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<title>Carnets de JLK - maurice_g._dantec</title>
<description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
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<title>Le Dantec nouveau</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/07/04/le-dantec-nouveau1.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Thu, 23 Aug 2007 11:07:10 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/e462a87959f552ba76bab4166ff31205.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/0d85e135d6765ef4c4d9108a8c060a46.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/2ad6c657db80befd2d7836fd1dfd4b1c.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-441145&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/2ad6c657db80befd2d7836fd1dfd4b1c.jpg&quot; alt=&quot;2ad6c657db80befd2d7836fd1dfd4b1c.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-441145&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture intégrale d’&amp;nbsp;&lt;em&gt;Artefact&lt;/em&gt;. Notes.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;DANTEC Maurice G. &lt;em&gt;Artefact. Machines à écrire&lt;/em&gt; 1.0. Albin Michel, 565p.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Vers le nord du ciel&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; - Exergue d’Ernest Hello : « Le monde est un désert où la foule va et vient ».&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- 1. La Tour.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Le narrateur dit être né ce matin à 8h46.&lt;br /&gt; - Mourant et naissant en même temps.&lt;br /&gt; - Dans un « endroit unique au monde ».&lt;br /&gt; - Il est « un peu plus qu’un être humain ».&lt;br /&gt; - D’origine aussi inconnue que ses destinations.&lt;br /&gt; - Sachant que les Temps viennent.&lt;br /&gt; - Il sait tout ce qui advient.&lt;br /&gt; - Est chargé d’une Mission.&lt;br /&gt; - Le rythme du récit a quelque que chose de la scansion biblique.&lt;br /&gt; - Il naît dans le hall de la firme juridique.&lt;br /&gt; - Au centre du centre-monde.&lt;br /&gt; - Qui n’est autre que le World Trade Center, à 8h.46, au 90e étage.&lt;br /&gt; - Il naît à sa nouvelle vie au moment où l’avion percute la Tour nord.&lt;br /&gt; - Le choc et le fracas sont évoqués avec beaucoup de force.&lt;br /&gt; - Il sait déjà ce qui va se passer.&lt;br /&gt; - L’événement va déclencher une guerre sans précédent.&lt;br /&gt; - Il vient du Vaisseau-Mère, auquel sa Mission le lie.&lt;br /&gt; - Mais il a déjà décidé de vivre sa liberté.&lt;br /&gt; - Ce qui se passe dans la Tour nord est une « condensation verticale de l’enfer ».&lt;br /&gt; - S’il a déjà connaissance des faits à venir, il ignore ce que lui-même va faire.&lt;br /&gt; - Il pressent que la catastrophe va révéler quelque chose.&lt;br /&gt; - « Je viens de naître au milieu de l’Enfer, je viens de naître au milieu du monde des Hommes ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 2. Celle de l’étage 91.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;-&lt;/strong&gt; Dans la Tour noir, le plein jour devient ténèbres.&lt;br /&gt; - On apprend qu’il a observé l’humanité pendant des siècles.&lt;br /&gt; - Il est Observateur.&lt;br /&gt; - Et décidé à braver tout déterminisme.&lt;br /&gt; - Pense que le sacrifice en vaut la peine.&lt;br /&gt; - Il va s’incarner pour la dernière fois.&lt;br /&gt; - Constate que l’événement marque le début du XXIe siècle.&lt;br /&gt; - L’humanité est devenue idolâtre d’elle-même.&lt;br /&gt; - Et voici qu’il entend une voix de petite fille.&lt;br /&gt; - Pressent alors qu’il est venu pour cette enfant.&lt;br /&gt; - La rejoint et la charge sur son dos.&lt;br /&gt; - Il sait déjà que 1366 personnes auront été bloquées dans le WTC-1.&lt;br /&gt; - Et se met à descendre. Sait qu’il a eu de temps avant l’effondrement de la tour, après la tour sud.&lt;br /&gt; - Il entend vaincre les nombres.&lt;br /&gt; - Et commence alors la descente effrénée.&lt;br /&gt; - A remarqué que la petite portait une croix huguenote.&lt;br /&gt; - Observe l’humanité depuis plus de mille ans.&lt;br /&gt; - « En fait, je suis le futur de votre espèce ». (p.35)&lt;br /&gt; - Il voit dans la nuit et saura dévaler les étages en mettant à profit certaines facultés extra-terrestres.&lt;br /&gt; - Il est au 40e étage lorsque la Tour sud s’effondre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 3. Nuit et brouillard&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Le chaos est bien rendu.&lt;br /&gt; - « il y a un train géant qui descend des cieux ».&lt;br /&gt; - Le récit est à la fois statique et très dynamique, limpide et très évocateur.&lt;br /&gt; - Ils arrivent dans le chaos du parterre, alors que la Tour nord commence de s’effondrer à son tour.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 4. Là où les rues portent 3000 noms.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Tandis qu’il fuit avec la petite fille, des hommes en costumes sombres quadrillent le parterre. L’un deux le repère. Que fait-il avec cette petite fille ?&lt;br /&gt; - Il la présente comme la fille du sénateur du Wyoming.&lt;br /&gt; - Etrangeté et menace bien rendues.&lt;br /&gt; - Et la Tour nord s’effondre.&lt;br /&gt; - Il se sauve avec la petite fille, auquel il fait boire le contenu d’une fiasque de whisky relique d’une de ses vies passées, durant la guerre des Boers…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;5. Cities on flame with rock’n’roll&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Ils se retrouvent dans Manhattan.&lt;br /&gt; - Il l’emporte vers son domicile du sud du Village&lt;br /&gt; - Fuit le Ground Zero de la société-monde.&lt;br /&gt; - Plus une société : un champ de bataille.&lt;br /&gt; - Parvient à sa maison-piège.&lt;br /&gt; - Aux installations sophistiquées.&lt;br /&gt; - Où il prépare une salle d’op pour soigner l’enfant.&lt;br /&gt; - Qui s’appelle Lucy. Ben voyons. Skybridge. Naturally.&lt;br /&gt; - Il se prépare à un séjour ultérieur au Canada.&lt;br /&gt; - Il avait d’ailleurs tout prévu, sauf la môme.&lt;br /&gt; - Revoit la journée sur CNN.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;6. L'observatoire du monde humain&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il repasse ses souvenirs depuis la prise de Saint-Jean d’Acre.&lt;br /&gt; - Considère ses livres. 1003 écrits par lui, et 5000 autres.&lt;br /&gt; - Il a commencé à écrire en 998.&lt;br /&gt; - Il est devenu un authentique spécialiste du simulacre humain.&lt;br /&gt; - Au XXe siècle, il a fait tous les métiers.&lt;br /&gt; - Il a vécu une petite dizaine d’années dans la maison de New York.&lt;br /&gt; - L’intendance des Observateurs est assurée par les Truqueurs. Des sortes d’anges gardiens.&lt;br /&gt; - « L’Amérique est la première civilisation a avoir vécu à la vitesse de la lumière. Elle est probablement la civilisation qui mourra le plus vite ». (p.75)&lt;br /&gt; - Lui-même est devenu un super-Américain.&lt;br /&gt; - Les Observateur ne vieillissent pas.&lt;br /&gt; - Ou presque pas.&lt;br /&gt; - La petite fille remarque que son sauveteur a une drôle de façon de se dédoubler.&lt;br /&gt; - Il sait que la mère de la petite a cramé.&lt;br /&gt; - Elle lui apprend que son père les a abandonnées, sa mère et elle.&lt;br /&gt; - Un climat étrange, avec quelque chose d’ingénu dans le récit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- 7. Me and my black box&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il annonce à la petite fille qu’ils vont partir.&lt;br /&gt; - Elle accepte de le suivre.&lt;br /&gt; - Lui fait jurer de ne pas s’aventurer hors de la maison pendant qu’il prépare le voyage.&lt;br /&gt; - On ne sait pas qui est réellement la petite.&lt;br /&gt; - Il évoque sa bibliothèque et les morts de Ground Zero&lt;br /&gt; - 8. Un peu au nord du désastre.&lt;br /&gt; - Les Truqueurs lui bricolent une nouvelle identité.&lt;br /&gt; - Qui lui permettra de passer la frontière.&lt;br /&gt; - Se retrouve dans les Appalaches.&lt;br /&gt; - Sur la route (on the Road) il sent l’onde du bonheur le traverser.&lt;br /&gt; - Ils arrivent dans la petite maison dans la prairie, yes sir.&lt;br /&gt; - Tous deux sont sortis de l’humanité, mais l’humanité est entrée en eux dans le même temps.&lt;br /&gt; - Il a vécu mille ans et de nombreuses vies, dont quelques mariages, mais jamais il n’a procréé.&lt;br /&gt; - Les Observateurs n’en ont pas la permission.&lt;br /&gt; - En cas de transgression, les Contrôleurs sévissent.&lt;br /&gt; - N’empêche, il pense maintenant « famille ».&lt;br /&gt; - Beau début d’un récit étrangement épuré, nouveau départ après &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, instaurant un rapport très singulier avec le temps et la fiction… &lt;em&gt;(A suivre)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le Dantec nouveau (2)</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 08 Jul 2007 05:21:37 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/c31a01370968d29e217ef2b649a819b9.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/1de9c3fe4788d298077e531e5f160ef4.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-442816&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/1de9c3fe4788d298077e531e5f160ef4.jpg&quot; alt=&quot;1de9c3fe4788d298077e531e5f160ef4.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-442816&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture intégrale d’&amp;nbsp; &lt;em&gt;Artefact.&lt;/em&gt; Notes.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&amp;nbsp; 9. American Life&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - L’automne se pointe.&lt;br /&gt; - Ils crèchent dans une espèce de chalet de montagne surplombant un lac.&lt;br /&gt; - Les Truqueurs lui ont bricolé une identité. James Williamson Skybridge, astronome.&lt;br /&gt; - Il exige des professeurs de Lucy qu’ils n’évoquent pas son drame.&lt;br /&gt; - La petite fille est hyperdouée.&lt;br /&gt; - Et très pieuse.&lt;br /&gt; - Lui-même a épousé toutes les religions à travers les siècles.&lt;br /&gt; - Les gens du coin sont très tertiaire libéral à résidences secondaires.&lt;br /&gt; - Des gens qui travaillent à distance.&lt;br /&gt; - Ou des ouvriers en retraite. Des bûcherons.&lt;br /&gt; - Il donne des cours particuliers à la petite.&lt;br /&gt; - Notamment sur l’évolution humaine.&lt;br /&gt; - Lui apprend des techniques d’apprentissage.&lt;br /&gt; - Lui révèle qui il est.&lt;br /&gt; - Elle s’intéresse à Thérèse d’Avila.&lt;br /&gt; - Lui apprend que sa mère se passionnait pour les saintes.&lt;br /&gt; - Il a commencé à collectionner les ouvrages de théologie à la période de la querelle nominaliste…&lt;br /&gt; - Puis c’est l’été sur les Appalaches.&lt;br /&gt; - Le directeur de l’école le convoque.&lt;br /&gt; - Lui apprend que Lucy Skybridge figure parmi les disparus du WTC.&lt;br /&gt; - Il s’en tire avec habileté.&lt;br /&gt; - Lucy sait déjà qu’elle va devenir comme lui&lt;br /&gt; - Digression sur le secret (p.110).&lt;br /&gt; - Il lui demande si elle veut aller à la commémoration des attentats.&lt;br /&gt; - Elle décline, malgré la présence de U2…&lt;br /&gt; - Ils vont se balader sur le lac.&lt;br /&gt; - Célèbre la beauté de la nature, « comme un don de la grâce divine ».&lt;br /&gt; - Cite Bérulle.&lt;br /&gt; - La nature lui apparaît comme une écriture &lt;em&gt;vraie.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;- « Un millénaire comme celui que j’avais vécu est extrêmement formateur sur le plan de la philosophie.&lt;br /&gt; - Un humour singulier là-dedans, candide et un peu dingue.&lt;br /&gt; - La petite parle doctement de la Réforme et de ce qu’elle aurait dû être : l’affaire Luther a été mal « gérée »…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 10. L’année du dieu Mars&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Evoque la guerre engagée&lt;br /&gt; - Qu’il sait déjà promise à tirer en longueur.&lt;br /&gt; - Une guerre globale.&lt;br /&gt; - Dont lui veut se tirer.&lt;br /&gt; - Se dit prêt à un sacrifice.&lt;br /&gt; - Il a des rêves prémonitoires.&lt;br /&gt; - Voit déjà la développement de la guerre en Irak.&lt;br /&gt; - Selon lui, l’homme aura besoin d’une confrontation mortelle pour connaître « le prix véritable de toute création ».&lt;br /&gt; - En irak, le problème ce sera « après »…&lt;br /&gt; - Conversation avec le commandant Cooper.&lt;br /&gt; - Retour à Clausewitz.&lt;br /&gt; - Considérations intéressantes sur le temps.&lt;br /&gt; - Le temps linéaire aristotélicien et l’autre temps.&lt;br /&gt; - Le Vaisseau-Mère est une conscience quantique.&lt;br /&gt; - Qu’il s’applique à déjouer la moindre.&lt;br /&gt; - Il reste libre de ses choix.&lt;br /&gt; - Il va s’attacher à faire évoluer Lucy en accélérant les choses avec les neurovirus et les transposons.&lt;br /&gt; - A la rentrée de 2003, Lucy a donc 9 ans et 9 siècles.&lt;br /&gt; - Elle fait son apprentissage de la précognition. Ses antennes s’affinent. Elle communique avec sa mère.&lt;br /&gt; - Lui-même reçoit des messages du futur.&lt;br /&gt; - Lui : « Je note tout, j’écris tout, je prévois tout, je calcule tout ».&lt;br /&gt; - Se targue de n’être pas calculé, mais…&lt;br /&gt; - Il y a les SUV noirs.&lt;br /&gt; - Qui le calculent, pense-t-il.&lt;br /&gt; - Des types en costumes noirs qui le filent, croit-il.&lt;br /&gt; - Bref, il est temps de programme la séquence neurovirale de départ.&lt;br /&gt; - Il faut qu’il « leur » échappe avec Lucy.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 11. Contre la Tour-monde&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Au début 2004, un signe lui est doné.&lt;br /&gt; - Il doit partir vers le nord.&lt;br /&gt; - Il doit échapper à la mémoire de ses poursuivants.&lt;br /&gt; - Les magouille à distance, sans être sûr d’assurer…&lt;br /&gt; - La haine entre en lui, jamais éprouvée.&lt;br /&gt; - Un sentiment animal et glacial à la fois.&lt;br /&gt; - « La haine est une machine »&lt;br /&gt; - Sent qu’elle menace de faire de lui un homme.&lt;br /&gt; - Ils vont fuir vers le nord.&lt;br /&gt; - Quittent les Appalaches pour le Canada.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 12. Americanada&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Passent la frontière.&lt;br /&gt; - Destination Fermont dans le Labrador.&lt;br /&gt; - «Nous sortons du monde, nous entrons dans le réel ».&lt;br /&gt; - Ils vont vivre comme des nomades, des résistants, des guérilleros.&lt;br /&gt; - Il fait tout pour Lucy.&lt;br /&gt; - Qui doit être télétransportée&amp;nbsp;dans l’autre dimension.&lt;br /&gt; - « Mon plan est de vaincre la mort ».&lt;br /&gt; - Tout cela se lit fort bien, sans qu’on sache où ça va...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 13. La carte et le territoire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il entre en clandestinité.&lt;br /&gt; - Il a signé une alliance secrète avec le monde.