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Ô désespoir ! Ô rage !

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De l'indicible émotion aux questions qui fâchent...
 
Au troisième jour la Douleur reste incommensurable, pour la plupart d’entre nous les scènes vécues cette nuit-là dans le piège de feu demeurent inimaginables malgré les atroces bribes de séquences vidéo commençant de se répandre par les médias et les réseaux.
 
Or justement à l’horreur pure se mêlent à présent les éléments impurs de la rumeur et d’un début de colère. De nombreuses familles de présumées victimes ignorent encore le sort de celles-ci, autant dire qu’on est encore loin d’un commencement de deuil, mais le temps de l’angoisse privée n’est pas le même que celui de l’information précipitée et le pur et l’impur se confondent déjà, déjà se mêlent la compassion et sûrement d’abjectes curiosités comme toujours à l’entour des scènes de crime ou de guerre, et comment y échapper – comment résister à l’émotion immédiate malgré l’immédiate intrusion des questions qui fâchent ?
Quant à celles-ci, comment les occulter, même au moment du recueillement requis ? Comment ne pas ressentir, avec l’empathie immédiate, une non moins immédiate stupéfaction à l’énoncé des faits et détails liés au départ du feu ?
 
Vous vous rappelez à l’instant que votre beau pays a été classé récemment au top de la sécurité mondiale propre en ordre, mais les classements généraux les plus crânes n’excluent pas les arnaques particulières et le blanchiment en tout genre, et même si les tribunaux populaires vous répugnent, comment ne pas entendre les voix de la suspicion quand les faits sont bel et bien suspects ?
 
Le désespoir va-t-il bientôt engendrer la rage ? C’est plus que probable, et ce n’est pas accabler plus encore les victimes, mais au contraire leur rendre justice que d’en appeler, précisément, à la plus rigoureuse application de l’Enquête et de ses conclusions judiciaires.
 
L’on a beau savoir que les médias et les réseaux sont souvent des lieux d’enfumage, n’empêche : comme la liesse festive d’une nuit a fini dans l’enfer des flammes, nous voyons ce matin que c’est bel et bien par les réseaux et les médias aussi que les contrefeux s’y manifestent par une juste rage.
 
Ainsi le quotidien 24 Heures consacre-t-il ce matin six pages à la tragédie du Nouvel An, avec cet édito de Virginie Lenk, rédactrice en chef adjointe, auquel chacune et chacun ne peuvent que souscrire :
 
L’éditorial
 
Crans-Montana et maintenant ?
 
Par Virginie Lenk
 
Un plafond en feu et des jeunes qui filment les flammes en dansant. Ces images du début de l’incendie du bar Le constellation sont tragiques. Tragiques dans l’insouciance de ces jeunes gens pleins de vie qui ne se rendent pas encore compte que l’horreur est en marche. Elle rattrape chaque parent, qui voit dans ces visages celui de leur propre enfant.
 
Combien de fois, ai-je entendu au lendemain du drame, dans les rues de la station, cette phrase terrible : « ç’aurait pu être nous » ?
 
Ça n’aurait dû être personne, et à l’injustice du sort se mêle aujourd’hui notre colère. L’établissement en question était clairement problématique. Les témoignages sur place le montrent et notre enquête. Sans préjuger, car la justice doit avoir tout le temps nécessaire pour lever le moindre doute.
 
Les responsables devront répondre de ces manquements. La question se pose pour d’autres lieux similaires. À l’évidence, Le Constellation n’est pas le seul établissement ou festivité rime avec rentabilité. Où l’on ferme les yeux sur les fausses cartes d’identité quand on ne laisse pas carrément entrer tout le monde. Où l’on négocie avec des adolescent les tables au prix fort. Où l’on pousse les murs et où l’on joue littéralement avec le feu, dans l’incompétence et l’hypocrisie général.
 
Mes enfants, vos enfants auraient pu faire la fête au Constellation. Ils retourneront la boule au ventre dans un bar bondé. Et puis, avec le temps, ils oublieront. C’est leur force. La nôtre est de ne pas laisser une telle tragédie se reproduire.
 
(Cf l’édition de 24 Heures du samedi 3 janvier 2026)

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