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        <title>Carnets de JLK - sollers_aux_samoa</title>
        <description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
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                <title>Sollers à Salzbourg</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Fri, 09 Nov 2007 12:02:30 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/434cf98256813ed4290fd420966309f5.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/434cf98256813ed4290fd420966309f5.jpg&quot; alt=&quot;434cf98256813ed4290fd420966309f5.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le camouflet le plus cuisant de sa carrière publique sera-t-il évoqué dans ses &lt;em&gt;Mémoires&lt;/em&gt; ? La question en contient une autre : l'écrivain est-il capable d’autodérision ? &lt;em&gt;Un vrai roman&lt;/em&gt;&amp;nbsp; est à paraître chez Plon le 4 septembre.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La publication des &lt;em&gt;Mémoires&lt;/em&gt; de Philippe Sollers, intitulés &lt;em&gt;Un vrai roman&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;révélera-t-elle, à propos d’un épisode de son cursus public vécu par l’écrivain à l’hiver 1983 à Salzbourg, la part d’autodérision qu’on peut attendre d’un auteur septuagénaire, fût-il voué au &lt;em&gt;seul art&lt;/em&gt; par son&amp;nbsp;nom de plume&amp;nbsp;? Telle est la question que je me pose, moi qui ai assisté à la scène pour en goûter tout le sel, alors que Sollers lui-même ne pouvait qu’en éprouver la part mortifiante, sans se douter de l’identité de celui qui lui fit subir alors le camouflet le plus cuisant de sa carrière, qui plus est en Autriche.&lt;br /&gt; Je résume les faits : le 31 novembre 1983, au Mozarteum de Salzbourg, Philippe Sollers, qui s’apprêtait à connaître la griseries de la popularité débondée, après la parution de &lt;em&gt;Femmes,&lt;/em&gt; était invité par l’Alliance française locale pour une conférence toute consacrée à Mozart, dans la salle dite die Kleine, la Petite. Or ce même soir, dans la salle du Mozarteum dite die Grosse, la Grande, le Goethe Institut conviait l’écrivain autrichien Thomas Bernhard à parler d’un livre en chantier dont la lectures des pages inédites serait, selon le vœu de l’auteur, agrémentée de parties jouées à l’accordéon, en allemand ZiehHarmonika.&lt;br /&gt; Je reste objectif : ainsi ne puis-je que souligner le fait que Philippe Sollers, qui n’avait rien lu de TB à cette date, ne pouvait par ailleurs subodorer l’identité de celui qui allait lui voler la vedette, en attirant irrésistiblement le public salzbourgeois de la Petite vers la Grande, au fur et à mesure que la soirée passait et que s’amplifiaient les improvisations de TB à l’accordéon, parfaitement audibles de la Petite comme l’a compris le lecteur moyen. Or il va de soi que Frau Doktor Gesualdo Von Bock, directrice de l’Alliance française de Salzbourg, autant que moi-même, Herr Doktor Ebehard Safranski, son trésorier, avons tout fait pour empêcher Philippe Sollers de quitter la Petite pour la Grande afin d’y protester contre la nuisance que représentait assurément l’accordéon traité à la manière d’un instrument percussif, entre Bartok et Boulez, tant notre souci d’éviter le moindre désaccord avec le Goethe Institut nous tient lieu d’éthique de proximité.&lt;br /&gt; Philippe Sollers ne subit donc, ce soir-là, qu’une humiliation restreinte, qu’il ne tarda à compenser en séduisant, au dîner qui suivit, la fille aînée de Frau Gesualdo, cette peste de Ludivina à la diabolique beauté, qui se sera fait un plaisir, en l’épuisant sous ses ruades et palotades, de lui révéler QUI était à l’origine de sa déconfiture. En tout état de cause, l’incident a tant fait jaser à Salzbourg que Paris n’a pu qu’en avoir vent, et comme rien de ce qui est de Paris n’est étranger à Sollers…&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à SoiSeul</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Tue, 06 Nov 2007 22:15:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/8f603eb9677c3695ed89ef7114285f33.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;En lisant &lt;em&gt;Un vrai roman, mémoires&lt;/em&gt;. (1)&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt; &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/25908b5ddee3d878d9595e929d26e6f4.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-648236&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/25908b5ddee3d878d9595e929d26e6f4.jpg&quot; alt=&quot;25908b5ddee3d878d9595e929d26e6f4.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-648236&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Sollers est-il une vieille&amp;nbsp;pute ou un grand écrivain&amp;nbsp;? A cette alternative d’époque je me propose d’échapper ce matin en écoutant celui qui me raconte &lt;i&gt;Un vrai roman&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Le premier chapitre intitulé &lt;i&gt;Naissances&lt;/i&gt; avère aussitôt le titre et par la matière de la vie de Sollers et plus encore par sa façon de la &lt;em&gt;chanter&lt;/em&gt;, qui relève de la légende dorée modulant le cycle MoiJe. Mais attention&amp;nbsp;: le MoiJe de Sollers est particulier, non point renfrogné sur son genou comme Narcisse s’adonnant à la délectation morose, mais très gai dès notre entrée dans ce livre qui est un jardin à la française cultivé de grand-père en petite fille à jolis souliers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Le chapitre &lt;i&gt;Naissances&lt;/i&gt; parle de l’importante question du nom choisi pour écrire (celui de Joyaux est trop beau pour être porté, après avoir été moqué à l’école et vitupéré par les grévistes girondins scandant Joyaux au poteau&amp;nbsp;!), &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;des maladies récurrentes et pénibles mais favorable à la rêverie solitaire, de la famille platoniquement incestueuse (deux frères épousant deux sœurs et vivant dans une double maison la destinée commune d’une industrie ruinée en 60) et de l’époque (un officier autrichien intrus sous l’Occupation se poivrant au cognac et l’obligation faite à l’enfant par sa famille anarchisante de refuser l’ordre de chanter &lt;em&gt;Maréchal nous voilà&amp;nbsp;!)