&lt;br /&gt; - Contre ceux qui veulent le détruire.&lt;br /&gt; - « Ils anéantiront tout. Ils souilleront chaque place sacrée. Ils propageront des abominations encore jamais vues sur cette planète pourtant riche d’enseignements ».&lt;br /&gt; - Ils remontent de Montréal à Québec.&lt;br /&gt; - Trouve encore des ressources vitales dans la nature.&lt;br /&gt; - Qu’il évoque en poète.&lt;br /&gt; - « La Beauté est ce qui, dans le monde, est susceptible de vous parler, est doté d’une voix, est capable d’énoncer une parole ».&lt;br /&gt; - Ils arrivent à Tadoussac.&lt;br /&gt; - Il implose en larmes à la vue de Lucy endormie. Ni des tristesse ni de joie, mais d'un feu liquide.&lt;br /&gt; - Ils iront jusqu’à Natashquan.&lt;br /&gt; - Se sent un « spectre qui navigue ».&lt;br /&gt; - Fuyant « leur globe carcéral ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 14. Under the northern skies&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Ils arrivent au Labrador.&lt;br /&gt; - Belle évocation là encore.&lt;br /&gt; - L’histoire de deux espèces d’anges, l’un tombé du ciel, l’autre d’une tour…&lt;br /&gt; - Roule sur la 389.&lt;br /&gt; - Le 5 juin ils arrivent à Fermont.&lt;br /&gt; - Le 6 sera l’anniversaire des 10 ans de Lucy.&lt;br /&gt; - Une aurore boréale les rejoint.&lt;br /&gt; - Descriptions scientifico-lyrique assez chiadée.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 15. Contact&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Le jour des 10 ans de Lucy something happens.&lt;br /&gt; - Road 500.&lt;br /&gt; - Prend conscience de sa bifurcation vers la poésie, par ce qu’il écrit depuis quelque temps.&lt;br /&gt; - Le texte de MGD est aussi chargé de lyrisme et tissé d’incantation rythmées.&lt;br /&gt; - Il use des tems verbaux de façon singulière, aussi.&lt;br /&gt; - Lucy l’interroge sur la présence des terroristes dans son monde à lui où ils vont.&lt;br /&gt; - Il la rassure.&lt;br /&gt; - Mais leurs poursuivants les ont rejoints entretemps.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &lt;strong&gt;16. Sous le projecteur des films noirs.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Il se demande encore qui ils sont.&lt;br /&gt; - Des Contrôleurs envoyés par le Vaisseau-Mère ?&lt;br /&gt; - Il en doute.&lt;br /&gt; - Ce dont il est sûr est que Lucy est menacée, et qu’il doit tout faire pour l’aider à passer de l’autre coté…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &lt;strong&gt;17. Zone d’impact&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il va pour rejoindre le Vaisseau-Mère.&lt;br /&gt; - Mais ce sont EUX qui les rejoignent.&lt;br /&gt; - Son plan a fonctionné.&lt;br /&gt; - Comme s’il avait-lui-même tendu le piège.&lt;br /&gt; - « Tout ce qui va suivre, je le sais. Je l’ai vu. D’une certaine manière, je l’ai écrit ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 18. Toutes les lumières du Ciel et de la Terre&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- « Ils sont venus. Nombreux. Ils sont là. Armés ».&lt;br /&gt; - Mais lui aussi est armé.&lt;br /&gt; - Lucy s’inquiète, alors qu’il a déjà préparé son transfert.&lt;br /&gt; - Elle y est prête.&lt;br /&gt; - Et l’attaque se déclenche au moment où il la pousse à fuir vers le contact avec la sonde.&lt;br /&gt; - Etrange récit de SF et tout autre chose en même temps.&lt;br /&gt; - ILS sont la loi. Mais lui représente la loi à venir.&lt;br /&gt; - Deux lois qui s’affrontent violemment.&lt;br /&gt; - Il se défend, mais finit par être touché et abattu.&lt;br /&gt; - On comprend que de mourir il va naître.&lt;br /&gt; - Et plus que jamais on se demande où tout ça mène.&lt;br /&gt; - Mais on y va…&lt;/p&gt;
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<title>Le Dantec nouveau (3)</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 08 Jul 2007 05:18:57 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/961e6660c8fb61b28d4db9a43dd4ddae.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-444385&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/961e6660c8fb61b28d4db9a43dd4ddae.jpg&quot; alt=&quot;961e6660c8fb61b28d4db9a43dd4ddae.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-444385&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture itégrale d'&lt;em&gt;Artefact.&lt;/em&gt; Notes.&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;19. Le monde en blanc et blanc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Il se retrouve chez lui (croit-il).&lt;br /&gt; - Dans le Vaisseau-Mère (croit-il).&lt;br /&gt; - Où tout est blanc.&lt;br /&gt; - Mais pourquoi l’agent de réception lui parle-t-il en langage terrien ?&lt;br /&gt; - That’s the very question.&lt;br /&gt; - Pourquoi l’appelle-t-il Docteur ?&lt;br /&gt; - Pourquoi tous ces hommes en blanc ?&lt;br /&gt; - On lui apprend qu’il s’appelle James Curtis Williamson&lt;br /&gt; - Et depuis toujours.&lt;br /&gt; - On lui présente ses poursuivants.&lt;br /&gt; - Dont un détective.&lt;br /&gt; - Le Dr Bloomber, neuropsychiatre, s’occupe de lui.&lt;br /&gt; - Lui apprend qu’il est l’un des physico-chimistes les plus éminents de la Côte Est.&lt;br /&gt; - Qu’il a eu un accident de la circulation, en 1997.&lt;br /&gt; - Où il a perdu sa femme et sa fille.&lt;br /&gt; - Bloomberg vient le trouver chaque jour.&lt;br /&gt; - On lui parle d’un certain objet qu’il a laissé dans sa fuite, après son « kidnapping ».&lt;br /&gt; - On lui reproche des « crimes fédéraux », comme usages de faux, etc.&lt;br /&gt; - On lui montre des photos de son labo, aux murs couvertes de formules.&lt;br /&gt; - On le soupçonne d’expériences illégales sur Lucy.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- &lt;strong&gt;20 Epilogue : Ground Zero&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - En fait il se trouve dans une clinique de Newark.&lt;br /&gt; - No loin du Ground Zero.&lt;br /&gt; - Où il a l’autorisation de se rendre.&lt;br /&gt; - Tout y a été nettoyé, comme si le WTC n’avait jamais existé.&lt;br /&gt; - Il est conscient du gouffre qui le sépare d’EUX.&lt;br /&gt; - EUX qui ne savent rien.&lt;br /&gt; - ILS ne pourront jamais rattraper Lucy.&lt;br /&gt; - Il y a 3 ans qu’il est là.&lt;br /&gt; - Il reprend son autobiographie…&lt;br /&gt; -&lt;br /&gt; - &lt;strong&gt;Deuxième Partie : Artefact&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Premier jour : l’éveil&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;- Exergue de Boby Dylan : « Don’t think twice, it’s allright ».&lt;br /&gt; - Quelqu’un se réveille sans savoir où, quand on est,&amp;nbsp;ni qui il est.&lt;br /&gt; - Son passé est « une totale absence ».&lt;br /&gt; - Il se trouve sans rien, dans une maison de style toscan&lt;br /&gt; - Se demande ce qu’il fait là et où il va.&lt;br /&gt; - Aucun repère.&lt;br /&gt; - Sauf la mer, un port, une ville.&lt;br /&gt; - La maison.&lt;br /&gt; - Il a le sentiment d’être manipulé.&lt;br /&gt; - Là pour une expérience.&lt;br /&gt; - Il découvre un objet : une valise.&lt;br /&gt; - Et dans la valise : une machine à écrire Remington.&lt;br /&gt; - Avec une rame de papier.&lt;br /&gt; - Et sur la page de titre : Artefact.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Deuxième jour : la machine et son double&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - L’écriture de MGD est devenue claire et limpide, lumineuse, poétique et sereine.&lt;br /&gt; - Durant la nuit un événement s’est produit.&lt;br /&gt; - Des pages ont été écrites.&lt;br /&gt; - Se demande s’il l’a fait en état de somnambulisme.&lt;br /&gt; - Ce qui a été écrit tient en une demi-douzaine de pages.&lt;br /&gt; - Sa journée est écrite.&lt;br /&gt; - Réfléchit à la nature de l’écriture.&lt;br /&gt; - Puis il découvre la ville.&lt;br /&gt; - Une station balnéaire, en Italie, le 13 juin 2000.&lt;br /&gt; - Jour de la naissance de MGD me semble-t-il.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Troisième jour : la Plage.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Viareggio.&lt;br /&gt; - Avec des bagni et une Passeggiata.&lt;br /&gt; - Un lieu de l’apothéose du faux.&lt;br /&gt; - S’arrête au bagno Oceano.&lt;br /&gt; - Très belle évocation, très picturale, entre land art et body art.&lt;br /&gt; - Evoque les deux temps de l’écriture, de l’absorption à la résorption.&lt;br /&gt; - L’écriture le fait exister.&lt;br /&gt; - Retour à la case réel.&lt;br /&gt; - Il devient un existant, bientôt un individu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Quatrième jour : l’infini au cube&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Décline les modalités de son je.&lt;br /&gt; - Le je du jour, le je de la nuit, le je de la Plage, le je de la Chambre.&lt;br /&gt; - Il commence à redevenir lui-même.&lt;br /&gt; - Son futur se construit à travers cette présence de l’écriture et de la machine à écrire.&lt;br /&gt; - Un espèce de saisie phénoménologique de la présence et de la genèse de la création de soi et du texte.&lt;br /&gt; - « J’écris dans un monde qui semble plus réel que celui dans lequel je vis en toute conscience ».&lt;br /&gt; - Se sent dédoublé.&lt;br /&gt; - Perçoit l’Autre en lui.&lt;br /&gt; - Le monde fait son entrée dans son univers alors qu’il entre dans le bagno du monde.&lt;br /&gt; - Une relation nouvelle. Etrange.&lt;br /&gt; - Le sujet se pointe, le sujet à venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Cinquième jour : La Nuit Blanche.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Expérimente le principe d’incertitude appliqué à son existence.&lt;br /&gt; - Découvre un hangar rempli de masques.&lt;br /&gt; - Se rappelle que masque se dit persona.&lt;br /&gt; - A la Nuit Banche succède le &lt;em&gt;Journoir.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Sixième jour : le &lt;em&gt;Journoir&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;- Continue à s’interroger sur la nature du réel.&lt;br /&gt; - Qu’est-ce qui est réel ?&lt;br /&gt; - S’interroge sur sa relation avec la machine et sur la fonction de celle-ci.&lt;br /&gt; - Une sorte de prolongation organique de son corps.&lt;br /&gt; - Il va se rejoindre pourtant en écrivant : c’est bien moi.&lt;br /&gt; - La machine est comme le corps de son âme ou l’interface de son être.&lt;br /&gt; - Evoque le temps dédoublé de l’écriture. A la fois dédoublé et décentré.&lt;br /&gt; - Je suis celui qui suit ce qui suis-je, ou quelque chose comme ça.&lt;br /&gt; - Septième jour : Infinity Unlimited&lt;br /&gt; - Il dit avoir été un homme séparé de lui-même, un alien.&lt;br /&gt; - Constate qu’il y a un infini en chacun de nous. »Votre cerveau est le secret de votre cerveau votre cerveau est le mystère du cerveau d’Après.&lt;br /&gt; - Comme un Big Bang de symphonie virtuelle.&lt;br /&gt; - Qui reste à l’état de dénombrement et de dénomination du réel.&lt;br /&gt; - A la fois abstraite, l’opération, et tout à fait intelligible pourtant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Huitième jour : l’invention de l’éctiture.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il se réveille dans la chambre de la maison.&lt;br /&gt; - La machine absorbe tout.&lt;br /&gt; - Tout s’inscrit.&lt;br /&gt; - Il devient lecteur/écrivain total.&lt;br /&gt; - L’écriture, miroir de l’être, est reflet de l’inconnaissable.&lt;br /&gt; - Dit avoir procédé à une dévolution.&lt;br /&gt; - Un espèce de représentation abstraite/concrète de la théologie.&lt;br /&gt; - Millième jour : Homo Sapiens Sapiens&lt;br /&gt; - Il dit avoir marché des siècles dans le désert.&lt;br /&gt; - « J’ai rompu le piège du monde-simulacre ».&lt;br /&gt; - « L’écriture est en train de s’incarner en moi et désormais la présence est réelle, elle est partout, elle est le réel ».&lt;br /&gt; - Et le texte lui-même l’exprime par son ressassement.&lt;br /&gt; - « C’est le moment où je vais parler. Ce sera le moment où, enfin, je pourrai rencontrer l’autre qui est en moi ».&lt;br /&gt; - « Cette zone noire c’est la bouche du monde ».&lt;br /&gt; - « Ce qui est connu, ce qui est véritablement connaissable est caché ».&lt;br /&gt; - Très Blanchot tout ça.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;- Le Jour Dernier : que la Lumière soit.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- La langage prend forme. Le langage prend sa forme.&lt;br /&gt; - « Et c’est ce langage qui m’informe, c’est ce langage qui me reforme à l’image de la vérité.&lt;br /&gt; - Il dit être l’expérience.&lt;br /&gt; - Il vit la naissance du verbe.&lt;br /&gt; - Décrit un phénomène relevant à la fois de la physique et de la métaphysique.&lt;br /&gt; - « Je m’éveille dans la Chambre, il fit un temps magnifique. »&lt;br /&gt; - Tout cela s’est peut-être passé en un quart de seconde ou en&amp;nbsp;dix siècles&lt;br /&gt; - Il se reconnaît comme artefact.&lt;br /&gt; - Il est le « je » qui s’efface pour faire jaillir le Verbe.&lt;br /&gt; - Suivent des considérations plus précisément théologiques, sur le caractère trinitaire du cerveau (hum) et la présence d’un authentique secret dans le « trou noir » du code génétique.&lt;br /&gt; - « Son intuition première n’est pas que Dieu est inconnaissable mais qu’il est absolument illimité ».&lt;br /&gt; - Introduit la théologie négative selon de Grégoire de Nysse.&lt;br /&gt; - Affirme son expérience unique en tant qu’expérience de la personne.&lt;br /&gt; - « Es-tu une personne ? » (p.314)&lt;br /&gt; - C’est là comme une méditation poétique sur la genèse du sujet et de l’écriture. Il y manque un peu de chair et d’objets à mon goût, mais c’est néanmoins une sorte de repérage physique et métaphysique lumineux des conditions d’émergence du Sujet, Récit et de la Fiction. &lt;em&gt;(A suivre)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ci-dessus: machine à écrire de Patricia Highsmith. Sur laquelle a été écrite la phrase: &quot;Seul ce qui est imaginaire est réel&quot;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le Dantec nouveau  (4)</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/07/07/le-dantec-nouveau-4.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 21:30:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/23542ac6b8ffc9127781a84b3307a536.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-445433&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/23542ac6b8ffc9127781a84b3307a536.jpg&quot; alt=&quot;23542ac6b8ffc9127781a84b3307a536.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-445433&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture intégrale d’Artefact. Notes&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Troisième Partie : Le Monde de ce Prince&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Exergue de Saint Jean. « Bien plus, l’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu ».&lt;br /&gt; - Initier&lt;br /&gt; - Suit une série de communiqués, envoyés aux gouvernants et aux médias, et diffusés sur internet.&lt;br /&gt; - Celui qui les écrit dit qu’il est devenu ce qu’il est parce qu’il ne cesse de devenir.