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  • Épiphanies de lecture

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    En mémoire de Pietro Citati (1930-2022)
     
    C’est un bonheur que de revenir au beau côté des choses avec la lecture suivie, et de plus en plus enthousiaste, des essais littéraires de Pietro Citati.
    Après ses admirables Portraits de femmes, la suite de ses essais sur les auteurs du XIXe siècle m’a fait redécouvrir Alexandre Dumas – avec les portraits en profondeur des Mousquetaires, sous le regard latéral de Baudelaire - , Edgar Allan Poe dans son lugubre labyrinthe parcouru avec quelle rayonnante intelligence, Stevenson en son île fondamentale et Jane Austen en ses lettres et projections romanesques, etc
    C’est un merveilleux « comparatiste » à sa façon, original comme aucun autre par ses mises en rapport – quel pion oserait ainsi faire l’éloge de Dumas par la voie de Baudelaire ? Sa façon de décrire les œuvres est unique à ma connaisance, oscillant entre les plans larges et les « zooms », le « paysage » et le « portrait », le personnage et son rôle particulier en relation avec la vie de l’auteur (chez Virginia Woolf ou chez Dickens, chez Dostoïevski ou chez Hawthorne), avec les nuances et contrastes développés au fil de la lecture qui devient elle-même prose unique en son chatoiement et ses détails. Même un Cowper Powys, pourtant si pénétrant, n’atteint pas cette densité qu’on pourrait dire à la fois « affective » et esthétique, un George Steiner paraît bien sec à côté de ces arborescences (le Citati de La colombe poignardée surclasse à mes yeux toute la critique proustienne française) et je souris en apprenant, via Wikipedia, que le cher homme a dégommé Le Clézio après l’attribution du Nobel à cet auteur selon lui (et moi donc) surestimé…
    Bref, je reviens et reviens aux pages du Mal absolu, des Portraits de femmes ou de La Pensée chatoyante, comme à autant d’épiphanies de lecture qui reflètent autant d’épiphanies d’écriture…

  • Dernier Carnet

     
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    À la Maison bleue, ce lundi 20 avril.- Ce carnet, dont la couverture reproduit le portrait de ma bonne amie (à Vienne, en 1995), amorcé le 4 avril 2026, jour de double mémoire douloureuse - ce Vendredi saint de la Crucifixion me rappelant, cinq ans plus tôt, le diagnostic affreux préludant aux huit derniers mois de Lady L. (les médecins lui donnaient au plus deux mois de survie sans recours à l’opération palliative ), me tiendra lieu probablement d’ultime « journalier », que je publierai tous les jours non sans poursuivre mes multiples autres petits travaux d’écriture, dont plusieurs lettres en cours de plusieurs mètres chacune. Ma peine respiratoire de ce matin, à pointe d’angoisse, et ma croissante difficulté à marcher (à peine cent mètres hier soir le long du lac) me font enrager la moindre, tant j’aurais encore de choses à faire (n’était-ce que le rangement et le classement des milliers de livres et papiers, tableaux et objets, entre autres milliers d’écrits que j’ai vergogne de laisser comme ça à nos filles) mais « c’est la vie » et va falloir « faire avec », donc ce matin, avant les vitres de la véranda me rappelant les "à fonds" printaniers de notre petite mère,  je récure la salle de bain au sol douteux, comme le commandait sainte Thérèse à ses novices impatientes de plaire au Seigneur, etc.
    Pour suivre la lecture de ces Carnets :    
    http://carnetsdejlk.hautetfort.com