&lt;/em&gt; dont les souvenirs de la radio et de nombreuses photos aideront l’écrivain à réinventer le tableau qui s' tendra au monde entier avec lui dedans, au milieu, campé sur son MoiJe solaire que Dieu, par faveur spéciale (comme à chacun de nous s'il consent) fait tourner comme une toupie. Or toupillons, toupillez les enfants...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;J’ai bien dit&amp;nbsp;: l’écrivain, et qui ne foutra rien de toute sa vie que lire et qu’écrire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Au troisième chapitre, après &lt;em&gt;Femmes&lt;/em&gt; (l’amour de la tante et de la mère, caressantes à souhait jusque &amp;nbsp;dans la calotte un rien leste),&amp;nbsp;au chapitre donc intitulé &lt;i&gt;Fou&lt;/i&gt;, on lit ainsi&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;En réalité, je m’en rends compte aujourd’hui&amp;nbsp;: je n’ai jamais travaillé. Ecrire, lire et puis encore écrire et lire ce qu’on veut, s’occuper de pensée, de poésie, de littérature, avec péripéties sociopolitiques, n’est pas «&amp;nbsp;travailler&amp;nbsp;». C’est même le contraire, d’où la liberté. Il faut sans doute, dans cette expérience, garder une immense confiance. Mais en quoi&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;L’écriture de Sollers est une vitesse. C’est un savon céleste et une électricité. C’est mon hygiène corporelle et spirituelle de&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; ce matin, à jet continu de bonnes phrases. Par exemple&amp;nbsp;: «La maladie récurrente affine les perceptions, les angles d’espace, le grain invisible du temps. Les hallucinations vous préparent à la vie&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; intérieure des fleurs et des arbres. On apprend à trouver son chemin tout seul, à l’écart des sentiers battus, des clichés rebattus, des pseudo-devoirs.&amp;nbsp;» Ou cela&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Enfance très auditive, donc, avec otites à la clé. On m’opère de temps en temps, et, en plus, j’étouffe. Tout est chaotique, souffrant, contradictoire, et, en un sens profond, merveilleux&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Une vieille pute&amp;nbsp;écrirait-elle comme ça&amp;nbsp;? Cela est arrivé mais c’est plus rare par les temps qui courent. Quant au grand écrivain, qui d’autre que Sollers pourrait dire crânement qu’il l’est ou le sera, un peu comme Stendhal, dans un siècle et des poussières peut-être&amp;nbsp;? Mais lira-t-on encore dans un demi-siècle&amp;nbsp;?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Ce qui est sûr est qu’au présent &lt;em&gt;Un vrai roman&lt;/em&gt; est un livre épatant jusque dans ses effets d'épate. Le Sollers le plus pur est là&amp;nbsp;: beau comme un paon faisant la roue, pour la façade en tout cas, car ce Je récusant toute culpabilité est un autre aussi&amp;nbsp;filtrant tout le reste en douce et qui passe, et c’est énorme tout ce qui passe et se transfuse dans un livre aussi gonflé, mais au bon sens, un livre qui ne manque pas d’air, et ça fait un bien fou quand tant de raseurs nous asphyxient des relents de leur contention - un livre plus délicat et généreux qu’on ne croirait tant on est abusé par le personnage composé sur les estrades…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Je n’ai pas dit le principal du chapitre &lt;i&gt;Fou,&lt;/i&gt; qui retrace la première échappée décisive du cœur de SoiSeul vers le monde entier et les galaxies, Pékin-Madras-Athènes &amp;amp; Jérusalem&amp;nbsp;UnLimited. Cela se passe en deux temps, qui l’investissent et l’abolissent en même temps, j’entends&amp;nbsp;: le Temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;La première est à 5 ans à la campagne&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Je suis assis sur un tapis rouge sombre, ma mère est à côté de moi et me demande, une fois de plus, de déchiffrer et d’articuler une ligne de livre pour enfants. Le b.a ba, quoi. Il y a des lettres, des consonnes, des voyelles, la bouche, la respiration, la langue, les dents, la voix. Comment ça s’enchaîne, voilà le problème. Et puis ça se produit, c’est le déclic, ça s’ouvre, ça se déroule, je passe comme si je traversais un fleuve à pied sec. Me voici de l’autre côté du mur du son, sur la rive opposée, à l’air libre. J’entends ma mère dire ces mots magiques&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Eh bien, tu sais lire&amp;nbsp;». Là, je me lève, je cours, ou plutôt je vole, je vole dans l’escalier, je sors, je cours comme un fou dans le grand pré aux chevaux et aux vaches, j’entre dans la forêt en contrebas, en n’arrêtant pas de me répéter «&amp;nbsp;je sais lire, je sais lire, ivresse totale, partagée, il me semble, par les vignes, les pins, les chênes, les oiseaux furtifs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Je sais lire. Autrement dit&amp;nbsp;: Sésame ouvre-toi. Et la caverne aux trésors s’ouvre. Je viens de m’emparer de l’arme absolue. Toutes les autres sont illusoires, mortelles, grotesques, limitées, ridicules. L’espace se dispose, le temps m’appartient, je suis Dieu lui-même, je suis qui je suis et qui je serai, naissance, oui, seconde, ou