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  • Grandes largeurs

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    Chemin faisant (154)
    La ville aux échappées. - ce n'est pas d'un coup, comme peut apparaître soudain New York de plein fouet, de face ou de profil, que la splendeur de San Francisco se révèle, mais plutôt au gré de multiples déplacements de points de vue, de rudes montées et de vertigineuses descentes, de parcours latéraux et de mouvements giratoires, entre autres traversées encaissées ou laissant subitement fuir le regard vers des percées lointaines, et le cumul de ces vues se constitue alors en sensation d'ensemble dont l'exaltation se fixe mieux avec le recul d'un bateau faisant le tour de la baie, d'un pont suspendu à l'autre, sur le roulis des eaux fraîches et sous les claques du vent.
     
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    On oublie le Routard.- Les francophones moyens que nous sommes, qui plus est de la classe 68, sont censés trouver Frisco (la seule abréviation fait initié) forcément sublime, avec tout l'afflux de références contre-culturelles liées aux mythes d'une génération rompant les amarres de la conformité, mais ce nouvel alignement ne sera pas le nôtre: nous ne ferons pas forcément pèlerinage aux lieux supposés de la bohème magnifique et des légendes vivantes, nous irons où ça nous chante et sans airs entendus, et c'est ainsi qu'hier nous aurons trouvé plus de belle et bonne vie sur les quais d'Embarcadero grouillants de multiples populations bigarrées aux langues de tous les continents que par les ruelles taguées de l’Art Street certifié, les hauts d'Ashbury aux nostalgies hippies homologuées ou les cafés de Castro et ses vieux gays forcément libérés - et demain nous irons par les jardins du Golden Gate ou de Presidio de préférence à Sausalito et sa légende réchauffée, mais gardons-nous pour autant de renoncer à aucun détour improvisé, via City Lights allez donc ! ni aucune surprise.
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    Entre pannes et tremblements. - Se retrouver soudain dans le noir des volées d'escalier de bois d'un vieil hôtel style 1900 et des poussières soudain privé de l'usage de son ascenseur de collection, où se voir soudain coupé de toute connection Internet dans l'Etat de la planète où se forge notre avenir numérique : telle fut aussi bien , hier, la surprise paralysant soudain toute une colline à la suite d'une monumentale panne d'électricité. Evohé ! Miracle: la Machine a encore ses failles, sans parler de notre mère la Terre dont les humeurs ne sont point encore tout à fait sous contrôle ainsi que les sismologues, prévenants sinon avenants, l’envisagent pour les temps peut-être prochains...18033437_10212812650537941_1732025984254058833_n.jpg18033335_10212812652537991_1532082226585430632_n.jpg
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  • Your attention please...

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    (Dialogue schizo)
     
    Moi l'autre: - Alors, ce début de voyage ?
     
    Moi l'un: c'est pire que ce que je croyais - j'en suis déjà retourné, pour ainsi dire enchanté !
     
    Moi l'autre: - Toi qui prétendais hier encore que le voyage est le plus souvent assommant, tu te contredis à présent ?!
     
     
    Moi l'un: - Absolument pas. Ce qui me tue est l'idée qu'on se fait actuellement du voyage, et l'injonction d'en profiter ! Comme si la vie de tous les jours était moins dense que le fait de se déplacer !?
     
    Moi l'autre: - Pourtant tu as maintes fois remarqué que la découverte de lieux nouveaux accentue l'attention et la vision des choses...
     
    Moi l'un: - C'est l'évidence même, mais des millions de prétendus voyageurs actuels ne voient rien ou ne regardent que ce qu'on leur ordonne de regarder pour mieux profiter, selon l'expression que je hais.
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    Moi l'autre : - Tu prétends ne pas consommer ?
     
    Moi l'un : - Notre ami Charles Albert Cingria l'a écrit: qu’"observer c'est aimer". Consommer n’est à mess yeux qu’ un sous-produit. De même y a-t-il une gradation entre voir, regarder et contempler. C'est affaire d'attention une fois de plus, et de gradation dans la qualité. Consommer est un automatisme, tandis que savourer relève du don de soi.
     