&lt;br /&gt; - S’adresse carrément aux flics canadiens.&lt;br /&gt; - Taxe le monde d’im-monde.&lt;br /&gt; - S’exclame que c’est une Fête.&lt;br /&gt; - Tout à fait sur le ton de Muray.&lt;br /&gt; - On est dans la Cité-Hype Montréal.&lt;br /&gt; - Dans laquelle il vient de déclencher une série d’incendies.&lt;br /&gt; - Considérations sur le Diable : Le Mal absolu et le Fils de Pute.&lt;br /&gt; - Raille les pauvres gardiens du désordre, pauvres révolutionnaires tranquilles, pauvres journalistes de tinettes.&lt;br /&gt; - Se dit une sorte de médecin, mais jouant le sicaire du Diable, actuellement en vacances.&lt;br /&gt; - Se dit le maître incontesté de l’euthanasie.&lt;br /&gt; - Il a son site web, sur lequel sa webcam capte les incendies.&lt;br /&gt; - Le Diable aime le « bruit voluptueux » des incendies.&lt;br /&gt; - Son site est &lt;a href=&quot;http://www.welcometohell.wold/&quot;&gt;www.welcometohell.world&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 2. Chiffrer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Raille les cités à festivals perpétuels...&lt;br /&gt; - Le Diable est sur la Plage.&lt;br /&gt; - Au bagno Oceano peut-être ?&lt;br /&gt; - Il lui a confié l’intérim.&lt;br /&gt; - « Je suis – c’est vrai – une pure déviance, à ce titre ».&lt;br /&gt; - « Le Diable est le toxique de tous les toxiques ».&lt;br /&gt; - Pour sa part, il a kidnappé un journaliste islamisant.&lt;br /&gt; - Auquel il va faire subir un traitement de choc.&lt;br /&gt; - « Tes amis coupent les têtes, ils le séparent des corps vivants avec les moyens abjects qu’on a vus sur tant de vidéos », lui dit-il en lui promettant de lui faire le sort inverses. Il ne va pas le couper mais le coudre.&lt;br /&gt; - Et de fait, il le coud de haut en bas, lui coud les orifices et finit parle broyer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;3. Ecrire&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il dit être en train d’inventer quelque chose.&lt;br /&gt; - En tant qu’agent intérimaire du Diable, il va devenir artiste en snuff-movies.&lt;br /&gt; - Mais est-ce une invention ?&lt;br /&gt; - Tout ça est moins convaincant que ce qui pécède.&lt;br /&gt; - Ce substitut du Diable, qui n’est autre qu’un certain écrivain français exilé au Canada, ne me semble pas une invention romanesque à la hauteur du propos.&lt;br /&gt; - Cette incarnation du mal relève jusque-là du standard de polar, mais voyons la suite…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;4. Rassembler&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Il dit que son nom est Mépris.&lt;br /&gt; - Et qu’il est un esthète.&lt;br /&gt; - Cette fois il a capturé une femme juge dans son Hummer 4x4.&lt;br /&gt; - Il se targue d’avoir tué 246 personnes pour exécuter sa justice invertie.&lt;br /&gt; - C’est un technicien. Un maître de la mécanique générale.&lt;br /&gt; - Il punit la juge d’avoir trempé dans le lynchage judiciaire d’une femme opposée à une secte. Episode fameux au Canada à ce qu’il semble.&lt;br /&gt; - Moyennement explicite pour le lecteur…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 5. Concentrer&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Le Diable-bis se défend de se venger.&lt;br /&gt; - Se veut froid comme la dague.&lt;br /&gt; - Défend la non proportion du châtiment par rapport au crime.&lt;br /&gt; - Développe un vaste aperçu sur les plans du Diable (p.361) en matière de politique de masse, les grandes machines broyeuses de personnes.&lt;br /&gt; - Détaille les « poisons mentaux » inventés par son frère le Diable.&lt;br /&gt; - Ensuite on se retrouve dans un souterrain où il a séquestré deux hommes : un suprématiste nazi canadien et un Afro-Canadien négationniste.&lt;br /&gt; - Le premier hait les Blancs.&lt;br /&gt; - L’autre hait les Noirs.&lt;br /&gt; - Ils ont divers moyens de sortir du souterrain.&lt;br /&gt; - Dont une Bible et un couteau suisse.&lt;br /&gt; - Cela tourne à la parodie de jeu virtuel, avec une visée édifiante qui pèse un peu beaucoup quand il nous explique que la Bible aurait pu les sauver...&lt;br /&gt; - Frère Dantec prêche…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; &amp;nbsp;6. Choisir&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Le communiqué suivant du vice-Diable insiste sur le sang-froid des actes qu’il commet.&lt;br /&gt; - Et voici dame Olga qu’il suit depuis des jours.&lt;br /&gt; - Qu’il va tuer.&lt;br /&gt; - Son crime est d’avoir servi de rabatteuse à son mari amateur de très jeunes filles.&lt;br /&gt; - Une horrible histoire advenue dans la banlieue de Toronto, genre Dutroux en pire. Treize victimes, violées et torturées. Et Olga est ressortie de prison après six ans.&lt;br /&gt; - Ce qui lui vaut l’attention du Diable bis.&lt;br /&gt; - Qui lui a préparé une machine à tuer très spéciale, rappelant les punitions imaginées par Dante dans la &lt;em&gt;Divine Comédie&lt;/em&gt;, où les damnés sont torturés par cela même qui constituait la nature de leur vice particulier. (p.410-412)&lt;br /&gt; - En l’occurrence, c’est sa liberté qui va tuer Olga dans la machine a cramer. Se non è vero e ben trovato, Sior Dantec &lt;em&gt;(A suivre)&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le Dantec nouveau (5)</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sat, 07 Jul 2007 20:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/5b892bc305c5228d387f1f2326d799c2.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-446636&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/5b892bc305c5228d387f1f2326d799c2.jpg&quot; alt=&quot;5b892bc305c5228d387f1f2326d799c2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-446636&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture intégrale d'Artefact. Notes finales.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- 7. Enclore/Eclairer&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Répète qu’il n’y a aucune logique dans ses crimes.&lt;br /&gt; - Note qu’Auschwitz fut au contraire le triomphe de la logique diabolique.&lt;br /&gt; - Répète que le Diable est le maître de la mécanique générale.&lt;br /&gt; - « Plus nous avancerons dans nos opérations, moins les victimes seront « coupables ».&lt;br /&gt; - Va s’en prendre aux « guignols qui vendent de la festivité ».&lt;br /&gt; - Répète qu’il est un pédagogue.&lt;br /&gt; - Ce qu’on avait, hélas, compris.&lt;br /&gt; - Annonce une respiration humaine sur écran noir.&lt;br /&gt; - Suivi d’un hurlement de terreur.&lt;br /&gt; - Un homme qu’il a enterré dans le Manitoba oriental.&lt;br /&gt; - Enterré vivant. Dans un cercueil transparent.&lt;br /&gt; - Pourvu d’un système vidéo d’auto-contemplation.&lt;br /&gt; - Le sujet est un acteur, Tomi Vasry.&lt;br /&gt; - Un « vaniteux saltimbanque.&lt;br /&gt; - Un tartuffe médiatique.&lt;br /&gt; - Un créateur raté compulsant son ressentiment.&lt;br /&gt; - La machine va assurer à Tomi une survie mortelle.&lt;br /&gt; - Le vice-diable use d’une technologie sophistiquée.&lt;br /&gt; - Est-ce bien la peine ?&lt;br /&gt; - L’auteur a l’air de se régaler de ces détails.&lt;br /&gt; - Et les « amis lecteurs » ? Hum.&lt;br /&gt; - « Bienvenue dans la monde où la lumière obscurcit et où les ténèbres illuminent ».&lt;br /&gt; - Tomi va devoir se bouger pour vivre.&lt;br /&gt; - La description de l’appareillage de torture devient fastidieuse.&lt;br /&gt; - Le système aboutit à une sorte de téléréalité de la mort.&lt;br /&gt; - Les innocents/coupables sont traités par la justice/injustice.&lt;br /&gt; - Et le lecteur se fait un peu tartir.&lt;br /&gt; - Digresse sur la progression destructrice du nazisme à l’écologie…&lt;br /&gt; - Les écolos pires que des nazis.&lt;br /&gt; - On revient à l’homme au pédalier.&lt;br /&gt; - Nouveaux détails de son supplice.&lt;br /&gt; - Machinerie de plus en plus chiante.&lt;br /&gt; - L’écriture de Dantec tombe à plat et tourne à vide.&lt;br /&gt; - Heureusement, on annonce la suspension des émissions…&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 8. Voyager&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Le vice-Diable se félicite de son invention de « mécanicien des singularités », après avoir négligé la phase finale du supplice.&lt;br /&gt; - Il est question alors d’un homme courant dans un tunnel.&lt;br /&gt; - Avec une torche qui le dirige et attire en même temps de méchants chiens.,&lt;br /&gt; - L’homme est coupable d’avoir laissé son pitbull défigurer une petite fille.&lt;br /&gt; - Donc à pitbull, pitbull et demi.&lt;br /&gt; - Retour à l’état de nature.&lt;br /&gt; - Le vice-Diable va s’occuper ensuite des masses.&lt;br /&gt; - Il est poursuivi par toutes les forces de police nord-américaines.&lt;br /&gt; - Annonce alors un stratagème.&lt;br /&gt; - « Comptez sur moi pour faire réapparaître le réel dans vos vies ».&lt;br /&gt; - Hélas tout ça est purement mental, rhétorique et désincarné.&lt;br /&gt; - Annonce la semaison d’une mauvaise graine.&lt;br /&gt; - Gagne une petite ville de Virginie.&lt;br /&gt; - Où il y va y avoir un massacre à l’école.&lt;br /&gt; - Entend prendre le contrôle de notre cerveau.&lt;br /&gt; - Se dit un réseau. Une arme biologique.&lt;br /&gt; - Evoque les « crime clusters », phénomène mimétique.&lt;br /&gt; - « Le crime est toujours plus grand que l’homme qui le commet. L’innocence est toujours plus fragile que le plus humain des coupables ». Truisme ou sophisme ?&lt;br /&gt; - « Nous savons très exactement ce que nous faisons ». Pas sûr.&lt;br /&gt; - Sur quoi nous annonce qu’il va nous délester de notre innocence.&lt;br /&gt; - A la bonne heure !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;9. Jouer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Il a beaucoup voyagé dans la foulée.&lt;br /&gt; - Se retrouve à Berlin.&lt;br /&gt; - Pour la Love Parade.&lt;br /&gt; - « Ici l’amour est partout, donc nulle part », etc.&lt;br /&gt; - Des généralités sur l’hyperfestif, « rien que le mouvement processif de leurs organismes interconnectés par le centre de contrôle du vide idéologique, c'est-à-dire nous ».&lt;br /&gt; - Se veut le « patient » des intoxications bactériologiques qui vont aboutir au bad trip.&lt;br /&gt; - Annonce à son public que sa destination finale est dans chacun.&lt;br /&gt; - La littérature va lui servir de vecteur.&lt;br /&gt; - Mantra de la servitude absolue : Vous damner c’est être sauvés par vous-même ».&lt;br /&gt; - Okay, on a compris le prône.&lt;br /&gt; - Qui devient décidément lourdingue.&lt;br /&gt; - Mais ça continue. Intox mondiale oblige.&lt;br /&gt; - C’est Hannibal Global Fight.&lt;br /&gt; - Lassant.&lt;br /&gt; - On se retrouve en croisière sur le Lady D of the Seas.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; 10. Aimer&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Poursuit son voyage around the World.&lt;br /&gt; - Jusqu’à New York.&lt;br /&gt; - Où il rencontre un enfant.&lt;br /&gt; - Qui n’est autre que lui-même.&lt;br /&gt; - Lui annonce le nouvel Armageddon. Yes sir.&lt;br /&gt; - Variation sur le thème « vous êtes des génies », préludant à l’hiver nucléaire.&lt;br /&gt; - Rappelle une fois de plus qui est l’Adversaire.&lt;br /&gt; - Celui qui ne peut connaître la vie incarnée.&lt;br /&gt; - « Bienvenue dans la Machine Humanité ».&lt;br /&gt; - L’enfant devient le moteur du retournement final.&lt;br /&gt; - A la trinité finale de l’enfant, du petit et du grand Frère.&lt;br /&gt; - « La vérité se trouve dans le regard lumineux de cet enfant ».&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; 11. Etre/ne pas être&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- L’âme du meneur de jeu erre encore la moindre.&lt;br /&gt; - Le débat se poursuit avec l’enfant et le Grand frère, le Bien et le Mal en d’autres termes.&lt;br /&gt; - De la démonologie virtuelle et du passage à l’acte.&lt;br /&gt; - Se demande pourquoi il ouvert le Livre du mal.&lt;br /&gt; - L’enfant lui révèle pourquoi il est mort virtuelleemnt, avec le massacre de sa famille.&lt;br /&gt; - Retour au thème traumatique de la première partie.&lt;br /&gt; - De l’origine du ressentiment.&lt;br /&gt; - Comment il a pris sur lui le crime du monde, Christ inversé.&lt;br /&gt; - Conclusion sur la Grâce.&lt;br /&gt; - « Ici le nom de la Grâce est : Pardon. ».&lt;br /&gt; - Et le discours s’achève.&lt;br /&gt; - Car cette partie, et c’est sa faiblesse, est essentiellement un discours.&lt;br /&gt; - Un apologue univoque, qui communique certes avec les deux premières parties mais en constitue la partie la plus faible, la plus lourdement démonstrative.&lt;br /&gt; - Plus rien là-dedans des inventions romanesques géniales de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; où le signifiant et le signifié se fondaient en incandescence.&lt;br /&gt; - En l’occurrence, la faiblesse de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, tenant à ses parties prêchées, devient plus visible encore.&lt;br /&gt; - Les deux premières parties tiennent à mes yeux du point de vue de la création romanesque autant que par son contenu, la troisième est très riche des notations intéressantes mais le roman cède le pas au sermon édifiant. Amen.&lt;/p&gt;
