
elle agrafe son bas
à l’aile d’un oiseau passant
par ici ou par là -
elle n’en fait toujours qu’à sa guise
qui n’est que de durer...
 
Les heures auront tourné dans la cour
à la poursuite des minutes,
en attendant la chute
des secondes en fines averses,
et le temps que la durée verse
ses caresses légères
de lumière sur nos visages,
comme un âge a passé...
 
Dessin: M.C. Escher.

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