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  • Pensées de l’aube (30)

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    De la pauvreté. - Elles ont une nuit d’avance, ce matin comme les autres, donc c’est hier matin qu’elles dansaient le soir devant leur masure, toute grâce et gaîté, leur dure tâche achevée, les deux femmes, la jeune et la vieille, de ce haut plateau perdu du Zanskar où leur chant disait le bonheur parfait d’avoir tout…

    De l’abjection – Pour plaire et se complaire dans son illusion d’être si bon il tire des traites sur la douleur du monde et cela fera, se dit-il, vendre ses livres - tel étant le démon de l’époque et qui grouille de vers aux minois d’innocence, c’est le péché des péchés que cette usure de la pitié feinte et de cela dès l’éveil, petit, refuse d’être contaminé…

    De la sérénité. – À l’immédiate hystérie des médias relancés avant le lever du jour tu résistes en ouvrant grande la fenêtre à l’air et à la neige de ce matin qui ne fondra pas moins que leur pactole mais tout tranquillement, en lâchant ses eaux comme pour une naissance sans convulsions, et le printemps reviendra, et les gens ce matin continuent de faire leur métier de vivre dont personne ne s’inquiète – alors toi, maintenant, referme la fenêtre au froid…

    Image: Philip Seelen.

  • Peter Sloterdijk en nos murs

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    PHILO Le penseur allemand recevra, le 2 mars prochain à Lausanne, le Prix Européen de l’essai.

     

    C’est à Peter Sloterdijk, l’un des penseurs contemporains les plus originaux et les plus stimulants, qu’a été attribué le  Prix Européen de l’Essai, créé en 1975 par la Fondation Charles Veillon et qui a déjà distingué des auteurs aussi prestigieux et divers que Jacques Ellul, Alexandre Zinoviev, Edgar Morin, Tzvetan Todorov ou encore Jean Starobinski, notamment. Le Prix 2008, doté de 30.000 francs, sera remis publiquement à Lausanne le 2 mars prochain à Peter Sloterdijk, 34e lauréat, pour son essai Colère et Temps, paru chez Maren Sell en 2007.
    Après une entrée très remarquée  sur la scène intellectuelle européenne avec sa Critique de la raison cynique (1983, traduit chez Bourgois en 2000), Peter Sloterdijk a publié de nombreux ouvrages dont une quinzaine ont été traduits en langue française, notamment les controversées Règles pour le parc humain. Plus récemment, la trilogie des Sphères (Bulles, Sphères et Globes) a déployé sa vertigineuse arborescence «plurielle», constituant une nouvelle approche philosophico-poétique de la réalité et de la pensée en évolution, des cosmogonies antiques à l’univers mondialisé de nos jours. Doué d’une culture transdisciplinaire  mais aussi d’une grande imagination dans les formes et les mises en rapport de sa réflexion,  Sloterdijk s’est taillé  une réputation internationale tout en continuant d’enseigner un peu partout, entre autres à Zurich.

    « Les livres sont de longues lettres  adressées à des amis» écrivait-il dans son préambule aux Règles pour le parc humain. Or la dernière de ces «missives», intitulée Colère et temps est un aperçu saisissant des mécanismes du ressentiment, de l’Iliade à Lénine, ou de la Genèse à Freud, où l’on voit la colère instinctive de la créature humaine se capitaliser peu à peu en « banque mondiale de la vengeance », jusqu’à la scène la plus actuelle du « théâtre mondial des menaces »…

    Lausanne. Université, Bâtiment Amphimax, auditoire 351. Lundi 2 mars 2009 à 18h30, remise du prix. A cette occasion, Peter Sloterdijk donnera une conférence publique exceptionnelle.

    Anthropos Café, UNIL, bâtiment Amphipôle, mardi 3 mars, entre 11h15 et 12h45, café philosophique avec Peter Sloterdijk.