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<title>Dantec est-il infréquentable ?</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/03/05/dantec-est-il-infrequentable.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Les infréquentables</category>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Mon, 05 Mar 2007 20:35:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec0001.4.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec0001.4.JPG&quot; alt=&quot;medium_Dantec0001.4.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;L’écrivain « culte » mérite-t-il une Fatwa, comme l'a demandé &amp;nbsp;le magazine &lt;em&gt;Technikart&lt;/em&gt; après la publication d’ &lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Maurice G. Dantec, le plus controversé des romanciers français avec Michel Houellebecq, a publié récemment le troisième tome de son monumental journal, sous le titre d’&amp;nbsp;&lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt;, recouvrant les années 2002-2006 et se voulant la «boîte noire » du crash annoncé d’une « civilisation qui ne croit plus en elle-même », menacée par un « néo-totalitarisme planétaire ». Somme des lectures et des réflexions géo-politiques ou philosophico-théologiques de l’écrivain « exilé » à Montréal, ce livre refusé successivement par les éditions Gallimard et Flammarion, qui craignaient (notamment) les contrecoups de son anti-islamisme virulent, a paru chez Albin Michel dans la foulée de deux énormes romans, &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, marquant à la fois le sommet momentané d’une œuvre saisissante et le début de l’empêtrement de l’auteur dans une sorte de prophétisme halluciné à base de catholicisme ultra (Dantec s’est converti) et de rejet virulent de l’Europe pourrie (ramassis de &lt;em&gt;Zéropéens&lt;/em&gt;) et de la France moisie, en attendant à la fois le Grand Djihad anti-Occidental et une Nouvelle Chrétienté, voire une Nouvelle Croisade, un nouvel Armageddon liguant les forces de l’Amérique de Bush et d’Israël, entre autres « visions ».&lt;br /&gt; A en croire Dantec, le monde actuel serait un vaste Camp, héritage du XXe siècle qui fut essentiellement « le siècle des camps ». Depuis septembre 2001 se déchaînerait la 4e Guerre mondiale qu’il a d’ailleurs vue se pointer : « En trois livres, j’ai dit la guerre qui venait, j’ai dit le monde qui s’achevait, j’ai dit le choc qui ouvrirait l’abîme ». S’il convient que « ce n’est pas être contre les PERSONNES de confession musulmane que de ne pas être en accord avec le Coran », il n’en affirme pas moins que, « bientôt l’islamisme conquérant trouvera son véritable Hitler, c’est-à-dire un mélange de prophète religieux charismatique et de leader politique-publicitaire, soit l’Antéchrist tout simplement ». Or il n’y a pas que l’islam a représenter l’Antéchrist aux yeux du rocker transformé en &lt;em&gt;catholique errant&lt;/em&gt;: « Mahomet, plus Luther, plus Hitler, plus Lénine, le Quadriparti antichristique qui cloue l’Occident par ses quatre orifices est désormais installé pour des siècles ». Et de fustiger les « talibanlieusards » tout en priant « pour que des musulmans libres aient la bonne idée de s’unir un jour contre ce qui conduit leur civilisation au chaos et à la ruine » ; et de stigmatiser l’ « œcuménisme panthéiste baba cool des épiscopats modernes » en appelant de ses vœux un nouvel Occident chrétien fondé sur les forces de l’OTAN et « la réouverture imminente du Saint Tribunal de l’Inquisition et le rallumage de ses bûchers » ; et de vouer Chirac aux gémonies pour ne pas s’être engagé en Irak, en prévoyant (on est en 2003) que les Américains vont créer à Bagdad la première République fédérale arabe, modèle s’il en sera…&lt;br /&gt; Les 600 pages d’&lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt; ne s’en tiennent pas, heureusement, à l’énoncé des positions politico-philosophiques de l’auteur, qui déverse pêle-mêle le produit de lectures très poussées (plus précisément à hautes doses de Risperdal, neuroleptique utilisé dans le traitement de certaines psychoses et de la schizophrénie…) en matière de patristique, les échos de querelles nettement plus triviales voire parisiennes, des aphorismes dont certains sont parfois lumineux (« La beauté est ce qui dans ce monde n’est pas de ce monde », ou « Quand on est nombre on est ombre ») mais parfois aussi d’une pesante platitude (« Les pires envieux sont ceux qui vous envient pour la vérité»), des engouements intellectuels successifs qui en disent long sur une quête d’autant plus incertaine qu’elle se veut péremptoire dans ses affirmations, et nombre de développements aussi, souvent les plus intéressants voire les plus émouvants, sur une trajectoire personnelle chaotique qui fut celle également d’une partie de sa génération, nourrie de situationnisme et d’électro-punk, de SF et de substances diverses…&lt;br /&gt; Et l’écrivain là dedans ? Il y est certes aussi, mais souvent épars, relâché quant à l’expression, sentencieux, parfois même assommant, profus et confus. Les poèmes qu’il égrène au fil de ces pages ne relèvent en rien de la réelle poésie qui fulgure dans ses romans, et si telle page endiablée relève de sa bonne verve (« Allez, zoukez, zoukez les zombies de la plage Inifinity Beach»…), l’&amp;nbsp;&lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt; fait plutôt figure de « foutoir » d’urgence, assez au-dessous des deux premiers volumes du &lt;em&gt;Théâtre des Opérations&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; Ce qui pèche, surtout, c’est que le Dantec d’&lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt; est essentiellement idéologue, alors que c’est le conteur, le poète au sens large, le fou visionnaire et fictionnaire &amp;nbsp;de &lt;em&gt;Villa Vortex&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;Cosmos Incorporated&lt;/em&gt; et d’une partie de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; qui en font, indéniablement, l’un des&amp;nbsp;romanciers français les plus singuliers du moment.&lt;br /&gt; Autant dire que si ce livre déçoit et si, plus généralement, l’évolution de Dantec a de quoi inquiéter, ce n’est pas tant à cause de ses « positions » et autres provocations visant le « politiquement correct », qu’au risque de le voir sacrifier son indéniable génie créateur à un catéchisme doctrinaire. On a vu cela chez Philip K. Dick, fondu en ésotérisme vaseux, comme on la vu chez Gogol, finalement liquéfié de religiosité ou encore avec un Alexandre Zinoviev, contempteur génial de l’idéologie qui sombra finalement dans la paranoïa…&lt;br /&gt; Quant au gros titre de la revue « branchée» &lt;em&gt;Technikart&lt;/em&gt; qui, dans sa livraison de février 2007, posait la question &lt;em&gt;Dantec mérite-t-il une Fatwa&lt;/em&gt; ?, on le mettra au compte d’un goût du scandale équivoque - agression médiatique irresponsable&amp;nbsp; à laquelle l’écrivain prête évidemment le flanc…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Maurice G. Dantec. &lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt;. Albin Michel, 690p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/thumb_Asensio0001.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_Asensio0001.3.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Ces « maudits » qu’on fabrique&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Qui sont les auteurs infréquentables ? Antisémites ? Fascistes ? Réactionnaires chrétiens ? Esprits réfractaires au « politiquement correct » ? Telles sont les questions que pose, incidemment, la lecture de la livraison hors-série de &lt;em&gt;La Presse littéraire&lt;/em&gt;, dirigée par Joseph Vebret, intitulée Les écrivains infréquentable et rassemblant, sous une vingtaine de signatures, une palette d’auteurs dont aucun ne semble « à fusiller » même platoniquement, sauf Brasillach qui le fut bel et bien.&lt;br /&gt; Si les « maudits » avérés que sont le super-fasciste Rebatet, Céline l’antisémite ou Matzneff le pédophile, ne figurent pas dans le choix (partiel et forcément aléatoire) de Juan Asensio, ordonnateur et présentateur du numéro, la qualité de franc-tireur pourrait être ce qui associe un Dominique de Roux (avec quatre lettres inédites flamboyantes), et l’essayiste Philippe Muray, récemment disparu, le philosophe allemand Carl Schmitt et l’essayiste espagnol Nicola Gomez d’Avila (un vrai réac, ah ça !), l’imprécateur catholique Léon Bloy et son « disciple » Dantec, notamment.&lt;br /&gt; A la question de savoir ce qui rend un écrivain « infréquentable », Juan Asensio répond par quelques approximations intéressantes liées à l’affirmation par ceux-là d’une position de droite ou d’une foi déclarée, pour se demander finalement si la liberté d’esprit, voire l’opprobre des censeurs ne sont &amp;nbsp;pas les critères d’exclusion décisifs, en fonction de normes variables. Ainsi Corneille sera-t-il jugé « macho facho » par des profs « évolués », alors que les médias grilleront Renaud Camus pour un seul « dérapage », aussi peu criminel à nos yeux que celui qui valut sa fatwa à Salman Rushdie. Quant à Paul Léautaud ou Witold Gombrowicz, originaux s’il en est mais encore moins « fusillables » que les autres, ils rappellent ici que la vraie littérature n’est jamais infréquentable que pour ceux qui n’ont de cesse de la mettre au pas…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;La Presse littéraire. Hors série no3. Spécial &lt;em&gt;Ecrivains infréquentables.&lt;/em&gt; Mars/Avril/Mai 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ces deux articles, en version&amp;nbsp;raccourcie pour ce qui est du&amp;nbsp;premier,&amp;nbsp;sont à paraître&amp;nbsp;dans l'édition de &lt;em&gt;24Heures&lt;/em&gt; du 6 mars 2007.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec rocker mystique</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 17 Sep 2006 21:43:39 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec7.2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec7.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Dantec7.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Avec &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, son nouveau « monstre » épico-théologique sur fond d’Apocalypse et de folles inventions de SF pop, le romancier poursuit une fresque fascinante en dépit de ses pesanteurs.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Maurice G. Dantec, « exilé » au Canada depuis quelques années par rejet véhément de la vieille Europe et du milieu médiatico-littéraire parisien par trop « politiquement correct » à son goût, est un « auteur culte » assez proche d’un Michel Houellebecq, par ses détestations et provocations, son fonds de culture rock et son goût pour les conjectures de la science fiction. Dans ses deux derniers romans, &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (Albin Michel, 2005) et &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; qui en constitue la suite directe, Dantec, nouveau baptisé à dégaine de cyborg, affirme son originalité en brossant une fresque catastrophiste, située à la fin du XXIe siècle, toute nourrie de ses lectures des Père de la tradition catholique, et autres grands auteurs mystique, de Basile de Césarée (pour son traité sur le Saint-Esprit) à Jean Cassien (pour son traité de l’Incarnation), en passant par Duns Scot ou Joseph de Maistre, notamment. La méditation sur le Mal qui s’y développe, incriminant une humanité décervelée et dénaturée où l’individu libre et unique serait remplacé par une morne sous-humanité esclave de faux prophètes flatteurs, va de pair avec l’exaltation de la Musique (le Très Saint Rock’N’Roll, dont le livre est plein des échos de la Légende Dorée, mais pas seulement) et de l’Amour, au sens où l’entendait un certain Dante... Or comment tout cela tient-il ensemble et debout ? Essentiellement par l’indéniable génie de conteur-visionnaire de Maurice G. Dantec, dont le souffle, et d’extraordinaires intuitions, font passer de trop lourdes pages érudites ou de non moins fastidieuses évocations de combats pour la Juste Cause.&lt;br /&gt; Il y a du western manichéen et de la bande dessinée dans Grande Jonction, mais les observations et réflexions du romancier, rejoignant celles des contre-utopistes du XXe siècle, de Kafka à Orwell, s’incarnent bel et bien malgré le caractère souvent stéréotypé de ses personnages.&lt;br /&gt; Au premier rang de ceux-ci, qui pourrait être ridiculement kitsch, genre &lt;em&gt;New Age&lt;/em&gt;, mais s’impose néanmoins comme un héros de roman de chevalerie, voici l’adolescent Link de Nova, l’enfant mystérieux&amp;nbsp;venu au jour&amp;nbsp;à la fin de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; et qui a le pouvoir de « guérir » les machines et, bientôt, d’enrayer la nouvelle peste menaçant l’humanité de cette fin du XXIe siècle, laquelle s’en prend à ce qui constitue l’unicité de l’espèce : le langage humain.&lt;br /&gt; Ce Mal, qu’on appelle La Chose, vampirise littéralement les individus survivant après moult catastrophes, dont le Grand Djihad et les guerres dévastatrices qui en ont découlé. Pis encore : c’est à toute forme d’écrit que va s’en prendre plus tard La Chose, effaçant toute mémoire de la surface de la planète. Or Link de Nova et ses amis néo-chrétiens vont accueillir, dans ces ultimes régions protégées de la Heavy Metal Valley (sur les anciennes terres mohawk), une Sainte Bibliothèque envoyée du Vatican, ultérieurement ratiboisé par les nouveaux barbares, qui symbolise l’ultime héritage des résistants et leur arme de reconstruction massive....&lt;br /&gt; A résumer ainsi près de 800 pages, la chose pourrait sembler caricaturale, voire débile. Or s’il est vrai que Dantec agace parfois par certains débats fleurant la dissertation, et si le récit pâtit parfois d’un ton sentencieux ou d’un lyrisme pompier, &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; saisit en revanche par la beauté de ses évocations et sa façon à la fois naïve et pénétrante de moduler ses thèmes, emportant finalement le morceau par sa défense de l’imagination et de la fiction, dans le mouvement même de la création.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Maurice G. Dantec. &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;. Albin Michel, 774p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cet article a paru dans l'édition de 24Heures du 12 septembre 2006.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec électrorock</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Mon, 11 Sep 2006 09:45:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec7.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec8.2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec8.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Dantec8.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de Grande Jonction (7)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On est reparti dans une envolée épico-poétique fascinante au-delà de la 600e page de cette &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; parfois fastidieuse, m’a-t-il semblé, avec de vrais « tunnels » où le romancier s'enferre, et qui rebondit ici dans une nouvelle suite d’illuminations narratives dont la première rejoint les représentations du «dernier des hommes» du début du XXe siècle, selon Nietzsche ou Dostoïevski et son Chigalev, le nivellisme généralisé dans &lt;em&gt;L’inassouvissement&lt;/em&gt; de Witkiewicz ou l’homme formaté du &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; d’Orwell, tout s’acheminant aussi bien vers la constitution d’une seule « &lt;em&gt;grande marque déposée&lt;/em&gt;, monomodèle, monosérielle », scellant une « indifférenciation générale de toute l’humanité ».&lt;br /&gt; Parallèlement à la collision frontale du Grand Blizzard et du Vent de Sable, avatars physique et climatique d’une catastrophe d’ordre ontologique et métaphysique, c’est de fait à l’apparition d’un « néomonde» gris,&amp;nbsp;univers de boue figurant quel morne paradis, qu’on assiste alors qu’une nouvelle atteinte de La Chose, qui s’en est prise déjà à ce qui constitue l’individu, en attaquant son langage,&amp;nbsp;travaille désormais à l’effacement de tout texte écrit à la surface du globe afin de préparer un nouveau mode de communication indifférencié évoquant le cerveau intégré de la fourmilière, pour reprendre une vieille métaphore contre-utopique.&lt;br /&gt; Or on en revient précisément, ici, en pleine contre-utopie flamboyante, avec les forces régressives de l’Anome, personnalisées par le pseudo-pape Cybion Ier et ses évêques bidons, qui entendent s’approprier le mouvement de dévolution comme n’importe quelle secte vulgaire, à quoi s’opposent les chevaliers de la Juste Cause, dans la foulée du jeune Link de Nova, guitariste « élu » aux pouvoirs guérisseurs, flanqué de ses alliés néo-chrétiens Youri et Campbell, qui demandent crânement le baptême dans la foulée, du Professeur spécialiste en nombres transfinis et de quelques autres initiés de divers grades.