
Sur Dieu en son apparence roborative, et sur ses avatars non moins surprenants, sur l'incendie fatal à l'immense Bibliothèque de Lambert Schlechter et sur notre façon de faire face et pièce...
En mes pénates lacustres, ce dimanche 8 novembre 2026. - Mon amie dite (par moi) la Professorella me raconte, par WhatsApp, la story de l’Athée victime de la Route (chauffard connu pour sa présence aux messes dominicales), transporté à l’hôpital de la région, déclaré mourant dans l’ambulance, refusant la présence de l’Aumonier belge attaché aux urgences, et mourant bel et bien selon les normes, mais qui revient pourtant contre toute attente, qui remue sous son linceul et demande à boire un Coca light à la veilleuse de nuit affolée qui rameute tout l’étage, y compris l’Aumonier belge, lequel l’interroge illico sur ce qu’il a vu Là-Bas, de l’Autre côté, et se glace de tout son sang à la réponse de l’Athée souriant avec la malice le plus candide : She’s black…
Or Il y a quelque chose d’également enfantin dans le double rire que nous partageons (toujours via What’App) avec la Professorella, dont je sais la défiance envers l’image biblique (ou pseudo-biblique) punitive du Vieux prétendant châtier la Créature issue de son propre raté initial de Manigancier tribal, également moqué par une Emily Dickinson imperturbable.
Bref, j’entame cette journée des Saintes Reliques dans l’impatience joyeuse de creuser deux ou trois Questions liée à ma lecture actuelle de Carson, laquelle affirme noir sur blanc, dans l’essai lyrico-sardonique intitulé La vérité sur Dieu, que « Dieu bande », que « les murs extérieurs de Dieu sont en verre » et qu’elle voit « un million d’âmes escalader les murs de l’intérieur pour échapper à Dieu qui brûle », que « parfois Dieu vous envoie une crise », qu’avec la neige d’avril « Dieu attend dans le jardin » que Dieu « force certains et que « certains entendent passer un nuage au-dessus d’eux », comme j’ai senti une main se poser sur mon épaule d’enfant l’autre nuit, etc.
Je reconte aussi, à la Professorella, que Lambert Schlchter, un autre de mes « amis vitaux » (selon le concept forgé par Thomas Bernhard) m’a fait pleurer l’autre soir (enfin disons : les larmes aux yeux) avec son récit détaillé des « planches » livrées aux flammes et réduites en cendres durant la nuit du Grand Incendie fatal aux 60.000 livres de sa bibliothèque, planches par lui sciées et ajustées, planches réparties ent soixante étagères, planche Cioran (tous ses livres rassemblés en vue d’un travail académique) et planche Thomas Bernhard (50 titres), planches de Georges Haldas (15 livres) et de Katherine Mansfield, planche Gombrowicz (15 livres) et planche Buzzati dont il lit et relit (comme moi) les carnets d’In quel preciso momento, oui j’étais au bord de chialer en pensant au faune de 86 ans désormais peloté par un essaim de soignantes en son asile de Luxembourg aux fenêtres donnant sur le Grand Parc, avec lequel je parle par petits écrans connectés comme Dieu et Satan quand ils s’ennuient l’un de l’autre, etc.