    Moi l'autre: - Et qu'est-ce alors qui a frappé ton attention au point de te faire savourer pareillement ce début de voyage ?
     
    Moi l'un: - C'est d'abord l'immensité du paysage. La sensation physique de dilatation. Ce ciel plus haut, ces avenues plus larges, ce fabuleux élan du pont routier sur la baie de San Diago, ce joyeux chaos vestimentaire brassant les classes sociales, cet air à la fois indien et sino-japonais des Mexicains, et ce matraquage publicitaire à la télé ...
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    Moi l'autre: - Quoi, Ça ne t'horripile pas ?
     
    Moi l'un: - Pas du tout. C'est tellement exagéré que j'y trouve le plus haut comique, comme chaque apparition du Président sur Fox News, avec son air de se regarder passer et son rictus satisfait de plantigrade à brushing orangé. Les présentateurs eux-mêmes, autant que les télévangélistes et les intervieweuses aux maquillages outrés, me semblent de telle figures formatées du toc et du kitsch que le retour à la réalité réelle relève de la féerie. La vision hier, vers Seaport, d’une extravagante vieillarde à chapeau de paille et grandes fleurs multicolores, trônant sur sa chaise roulante à côté d'une sans-abri à caddie et leggings troués - toutes deux jactant comme deux écolières -, m'a semblé d'une humanité incarnée revigorante. C’est Fellini chez Donald le beauf ! Et quel beau porte-avions juste à côté ! Et quels beaux enfants à Balboa Park !
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    Moi l'autre: - Tu ne crois pas au déclin de l'empire américain ?
     
    Moi l'un : - Ce que je crois n'a aucune importance, mais je souhaite que cet excès d'arrogance du plus haut grotesque du nouveau Président et de sa clique appelle les braves gens à plus de lucidité et d'empathie multilatérale, comme j'en viens presque à souhaiter la victoire de la calamiteuse Marine Le Pen pour secouer les Français !
     
    Moi l'autre. - Et Lady L. dans tout ça ?
     
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    Moi l'un: - C'est évidemment elle la vraie First Lady, qui s'occupe de tout, prévoit, combine, planifie, organise, avec un sens des réalités qui n'exclut pas la rêverie végétative et des éclats de rire jamais forcés, en complicité tribale de bon aloi avec ses luronnes de filles et leurs lascars à la coule - bref tout ça aide à vivre, avec ou sans voyage, sans donner dans la suavité glamour juste bonne pour la télé-réalité...

  • Ceux qui font le tour du jardin

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    Celui qui remonte le fleuve étincelant dans sa Chevrolet Impala / Celle qui se gorge de glace à la vanille noire à la Bottega italiana de Coronado / Ceux qui se retrouvent au théâtre du Globe de San Diego ou l'esprit du Good Will n'en finit pas de souffler / Celui qui ne renoncera pas à lire Annie Dillard au motif qu'elle a le même passeport que Donald Trump alors qu'aucune romanciere-essayiste européenne n'egale son génie à sa connaissance / Ceux qui ont trouvé dans Le Cercle de Dave Eggers la critique romanesque la plus aiguë de la nouvelle idéologie transhumaniste / Celui qui ne s'est jamais dit Charlie ni non plus Américain le 11 septembre de l'année que vous savez / Celle qui préfère cent fois les séries anglaises ou américaines aux productions françaises qui se piquent d'exception / Ceux qui dans les années 60 vous tournaient le dos au prétexte que vous alliez camper dans l'Espagne de Franco / Celui qui a son premier retour des States à déçu ses amis suisses allemands en refusant de dénigrer ce prétendu nid de fachos / Celle qui a fait la grève du Coca avant de se mettre à la coke / Ceux qui copiaient ce matin les gravures de Goya et de Jacques Callot exposées au Musée Timken du Balboa Park / Celui qui relit Miss Lonely Hearts et se rappelle aussi le même esprit de Dostoïevski marquant la Confederation des imbéciles De John Kenney Toole découvert en Louisiane peu avant le suicide de son auteur / Celle que le matraquage matinal de Fox News n'empêche pas de sourire à ses voisins de palier peut-être bien républicains va savoir / Ceux qui prédisent aux Français de gauche se recentrant à droite un sort aussi peu enviable qu'aux déçus centristes des deux bords se ralliant aux extrêmes / Celui qui trouve à l'Americain moyen plus de politesse et d'humour qu'au Français de ces aigres années / Celle qui ne se prononce jamais que sur les cas particulier / Ceux qui demain matin s'envoleront pour San Francisco et vous saluent aimablement en attendant, etc.