&lt;br /&gt; Alors que le Non-Être, essence du mal comme chacun sait,&amp;nbsp;prépare l'avènement du&amp;nbsp;Règne du Faux, Link de Nova, guitare Gibson Les Paul en bandoulière, prêt à faire « chanter le corps électrique de la planète entière » et à&amp;nbsp;l’irradier de la Lumière de son Halo, assume son rôle de Chef d’Orchestre du Camp: grande jonction (il y en a une quantité d'autres qui nourrissent ce titre) entre la Musique et La Foi, sous le signe de Sainte Electricité.&amp;nbsp;Hosanna.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; A la grande offensive mortifère visant les textes de la Bibliothèque rescapée, et donc la mémoire vive de l’humanité, s’oppose&amp;nbsp;en outre&amp;nbsp;le combat de Youri, qui a compris que « l’amour était en lui-même l’infini de tous les infinis propice à l'accomplissement de toute individuation », dont la belle Judith sera la Béatrice « dantesque », tandis qu’il incombe au père de Link, Djordjevic l’homme du livre, de produire pour sa part le manuscrit&amp;nbsp;qui empêchera&amp;nbsp;la destruction de ladite Bibliothèque.&lt;br /&gt; Or tout cela, au fil de pages qui retrouvent le souffle et la fulgurance des meilleurs chapitres de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, relève d’une réflexion-narration superbement imagée et maîtrisée, dans un espace romanesque de visionnaire à la fois délirant et hyper-contrôlé dont on se réjouit, soit dit en passant de lire &lt;em&gt;American Black Box&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;la suite du &lt;em&gt;Théâtre des opérations,&lt;/em&gt; son journal dont le 3e tome est annoncé pour le début de 2007…&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/thumb_Dantec0002.JPG&quot; alt=&quot;medium_Dantec0002.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec le cyborg</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sat, 09 Sep 2006 12:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cyborg.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cyborg.jpg&quot; alt=&quot;medium_Cyborg.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (6)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Maurice G. Dantec est un visionnaire déjanté, doublé d’un conteur conjectural et d’un poète aux envolées parfois éblouissantes, comme le prouvent une fois de plus les pages centrales de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, après une assez morne plaine.&lt;br /&gt; Je parle de pages centrales (de 500 à 600) parce qu’on y retrouve une sorte de fusion de l’idée et de la forme qui, proche du délire, nous replonge au cœur de la vraie fiction, par delà le récit de guerre ou la dissertation philosophico-théologique, et qui constitue bel et bien la sphère centrale de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, née de l’autre sphère de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;De quoi s’agit-il plus précisément ? Ni plus ni moins que de la lutte contre la destruction de l’Humanité, au sens ontologique. De la lutte contre la mort spirituelle. De la lutte contre ce qui défait l’unicité de l’individu.&lt;br /&gt; Comme on l’a vu dans les 500 premières pages, Dantec brosse la fresque apocalyptique d’une fin du monde dont une entité mortifère, dite La Chose, qui plus qu'une entité est à vrai dire une composante de l’humanité elle-même, exerce ses ravages en vidant les hommes de leur substance « numérique ». Deux forces antagonistes entrent alors en lutte dans le Territoire, lieu-forteresse préservé où se situe le roman, regroupant d’un côté les ennemis de La Chose, et de l’autre un malfaiteur androgyne décidé à s’accaparer tout les pouvoirs en la chevauchant pour ainsi dire...&lt;br /&gt; Dans la prolongation directe de &lt;em&gt;Cosmos incoporated&lt;/em&gt;, trois héros (le jeune Link de Nova, guitariste « élu » gratifié du don artistico-spirituel à l’état pur, Youri le soldat-métaphysicien et Campbell l’ordinateur vivant) vont vivre une expérience décisive qui fera de Link un cyborg vivant, relance du Mystère de l’incarnation et produit souriant de la Pure Fiction, en quelque sorte…&lt;br /&gt; On s’embête encore un peu à la lecture de la cogitation&amp;nbsp;sur les mérites théologique de Duns Scot, que le cher Youri découvre avec émerveillement pour les relier aux théories de Cantor, rétablissant ainsi angéliquement le dialogue interrompu de la Théologie et de la Science, mais la suite redevient captivante et rigolote, si l’on peut dire, puisqu’il y est question de la chute de Rome (le dernier carré de la papauté, Pontife en tête, crucifié-pendu-écrabouillé par les hordes hérétiques de tout poil) et de l’abomination universelle que le jeune Link s’apprête à réparer avec sa chouette guitare.&lt;br /&gt; Que tout cela m’apprend-il réellement ? Je me le demande tout de même, alors que je ne me suis jamais posé la question en lisant &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; d’Orwell, &lt;em&gt;Nous autres&lt;/em&gt; de Zamiatine ou &lt;em&gt;L’Inassouvissement&lt;/em&gt; de Witkiewicz, ces contre-utopies qui ne cessent jamais de nous parler de notre monde et de notre sort.&lt;br /&gt; Or la paranoïa de Dantec est si ravageuse, et si lourdes ses béquilles idéologiques, que le génie du conteur et du peintre à la Bosch s’en ressent hélas. Ses personnages restent terriblement stéréotypés, l’écriture très inégale dans le détail, et le hiatus est énorme entre la substance théologique dense mais&amp;nbsp;&lt;em&gt;plaquée&lt;/em&gt; et cette dramaturgie de bande dessinée.&lt;br /&gt; Ce que j’aime beaucoup, pourtant, chez ce fou de Dantec, est qu’il va justement au bout de son délire, ou du moins qu'il y tend avec une énergie pantelante. Puisse seulement le poète phagocyter progressivement l’apôtre, et l’artiste-écrivain envoyer promener l’idéologue. Mais je rêve peut-être ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec se plante (?)</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/08/20/dantec-se-plante.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 20 Aug 2006 16:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/thumb_Dantec3.jpg&quot; alt=&quot;medium_Dantec3.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (5)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le décor est campé, on a compris de quelle nouvelle catastrophe était menacée l’humanité ou ce qu’il en reste en ce mitan de XXIe siècle, on a vu débarquer, du Vatican, un convoi de livres de philosophie religieuse censés participer au salut des « élus » de demain, on a assisté à quelques combats féroces visant à la défense desdits bouquins, on voit ensuite La Chose étendre son œuvre mortifère par une sorte de vampirisme numérique des individus, on voit tout ça, on a vu tout ça et tout ça se répète tandis que les Bons et les Méchants se portent mutuellement des coups de plus en plus durs. Les Méchants englobent les néo-islamistes en hordes et les proxénètes de Little Congo, l’une des cités-foutoir de ces régions apocalyptiques, et les Bons se regroupent autour des néo-chrétiens de la Heavy Metal Valley dont le sheriff Langlois est le vigile principal. On est donc dans une sorte de western d’anticipation sur fond d’idéologie philosophico-religieuse édifiante, qui n’a plus rien de l’étourdissante&amp;nbsp;magie narrative de &lt;em&gt;Cosmos incorpo&lt;/em&gt;rated, ni de ses étonnantes trouvailles conjecturales.&lt;br /&gt; Plus précisément, des pages 400 à 500 de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, qui en compte près de 800, Dantec tourne en rond, se répète, dilue et délaie les mêmes thèmes dans une dramaturgie stéréotypée de BD, n’en finit pas d’annoncer une catastrophe plus catastrophique que tout ce qu’on a vu, tâche de nous persuader qu’il faut beaucoup tuer pour que les théologiens qui lui semblent détenir la Vérité Véritable nous sauvent à la fin des fins, et nous relevons au passage diverses sentences admirables propres à nous régénérer. Par exemple : « La différence fondamentale entre la Vérité et la Beauté réside dans le fait que la première est un secret, tandis que la seconde est un mystère ». Ou cela qui n’est pas mal non plus, selon quoi « la Beauté est une arme de destruction massive »…&lt;br /&gt; Bref, Dantec n’est-il pas en train de se perdre dans le magma de lectures mal digérées, comme Philip K. Dick s’est égaré dans les délires pseudo-mystiques les plus fumeux ? C’est hélas mon impression aux deux tiers de la lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction,&lt;/em&gt; roman boursouflé, sans élan, où prolifèrent les phrases sans verbes et où ronflent les formules creuses comme autant de folles toupies…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec en guerre sainte</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/08/04/dantec-en-guerre-sainte.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Fri, 04 Aug 2006 01:15:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec5.2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec5.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Dantec5.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (4)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Les passionnés d’armes diverses, et autres amateurs de menées militaires bien tueuses, sur fond de sainte guerre, en auront leur content à la lecture, des pages 300 à 400 de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, où l’auteur tend pourtant à se répéter et plus encore : se complaire dans une évocation de néo-croisade à laquelle on a autant de peine à croire qu’à s’intéresser. La péripétie dominante de cette partie est l’arrivée, sur le Territoire dont la « Loi d’Airain » est invoquée à tout bout de page, d’un convoi de 10.000 livres envoyés par le Saint Père de Rome, lui-même menacé par de nouvelles attaques des néo-islamistes barbaresques, lesquels bouquins serviront au salut du dernier carré des Purs. Le sanctuaire chrétien de la Heavy Metal Valley, quadrillé par la police du sherif Langlois, est le cœur du Territoire, mais il est un lieu plus crucialement lié à la destinée de celui-ci, sous le dôme de l’Hôtel Laïka que se rappelle le lecteur de &lt;em&gt;Cosmos Incorporated&lt;/em&gt; et où revient le jeune Gabriel avec un sentiment lancinant de « déjà vu ». C’est là que gît le secret des secrets, qui inspire à Dantec une envolée pseudo-profonde comme on en trouvera hélas de plus en plus en ces pages délayées :&lt;br /&gt; « Tout secret est une tombe clandestine où la vérité gît, enterrée vivante, pour sa propre protection.&lt;br /&gt; Tout secret est une nécropole, remplie de tous ceux qui sont morts pour lui, ou contre lui.&lt;br /&gt; Tout secret est un traité passé avec la nuit la plus noire, scellée de la lumière la plus aveuglantes qui soit ».&lt;br /&gt; Words, words, words, est-on tenté de soupirer avant de tomber sur&amp;nbsp;cette phrase non moins solennelle et creuse : « Un piège est un différentiel cognitif »...&lt;br /&gt; Le côté stéréotypé et mécanique de la narration, qui ne gêne guère jusque-là&amp;nbsp;du fait qu’un tel roman est essentiellement intéressant par ses extrapolations et ses conjectures, et que le souffle ou le lyrisme des grandes évocations de Dantec fait également illusion, devient en revanche visible et pesant dès lors que le ton du livre tourne à la gravité sentencieuse, frisant&amp;nbsp;parfois le ridicule. Tout cela tient évidemment à la visée de plus en plus édifiante du Bon Combat qui se livre ici dans les rangs des « élus », contre les Forces du Mal. Si les épisodes liés au jeune rocker « christique » conservent un certain charme, les pédantes explications du Professeur abordant divers débats théologiques suréminents, touchant (notamment) au monopsychisme ou à l’individuation, paraissent décidément « téléphonées » et artificielles, surtout dispensées à des personnages aussi schématiques que les deux chasseurs de prime Youri et Chrysler, « convertis « de la dernière heure qui vont casser de l’infidèle à qui mieux mieux… On notera au passage, en pleine mêlée, que l’héroïque Frère Francisco « tire de longues rafales avec son fusil automatique Sug-Sauer SG551 dont la crosse de Kevlar est couvertes de reproductions de la Vierge et des anges. » Alleluia…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec prophète rock</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/07/29/dantec-prophete-rock.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 30 Jul 2006 06:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Apocalypse2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Apocalypse2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Apocalypse2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (3)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le salut de l’humanité viendra-t-il par un riff de guitare ou via le retour aux Saintes Ecritures ? C’est une des (nombreuses) questions qui se posent autour du vingtième chapitre de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, alors qu’une bibliothèque entière vient de débarquer sur le territoire protégé de Heavy Metal Valley en provenance du Vatican et que le jeune Gabriel Link de Nova, visiblement de la race des « élus », redécouvre la musique électrique de la deuxième moitié du XXe siècle, quintessence de la « poésie des machines » née de l’éclair d’Hiroshima et qui connut sa Légende Dorée, des atmosphères astrales de Pink Floyd au &lt;em&gt;Rock’n’roll Star&lt;/em&gt; d’Oasis, ou du fétichisme ultra-plastique du Velvet Underground à &lt;em&gt;Ultra Violet&lt;/em&gt; d’U2, ce pur bijou, etc.&lt;br /&gt; Tel est le paradoxe Dantec, qui revisite la tradition spirituelle judéo-chrétienne dont les livres lui arrivent comme l’arme de guerre fondamentale de sa Croisade, tout en exaltant une musique considérée comme basique, voire barbaresque par beaucoup, dans une fusion qui relève bel et bien, par sa vision et ses fulgurances plus à vrai dire que par l’élaboration de son style, de la poésie. Or curieusement, c’est en se démarquant de l’« air du temps » que le lecteur a la meilleure chance d’apprécier vraiment l’apport de Dantec, issu de la culture pop et rebondissant dans une narration « populaire » à caractère prophétique, à la littérature et à la réflexion contemporaines, au milieu d’un no man’s land où il s’est lui-même exilé, dont les mentors ou pairs occultes seraient un Léon Bloy ou un George Orwell, un Philip K.Dick, un Edmond Burke ou un Joseph de Maistre, entre autres références plus ou moins explicites.