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Silence sur Gaza

Ramallah778.jpg

Lettres par-dessus les murs (70)


Ramallah, ce 4 janvier 2009, 14h.


Cher JLs,


Je viens de recevoir un mail disant que les bâtiments de l'opérateur Paltel viennent d'être touchés, à Gaza, ce qui implique des conséquences sur tous les réseaux de téléphonie fixe et mobile. Je ne sais pas si c'est vrai, d'ailleurs les journalistes occidentaux ne peuvent m'en apprendre plus, puisqu'ils ne sont pas autorisés à entrer à Gaza. Ce que je sais, c'est que nous n'arrivons pas à joindre nos amis ce matin.
Sur Haaretz, je lis que tous les téléphones portables des soldats israéliens ont été confisqués : on a compris, après Abu Ghraib, le danger de ces appareils. Al Jazeera a un correspondant sur place, nous verrons donc quelques images qui n'émaneront pas du service de presse de l'armée - les dernières que celui-ci nous a fait parvenir étaient sympathiques, tu as vu comme moi ces quelques courageux fantassins qui marchaient seuls dans le noir, comme si c'était ça, une incursion – des types armés de leur seul courage, qui marchent dans le noir.

Je me rappelle quand l'armée est entrée à Ramallah en 2006. Une « opération » un peu plus ample que celles qui ont lieu ici presque toutes les nuits. C'était en plein jour, vers midi, le téléphone sonne et je suis tétanisé parce que je ne comprends pas bien ce que dit Serena, parce que des sanglots coupent ses mots, elle s'est réfugiée dans une épicerie, derrière le comptoir, elle reprend son souffle, elle traversait le centre quand les gens se sont mis à courir, à se mettre à l'abri dans les magasins, elle les a suivi, les balles sifflaient – j'allume la télévision, la caméra d'Al Jazeera couvre le centre de la ville, et la place centrale est occupée par les blindés, des gens courent dans les rues adjacentes, des militaires épaulent, protégés par les portières des véhicules– par la fenêtre ouverte j'attends les rafales, et sur l'écran, avec un léger décalage, je vois le recul des fusils. La voix de Serena se calme, elle n'est pas seule dans l'épicerie, il y a le petit vendeur, fasciné, qui regarde par la fenêtre, et puis une femme, encore plus terrorisée qu'elle. Son mari est dans un centre commercial à quelques mètres, il lui conseille de la rejoindre, c'est plus sûr là-bas, alors elles prennent leur courage à deux mains et sortent, longent les murs, s'engouffrent là, pendant que je reste devant mon écran, que je lui fais part de ce que je vois, les blindés qui tournent en rond, des gens cachés derrière des poubelles, qui attendent, une cannette de coca qui rebondit sur un blindé, qui a eu cette inconscience, et c'est insupportable de voir les choses avec une telle netteté, sur l'écran, avec cette vue de haut, ce regard divin, et d'être complètement impuissant – mais au moins je peux deviner que le bout de rue où elle se trouve est déserte, et je peux lui décrire le mouvement des troupes, cent mètres plus loin, pendant qu'elle me décrit le peu qu'elle voit de la rue, des gens qui fuient, des adolescents qui s'approchent, qui veulent en découdre avec l'armée, des pierres à la main…
L'incursion a duré quatre heures, pendant quatre heures j'ai écouté les hélicoptères tourner, les rafales, par la fenêtre. La télé allumée, mon ordinateur sur les genoux. Serena me dit que dans le centre commercial les gens ont recommencé à faire leur courses… à la télé le bulldozer blindé a préparé la retraite, en écrasant les voitures garées au bord de la route, et l'armée est repartie.

Il n'y a eu que deux morts, ce jour-là. Va imaginer la terreur à Gaza. Le correspondant d'Al Jazeera vient d'en dire deux mots: privés d'électricité, les habitants n'ont accès à aucune information sur ce qui se passe au-delà de leurs murs. Ils n'entendent que le bruit. Cette nuit une journaliste de la BBC interrogeait depuis Jérusalem un homme réfugié dans sa cave, avec sa famille. La conversation fut coupée par une explosion - et l'on reste suspendu au silence, le silence comme une claque, même la journaliste n'a pas pu le combler, bouche bée. Et puis l'homme a pu parler à nouveau, c'est la maison d'à côté qui a été touchée, il parle de vitres brisées, de son père resté à l'étage, qu'il doit aller voir.
Maintenant c'est un type du conseil de sécurité des Nations-Unies qui apparaît à l'écran. Il redit la phrase : « la sécurité d'Israël n'est pas négociable ». J'éteins, c'est insupportable.
Pascal.