  • Déambulation

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    L'éveil de nos méditations
    se fera d'occurrence
    au dam de toute autre influence
    ou détermination.
     
     
    Les bois flottés aux ornements
    de nouvelles musiques
    vers d'autres lendemains indiquent
    les intimes courants.
     
     
    Au dam des dominations
    de slogans ressassés,
    les mots se laissent ramasser
    au creuset des galions.
     
     
    Dans les préaux déjà
    les mots nous auront chahutés,
    ou parfois extasiés,
    délivrés de tout quant à soi.
     
     
    Nous respirons dans le jardin
    aux parfums espagnols,
    sous les ramées de rossignols
    au chant de pur satin.
     
     
    (Avant une première virée au Balboa Park...)

  • Notes d'un premier jour

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    Chemin faisant (155)
     
    Premiers constats. - Au premier jour de ce nouveau périple américain au niveau du couple, un peu plus d'un an après celui qui nous conduisit du plus haut des Pays-Bas au plus bas du front de mer breton, par Bruges et Cabourg avant le retour diagonal par la douce France aux bourgs plus ou moins déprimés si bien observés par l'acide Michel Houllebecq, de Nantes à Nemours et jusqu'aux collines de Côte d'or et aux bords de Saône inondés, je me dis que sans l'increvable Lady L. je serais resté en ce que Robert Walser appelait son "modeste coin", tout à mon indolence naturelle.
    Et me voici prié de me bouger en Californie, non mais ! Enfin voilà que ce matin, des grandes baies de notre quinzième étage du Marriott donnant sur la baie de San Diego, sur fond de sourd grondement des avions semblant plonger en pleine ville, un regain d'énergie m'est pour ainsi dire infusé par le mouvement concerté de l'immense ville...
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    De l'habitus. - Et tout de suite on est prié de réviser ses préjugés ! Illico l'observation rapprochée s'oppose aux généralisations devenues de plus en plus abusives, notamment via les réseaux sociaux, et c'est ainsi qu'hier, découvrant l'urbanisation middle classs superbement agencée , sur les hauts montueux de San Diego où notre fille aînée et son compagnon se sont installés pour quatre ans ( notre ingénieur de beau-fils se trouvant représenter en Californie la plus fameuse firme suisse de machines à plier le carton), l'occasion nous aura été donnée d'apprécier l'intelligence d'un plan de quartier rompant avec l'ordinaire chaos de tant de banlieues développées n'importe comment, tel que je l'ai observé, des années 60 à nos jours, aux alentours de la maison de notre enfance...
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    La notion de beau quartier ne m'a certes jamais fait rêver, mais comment décrier le projet d'un quartier à mieux habiter ? Ceci noté sans la moindre intention de conclure quoi que ce soit sur la supériorité des suburbs californiens par rapport à leurs homologues lausannois ou même danois, non plus qu'à l'habitus des médinas ou des industrieuses termites...
     
    17991109_10212786387441380_4447102590369322451_n.jpgAutre notations revigorantes . - La façon des Américains de porter des shorts, même financiers en retraite ou jeunes théologiens, à quelque chose d'aussi démocratiquement rassurant que l'entregent immédiat des Américaines de tous âges. Je me l'étais dit il y a plus de trente ans au Texas ou à Boston, puis à Los Angeles et à Santa Barbara un lustre plus tard, mais une fumeuse ou un fumeur n'étaient pas encore considérés, en ces temps préludant seulement à la political correctness, comme autant de meurtriers en puissance à chapitrer. En revanche on se réjouit de constater le recul de l'obésité des enfants et les progrès de la méditation non sectaire dont notre fille aînée illustre le souriant bienfait...