&lt;br /&gt; En ce qui concerne &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, force est de préciser que la lecture préalable de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, le roman dont il est la suite directe, est quasi obligatoire, sous peine de s’y perdre. Le diptyque décrit en effet un processus dont l’image des quatre Bêtes de l’Apocalypse, se dévorant l’une après l’autre, se concrétise par la vision apocalyptique du roman postulant, par la voix du professeur initié Zerkovsky, quatre avatars contemporains desdites bêtes, des horreurs du XXe siècle à la mort spirituelle de l’humanité. De la même façon, les quatre aspects de l’Antéchrist sont déclinés, de sa première opposition au Dieu Unique (de Marcion à Mahomet) à la dissolution de toute transcendance en notre époque postmoderne.&lt;br /&gt; Est-ce à dire que Maurice G. Dantec nous assène un roman « à thèse ». Oui et non, dans la mesure où ses idées s’incarnent, par le truchement de personnages (pourtant stéréotypés) et dans le paysage, la topologie, tous les mouvements du roman d’une incroyable plasticité – car Dantec est poète autant qu’il est idéologue et guerrier.&lt;br /&gt; Dantec n’est certes pas Dante, mais on peut le lire un peu comme Dante, sans prendre vraiment au sérieux le contenu et les fins de sa BD eschatologique. Dante est un formidable écrivain de BD, surtout dans &lt;em&gt;L’Enfer&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Le Purgatoire,&amp;nbsp;&lt;/em&gt;et nul n'est besoin de souscrire au Credo pour&amp;nbsp;apprécier ses épisodes.&amp;nbsp;Ensuite, ça se dilue un peu dans les cantiques et la surexposition lumineuse. Tintin laisse un meilleur souvenir que &lt;em&gt;Le Paradis&lt;/em&gt;. Mais Dante est aussi le fondateur d’une langue et une bibliothèque à lui tout seul. A côté de lui, l’autodidacte Dantec fait un peu province tribale de festival Open Air. Tout auteur «culte » qu’il soit, et se posant lui-même en « phare » de l’époque (son site en construction est une cathédrale à sa propre gloire qui vaut son pesant de pesos), Dantec n’a ni le savoir, ni le vécu, et plus du tout la société, l’histoire ni le background culturel du Florentin; il balbutie donc quant Dante psalmodie et versifie pilpoil. Dantec, de temps à autre, s’exerce à l’incantation narrative, mais ça fait barde besogneux. D’autres fois, il fait dans le morceau de bravoure « littéraire », comme lorsqu’il évoque la nouvelle végétation du Territoire, (p. 293-294), genre post-Salambô paysagiste, mais l’effort se sent là aussi, qui tourne à &lt;em&gt;Bouvard et Pécuchet&lt;/em&gt;…&lt;br /&gt; Un autre paradoxe, c’est que Dantec vise un lectorat qui ne le suivra que difficilement sur ses brisées érudites, mais risque de le croire pour le pire, qui se réduit à ses positions politiques et ses « visions » géo-stratégiques. C’est là aussi que ses ennemis le prendront en défaut, mais il l’a cherché. Combattant le Djihad, il est lui-même djihadiste à sa façon de converti, et Dieu sait si cela ne marquera pas la ruine de sa poésie sauvage ? Je veux croire pour ma part que son évolution ne s’en tiendra pas à un ralliement militaire aux divisions vaticanes de Josef Ratzinger, alias Benoît XVI. Ce serait dommage.&amp;nbsp;Pour le moment&amp;nbsp;je&amp;nbsp;reste&amp;nbsp;assez perplexe,&amp;nbsp;trouvant plus de lumière évangélique dans un paragraphe du panthéiste &lt;em&gt;Oblomov&lt;/em&gt; ou dans une nouvelle de l’athée Tchekhov que dans &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; jusqu’à sa page 300, mais j'espère&amp;nbsp;que la suite me démentira...&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Albrecht Dürer. &lt;em&gt;Les quatre cavaliers de l'Apocalypse.&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le temps de lire</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/07/28/le-temps-de-lire.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Fri, 28 Jul 2006 04:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Lecteur1.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Lecteur1.2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Lecteur1.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_Lecteur1.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Ou comment le trouver…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; de Maurice G. Dantec est-elle du temps perdu, et lire 800 pages pose-t-il un problème de temps ? La question revient à mes yeux à se demander quand on aura le temps de se poser des questions, justement, quand le temps de jouer à la marelle, quand le temps de s’attarder sous un ciel d’été ?&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; de Maurice G. Dantec est un ciel d’été l’hiver et constellé de questions. C’est une prodigieuse conjecture, qui fait réfléchir à la limite de toute conjecture. C’est un roman parascientifique et parareligieux, mais ce n’est pas du tout cela qui m’y scotche. Ce qui m’y accroche page après page est son étrange beauté et son étrange, ingénue&amp;nbsp;bonté. J’en suis à la page 301, je vais faire l’effort de recopier toutes mes notes (ça ça prend un bordel de temps), je vais essayer d’expliquer (de m’expliquer) de quoi il retourne exactement, et j’écouterai Neil Young pendant ce temps, que Dantec dit de « colérique mélancolie ». Il y a d’ailleurs, dans ce nouveau livre, de magnifiques pages sur le rock, qui laissent loin derrière les chapitres de Bret Easton Ellis au même propos. Dantec, en effet, est capable avec la même ingénuité de parler des quatre Aspects de la Bête, selon la tradition ésotérique, et du salut par le rock, via son jeune « élu » de bande dessinée métaphysique.&lt;br /&gt; Après Philip K. Dick, avec une plus grande poésie de la vision, Maurice G. Dantec m’apparaît comme l’un des plus extraordinaires conteurs conjecturaux d’aujourd’hui. J’ai beau me répéter que cette vision providentialiste, ces histoires de secret et d’élus, de complot et de néo-croisade ne sont pas du tout ma coupe de tchaï : pas moyen de décrocher, et voilà que l’insomnie m’y ramène. Ainsi la question du temps de lire est-elle réglée dans la foulée : une bonne insomnie caniculaire et tu te fais cent pages de plus, entre deux chapitre de la &lt;em&gt;Recherche du temps perdu&lt;/em&gt;&amp;nbsp;que tu lis et relis aux chiottes depuis 7 ans…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec le drone</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/07/26/dantec-le-drone.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Wed, 26 Jul 2006 06:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Apocalypse.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Apocalypse.jpg&quot; alt=&quot;medium_Apocalypse.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (2)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Comme à la lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, j’ai parfois été tenté de laisser tomber celle de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, dont les 200 premières pages (il y en a près de 800…) s’attachent très longuement, non moins que somptueusement, à la topologie du &lt;em&gt;finis terrae&lt;/em&gt; où se déroule le livre, en ces lieux dévastés du territoire Mohawk, direction générale l’Ontario, qui a focalisé les dernières espérances de l’humanité survivante après le Grand Djihad, la deuxième Guerre de Sécession américaine et de multiples autres conflits dévastateurs préludant à l’Apocalypse. Lieu de passage obligé vers l’au-delà utopique de l’Anneau orbital, du fait de l’existence du cosmodrome trustant les partances, la région chaotiquement urbanisée de Grande Jonction et environs (Heavy Metal Valley, Junkville, etc.) est devenue le dépotoir de toute une humanité déglinguée sur laquelle le shérif Wilbur Langlois s’acharne à maintenir un semblant de Loi. Le lecteur de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; se rappelle l’organisation de l’UniMondeHumain et la conception de la Métastructure censée préserver son développement global, à la pointe du savoir scientifique autant que du secret spirituel. Or il apprend à la fois, au début de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;, que la Métastructure s’est déstructurée et qu’une maladie des machines a ruiné la brillante technologie cybernétique de l’époque. Plus même aujourd’hui : un mal mystérieux, dit « la chose » faute de meilleure connaissance, s’attaque au dernier élément constitutif de notre bonne vieille « nature humaine », savoir le langage, pour détruire ce qui reste de l’homme-humain (ce sont les Chinois qui distinguent l’homme&amp;nbsp;et l’homme-humain). Autre fait essentiel : qu’à la mort de la Métastructure a coïncidé la naissance d’un enfant promis à une destinée d’exception, prénommé Gabriel et adopté par un couple non moins hors norme, formé d’un ex-putain et d’un Balkanique docteur ès théologie. Et voici qu’après les présentations générales advient, après quelques morts suspectes, la rencontre d’un certain Professeur débarqué clandestinement du Texas, qui n’est autre que le nobélisable Paul Zarkovsky, spécialiste mondial des nombres transfinis et qui a joué un rôle décisif dans l’élaboration de la Métastructure, s’aidant notamment de la pensée paléochrétienne des saints Pères. &lt;em&gt;Un vero pasticcio !&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;Mais où Dantec va-t-il nous conduire, se demande évidemment le lecteur candide. D’aucuns ont déjà conclu, le plus souvent sans lire vraiment ses derniers livres (les interventions de l’auteur sur les médias leur tiennent lieu de science), à la dérive fascisante du romancier. Pour ma part, je parlerai plutôt d’évolution fascinante, au sens où le monstre fascine, à la fois répulsif et captant l’attention. C’est aussi que Dantec est un conteur éprouvé, qui vous prend par la gueule et ne vous lâche pas. Et puis il dit deux ou trois choses, Dantec, qui me passionnent.&lt;br /&gt; A ceux qui en ignorent tout et voudraient en avoir un début d’idée, je répondrai que &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; tiennent à la fois de la BD et du thriller métaphysique, de la saga d’anticipation sur fond de catastrophisme spirituel. A la BD, ou au roman-cinéma populaire dans ses grandes largeurs, Dantec emprunte leurs stéréotypes et leur grosses métaphores, d’une efficacité narrative immédiate. Mais il y a bien plus, et c’est le mélange du naïf et du profond, du bazar post-punk-technoïde ferré en matière d’armes et d’arts martiaux, et de la réflexion politico-religieuse, qui produit ce très étrange et très détonant mélange.&lt;br /&gt; Fumisterie fumeuse, estimera probablement le grave théologien se penchant sur ces romans « eschatologiques » truffés de références. C’est que les pros de la théologie n’aiment pas qu’on lise Nicolas de Cues, Duns Scot ou les écrits apocryphes sans demander la permission. Le lecteur de &lt;em&gt;Théâtre des opérations&lt;/em&gt;, le&amp;nbsp;journal de Dantec sait la folie atypique de cette espèce de croisé néo-catholique à tête chercheuse de drone spirituel , et la réflexion sur la destruction du langage, dans le monde présent et à venir, est après tout une affaire d’écrivain. Jugé d’avance ? Lisons plutôt…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Dantec au décollage</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Mon, 24 Jul 2006 07:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec0001.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Dantec0001.JPG&quot; alt=&quot;medium_Dantec0001.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt; (1)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Alors qu’était annoncé le troisième volume du &lt;em&gt;Théâtre des opérations&lt;/em&gt;, journal de Maurice G. Dantec, c’est un nouveau monstre romanesque de 774 pages qui nous arrive ces jours, constituant la suite explicite de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, sous le titre de &lt;em&gt;Grande Jonction&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; Les 100 premières pages en sont d’une beauté astringente dans le genre &lt;em&gt;destroy&lt;/em&gt;, qui s’ouvrent sur une note rock avec l’apparition de l’espèce d’ange que représente l’un des derniers humains à survivre, jeune guitariste jouant &lt;em&gt;The Jean Genie&lt;/em&gt; de David Bowie par manière de première envolée et dont on apprend aussitôt qu’il est doté de la Main qui Guérit. Du coup on pressent la destinée d’exception de ce jeune garçon « vieux d’au moins deux millénaires » (suivez le regard du scribe-apôtre), annonciatrice de probables miracles alors que, douze ans après l’autodestruction de la Métastructure, et le début de la chute de l’UniMonde Humain, contaminé par lui-même sous la forme d’une maladie des machines évidemment redoutable pour les humains bourrés d’implants, tout semble voué au Mal. Dans la foulée, il faut rappeler l’exergue de la première partie du roman, &lt;em&gt;Après la machine la Chute de l'Empire Humain,&lt;/em&gt; empruntée au penseur ultramontain Joseph de Maistre : « Le Mal n’a rien de commun avec l’existence, il ne peut créer, puisque sa force est purement négative : le Mal est le schisme de l’être ; il n’est pas vrai ».&lt;br /&gt; Or c’est un mal définitif, pour l’espèce, qui se prépare à Junkville et environs où nous nous retrouvons, avec la machinisation terminale du langage qui va détruire le reste d’humanité des survivants en les transformant en modems crachotant des formules binaires…&lt;br /&gt; Le roman commence, après la présentation de l’enfant-homme Gabriel Link de Nova, par une première approche des funestes événements à venir sous les points de vue variés de deux personnages immunisés, liés au jeune « élu », à savoir Youri McCoy, « prédateur d’instinct » dans la vingtaine efficace, et Chrysler Campbell son compère quadra, engagé dans les même combat contre « la chose ». A ceux-là s’ajoute encore Pluto Saint-Clair, autre trafiquant « positif » qui a cela de bien particulier qu’il s’occupe de livres…&lt;br /&gt; Ce début assez statique, très « pictural », qui vise à rappeler ce qu’est devenu le monde de Grande Jonction et de toutes la région constituant naguère le lieu d’embarquement pour la terre promise de l’Anneau orbital à partir de l’ultime cosmodrome en fonction ( actuellement désaffecté), est marqué par la scène de la mort « absolue » d’un quidam anéanti par « la chose ».&lt;br /&gt; Réellement saisissante : la vision du « corps » qui se vide « à vue » de tous les codes qui font de lui une machine pensante et un « esprit », voire une « âme », une « personne » à nulle autre pareille, n’est-ce pas…&lt;br /&gt; Bref, ce qu'il reste du&amp;nbsp;Vatican est déjà impliqué dans l’action, et la grande machine du conteur déjanté super-réac ronfle puissamment dans l’air salement pourri. Autant dire que ça promet…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A paraître le 24 août chez Albin Michel&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Un visionnaire apocalyptique</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/10/03/un-visionnaire-apocalyptique.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Mon, 03 Oct 2005 16:50:00 +0200</pubDate>