plutôt vraie naissance, seul au monde avec cette clé. Ca pourra se perfectionner à l’usage, mais c’est fait, c’est réalisé, c’est bouclé&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;La seconde échappée est une diagonale de fou de 7 ans intéressant&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;L’expression «&amp;nbsp;âge de raison&amp;nbsp;» m’intrigue. Il a neigé, le rebord d’une balustrade est fourré de blanc et de gel. J’enlève ma montre, je la pose devant moi, et j’attends que l’âge de raison se manifeste. Evidemment, rien de spécial, ou plutôt si&amp;nbsp;: la trotteuse prend tout à coup une dimension gigantesque et éblouissante en tournant dans le givre brillant au soleil. Les secondes n'en finissent pas de sonner silencieusement comme les battements de mon cœur&amp;nbsp;: la raison est le Temps lui-même. C’est un grand secret entre lui et moi, inutile den parler, je suis fou, c’est mon âge. Je n’ai jamais compris, par la suite, ce qu’on voulait me dire en parlant de mon âge&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Or c’est exactement ce que je ressens en constatant tout à coup que la nuit est tombée sur le jardin de SoiSeul&amp;nbsp;: j’ai 7 ans et 707 ans et c’est &lt;em&gt;Un vrai roman&lt;/em&gt;…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-648239&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/3f55147c84313ecb54d9ac692128b3a4.jpg&quot; alt=&quot;176ce1f92240157964e6cdedd6c09637.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-648239&quot; /&gt;Philippe Sollers. &lt;em&gt;Un vrai roman&lt;/em&gt;, mémoire. Plon, 352p.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Image: Albert Dürer, &lt;em&gt;La grande touffe d'herbe.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Stratford</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Sat, 06 Oct 2007 22:15:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/7e3090d2cb06e2de7a77be51a46c5346.jpg&quot;&gt;&lt;font face=&quot;Verdana&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-587980&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/7e3090d2cb06e2de7a77be51a46c5346.jpg&quot; alt=&quot;7e3090d2cb06e2de7a77be51a46c5346.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-587980&quot; /&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;De la vivace pérennité&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Dans un rêve récent je jouais le rôle d’Ulysse à Stratford-upon-Avon (Ontario) et l’écrivain Timothy Findley, déguisé en Agamemenon, me disait avec l’air d’en savoir quelque chose&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Toi donc aussi, ne sois jamais naïf, même pour ta femme&amp;nbsp;», et voici qu’en lisant &lt;i&gt;Guerres secrètes&lt;/i&gt; de Philippe Sollers je tombe sur ce même passage invoquant finalement «&amp;nbsp;la toute sage Pénélope&amp;nbsp;», qui me ramène aussitôt à la Doussia de mon propre foyer d'Oblomov pacifiste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Timothy Findley m’a raconté, lors d’une visite que je lui fis en Provence, que sa meilleure confidente avait été une espèce de Pénélope, sa tante jamais résignée à renoncer d’attendre son Ulysse de banlieue louche à elle, qui ménageait toujours une place, entre elle et son neveu maladif, à celui qu’elle appelait l’Ange.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;«&amp;nbsp;Ce &lt;em&gt;même pour ta femme&lt;/em&gt; a quelque chose d’étonnant&amp;nbsp;», relève Sollers à propos du conseil d’Agamemnon à Ulysse, mais c’est bien là que gît l’un des secrets de la guerre secrète qui se joue entre le voyageur et La Femme. Apollinaire que cite Sollers chantonne «&amp;nbsp;Je souhaite dans ma maison/Une femme ayant sa raison&amp;nbsp;», mais Pénélope n’est pas réductible à cette sagesse tricoteuse et soumise ni au bout de ses choix, qui fera s’exclamer Télémaque «&amp;nbsp;ma mère au cœur dur&amp;nbsp;», et ce n’est pas non plus en filant et défaisant pieusement son ouvrage qu’il faut se la représenter à la fin, mais plus près d’un lit entrouvert que d’un fauteuil à oreilles du genre bergère, en femme qui pourrait vivre encore quand les déesses ne font que ne pas mourir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Le dernier roman de Timothy Findley, intitulé &lt;i&gt;Les robes bleues&lt;/i&gt;, se passe à Stratford-upon-Avon et met en scène un comédien shakespearien et sa femme dont le couple se déglingue dans une parodie de guerre théâtrale.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; L’incroyable coïncidence de mon rêve et de ma lecture de &lt;i&gt;Guerres secrètes&lt;/i&gt; est, je veux le croire, une ruse de l’Ange posté entre Tiffy, l’éternel enfant&amp;nbsp;maladif et sa tante dingo. Je savais, en lisant ce chapitre où je suis tombé sur le conseil d’Agamemnon me conseillant de ne pas être naïf avec ma femme la «&amp;nbsp;toute sensée&amp;nbsp;», que je déchiffrerais tôt après le nom de Shakespeare, que Sollers salue comme «&amp;nbsp;l’un des très grands auteurs grecs occidentaux, et lui-même îlien&amp;nbsp;», après les noms de Dante et de Joyce et ce trait de Nietzsche qui me rappelle le Chestov des &lt;i&gt;Révélations de la mort&lt;/i&gt;&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Nietzsche annonce que par le temps qui vient, les vivants seront de plus en plus morts, alors que certains morts, dans une «&amp;nbsp;vivace pérennité&amp;nbsp;», seront beaucoup plus vivants que les vivants&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Sollers zigzague et sautille d’un &lt;em&gt;il&lt;/em&gt; à une &lt;em&gt;elle&lt;/em&gt; avec une façon de toucher à tout mine de rien en ne cessant pour autant de tisser sa toile à lui. Or il faut un pied aussi léger pour le suivre, du genre Ariel dans &lt;em&gt;La Tempête&lt;/em&gt;, et je me&amp;nbsp;mêle souvent&amp;nbsp;les papattes, quant à moi, Caliban trop alpin et terrien, sur ses parquets lustrés et dans ses volutes paginées de baroque. Cependant même si je ne sais trop où il va dans ce livre étrange et foisonnant, j’y vais au nom de la «&amp;nbsp;vivace pérennité&amp;nbsp;» qu’il faut accueillir plus que jamais avec enthousiasme, n'était-ce que &amp;nbsp;pour faire pièce aux rabat-joie...