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  • Le feu au lac

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    Musée de poche, No2. Au port d'Ouchy, d’après Hermanjat.

    On réduit trop souvent la mentalité suisse romande au calvinisme (qui est lui-même bien plus varié et intéressant qu’on ne le dit) alors que notre pays de lacs et de douces campagnes connaît aussi des formes de sensualité qui se traduisent par une poésie (il n’est que d’évoquer le lyrisme d’un Gustave Roud ou le style baroque et chamarré d’un Cingria) et une peinture dont quelques petites maîtres paysagistes, dans la foulée de Turner, Corot ou Courbet (auquel nous devons de belles évocations lémaniques), valent la peine d'être (re)découverts. Je pense évidemment au plus connu d’entre eux, François Bocion (1828-1890) magicien des atmosphères brun-bleutées et traduisant admirablement la sérénité comme intemporelle des soirs lacustres ou des après-midi d’été; un poète de la couleur à fonds terrien proche de celui de Ramuz qui, petit garçon, lui serra la papatte. Mais il y en a d’autres, tels les Félix Vallotton, Charles Chinet ou Fernand Gaulis, et puis il y a Abraham Hermanjat (1862-1932) qui a ma prédilection et dont j’ai été tenté, à plusieurs reprises, dans tel ou tel musée mal gardé, de dérober telle ou telle toile en douce. Faute d’assez de cran, j’ai fait un jour cette copie, plus que fruste mais que j’aime bien quand même, d’une vision comme incendiée par la lumière du couchant, dans une sorte d’effusion orangée, de l’ancien port d’Ouchy, en bas de Lausanne. L’original date de 1917 et se trouve dans une collection particulière, établissement bancaire ou villa sûrement gardée par des molosses…

    Image. Ouchy, 1917. Abraham Hermanjat.

  • Musée de poche

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    De l’aquarelle considérée comme un geste critique…

     

    L'idée m'est venue ce matin, face au brouillard et à la mauvaiseté du monde (les dernières infos) de me constituer un petit musée de poche en recopiant des tableaux aimés que j'aimerais bien emporter avec moi partout où je vais. J'ai commencé avec La route à midi de Thierry Vernet, évocation provençale de je ne sais où, dont je ne possède à vrai dire qu’une reproduction, mais fidèle. Pourtant une copie personnelle m’importe aussi, même de qualité inférieure, puisque c’est mon propre regard que j’ajoute à celui du peintre, à tel moment et en tel lieu. C’est un peu comme un commentaire de l’œuvre, dans la foulée, une note à la volée - et je me rappelle alors quatre autres copies commises, à la gouache, une d’après Rouault et trois d’après Czapski…

    Pour en revenir à La route à midi de Thierry Vernet, il va sans dire que l'original est bien plus beau, mais l'intention y est... Ensuite ça sera plus coton de copier du Rembrandt ou du Vermeer à l'aquarelle presto...

    Image : La route à midi, d'après Thierry Vernet.