Panopticon99.jpgA La Désirade, ce 4 janvier, soir.

Cher Pascal,

Nous rentrions d’une grande balade dans la neige, L. et moi, lorsque j’ai pris connaissance des dernières nouvelles de Gaza, avant de lire ta lettre, à laquelle je n’aurai pas l’indécence de répondre, tant ce que je pourrais t’écrire serait dérisoire.
Au chapitre de la dérision, un ami m’a appris ce matin que Pierre Assouline, sur son blog de La République des Livres avait viré la référence du mien au motif que notre correspondance le contrarierait. Cela m’étonne à vrai dire, surtout de la part de quelqu’un que j’ai défendu à plusieurs reprises contre ses détracteurs, mais voilà ce qu’on me dit; et moi je réponds que nos lettres n’ont jamais donné dans l’agressivité partisane – tu ne fais que dire ce que tu vois et ce que tu vis, je te réponds en toute sincérité et sans attaquer aucune partie, juste fidèle à ma résistance envers toute forme de fanatisme. Comme Pierre Assouline n’a pas de compte à me rendre, je ne lui en demanderai pas et je maintiens sa référence au nombre de mes liens – chacun sa liberté.
Ce qui est sûr, au demeurant, c’est que je continuerai de publier tes lettres tant qu’elles ne risqueront pas de vous inquiéter, Serena et toi, et que j’y répondrai dans le même esprit.
Je pense à vous et à vos amis – à commencer par ceux qui se trouvent piégés à Gaza. Je vous embrasse très fort.
Votre Jls

Images: Philip Seelen

Commentaires

  • Chers vous deux, ô oui, écrivez, écrivez encore. Vous lire fait battre deux coeurs dans ce silence inexpliqué des amis qui s'éloignent... dans les cris de ceux qui se laissent guider par la haine.... dans ces pleurs qui accompagnent les morts que l'on met en terre.
    Je prie pour qu'un jour proche, le bruit des bombes, des chars et des roquettes fasse place à celui du blé qui pousse, du vent dans les branches de l'olivier, du rire des enfants, des berceuses des mères et du bruit des outils qui remplacera celui des armes.

  • L’attitude de Pierre Assouline ne doit pas vous étonner. Personnellement, j’ai cessé de fréquenter son site au moment de l’affaire « Alain Ménargues ». Ce journaliste, par ailleurs directeur de radio France international, venait de se faire remarquer par la sortie d’un livre intitulé « Le mur de Sharon », dans lequel il critiquait fermement la politique israélienne, qu’il qualifiait de raciste. Il n’en fallut pas plus pour qu’il soit taxé d’antisémitisme et aussitôt limogé de son poste de journaliste.

    A l’époque, plutôt que de regretter les sanctions frappant un homme qui disait tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas (en dénonçant l’iniquité de la construction de ce mur), Pierre Assouline s’est réjoui de ce limogeage. En agissant de la sorte, il montrait clairement à quel camp il appartenait. Une chose est de défendre le droit d’Israël à disposer d’un état, une autre est de montrer un parti pris manifeste dans une affaire aussi sensible et cela au mépris de toute la rigueur intellectuelle qu’on aurait pu attendre de lui.

  • Merci, JEF, pour ces précisions. On apprend...

  • Le pire pour l’humanité tout entière serait une défaite cuisante du Hamas. Il ne faut pas croire qu’une victoire de Tsahal mettrait fin à la rancœur. Il n’y a pas de victoire possible sur les sentiments.
    Si le Hamas est écrasé, d’autres formes de lutte suivront, plus désespérées, plus aveugles qui choisiraient d’autres modes d’actions et d’autres terrains d’action.
    Rien n’est pire qu’une victoire écrasante !
    Il est encore temps d’agir pour que cesse ce bain de sang. Israël cherche une issue. J’espère qu’il la trouvera demain avec Mr Sarkozy.
    Les images que passe Al Jazeera sont insoutenables. Aucun homme ne peut justifier l’horreur de ce qui se produit à Gaza même en diabolisant le Hamas. Cela ne devrait pas être permis même avec le diable en personne : ces enfants brûlés, mutilés, défigurés. (photos sur le site de la chaîne. il suffit de googler al jazeera)
    Seule Al Jazeera (pour combien de temps encore ? je tremble pour la vie de ses journalistes) diffuse encore des images en live.
    Il faut vraiment douter de l’humanité de l’homme palestinien pour justifier ces attaques.
    Merci Jean-Louis Kuffer, merci Pascal

