UA-71569690-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Une flambée de haine

57056203_10219398104570176_8895871061023784960_n.jpg

A propos de l’incendie de Notre-Dame et du déferlement, sur les réseaux sociaux, de propos plus abjects les uns que les autres. De l’imbécillité de la meute également déployée sur les plateaux de télé, avec le pompon au crétinisme de Cyril Hanouna.

(Dialogue schizo)

Moi l’autre : - Tu m’as l’air encore bien en colère ce matin : l’air des monts n’a pas dissipé ton humeur de massacre d’hier soir, pire que notre tristesse a voir partir Notre-Dame en fumée ?

Moi l’un : - De l’air, en effet : c’est tout ce que je demande ce matin, de l’air et des fleurs, des fleurs et des mots pour le dire, des mots et des phrases limpides, de l’air et des mots justes, des mots clairs, des mots qui disent la beauté des choses. Dire la tristesse en voyant un symbole de foi, de beauté et de fidélité humaine en proie aux flammes ? Mais cela ne se dit pas : cela se ressent et l’on reste sans voix. En revanche, exprimer sa tristesse, d’un ordre aussi profond que la joie, devant la vilenie des mots, la bassesse des opinions éructées, l’abjection des arguments jetés à la diable par la meute anonyme, cela m’a été impossible sur le moment et me revient ce matin comme un retour de flamme, c’est le cas de dire. Mais tu me connais : je vais flamber de rage et ensuite le jour me verra filer doux comme l’agneau.

Moi l’autre. – Loin de moi l’intention de relativiser ton indignation. C’est vrai que, depuis l’autre soir devant notre écran de télé, à tomber par hasard sur l’émission probablement la plus hideuse des programmes français, où la meute se déchaînait autour du thème de l’immigration, nous n’aurons pas assisté à une telle flambée de haine tous azimuts, où les mots crachés suggéraient autant de grimaces odieuses. Cela ne t’a pas rappelé une autre scène, le matin du 11 septembre, au zinc d’un certain bar parisien ?

57319782_10219398104970186_7726408250085605376_n.jpg

Moi l’un : - Ah oui, et comment ! Les tours qui s’effrondrent pour la énième fois sur l’écran du bar en question, et le premier con qui s’exclame : « Sûrement un coup du Mossad ! », puis un autre éclairé : « Plutôt signé Bush, de mèche avec les Saoudiens ! », et hier soir la flèche de Viollet-le-duc en feu ne s’était pas effondrée que ça fusait de partout: «Manœuvre de diversion contre les gilets jaunes ! », « Tout à fait la main invisible des francs-maçons ! », ou encore « la punition méritée des chiens d’infidèles ! », en veux-tu, en voilà…

Moi l’autre : - Et encore, tu t’exprimes là en langage à peu près châtié et pas dans le volapück avarié de la meute…

Moi l’un : - Attention mon ami, tu vas te faire traiter de raciste élitique si tu cites texto «C la vergence du dieu contre les racistes coloniales», ou «Vous vous moquer de La Mecque et là vous laver voulu », ou encore l’idiote blanche et belge de service, l’épatante Opaline Meunier sans pseudo: « C’est que des briques, les copains, une charpente ça se reconstruit », etc.

Moi l’autre. – Opaline Meunier a 2590 abonnés sur Twitter et a viré son tweet après 80 injures subies en 1 minute. Elle s’est un peu rétractée par rapport aux larmes de Stéphane Bern mais elle tient bon sur le thème de l’ «émocratie» sélective. Tu ne la suis pas à ce propos ?

Moi l’un : - Plutôt mort que sur Twitter, et les tortillements d’Opaline me laissent de bois silicifié, qui participent au chaos de la meute. Le sanglot qui fait son show, larmes de notable comprises, me fait vomir. Voilà mon cher : c’est dit. Et si le feu prenait aux bibliothèques de notre compère JLK, ce serait du pareil au même : des larmes sans doute, comme pour Notre-Dame, mais au bois de mon cœur et à l’écart des réseaux. Would you be my follower ?

Moi l’autre : - Yes my bro. Et pour Twitter, ce ne sera pas demain la veille. Comme notre compère JLK, j’y vois le parangon de la non-communication et le vecteur parfait de ce qu’Armand Robin appelait la «fausse parole».

Moi l’un : - Le lieu par excellence de la jactance, où l’opinion jetée fait rage…

Moi l’autre : - Comme l’autre soir sur le plateau de Touche pas à mon poste ?

57798634_10219398106570226_8401307934826430464_o.jpg

Moi l’un : - À peu près exactement ! Là encore tu es d’accord avec moi, pour une fois ? Cette émission est un crime contre l’humanité, ou j’exagère ?

Moi l’autre. – Tu as entendu ce qu’en a dit l’ami Roland Jaccard, l’autre soir, au sieur JLK, à propos de son expérience « sur le terrain » quand il a été convié au « débat » sur la prostitution ?

Moi l’un : - Et comment ! Mais toi et moi, nous découvrions à peine cette foire d’empoigne : pas une seconde de débat sur l’immigration mais un concert d’invectives, au bord d’en venir aux mains…

Moi l'autre: - C'était moins une !

57004855_10219398110890334_5726250321164894208_n.jpg

Moi l’un : - Et c'est ce qui s’est passé au dire de Roland Jaccard : les furies du «contre» ont sauté à la gorge des défenseurs du «pour», et les vigiles sympas ont déboulé à la rescousse…

Moi l’autre. – Un vrai cauchemar !

Moi l’un : - Le show absolu. Prochaine édition : pour ou contre le feu à l’Elysée ! Ou peut-être mieux : faut-il cramer le Vatican ?

Moi l’autre : - Chiche : on na va pas manquer ça. Ni toi ni moi ne sommes de bons paroissiens, mais là ça va flamber !

Écrire un commentaire

Optionnel