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 &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; de Maurice G. Dantec déploie une sombre fresque mêlant conjectures scientifiques et féerie poético-mystique&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; C’est un voyage e&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_dantec0001.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;xtraordinaire, à la fois au sens où l’entendait Jules Verne, et pour la nouveauté des espaces imaginaires qu’il ouvre dans la tête du lecteur, que nous propose le dernier roman de l’écrivain français en exil (lire encadré) Maurice G. Dantec, brassant un savoir impressionnant dans un thriller d’anticipation qui joue à la fois sur les ressorts « naïfs » du genre, la vision géopolitique catastrophiste d’un futur proche (vers 2050) et une extravagante histoire de démons et d’anges « quantiques » puisant aux deux sources de la conjecture scientifique et du symbolisme mystique. Le cocktail molotov des références du romancier, imbibé de rock anglais des années 80, de contre-utopie littéraire (du côté de William Burroughs et Philip K. Dick) et citant saint Augustin, Nicolas de Cues ou Giordano Bruno, pourrait alimenter le pire kitsch &lt;em&gt;post-punk&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;cyber-new age&lt;/em&gt;, et pourtant il n’en est rien. Ce roman saisit en effet par le sentiment du tragique qui l’inspire, sa révolte fondamentale contre le suicide spirituel de l’humanité, et la poésie, la beauté novatrice de sa forme.&lt;br /&gt; On entre dans &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; comme en un cauchemar éveillé. D’emblée on ressent la même oppression que dans &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt;, à cela près que Big Brother contrôle ici la totalité de l’individu, scanné jusqu’à son ADN et manipulé du dedans par nano-contrôle. Le début du roman mime une Genèse dont l’Adam se nomme Plotkine, né en 2001 en Sibérie et en principe âgé de 56 ans mais rajeuni par deux cures transgéniques. Tout cela qu’il apprend en même temps que le lecteur : à savoir qu’il est mercenaire d’un certain Ordre, chargé de liquider le maire de la ville-champignon de Grande Jonction, en territoire mohawk, surgie après la destruction des principales métropoles américaines, au terme des « années noires » (500 millions de morts) marquées par le Grand Djihad, la Deuxième guerre de sécession américaine et l’instauration d’une paix provisoire à l’enseigne du consortium mafieux de l’UniMonde Humain (UMHU)&lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Grande Jonction, où se passe le roman, est à la fois un Vegas post-atomique bordélisé (« partout, sexe, drogue, musique, pognon, partout baise-moi, shoote-moi, bouge-moi, achète-moi ») et le tremplin vers une île possible du cosmos d’où s’envolent à tout moment d’étincelantes fusées. Un premier saut « quantique » est franchi par la narration lorsque, descendu à l’Hôtel Laïka pour y préparer sa mission, Plotkine y rencontre Vivian Mc Nellis, jeune fille tombée du ciel avec son frère Jordan, comme une paire d’anges. Mais Vivian n’est pas qu’un ange : elle est la mère virtuelle de Plotkine, puisque c’est elle qui écrit son histoire, qu’elle va l’enjoindre de vivre lui-même au titre d’homme libre - la fiction devenant réalité. Tueur de l’ancien monde, Plotkine assumera de fait, par la grâce de Vivian, le rôle sacrificiel du croisé chargé de « baiser la Métastructure », monstrueux système d’aliénation mondialisée, avant de se faire exécuter pour trahison de l’Ordre.&lt;br /&gt; Sous le titre de &lt;em&gt;Process&lt;/em&gt;, la troisième partie du roman introduit le personnage de l’Homme-Machine (un enfant doté de tous les sexes et de 99 noms virtuels, le 100e relevant du Secret), dont Plotkine va court-circuiter le programme mortifère. Quant à la fin de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, aboutissant à la fois à la fin du monde « réel » et à un mystique retournement («l’Amour tue la Mort, l’Amour est capable de vous rendre insensible, non à lui-même mais à son antimonde (…) seul l’Amour est réel…», elle consomme la réussite de ce livre inspiré, aux personnages spectraux mais aussi attachants que les héros de notre candide jeunesse. Jamais, depuis les polars « théologiques » d’un G.K. Chesterton, un auteur n’avait combiné ainsi la narration la plus « populaire » et une si profonde réflexion.&lt;br /&gt; Sa dernière partie, malgré sa vision catastrophiste, est d’une poignante humanité, notamment lorsque Dantec parle de « la beauté intrinsèque que ne parvenaient pas à souiller les abominations de l’homme » ou, tout à la fin, quand il évoque une dernière voix sur Terre, « celle qui fait de chacun d’entre nous autre chose qu’une routine dans le programme, autre chose qu’une boîte dans un ensemble infini de boîtes, autre chose qu’une machine dans la mégamachine»…&lt;br /&gt; Or cette voix, censée se taire au terme apocalyptique de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, est celle-là même du romancier, dont la parole nous semble à la fois « inouïe » et vivifiante.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Maurice G. Dantec. &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;. Albin Michel, 568p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le croisé sans église&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Depuis son exil au Canada, en décembre 1998, la publication des deux volumes du &lt;i&gt;Théâtre des opérations&lt;/i&gt;, son monumental journal «&amp;nbsp;métaphysique et polémique&amp;nbsp;», et diverses interventions médiatiques où il s’est (notamment) posé en défenseur de l’Occident favorable à l’intervention américaine en Irak, très virulent à l’encontre de l’intelligentsia «&amp;nbsp;humanitaire&amp;nbsp;»,&amp;nbsp; Maurice G. Dantec est devenu la cible de non moins violentes attaques, incriminant son «&amp;nbsp;islamophobie&amp;nbsp;», voire son «&amp;nbsp;fascisme&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; Or s’il est vrai que sa vision géopolitique, assimilant le terrorisme islamiste à un déferlement apocalyptique de masse, peut faire conclure à un délire «&amp;nbsp;islamophobe&amp;nbsp;» comparable à celui de Céline prophétisant l’arrivée des Chinois à Meudon, la composante «&amp;nbsp;fasciste&amp;nbsp;» est inexistante chez lui, comme le prouvent les innombrables développements de son journal, absolument antinazis. Son «&amp;nbsp;sionisme&amp;nbsp;» récemment déclaré en fait-il alors un «&amp;nbsp;fasciste&amp;nbsp;» pro-israélien&amp;nbsp;? On en jugera à la lecture du troisième tome du &lt;i&gt;Théâtre des opérations…&lt;/i&gt;&lt;br /&gt; Ce qui est sûr, c’est que Dantec, nourri de Joseph de Maistre et de Léon Bloy, est idéologiquement un réactionnaire du feu de Dieu… mais&amp;nbsp; mille autres choses encore&amp;nbsp;: un artiste, un romancier, donc un &lt;em&gt;medium&lt;/em&gt;, un sismographe, un chaos vivant, aussi fulminant et contradictoire qu’un Bernanos, un croisé sans église à genoux dans les décombres…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ces deux articles&amp;nbsp;ont paru&amp;nbsp;dans le quotidien &lt;em&gt;24 Heures&lt;/em&gt;, en date du 4 octobre. Le lecteur de ce blog&amp;nbsp;qui a eu la patience de lire les notes de lecture qui précèdent appréciera (ou pas) le travail de laminage que représente&amp;nbsp;un tel résumé de résumé, visant un&amp;nbsp;journal à&amp;nbsp;large diffusion...&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;La photo, signée Richard Dumas, a été piquée par l'auteur de ces lignes dans le &lt;em&gt;Magazine littéraire&lt;/em&gt;, qui consacre deux belles pages à Dantec dans sa dernière livraison.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; 
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<title>Maurice G. Dantec, poète tragique</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/10/02/maurice-g-dantec-poete-tragique.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 02 Oct 2005 19:20:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_dantec3.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;De &lt;em&gt;Cosmos Incorporated&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;Théâtre des opérations&lt;/em&gt; &amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;A La Désirade, ce dimanche 2 octobre&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt; . – Jamais je n’aurais imaginé, avant de lire &lt;em&gt;Cosmos incoporated&lt;/em&gt; de Maurice G. Dantec, le choc profond et sans précédent, depuis ma découverte à vingt-cinq ans de l’œuvre de S.I. Witkiewicz, qu’a représenté pour moi cet extraordinaire voyage intérieur, que je prolonge depuis quelques jours par la relecture intégrale de cette œuvre à côté de laquelle j’ai passé à peu près complètement jusque-là. J’avais certes vu qu’il y avait quelque chose dans &lt;em&gt;Les racines du mal&lt;/em&gt;, sans dépasser la cinquantième page, ensuite de quoi &lt;em&gt;Babylon Babies&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Villa vortex&lt;/em&gt; m’avaient attiré-repoussé sans plus de succès, alors que &lt;em&gt;Le théâtre des opérations&lt;/em&gt; me semblait essentiellement mégalomane, sans que je n’y regarde d’assez près, sans doute dérangé par les apparitions médiatique du personnage, les polémiques qu’il a suscitées ou, plus récemment, ses prises de position pro-américaines lors de la guerre en Irak&amp;nbsp;et ses déclarations dans un journal israélien, où il se présentait en &quot;guerrier chrétien-sioniste&quot;, me paraissant d'une pose extravagante et peu crédible... disons à la Marc-Edouard Nabe.&lt;br /&gt; Or, reprenant plus sérieusement la lecture du &lt;em&gt;Théâtre des opérations&lt;/em&gt;, après celle de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; , je découvre un tout autre homme, que je dirais essentiellement tragique et candide, qui cherche avec acharnement une base solide sur laquelle fonder son œuvre,&amp;nbsp;où il&amp;nbsp;se sent appelé à « tout dire », exactement comme le fut mon cher Witkiewicz, et qui travaille inlassablement à concilier ses intuitions majeures et les contradictions de son intelligence et de sa sensibilité hyper-poreuse, de sa culture de rejeton d’un monde déstructuré et de ses aspirations plus profondes, telles exactement que je les ai vécues, comme d’innombrables jeunes Occidentaux, depuis ma propre adolescence imbibée de rock et de contre-culture autant que de grandes lectures à rebrousse-temps.&lt;br /&gt; Et voici ce que je lis à l’instant en écoutant sonner les cuivres du 2e Concerto brandebourgeois&amp;nbsp;qui nous suggère si fort que l’être humain est plus qu’un tas de viande avariée : «Toute ma vie, et je crois toute ma jeunesse surtout, c'est-à-dire jusqu’il y a peu, fut marquée par cette terrible contradiction : je vécus partagé entre l’attirance pour les « matrices » fusionnelles positivistes et révolutionnaires, et la nostalgie d’un ordre inconnu et originel, oublié depuis longtemps, et dont seules d’infimes traces nous parviendraient encore, comme par miracle, dans quelques vieux textes, d’ultimes traditions en voie d’extinction »…&lt;br /&gt; Au moment où il a découvert &lt;em&gt;Les Particules élémentaires&lt;/em&gt;, comme il le raconte dans le même livre, Dantec a éprouvé un ébranlement profond, qui l’a paralysé pendant plusieurs jours. Sans partager du tout les positions philosophiques de Michel Houellebecq, il reconnaît la bonne foi et l'originalité de son pair avec une générosité qui l’honore. Or tous deux font également horreur à toute une smala de gens de lettres, en France d’aujourd’hui, et je me l’explique ainsi : c’est que tous deux ont mal à leur époque et le disent sans précautions, tous deux, avec des moyens très différents, ont conservé cette révolte et ce sens du sacré et du tragique qui ne suscite plus , chez tant de nos contemporains, que sarcasme - tous deux étant, sous le couvert de leur épouvantable pessimisme, en quête d’une île possible qui ne soit pas le fadasse « coin de ciel bleu » de la positivité béato-nihiliste…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Que la mort n'existe pas</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/30/que-la-mort-n-existe-pas.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Fri, 30 Sep 2005 20:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (7)&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_christ.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J’étais en train de lire la fin de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; en écoutant le &lt;em&gt;Te Deum&lt;/em&gt; d’Arvo Pärt lorsque je suis tombé sur ces mots : « Vous savez bien que la mort n’existe pas ». Le contexte du chapitre dans lequel ces mots sont prononcés, autant que le fait que ces mots constituent le titre exact (&lt;em&gt;Que la mort n’existe pas&lt;/em&gt;) de la dernière partie de mon propre dernier livre paru, &lt;em&gt;Les passions partagées&lt;/em&gt;, où j’évoque les derniers jours et l’agonie de ma mère - tout cela m’a plongé dans un mélange de profonde mélancolie et de joie paradoxale, lesquelles&amp;nbsp;&amp;nbsp;imprègnent aussi bien les cinquante dernières pages de ce livre complètement renversant, où je lisais encore une page plus loin «l’Amour tue la Mort, l’Amour est capable de vous rendre insensible, non à lui-même mais à son antimonde, à ce qui n’est pas réel, et qui pourtant modèle la réalité du monde. Seul l’Amour est réel… »&lt;br /&gt; Et de fait, malgré les multiples « prodiges » que ploie et déploie la narration follement complexe et non moins cohérente du roman de Maurice G. Dantec, qu’on pourrait dire une fiction nourrie de conjectures scientifiques plus encore que de la science fiction, c’est bel et bien de &lt;em&gt;réalité&lt;/em&gt; qu’il s’agit là, en tout cas c’est ainsi que je le perçois, à la fois physiquement et métaphysiquement, comme je ne l'ai perçu&amp;nbsp;chez aucun autre écrivain à ce point d’incandescence et de vertige depuis Witkiewcicz, génial visonnaire&amp;nbsp;polonais des années 20 dont la conception&amp;nbsp;de l'humanité future aliénée et massifiée restait essentiellement mécaniste dans son catastrophisme, sans rien de la composante&amp;nbsp;poétique, religieuse et mystique des projections imaginaires de Dantec.&lt;br /&gt; J’avais pensé naguère, en lisant les déclarations de celui-ci&amp;nbsp;dans les journaux, que sa position spirituelle affichée de &quot;chrétien sioniste&quot; relevait de l’idéologie d’emprunt ou du plaquage de pacotille, mais il n’en est rien : c’est visiblement un vrai&amp;nbsp;converti, sous ses dehors d'allumé&amp;nbsp;sauvage, qui emprunte autant au réalisme pur et dur de Thomas d’Aquin qu’aux positions de rupture&amp;nbsp;d'un Giordano Bruno et à toutes sortes de visionnaires mystiques de l’Ancien Testament&amp;nbsp;ou des premiers siècles et du Moyen Âge, via l’Apocalypse, pour fonder une approche trinitaire de la réalité, proche aussi de celle d'un Chesterton.