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Ceux qui veillent

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Celui qui a tenu la main de l’ami toute la nuit de Noël pour l’aider à faire face au crabe / Celle qui reste immobile dans son fauteuil Voltaire à se rappeler les bons moments d’une vie d’amour / Ceux qui se taisent après que le feu s’est éteint / Celui qui se fera tranquillement oublier de ceux qui se prétendent ses amis / Celle qui se relève la nuit pour écouter le silence du fleuve / Ceux qui reposent côte à côte sans dire rien que de temps à autre I love you ou me too / Celui dont on entend le cliquetis de la machine à écrire Olivetti de la cour de la maison romaine au septième étage de laquelle reste allumée la lampe de sa mansarde où il recopie son essai sur Cola di Rienzo / Celle qui s’arrête dans la rue de midi pour écouter un fado diffusé en sourdine par le transistor du très beau garagiste / Ceux qui s’aiment dans le train de nuit au rythme du tagadam parfois dominé par les cris de la voyageuse / Celui qui lisait De l’inconvénient d’être né lorsque retentit la détonation dans la chambre voisine où créchait l’étudiant en philosophie Zoran auquel il avait promis de lui rendre le livre sans trop tarder / Celle qui aime passer des nuits blanches avec ses amants noirs / Ceux qui attendent ils ne savent quoi sans fuir pour autant / Celui qui n’ose pas dire à sa mère qu’il n’en peut plus de la voir se priver de sommeil alors que rien ne le calme mieux que de la voir dormir / Celle qui est amoureuse de son locataire philosophe en dépit de leur différence d’âge de trente ans et du fait qu’elle n’a rien compris au livre de ce M. Merleau-Ponty (quel joli nom !) qui reposait sur sa commode et dans lequel elle a guigné / Ceux qui sourient à leurs souvenirs des lendemains de Noël en enfance, etc.
Image : Philip Seelen

Commentaires

  • C'est bon de lire ça, au sortir d'une mauvaise nuit, après un Noël loupé, on a l'impression d'être un malade qui voit enfin de la lumière sous la porte, qui se dit, oui, on repart, allons, marchons d'un bon pas vers 2010.

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