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-587998&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/320743c91ae8c0f2f41be2f73203c74a.jpg&quot; alt=&quot;cefc5968717a889de085e6c708de2311.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-587998&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Shitao</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Fri, 05 Oct 2007 10:20:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/086e26c019b5d1a4e6db96ceba2d9529.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-585091&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/086e26c019b5d1a4e6db96ceba2d9529.jpg&quot; alt=&quot;086e26c019b5d1a4e6db96ceba2d9529.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-585091&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;En lisant &lt;em&gt;Guerres secrètes&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;C’est entendu&amp;nbsp;: Sollers est insupportable. D’abord parce que c’est un paon. Ensuite parce que c’est un touche-à-tout. Enfin parce que c’est un artiste et qu’il travaille et qu’il danse. Ce dernier point est le plus inadmissible et le plus scandaleux&amp;nbsp;aux yeux des éteignoirs: Sollers bosse grave et gaîment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Or sa gaîté a revitalisé ces jours la mienne. Donc merci Sollers. &lt;em&gt;Danke schön&lt;/em&gt;. Et merci à lui de rappeler à la fin de ce livre à l'ambition paonique et même pharaonique d’ériger Son Obélix, que Martin Heidegger, culotte de peau et chapeau tyrolien qui ne manquait pas d’air, estimait que penser revient à remercier. «&amp;nbsp;Je remercie donc je pense. &lt;em&gt;Denken-danken&lt;/em&gt;. Rien n’est plus à contre-courant de l’histoire de la métaphysique elle-même. Comment dépasser le nihilisme qui est à l’œuvre comme falsification du temps&amp;nbsp;?&amp;nbsp;»&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Bonne question du matin, sus au chagrin. Et Sollers dans la foulée de citer les &lt;em&gt;Poésies&lt;/em&gt; rarement lues de Lautréamont, désignant «&amp;nbsp;le canard du doute aux lèvres de vermouth&amp;nbsp;» et précisant virulemment: «&amp;nbsp;La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute. Le doute est le commencement du désespoir. Le désespoir est le commencement cruel des différents degrés de la méchanceté&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;A l’opposite, &lt;em&gt;Guerres secrètes&lt;/em&gt; est un livre d'affirmation et plus encore de remerciement par admiration, laquelle s’ouvre en grand éventail format mondial, du vieil Homère aux doigts de rose à Cézanne en passant par Dionysos et la Chine de Shitao, la France de Joseph de Maistre et celle de Watteau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-585098&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/0ce06d0163fea185eb87adb1cb3c9fcf.jpg&quot; alt=&quot;c76675dad874df89b24fd1dbb7039025.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-585098&quot; /&gt;On croit Shitao peintre et poète, mais c’est surtout un lieu. Shitao est ce matin pour moi ma table de vieux bois lustré (héritée par mon aïeul du grand chirurgien lausannois César Roux, médecin des pauvres protestant et ingénieux inventeur comme le fut Blaise Pascal à ses heures) à laquelle je travaille en gardant un œil sur les monts bleus de Savoie flottant sur le lac bleu et que traversent une lente traîne de brumes aquarellées, Shitao est ici et partout et toujours et dans ces mots en cet instant d’éternité&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Le plus important pour l’homme, c’est de savoir vénérer. Car celui qui est incapable de vénérer les dons de ses perceptions se gaspille lui-même en pure perte, de même que celui qui a reçu le don de la peinture mais néglige de recréer se réduit à l’impuissance. (…) Comme il est dit au Livre des Mutations, à l’image de la marche régulière du cosmos, l’homme de bien œuvre par lui-même sans relâche et c’est ainsi véritablement que l’on honorera la réceptivité&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;La réceptivité de Sollers est déjà prodigieuse, mais ce qu’il en fait me bluffe de plus en plus, ou plus exactement&amp;nbsp;: elle m’intéresse et me touche. J’ai beau me méfier des grandes visions mystico-géo-artistico-stratégiques que certains littérateurs, en France surtout, érigent en théories du Seul Vrai, de Joseph de Maistre précisément à ses épigones actuels, dont un Dantec est le plus paradoxal et décoiffant exemple&amp;nbsp;: ces représentations m’intéressent à proportion de leur folie artiste et de leur &lt;em&gt;pointe,&lt;/em&gt; dans l’esprit de Gracian.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Or Sollers développe de plus en plus l’art de la &lt;em&gt;pointe&lt;/em&gt;, dans un flot discursif limpide mais un peu trop brillamment surabondant à mon goût, et des gloussements autosatisfaits de paon qui m’amusent plus qu’il ne m’insupportent. Je rêve d’ailleurs d’élever des paons à La Désirade, selon l’exemple de la sublime Flannery O’Connor. Le premier que nous accueillerons sera baptisé Joyau. Fin de la digression.