  • Le témoignage dénué de haine de votre ami Pascal est précieux et votre correspondance indispensable.
    Merci à lui et à vous.
    Geneviève

  • Je pense comme Jalel El Gharbi que c'est un déni de l'humanité des Palestiniens que d'engager des forces armées israëliennes, de terre, de mer et des airs dans une attaque massive sur Gaza, c'est-à-dire sur sa population civile déjà privée d'alimentation et de médicaments. C'est un massacre. Injustifiable.

    Merci à Jean-Louis Kuffer pour la publication de cette correspondance avec Pascal. Merci à Pascal. Avons-nous le droit d'ajouter que nous les embrassons, lui et Serena ?

  • BRUYANTES CULTURES

    La mémoire à courte vue
    Oublie toujours la logique
    Des balances et de l'équilibre

    Pour un geste de poussée
    Une contre-poussée
    Rien de plus rien de moins

    Les tracteurs peuvent toujours
    Labourer le vent
    Le marteau et l'enclume
    Ne changent rien à son parfum

  • Et je lirai demain, dans vos journaux, que la trêve est finie à Gaza. Ce n’était donc pas un siège, mais une forme de paix ce camp de concentration fauché par la faim et la soif.
    Et de quoi dépend la différence entre la paix et la guerre ? De la comptabilité des morts ? Et les enfants rongés par la malnutrition, on les met sur quel compte ?

    Meurt-il de guerre ou de paix celui qui meurt parce que l’électricité manque dans le bloc opératoire ? On dit paix quand il n’y a pas de missile - mais comment dit-on quand tout le reste manque ?

    Et je lirai dans vos journaux, demain, que tout cela n’est qu’une attaque préventive, que ce n’est qu’un droit légitime, inviolable d’autodéfense.

    La quatrième puissance militaire du monde, ses muscles nucléaires contre des missiles de tôle, du papier mâché et du désespoir. Et naturellement on va me préciser qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre des civils - et d’ailleurs comment pourrait-elle l’être si trois hommes qui causent de la Palestine ici, au coin de la rue, sont pour les lois israéliennes un noyau de résistance et donc un groupe illégal, une force combattante ? - si dans les documents officiels nous sommes marqués comme une entité ennemie et, sans plus le moindre frein éthique, le cancer d’Israël ? Si le but est d’éradiquer le Hamas - tout cela renforce le Hamas.

    Vous arrivez à bord des avions de chasse pour exporter la rhétorique de la démocratie, à bord des avions de chasse vous revenez ensuite étrangler l’exercice de la démocratie - mais quelle autre option reste-t-il ? Ne la laissez pas vous exploser dessus soudain.

    Ce n’est pas le fondamentalisme qu’on bombarde en ce moment mais tout ce qui s’y oppose. Tout ce qui ne restitue pas gratuitement à cette férocité indiscriminée une haine égale et contraire, mais une parole nue de dialogue, la lucidité de raisonner, le courage de déserter - ce n’est pas une attaque contre le terrorisme cela, mais contre l’autre Palestine, tierce et différente, tandis qu’elle esquive des missiles coincée entre la complicité du Fatah et la myopie du Hamas. Il était en train de m’assassiner par autodéfense, j’ai du l’assassiner par autodéfense - un jour les survivants le raconteront ainsi.

    Et demain je lirai dans vos journaux que tout processus de paix est impossible, les Israéliens, hélas, n’ont personne avec qui parler. Et en effet - comment pourraient-ils l’avoir, retranchés derrière un Mur de béton de huit mètres ? Et surtout - pourquoi devraient-il l’avoir, si la Road Map n’est que l’énième arme de distraction de masse pour l’opinion publique internationale ? Quatre pages où l’on nous demande, par exemple, d’arrêter les attaques terroristes et où l’on dit qu’en échange Israël ne va entreprendre aucune action pouvant miner la confiance entre les deux parties comme - textuellement - les attaques contre les civils.

