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  • La relève d'un brave

     Léman13.JPGA La Désirade, ce 29 juillet. – Le jour se lève sur le grand lac bleu sombre, le ciel est ce matin lourd d’orages mais c’est tout réconforté, après le noir de l’éveil et quelques clics, que je reviens (virtuellement) de Ramallah où mon occulte ami Nicolas (les amis de nos amis étant virtuellement nos amis, et c’est grâce à Pascal que j’ai découvert ce Nicolas-là) m’a fait ce grand bonheur, une fois de plus, de constater que ça continue. Un clic pour s’en convaincre : http://battuta.over-blog.com

    Pas mal des gens de ma génération tirent l’échelle derrière eux en prétendant qu’il n’y a plus rien qui se fasse de bel et de bon aujourd’hui, la jeunesse se réduisant à un conglomérat vaseux de consommateurs hébétés, et cette posture me révolte. Or il suffit de lire le bref récit intitulé Le petit ange d’Hébron, publié hier par Nicolas, ou son texte prolongeant, à partir des abjectes images d’Abu Ghraïb, où le soldat devient photographe ( !), la réflexion de Susan Sontag sur l’ambivalence de la photographie, dans ses représentations de la guerre ou de la violence, pour retrouver la fraternité agissante de ce que Baudelaire appelait la « société des êtres ». Merci Nicolas, salve Battuta !

     

  • Sortir du noir

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    Après le moment de noir qui m’accable chaque matin, je reviens à la vie en buvant mon café à la fenêtre d’où je vois le monde émerger lui aussi du noir en beauté ; et ce mot me sauve alors : ce mot de beauté.

    Aussi, ces carnets m’aident à me retrouver, chaque jour après l’autre, c’est le bout de bois flotté à quoi je m’accroche pour ne pas sombrer.

    Sa qualité de porosité fait de Shakespeare l’écrivain des écrivains, plus encore que Baudelaire qui a pourtant tout senti lui aussi. Mais à la porosité s’allie l’effort de transmutation sans lequel la porosité ne serait qu’une disposition spongieuse et passive. La poésie est un acte.

    A l’aube ce froid
    coule sa menace.
    On ne sait
    si c’est avant ou après.
    Le mal rôde,
    il a tous les noms,
    nulle part et partout.
    Tout est dispersé.
    Seule,
    tu respires à mes côtés ;
    seul
    ce souffle
    nous anime.

    JLK: Grammont à l'aube. Huile sur toile, 2005.