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Sollers est un merveilleux lecteur, et c’est pourquoi je le défends aussi volontiers que j’ai regimbé devant ses «&amp;nbsp;romans&amp;nbsp;» et autres proses dantesques, à mes yeux du galimatias, mais il faudrait peut-être que je revienne à &lt;i&gt;Femmes&lt;/i&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Et puis non&amp;nbsp;: c’est à Shitao que nous sommes et serons.&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;A Shitao Cézanne pose son attirail, devant une Olympia en cheveux ou une Victoire en plein air, et cite Baltasar Gracian dans sa barbe&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Judicieuse anatomie&amp;nbsp;: regarder les choses en dedans. Vite et bien. Deux fois bien. L’amour fait un cercle sur lui-même, couronne la fin par le commencement et chiffre en un seul point tout le bénéfice d’une éternité. De la sorte, toute la longue durée des siècles est ramenés à la nouveauté d’un prodige merveilleux&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Et lui faisant écho, voici la barbiche d’Ezra Pound pointer de sous un couvercle de&amp;nbsp;tombeau vénitien pour nous souffler&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Amo ergo sum&amp;nbsp;». Il me semble qu’Augustin l'Africain &amp;nbsp;fumait le même tabac…&lt;/span&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Cézanne cité par Sollers&amp;nbsp;: «Les sensations formant le fond de mon affaire, je me crois impénétrable&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Et Sollers à Shitao&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Dire oui au passer du temps, si c’est possible, vous délivre du ressentiment et de l’esprit de vengeance, dont la guerre secrète contre la joie ne cesse pas un instant&amp;nbsp;»…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;img name=&quot;media-585093&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/500e2b3b127f14cf6676bb4418d3ea81.jpg&quot; alt=&quot;c09d54e90f1f8c75f8d9d437a32ff728.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-585093&quot; /&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 11pt; font-family: Arial&quot;&gt;Philippe Sollers. &lt;em&gt;Guerres secrètes&lt;/em&gt;. CarnetsNord, 297p.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Soglio</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:39:03 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_soglio2.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_soglio4.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Sur la ligne de partage nord-sud&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Tout est en somme égal à tout, et inversement, rien n’a d’importance, sauf ce que note Sollers à l’instant sur la ligne de partage du nord et du sud traversant le village de pierre de Violanta et de Pierre Jean Jouve où Rilke soupirait lui aussi dans le jardin suspendu, tout est air au-dessus des châtaigners transis et tout est roche bleutée vers les Monts de la Disgrâce et ça s'émiette aussi bien, tout est divin et de tout on se&amp;nbsp;tape comme Pauliet, l’adolescent de la nouvelle &lt;em&gt;Dans les années profondes&lt;/em&gt;, qui&amp;nbsp;jette sa semence dans une fiole ensuite offerte à la sublime Hélène: voilà ce qui se dégage d’&amp;nbsp;&lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt;, et plus encore de ce que dit Sollers dans ce livre : du corps du livre lui-même qui se prend et se déprend dans le même mouvement d’attention attentive ou inattentive, c’est égal, ça n’a d’ailleurs pas de corps, ça dit « ça bande » à tout moment mais le mot est affiché&amp;nbsp;à proportion de la carence de&amp;nbsp;la chose, ça brille mais ça n'éclaire pas plus que&amp;nbsp;les reflets argentés du ciel&amp;nbsp;bleu noir&amp;nbsp;surplombant les vignes enneigées, ça brillerait&amp;nbsp;de la même façon&amp;nbsp;superficielle à Sils-Maria dont le lac est japonais ou à Salamanque dont la Plaza Mayor est une patinoire dans la brume, sur les lagunes de Venise ou de Stockholm, c'est partout pareil et de tout temps, il y a là-dedans plein de notations fines et de fines notations autant que de fines notations fines, c’est d’une parfaite fluidité mais c’est sans saveur, c’est apparemment improvisé et c’est concerté jusqu'au pédantisme, cela se veut intéressant à jet continu parce que Sollers se considère tel mais ce ne l’est à vrai dire que lorsque Sollers parle de quelqu’un ou de quelque chose qui le dépasse, et là Sollers se voulant Dieu tout se réduit à la brillance de vieil argent sonnant le creux du ciel suspendu au dessus de Stampa, le village de Giacometti renfoncé là-bas dans l'âpre gorge, Sollers est le Nietzsche retrouvé des temps de la facilité, Sollers est l’ectoplasme de la plasticité nietzschéenne retrouvée et surtout dépassée car Nietzsche n’avait pas encore compris que la maladie et la mort ça n’existe pas, or voici ce que nous annonce Sollers dans &lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; : que la maladie et la mort&amp;nbsp;ne sont rien&amp;nbsp;que faiblesses d’infirmes ou de bonnes femmes et que la vie est une vasque glacée sur laquelle esquisser mille figures habiles, tout est bon pour qui surfe et skate, je fais des phrases, je suis le Champagne de l’encrier, Ludi et Nelly m’escortent sur le papier et je gagne le Trône absolu sur lequel j’installe&amp;nbsp;ce matin mon&amp;nbsp;Altesse du Rien…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Soglio, dans le Val Bregaglia, et le palazzo de Salis où séjournèrent Rainer Maria Rilke et Pierre Jean Jouve et dans lequel Daniel Schmid a tourné&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;strong&gt;Violanta.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Stampa</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/01/22/sollers-a-stampa.