    Assassiner des civils ne mine pas la confiance, mais le droit, c’est un crime de guerre, ce n’est pas une question de courtoisie. Et si Annapolis est un processus de paix, tandis qu’en attendant, ici, la seule carte qui progresse sont les terres confisquées, les oliviers arrachés les maisons démolies, les colonies élargies - pourquoi alors la proposition saoudienne n’est-elle pas un processus de paix ? La fin de l’occupation en échange de la reconnaissance de la part de tous les Etats arabes. Pouvons-nous avoir au moins un signe de réaction ? Quelqu’un là, par hasard, écoute-t-il de l’autre côté du Mur ?

    Mais je suis là à vous raconter du vent. Parce que demain je ne lirai qu’une ligne dans vos journaux et seulement demain, ensuite je ne lirai, encore, que l’indifférence. Et ce n’est que cela que je sens, tandis que les F16 survolent ma solitude vers des centaines de dommages collatéraux dont je connais chaque nom, chaque vie - seulement un vertige d’abandon et d’égarement infinis. Européens, Américains et Arabes aussi - parce qu’est devenue la souveraineté égyptienne, au passage de Rafah, la morale égyptienne, au sceau de Rafah ? - nous sommes simplement seuls.

    Vous défilez ici, une délégation après l’autre - et en parlant, aurait dit Garcia Lorca, les mots restent dans l’air, comme des bouchons dans l’eau. Vous offrez des aides humanitaires mais nous ne sommes pas des mendiants, nous voulons dignité, liberté, des frontières ouvertes, nous ne demandons pas de faveurs, nous revendiquons des droits. Et, au contraire, vous arrivez, indignés et désireux de participer et vous demandez ce que vous pouvez faire pour nous. Une école ?, une clinique peut-être ? des bourses ? Et nous essayons à chaque fois de vous convaincre - non, pas la généreuse solidarité, enseignait Bobbio, seulement la sévère justice - des sanctions, des sanctions contre Israël.

    Mais vous répondez - neutres à chaque fois et donc partageant le déséquilibre, partisans des vainqueurs - non, cela serait antisémite. Mais qui est plus antisémite, ceux qui ont vicié Israël un pas après l’autre pendant soixante ans, jusqu’à le défigurer au point d’en faire le pays le plus dangereux au monde pour les Juifs ou ceux qui l’avertissent qu’un Mur marque un ghetto des deux côtés ?

    Est-il peut-être antisémite de relire Hannah Arendt aujourd’hui où c’est nous, les Palestiniens son écume de la terre, est-il antisémite de revenir illuminer ses pages sur le pouvoir et la violence, sur la dernière race soumise au colonialisme britannique, qui auraient été, in fine, les Anglais eux-mêmes ? Non, ce n’est pas de l’antisémitisme, mais l’exact contraire, de soutenir les nombreux Israéliens essayant d’échapper à une nakbah appelée sionisme. Parce qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre le terrorisme mais contre l’autre Israël, tiers et différent, tandis qu’il esquive la pensée unique coincé entre la complicité de la gauche et la myopie de la droite.

    Je sais ce que je lirai, demain, dans vos journaux. Mais pas d’autodéfense, pas d’exigence de sécurité. Tout cela ne s’appelle qu’apartheid - et génocide. Parce que peu importe que les politiques israéliennes, techniquement, collent ou non au millimètre avec les définitions délicatement ciselées par le droit international, son formalisme aristocratique, sa prétendue objectivité ne sont que l’énième collatéralité, ici, qui seconde et multiplie la force des vainqueurs. L’essence de ces avions est votre neutralité, est votre silence, le son de ces explosions. Quelqu’un se sentit Berlinois, devant un autre Mur. Combien de morts encore, pour vous sentir des citoyens de Gaza ?

    Mustafa Barghouti
    Ramallah, 27 décembre 2008 - Reçu par courrier électronique

  • "Ceux qui ont fait d'Israël le pays le plus dangereux au monde pour les Juifs eux-mêmes" En effet.

    Et ce mur est incompréhensible. Après avoir été relégués eux-mêmes dans des ghettos pendant des siècles, voilà qu'ils imposent la même situation aux Palestiniens, coincés sur l'étroite bande de Gaza et qu'ils construisent leur propre ghetto en s'entourant d'un mur.