  • Ceux qui planent

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    Celui qui se met à la place de l’autre sans demander son reste / Celle qui cherche le père en scrutant le bras de mer / Ceux qui n’ont de cesse que de vous trouver où vous n’êtes pas / Celui qui prie Big Mother de lui lâcher les baskettes / Celle qui rêve tout haut dans le sous-marin soluble / Ceux qui touchent l’écran pour voir Les Sept Mercenaires / Celui qui se demande où est le copilote quand Dieu passe à la télé / Celle qui te dit qu’elle est en recherche dans une dimension latérale / Ceux qui disent tout à la Toile dont la réponse tarde à venir / Celui qui est théocrate à nuance ploutophile / Celle qui défèque dans l’avion à étages / Ceux qui voient Jésus marcher sur les nuages dont les moutons le saluent d’un air entendu / Celui qui à l’aplomb de San Diego dit salut à Sally l’hôtesse de l’air qui lui a prêté son stylo sans ciller / Celle qui lâche un vent sous la couverture nuageuse / Ceux qui vont fumer sur le toit du zingue mal aéré faut reconnaître / Celui qui jette un froid dans la classe Ecologique en sortant un Coran usagé / Celle qui a trouvé une coquille dans l’évangile apocryphe selon saint Jacques / Ceux qui par le hublot voient le désert tout là-bas où cinq ascètes font la sieste / Celui qui pense au pape François dans l’avion qui ne bat point de l’aile / Celle qui sait que tous les chemins mènent à Rome, via Vegas pour se refaire / Ceux qui constatent qu’en effet San Diego est à la latitude d’Alger, etc

  • Ceux qui sont plutôt marshmallow

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    Celui qui remercie celle qui l'a félicité d'être de ceux qui se congratulent / Celle qui répond pas de quoi à celui qui lui a dit service après qu'elle l'a remercié de lui sourire sans rien lui demander / Ceux qui bavent de bonté / Celui qui a l'air de s'excuser quand il demande pardon / Celle qui n'ose pas dire au Monsieur belge que le service n'est pas compté à la Buvette des sapins / Ceux qui sourient tellement qu'on leur voit les dents de derrière / Celui qui n'a cessé de répéter faut travailler la première moitié de sa vie et faut profiter la seconde / Celle qui répétait volontiers chez nous c'est chez nous avant l'ouragan venu de l'étranger/ Ceux qui te recommandent de profiter quand tu vas au Biafra / Celui qui a peur de traverser les villages de l'arrière-pays bernois  vu que même le silence a l'air de s'y ennuyer/ Celle qui ouvre une onglerie dans la laiterie désaffectée de Nidau où Robert Walser passa jadis comme un pas grand-chose qu'il était sans qu'on lui lance des pierres ça faut pas toujours exagérer / Ceux qui ont fomenté la ruine de l'onglerie où la Picarde olé olé attire nos ménagères / Celui qui reproche aux sapins jurassiens leur garde-à-vous à la frontière / Celle qui a un gros bobo dans son lit genre ex-rebelle sybarite et qui ronfle / Ceux qui font remarquer au pasteur germanophone récemment installé chez nous qu'on ne dit pas des gens bons mais de bonnes gens / Celui qui n'a pas trouvé de port dans ce pays où les fleuves ne font que passer / Celle qui dit à l'ado fugueur maintenant on te tient / Ceux qui se retrouvent au zoo de Bâle pour un colloque entre hominiens / Celui dont la rêverie au long cours fut amorcée par les portulans de son aïeul Emile par ailleurs placeur au théâtre municipal / Celle qui sanglote au lieudit Les Enfants Noyés dont l'ancien étang a été drainé pour l'extension du parking du bar Aux Âmes Perdues / Ceux qui préfèrent Ernest Hello le mystique à Virginie Despentes la miss toc / Celui qui aura toujours préféré la compagnie de Londubec et Poutillon à celle des profs de philo de centre gauche et autres raseurs genre psys concernés de centre droite / Celle qui s'est sentie exclue des conciliabules de Barabo et Poumani d'où son repli sur le tricot /Ceux qui sont tellement bons qu'on leur voit le coeur brodé sur le tricot, etc.