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:36:56 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_grisons.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Conversation de Moi l’un et moi l’autre (1)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Stampa, ce dimanche 22 janvier, 10h. du matin.&lt;/strong&gt; - La liberté du roman permet d’être partout à la fois et dans le même instant, et cela fait un des grands attraits d’&lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; qui m’apparaît ce matin, entre les hauts feuillets écartés de roche gris sabre surmontant le village de Stampa, lieu de naissance des Giacometti, comme un grand livre de conversation et de déambulation. Tout à l’heure j’étais, mille mètres plus haut, au-dessus du col de la Maloja dont les 22 virages en épingles à cheveux ménagent l’échappée au nord du val Bregaglia (dit aussi Bergell par les germanophones), au Val Fex où ont marché et conversé Nietzsche et Thomas Mann, Kurt Tucholsky (il a signé dans le registre de l’Hôtel Fex en dessus de Jouve et de Starobinski) et Alban Berg, ce val Fex qu’on n’atteint en hiver qu’en traîneau et qui est le lieu par excellence où lire Nietzsche et cette &lt;em&gt;Vie divine.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Nous nous demandions en nous chamaillant un peu, la veille sur un banc des rives du lac Silvaplana, le Professeur Alcovère (oui, le philologue bien connu de Montpellier) et moi, s’il fallait vraiment considérer &lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; comme un roman, lui étant plutôt pour et moi plutôt contre avant qu’une superbe créature emmitouflée de zibeline, genre Alina R. au défilé de mode des neiges, ne passe et ne nous fasse la boucler de béate béance adorative, comme au passage de la Gradisca dans les rues embrumées de Rimini, à l'époque de l'&lt;em&gt;Amarcord&lt;/em&gt; de Fellini.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Or ce matin, dans le Grotto Alberto de Stampa où je me remets de la cuite d’hier soir à la grappa, la conversation reprend entre moi l’un, le moraliste vieille école du genre terrien tripal sujet à la mélancolie, et moi l’autre, l’Ariel des cimes et des îles bienheureuses qui sait que l’antidote de la &lt;em&gt;moraline&lt;/em&gt; n’est pas la défonce mais la liberté, à propos d’ &lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; dont moi l’un prétend que c’est un livre sans corps diluant le tout un peu dans le n’importe quoi, et moi l’autre qui y voit de plus en plus un essai de mimétique nietzschéenne se la jouant roman en beauté…&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Salamanque</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:35:09 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_ballester2.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Du &lt;em&gt;French kiss&lt;/em&gt; - à propos de l’intimité&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_salamanque.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Salamanque, ce dimanche 22 janvier, 11h. du matin.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; – J’ai retrouvé ce matin, dans les rues du vieux Salamanque, cette inimaginable brume, plus dense que le smog et plus fraîche à la fois, qui&amp;nbsp;s'élève à mi-hauteur des murs et ne fait donc qu’envelopper la moitié inférieure des passants, semblant voguer&amp;nbsp;comme les bustes d’un Magritte géant; et de loin en loin des chapeaux se lèvent, car le bourgeois de Salamanque est toujours poli, des sourires de femmes s’esquissent ou s’esquivent, et c’est comme un rêve éveillé dans lequel toute sensualité se dissout, sauf des mouvements de lèvres…&lt;br /&gt; Or peu après, ayant rejoint le Café Real de la Plaza Mayor, où je me suis assis juste à côté de l’effigie de bronze de ce taureau à clope de Torrente Ballester, siégeant là à perpète (enfin ce que dure la perpète des cafés littéraires), j’ai relu les pages superbes que Sollers consacre au &lt;em&gt;French kiss&lt;/em&gt;, en lequel il voit l’essentiel de l’érotisme parce qu’il est affaire de langues et donc d’intimités mêlées, outre qu’il s’exprime « en langue » comme dans la Bible, préludant à la connaissance des corps et donc des âmes (l’âme étant elle-même le corps du corps, comme chacun sait) au sens biblique. « Et ils se connurent », etc. » Donc le cul sans la langue n'est rien que froide pornographie à la puritaine: telle sera mon homélie espagnole de ce dimanche matin...&lt;br /&gt; Il me plaît de lire cette page en Espagne post-franquiste, dont Javier Marias écrits cette semaine dans le &lt;em&gt;Nouvel Obs’&lt;/em&gt; qu’elle n’a pas fait encore son &lt;em&gt;mea culpa&lt;/em&gt;, restant essentiellement hypocrite et frivole, selon lui, autant dire conforme à la dramaturgie romaine du catholicisme, savonarolesque en apparence et se foutant en réalité qu’on se foute par les &lt;em&gt;glory holes&lt;/em&gt; des confessionaux. Moi qui reste plutôt un païen des hautes terres alpines dont le surmoi porte la robe noire des pasteurs luthéro-anglicans, j’apprécie ce décentrage qui est celui constant, aussi, du plus intéressant Sollers - l’essayiste polyphonique et &lt;em&gt;transculturel,&lt;/em&gt; pour user du langage ridicule des temps qui courent.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Un peu plus tard je relirai, à ce propos, ce qu’en écrivait Dominique de Roux un peu plus tôt, précisément en 1969, dans &lt;em&gt;L’Ouverture de la chasse&lt;/em&gt;. J’ai longtemps pensé, et jusque récemment, que notre cher mousquetaire avait tout dit de son compère, et que celui-ci restait épinglé pour jamais comme un trop beau papillon, Mais non : Sollers a bougé sur la photo. Plus exactement : il tourne à présent sa vidéo quelque part ailleurs, peut-être à Séville tout à l’heure ?