    Il est vrai qu'ils ne se sentent pas rejetés par l'opinion internationale, puisque beaucoup les approuvent.

    Soulignons quand même qu'il y a des Israéliens qui condamnent cette politiqe de guerre. Visiblement ils n'ont pas droit à la parole, pas plus que nous quand nous condamnions l'invasion de l'Irak ou quand nous refusions de cautionner une Constitution européenne qui faisait de l'échange des marchandises et de l'argent la seule valeur humaine.

  • Le Dr. Moustapha Barghouthi est le secrétaire général de l’Inititative Nationale Palestinienne, parti politique laïc de gauche. Il est partisan d’une lutte non violente contre l’occupation israélienne.

    Sur le web : Al Mubadara, site de l’Initiative Nationale Palestinienne (en anglais)

  • Merci, Jalel, Nerval et Feuilly, pour vos contributions.

  • Bonjour Jean-Louis,

    Cela relève sans doutes du dérisoire, mais s'il est avéré qu'Assouline vous a enlevé de ses liens en raison de la publication de votre correspondance, cela est pour le moins hallucinogène. Bien que pas étonnant finalement. Si en effet on peut dans un premier temps se dire que votre relation épistolaire ne donne la parole qu'à l'un des deux camps et puisse ainsi constituer une forme de déséquilbre de l'information, il n'en reste pas moins tout à fait évident qu'en France seul Israël bénéficie de cette discrimination positive, et que si vous aviez correspondu par exemple avec la mère d'un enfant juif mort dans un attentat palestinien, il est très improbable que cela vous ait été compté pour un traîtement partial de l'information... C'est tout à votre honneur que de réagir comme vous le faîtes Jean-Louis - à l'égard de ce qui n'est certes qu'un soupçon pour l'instant - et ceux qui ont eu l'occasion ne serait-ce que d'échanger quelques mails avec vous, vous reconnaissent bien là, je vous le dis sincèrement sans égard pour votre pudeur. Je n'ai donc pas l'intention de venir de jeter l'huile sur le feu là où vous continuez de montrer de la noblesse d'âme. Et ce conflit est beaucoup trop complexe pour se permettre de juger les uns ou les autres. Toutefois - si, une fois de plus, le soupçon se confirme -, on rira bien désormais quand M. Assouline prendra la pose de défenseur de la liberté de pensée et d'expression. Il n'est bien qu'un pion parmi d'autres (il est d'ailleurs possible que ce soit Le Monde - son hébergeur - qui lui ait "conseillé" de rester discret). Cela est profondément écoeurant, tous ces gens érigés en bonnes consciences, cette petite caste qui passe son temps à culpabiliser tout ce qui ne pense pas comme elle, et est toujours la première à pratiquer le mensonge et sa forme molle de fascisme.

  • Cher Ornithorynque, merci de votre attention, mais je n'entre pas en matière à propos de PA. Au demeurant, Pascal ne représente aucun camp, ni moi non plus. Dois-je publier la charte du Hamas et dire noir sur blanc combien elle me paraît monstrueuse pour prouver ma bonne foi ? Mais alors il faudrait refaire tout un historique détaillé qui ne devrait pas oublier les terroristes de l'Irgoun, avant de remonter à la Genèse et à l'Exode, aux prescriptions de Yahveh concernant la sécurité et la prospérité de son peuple et aux prescriptions du Prophète concernant le sien, aux Croisades et tutti frutti, ainsi de suite. Pascal Janovjak est une espèce d'enfant de choeur et d'honnête garçon comme, comme je le suis en somme, et nous n'aspirons qu'à la paix, comme la plupart des honnêtes gens en Israël ou à Gaza. En l'occurence, vu la disproportion des forces en présence et du nombre des victimes présumées innocentes, nous compatissons avec les Palestiniens pris en otages par les islamistes, comme on l'a vu dans la guerre en ex-Yougoslavie - mais est-ce à nous de juger les recours du désespoir et son utilisation cynique ou mystique ? Notre sentiment partagé, avec Pascal, se réduit probablement à la seule résistance à la fatalité supposée, que ce sont les violents qui l'emportent. Les Palestiniens ne font plus, déjà, la une des journaux. A Gaza Tsahal normalise. Barack Obama se tait pour le moment. Je vous souhaite, pour ma part, une bonne journée au chaud. Ce matin il fait -4° à la Désirade. Ah, comme nous sommes à plaindre...

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