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Aux bonheurs de Thélème

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Chemin faisant (165)
 
Têtes blanches et cœurs verts. - De ricanants raseurs n'en finissent pas de conclure à la fin de tout: que ces festivals estivaux ne sont que de l'écume touristique pour babas & bobos, que la littérature et les arts ne sont plus ce qu'ils étaient, que l'hyperfestif à tout nivelé et qu'il n'y a plus qu'à tirer l'échelle.
 
Or dès notre arrivée dans la grande arche aux murs safran couverts de lierre des Deux-Terres, dès la première vision des chats somnolents et de la chambre d'écriture dans la lumière ocellée du sous-bois, dès l'accueil ensuite tout cordial et débonnaire de l'hôte André et de tout un joyeux essaim d'amies; dès notre montée ensuite par les escaliers et les ruelles aux éventaires couverts de livres, jusqu'à la petite esplanade couverte de toiles blanches sous lesquelles j'étais censé participer au café littéraire de midi, toute ma prévention s'est dissipée et la suite n'a été que de bons échanges jusqu'à la lecture et au souper du soir à la longue table amicale.
 
 
Il est vrai que les moins de 33 ans se comptaient sur les doigts d'une main, voire moins, dans le parterre de têtes blanches venues écouter l'Helvète de passage, mais la jeune animatrice, Catherine Pont-Humbert ne m'a pas moins gratifié d'un accueil chaleureux et compétent, fondé sur une lecture attentive de mon Enfant prodigue et me laissant improviser très librement sur ses thèmes proposés. Et ensuite, que d'aimables demandes de dédicaces flattant ma vanité naturelle et ma joie surnaturelle !
Bouquins à l'emporter - "J'écris pour me parcourir. Peindre, composer, écrire: me parcourir. Là est l'aventure d'être en vie". Signé Henri Michaux dans Passages, dont l'édition m'attendait à l'étal du libraire Perdriel, lequel s’était fait remplacer momentanément par une Dame Simone, sans doute pour motif d’excès de chaleur. D'ailleurs la première Idée de traverse du livre de Michaux annonce le thème:"À l'Équateur, je ne me suis jamais senti moi-même. Une ivresse endormie me tenait, pas toujours causée par la chaleur que l'altitude ou les vents rendaient parfois médiocre". Et j'emportai aussi, dans ma sabretache, La mère du sage hindou Aurobindo, peut-être utile à mon élévation spirituelle de fils prodigue, la monographie consacrée à Proust par Georges Cattaui, et la Grille de Parole de Paul Celan avec sa couverture de Kandinsky et ses poèmes en version bilingue aux abrupts marqué s par autant de clous de douleur.
 
Conviviales agapes.- J'avais encore une heure de lecture à assurer en compagnie restreinte, le soir aux Deux Terres, ou nous nous sommes retrouvés entourés d'amis et autres invités de nos hôtes de l'association Et si on s'écrivait ?, avant le dîner sur une longue table ou têtes romandes connues (notamment tel illustre fantaisiste de radio et tel vaillant randonneur de télé à fameuses jumelles ) voisinaient avec tel Corse Suisse de cœur aussi féru de musique que notre hôte, ou telles sémillantes jeunes filles en fleurs, la cinquantaine bien passée pour la plupart mais d'esprit vif et riant comme il faut aux pointes d’humour de ma lecture, ah, ah.
 
C'était une joyeuse tablée de babas et de bobos et je me demandais qui en serait encore dans sept ou dix-sept ans, nous étions bel et bien des vieux de la vieille et pourtant, gracias a la vida , que de belles et bonnes gens nous étions ce soir de pleine lune au pied de la colline rassemblant les épistoles de la marquise et les murmures du poète, juste ce soir-la, ne fut-ce qu'en passant.
En attendant, dites donc, cher Annemarie Amu, Odette, Yves, et André, on se rappelle ?

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