&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Images ci-dessus: Torrente Ballester à Salamanque, et la Plaza Mayor.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Séville</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:32:08 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_seville1.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_sollers3.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Conversation de Moi l’un et moi l’autre (2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Séville, ce dimanche 22 janvier, Midi.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; « Dis-moi qui est ton Nietzsche et je te dirai qui tu es !» lance Moi l’autre à moi l’un, ce matin limpide sur les toits de Séville, où je me suis retrouvé dans la cellule vert céladon à terrasse en attique de l’Hostal del Pueblo, trente après ma découverte de cette ville de tous les reflets, entre Guadalquivir et Giralda.&lt;br /&gt; A l’époque mon Nietzsche était celui de &lt;em&gt;La naissance de la tragédie&lt;/em&gt;, Zarathoustra me semblait du kitsch et je n’avais pas encore la liberté de vivre le probable partiel vrai Nietzsche que je vis à l’heure qu’il est en le redécouvrant par le truchement d’&lt;em&gt;Une vie divine,&lt;/em&gt; tellement plus ouvert au propre mimétisme du lecteur que tant de gloses dont la dernière que je me rappelle est la &lt;em&gt;Biographie d’une pensée&lt;/em&gt; de Rüdiger Safranski.&lt;br /&gt; A cette même époque de mon premier séjour à Séville, j’avais relu les pages de &lt;em&gt;L’ouverture de la chasse&lt;/em&gt; de notre ami Dominique de Roux, dont le jugement porté sur l’œuvre de Sollers recoupait mon propre rejet des théories fumeuses et des postures foireuse de celui qui m'apparaissait essentiellement comme un fils de bourgeois et un&amp;nbsp;révolutionnaire de salon - et c’est donc avec le plus vif intérêt que, ce matin, je confronte Moi l’un et moi l’autre à ces lignes retrouvées:&lt;br /&gt; « Mise à sa place aussi, l’œuvre de Philippe Sollers est magnifique. Mais projetée dans l’admirable miroir de la parfaite inutilité de tout quand quelqu’un – nous dirait-il – en vient à traverser le &lt;em&gt;blank point&lt;/em&gt; de la néantisation de tout, cette oeuvre prend les allures aériennes d’une Sublime Porte, d’un néant vers l’autre dans l’éther universel. Soliman le Magnifique d’un anti-empire dont la grandeur est faite d’effacement, d’oubli et de poussière d’ombre, l’écriture de Sollers trace dans le vide foudroyé par l’éclair de son orgueilleuse indigence les significations sans signe et les signes béants de tant d’insignification qui le portent, au-delà de son entreprise de châtiment par le vide, vers je ne sais quel salut second, vers une immortalité à partir de la suppression de tout ce qui n’est pas l’instant présent, vers l’irrévocable passage du tout à la futilité totale. Mais n’est-ce pas la définition du Chasseur Noir, qui, pour échapper à la mort dans son domaine clos, accepte de devenir lui-même la mort ? Toute mort est dialectique. Toute dialectique sert la mort. »&lt;br /&gt; Géniale prémonition, mais que l’œuvre de Sollers déjoue aujourd’hui, avec ce qui a bel et bien été la quête d’un « salut second », autant qu’elle la justifie. Le Chasseur Noir, parfois,&amp;nbsp;fait la peau à la mort&amp;nbsp;et se tire du côté de la vie...&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Autant dire que Moi l’un et Moi l’autre, mes frères ennemis, s’en trouvent un instant réconciliés, mais surtout&amp;nbsp;ils ont la dent, alors vite, on va s'en casser une&amp;nbsp;à la Punta Diamante...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dominique de Roux. &lt;em&gt;L'ouverture dela cha&lt;/em&gt;sse. L'Age d'Homme, 1968. Réédité aux éditions du Rocher en 2005.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Silvaplana</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Sollers aux Samoa</category>
                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:29:18 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_silvaplana2.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;De la liberté de ne pas suivre l'Auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Silvaplana, ce lundi 24 janvier, 16h.33.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; – Le soleil rougeoie à l’ouest du lac enneigé sur lequel je marche seul en laissant derrière moi la double marque répétée YETI YETI de mes &lt;em&gt;moonboots&lt;/em&gt;, qui me rappellent Tchang, le petit chinois de &lt;em&gt;Tintin au Tibet&lt;/em&gt;, et notre premier séjour familial en ces lieux, lorsque nos filles étaient toutes petites et qu’entre deux chapitres de &lt;em&gt;La montagne magique&lt;/em&gt; je me réjouissais tant de changer, de torcher, de humer au cul, de peloter et de palpoter, de mignoter, de léchoter et de faire rire par mille mignardises idiotes de père attentionné, avant de les oindre d’huile de rosat et de myrtilles, de les emmaillotter de linges imbibés d’eau-de-vie, de les embéguiner et de les déposer dans la bercelonnette. Combien j’aimais jouer au papa sans maman (elle se reposait alors dans son coin en se livrant à quelque sublime découpage) et combien j’emmerde Philippe Sollers pour la déconsidération qu’il jette sur la condition de père, mais combien je me réjouis aussi qu’&lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; soit de ces livres rares qui nous laissent la double liberté d’apprécier les vues de leur auteur tout en emmerdant celui-ci pour mieux se rester fidèle à soi, n’est-ce pas ?&lt;br /&gt; Donc il me plaît de reconnaître à Sollers le droit et la liberté de dire son mot, pour autant qu’il me laisse dire le mien, et c’est à cela que nous incitent et nous invitent et son livre et Nietzsche et les&amp;nbsp;cimes que tous les matins je salue en me disant crânement avec Sollers:&amp;nbsp;les montagnes&amp;nbsp;s’en foutent !&lt;br /&gt; Pourtant le fait que les montagnes s’en foutent ne signifie pas que rien n’ait plus d’importance. Au contraire, et Sollers et Nietzsche ne disent pas autrechose : c’est quand on a reconnu que rien au fond n’a d’importance que tout se met à compter. La clairvoyance est le contraire du nihilisme, et j’aime que Philippe Sollers y ajoute de la gaîté.&lt;br /&gt; Du moins est-ce ce que je me dis en marchant sur le lac enneigé de cette fin d’après-midi en laissant derrière moi cette signature de YETI…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_lucia4.3.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Les cygnes de Silvaplana. Découpage de LK.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Sollers à Sils-Maria (1)</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Sat, 09 Jun 2007 22:26:36 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_sils4.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_sils2.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Du mépris de la plèbe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;et de l’amour des gens&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; « Et c’était qui ce mec, ce Nitch que tu dis, c’était quoi son job ?» m’avait demandé mon compère Istvan-le-concept après qu’il m’eut rejoint devant la Casa Nietzsche de Sils-Maria, ce premier jour du reportage que nous devions faire ensemble.&lt;br /&gt; Je l’avais attendu une plombe sous le soleil radieux, tourniquant un peu dans le village ravissant où commençaient d’affluer les pèlerins de la Secte nietzschéenne multimondiale – jeunes gens graves à cheveux raides, profs à binocles de partout, groupies japonaises et autres aspirants surhommes à sacs de couchage sur leur backpacker -, et ce fut avec amitié que je vis apparaître en bout de ruelle notre star de la photo-concept (récemment primé à Barcelone d’où il revenait juste), fin diable à manteau de cuir flottant dans la poussière crottée de cheval de calèche (la tradition locale), le visage plus pâle et creusé qu’à l’ordinaire entre ses longs tifs blonds-blancs style Andreas Baader en fuite à l’époque de la déroute de la Rote Armee, son discman vrillé aux oreilles dont les basses annonçaient le hard le plus teigneux, traînant son matos à bout de bride et me vrillant pourtant son plus adorable sourire…&lt;br /&gt; De mon compère Istvan, qui allait fournir les images-concept haut de gamme pour le magazine bas de plafond qui nous avait commandé ce reportage sur les lieux-cultes de la culture-top, je m’étais déjà employé, au fil de nos voyages antérieurs (Portugal, Ardennes bleues, Tatras orientales, etc.), à ensemencer le terrain vague de&amp;nbsp;son inculture générale tandis que la radio de sa voiture nous secouait au rythme impitoyable de son rock de camionneur.&lt;br /&gt; Au premier contact, il m’était apparu comme le philistin par excellence dans sa version d’jeun, claquemuré dans son clos tribal et ne voulant rien savoir d’autre de ce qu’il ignorait avec véhémence. Or j’eusse pu me contenter de l’utiliser pour son savoir-faire reconnu en matière d’image digitalisée, lui ordonner par droit d’aînesse de boucler sa putain de musique et de ne plus m’envoyer sa putain de fumée dans le naseau, bref j’eusse pu appliquer le conseil de Nietzsche et de Sollers à l’égard de la plèbe: à savoir l’écraser de mon mépris, d’un talon bref, comme une blatte.&lt;br /&gt; Au lieu de cela, bonne pâte tchékhovienne que je suis, au lieu d’engueuler mon compère Istvan de ne photographier que les bouts de ses bottes (très concept) sans voir la féerie qui nous entourait, au lieu de l’écrabouiller de dédain, je m’employai au contraire, à Sils-Maria autant qu’à Albufeira ou à Zakopane, à lui faire découvrir (ça c’est de la maïeutique…) les agréments du Gai savoir appliqué et à lui raconter, avec force coups de Dôle de Salquenen à l’appui, force ruses et cajoleries, les vraies vies du philologue allumé et de la redoutable Salomé, leur rêve raté de triolisme avec ce joli cuistre de Paul Rée, ou les héroïnes de Jouve skiant de Sils à Soglio, Hermann Hesse scrutant la marmotte sur les hauts du val Fex, Nabokov traquant l’Argus bleu sur le versant soleilleux de la Maloja chère à Giacometti, Tucholsky se shootant à l'opium au milieu des orchis vanillés&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Peu après la parution de notre reportage, dont les images d’Istvan flamboient pour l’éternité-concept, mon compère m’a remercié en m’enregistrant l’intégrale de &lt;em&gt;G. Love &amp;amp; The special sauce&lt;/em&gt;, me révélant à son tour les beautés insoupçonnées de &lt;em&gt;Garbage man&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Shooting hoops&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Town to town&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; Or c’est exactement à ça que nous incite, somme toute, &lt;em&gt;Une vie divine&lt;/em&gt; de Philipe Sollers: à cheminer &lt;em&gt;town to town&lt;/em&gt; d’un bonheur l’autre. &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_sils5.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Le lac de Sils-Maria en automne, la Casa Nietzsche, la pierre du souvenir et la chambre du philosophe&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_sils3.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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