&amp;nbsp;Là-dessus, comme la lecture du monde de Dantec est&amp;nbsp;très nourrie aussi de culture scientifique et littéraire, de spéculations sociales ou géopolitiques (les plus discutables à mes yeux), sans parler de ses multiples références de fan de rock, cet&amp;nbsp;extravagant cocktail peut faire apparaître&amp;nbsp;son discours &quot;théologique&quot; comme du pipeau folky.&lt;br /&gt; Or il n’en est rien: ce livre se tient sans donner dans le catéchisme tocard, comme sur un système de toupies vrombissantes, ou comme une féerie de sphères de sens et de &quot;sons&quot;, tant au niveau de sa narration « triviale » qu’à celui de ses multiples résonances morales, poétiques ou téléologiques. Sa dernière partie, malgré sa vision catastrophiste que ma nature débonnaire refuse absolument d’admettre, est même&amp;nbsp;poignante d’humanité, et notamment quand il évoque la naissance de l'enfant orphelin voué au&amp;nbsp;désastreux à-venir, décrit la mort &quot;réelle&quot; du cher Plotkine, parle de « la beauté intrinsèque que ne parvenaient pas à souiller les abominations de l’homme » ou, tout à la fin, à propos du « texte » qu’il reste virtuellement&amp;nbsp;au dernier écrivain vivant d'écrire&amp;nbsp;« dans la clameur atroce des tueries et le vacarme tonitruant des foules livrées à elles-mêmes », quand il évoque&amp;nbsp;cette ultime&amp;nbsp;voix sur Terre «qui fait de chacun d’entre nous autre chose qu’une routine dans le programme, autre chose qu’une boîte dans un ensemble infini de boîtes, autre chose qu’une machine dans la mégamachine&quot;, avant&amp;nbsp;de conclure&amp;nbsp;que &quot;cette voix, c’est tout ce que l’humanité n’ose pas se dire, tout ce dont l’humain ne veut pas entendre parler, c’est-à-dire lui-même et ses atroces défaillances», cette voix qui est de l’Origine et « qui permet au monde de se faire », cette voix censée se taire à la fin de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; et dont la modulation du livre&amp;nbsp;fait espérer, sinon prouve précisément le contraire…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>L’Enfant-Machine ou l’Ennemi</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/29/l’enfant-machine-ou-l’ennemi.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Thu, 29 Sep 2005 02:50:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_foetus.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (6)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Il est assez rare, par les temps qui courent, de se trouver en présence d’un génie créateur en activité (comme on le dirait d'un volcan), mais c’est exactement l’impression que me fait, en crescendo, la lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, dont la réflexion qu’il développe sur l’à-venir de l’humanité, sur le Mal qui la menace d’anéantissement et sur le mystère de l’Être, me paraît sans équivalent dans le roman contemporain. Ce livre peut donner l’impression d’un fumeux échafaudage de conjectures techno-scientifiques et de spéculations mystico-philosophiques, voire d’indigeste brouet mêlant rogatons de contre-culture (de Burroughs aux Stooges), visions catastrophistes et relents de théologie patristique, dans le genre bric-à-brac &lt;em&gt;new age&lt;/em&gt;, mais une lecture sérieuse révèle, je crois, un livre sérieux. Sans même parler de l’&lt;em&gt;artefact&lt;/em&gt;,&amp;nbsp;signalant une incroyable maestria dans la combinatoire narrative, c’est un livre qui danse en même temps qu’il pense, illustrant de manière presque ingénue (c’est le fait du genre investi, avec tout le décorum propre à la SF de haute volée, genre Frank Herbert ou Philip K. Dick) une réflexion aux fondements sûrs et des intuitions de véritable poète, au sens d'une&amp;nbsp;poétique cristallisant tous les savoirs, au cap extrême de l’Aporie.&lt;br /&gt; Sous le titre de &lt;em&gt;Process&lt;/em&gt;, la troisième partie de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; introduit le personnage de l’Homme-Machine, planqué dans le dôme sommital de l’Hôtel Laïka,&amp;nbsp;dans la forme&amp;nbsp;d’un spectre d’enfant doté de tous les sexes et de 99 noms virtuels, le 100e étant à deviner par le lecteur féru en démonologie… On peut y voir en effet l’incarnation du Non-être (celui qui disperse) qui n’a plus de sexualité, juste bon à l’assouvissement virtuel par &quot;actes absurdes&quot; de son gardien pédophile, ni de nom personnel, l’Enfant-Machine étant la métaphore de l'Innommé ou de ce que Maurice Blanchot appelait « l’indestructible infiniment détruit ».&lt;br /&gt; Un chroniqueur distrait des &lt;em&gt;Inrockuptibles&lt;/em&gt; a cru voir dans ce livre un illisible salmigondis: le contraire serait étonnant, s’agissant d’un roman qui jongle avec les dernières théories de la physique quantique et les intègre (comme le saut à la supercorde...) dans sa narration avec autant d’humour qu’il recycle à sa façon la théologie apophatique de Nicolas de Cues ou la controverse&amp;nbsp;opposant Thomas d’Aquin et Averroès…&lt;br /&gt; Or ce qui est éberluant là-dedans, c’est que la vision globale du livre est d’une cohérence&amp;nbsp;parfaite, mais&amp;nbsp;que je dirais essentiellement poétique,&amp;nbsp;&amp;nbsp;où la réflexion continue&amp;nbsp;sur l’aliénation de l’homme à la Métastructure-Machine se vit comme dans un roman de chevalerie christo-futuriste, avec les Gentils qu’on aime et les Méchants dont on espère la défaite – ce qui s’appellera bientôt « baiser la Métastructure ». Jamais, depuis G.K. Chesterton, ou peut-être C.S. Lewis aussi, un auteur n’avait combiné ainsi la narration la plus « populaire » et la méditation la plus pure sous ses airs déjantés. J’en suis baba : je me pince. Mais non : je ne rêve pas : c’est écrit et c’est beau, cela pulse, c'est plein de savoir et de saveur, cela vit. Je me réjouis, demain, de finir ce livre ouvert sur&amp;nbsp; l'infini...&amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Le rock des anges-quarks</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/27/le-rock-des-anges-quarks.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Tue, 27 Sep 2005 11:35:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_kraftwerk.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (5)&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je&amp;nbsp;vais de surprise en surprise à la lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, et d’autant plus que je n’avais jamais vraiment&amp;nbsp;mordu jusque-là à Dantec, qui me semblait trop touffu dans ses romans, trop mégalo dans son journal, vraiment trop tout. Mais j’ai dû mal lire : j’ai dû trop voir les défauts de sa prose à la masse, sans voir vraiment le projet de chaque livre et la vision de l’olibrius, que je classais dans la catégorie des timbrés éventuellement intéressants à la Philip K. Dick, parano à outrance et abusant peut-être de substances nocives...&lt;br /&gt; Or &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; correspond à ce que j’attends d’une nouvelle forme de narration, à la fois entée sur le Grand Récit des littératures et de la science dont parle Michel Serres, poreux au présent et pariant pour une possible écriture à venir, qui passe ici par la (ré)incarnation d’un personnage de notre monde déchu (genre tueur russe de téléfilm) en figure de héros vivant une « nouvelle enfance ».&lt;br /&gt; Il y a du génie visionnaire à la Tarkovski (salut la Zone…) et à la Burroughs dans l’exploration de la ville contaminée de Neon Park, à la fois dépotoir électrifié en surface et souterrain dostoïevskien, où Slotkine passe avant de repérer, au bord d’une rivière, une vieille voyante orphique fumeuse de pipe et le chien Balthazar qui « agit comme un chien » mais « parle comme un homme, au moment où les hommes se conduisent comme des porcs et parlent comme des machines ».&lt;br /&gt; Ce livre me rappelle une injonction qui me tient lieu de vieille conviction de postadolescence, résumée par le titre d’un roman de Miroslav Karleja lu dans ma vingtaine et intitulé &lt;em&gt;Je ne joue plus&lt;/em&gt;. C’est cela qui arrive à Plotkine, à la fois à son corps défendant (il est choisi, désigné, inventé par Vivian) et ensuite de son libre choix assumé. Il sait maintenant qu’il doit trahir ce qu’il a été, « dépouiller le vieil homme » comme disait l’autre, reconnaissant la nécessité absolue de « la trahison de tout ce qui &lt;em&gt;désintègre&lt;/em&gt; en permanence la liberté dans l’espace grand ouvert de la Métrastructure de Contrôle et de l’ensemble de ses rhizomes, mafieux, flicards, humanitaires, culturels, techniques ». Quand on se sent pris dans ce filet on sort son poignard et ensuite seulement on peut écrire…&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Lorsque&amp;nbsp;Dantec écrit qu’ « amour et trahison du monde allaient de pair » et qu’il repère un « temps discret » courant de L’Aquinate et Leibniz à l’espace-temps d’un nouveau récit « en douce », tout cela censé marquer une « réunification poétique de l’être » en suivant humoristiquement la souple démarche d’un chien, je balance un clin d’œil à mon compère Fellow et je souris aux anges rockers psalmodiant leur cantique des corps quantiques&amp;nbsp;…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La fille de feu tombée du ciel</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/25/le-coup-du-golem.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sun, 25 Sep 2005 21:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_eva.3.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Lecture de &lt;i&gt;Cosmos incorporated&lt;/i&gt; (4)&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;J’étais sur le point de laisser tomber. Dantec me semblait en train de se planter. A la page 264 de &lt;i&gt;Cosmos incorporated&lt;/i&gt; j’ai buté sur cette phrase&amp;nbsp;: «L’extension maximale du surpli dévoilé au «&amp;nbsp;monde&amp;nbsp;», l’expansion soudainement formatée de sa «&amp;nbsp;conscience&amp;nbsp;» au sein d’une matrice de signifiants ne surcodant plus qu’eux-mêmes, provoquaient en réaction une condensation infinie du point de rupture, c’est-à-dire le moment où tout dans son corps-esprit devenait point de rupture, le moment où le Néant-Être qu’elle était devenue faisait place à l’invasion globale du Monde, et de la souffrance – physique, psychique, absolue – qui lui est corrélative&amp;nbsp;».&lt;br /&gt; Allais-je donc avaler cette sorte de galimatias&amp;nbsp;? Avant que je ne me décide à renvoyer Dantec à ses fumeuses cogitations, celles-ci se dissipaient soudain par un retournement du récit où tout, de la première partie du roman, allait prendre un sens nouveau, tandis que le voile se levait sur la genèse même et le projet du livre. Tout à coup on comprenait d’où venait le protagoniste, qui le guidait et à quoi rimait sa mission… On a dit que Faulkner consommait l’irruption de la tragédie grecque dans le roman noir. De la même façon, on pourrait dire que &lt;i&gt;Cosmos incorporated&lt;/i&gt; marque la fusion du roman d’anticipation, de la contre-utopie polémique et de la mystique judéo-chrétienne.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt; Plus précisément on découvre, dans la seconde partie du roman, que celui-ci est né dans l’imagination fertile d’une jeune fille de feu tombée du ciel, née sur un Anneau orbital sis à 500 km de la terre, sérieusement versée dans les arcanes de la Tradition spirituelle, autant que son frère est imbibé de littérature, et qui a entrepris de créer un Golem avec la complicité momentanée d’un agent logiciel qu’elle baptise Métatron, ange gardien de Sergueï constituant la réplique futuriste du prophète biblique Enoch… Vous suivez camarade Fellow&amp;nbsp;?&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Une fois encore, je ne suis pas très bon public en matière d’ésotérisme à la petite semaine, et guère non plus adepte de littérature mystico-politique, dans la lignée des René Guénon et autres Julius Evola. Mais Dantec est un fameux conteur combinant admirablement la part «&amp;nbsp;naïve&amp;nbsp;» de la SF populaire (avec intrigue, stéréotypes, décors et autres gadgets) et sa vision catastrophiste d’une humanité devenant machine-esclave d’elle-même, une interrogation latente sur le phénomène humain et la projection&amp;nbsp;d’une nouvelle geste créatrice, où le récit de la Genèse (qu’il re-déchiffre avec pénétration, imaginant en outre que Dieu a créé l’écriture le huitième jour) se rejoue par l'homme-sacrifice Sergueï, mercenaire de métier voué à une nouvelle destinée d'homme libre...&lt;br /&gt; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Catacombes du futur</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/24/catacombes-du-futur.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sat, 24 Sep 2005 22:05:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (3)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_blake.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;L’exergue de William Blake annonçait la couleur : « There is a Melancholy, O how lovely ‘tis, whose heaven is in the heavenly Mind, for she from heaven came, and where she goes heaven still doth follow her »… Et c’est ainsi qu’on parcourt un labyrinthe qu’on&amp;nbsp;découvre initiatique au fur et à mesure que se précisent les signes et les symboles, comme sur un chemin de Damas, et l’on se rappelle aussi bien que Sergueï est soldat lui aussi, aux ordres de l’Ordre.&lt;br /&gt; Le seul nom de Blake évoque des visions, et c’est la dominante aussi de &lt;em&gt;Cosmos incorporated,&lt;/em&gt; dont les tableaux successifs établissent une atmosphère poétique tout à fait particulière,&amp;nbsp;aux résonances&amp;nbsp;portant au-delà de la seule tension du thriller futuriste. Cela pourrait faire kitsch ou toc, et d’autant plus que s’y greffent moult références au rock des années 80 que le lecteur n’ « entend » pas forcément, et pourtant on avance là-dedans avec une curiosité croissante, comme happé par ce dédale spatio-mental envoûtant, produisant l’effet hyperréel des rêves. Le parcours de la Heavy Metal Valley, où s’entassent&amp;nbsp;un million de carcasses de voitures du siècle précédent, et dans lequel Sergueï découvre des reliques de culte chrétien, semble ainsi communiquer avec ses rêves, comme le feu de ceux-ci se prolonge dans l’hôtel Laïka où il découvre une postadolescente en flammes qu’il vient d’apercevoir en songe. Or tout cela, une fois encore, qui pourrait être lourdement symbolique ou carrément insupportable, dans le genre chromo &lt;em&gt;new age&lt;/em&gt;, dégage un mystère et une beauté crépusculaire réellement prenants.&lt;br /&gt; Au seuil de la deuxième partie de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt;, je suis à la fois perplexe et très intéressé par la suite de ce curieux roman, mêlant l’attrait apparent d’un récit de SF et, &lt;em&gt;crescendo&lt;/em&gt;, l’enjeu d’un autre type de littérature à caractère symbolico-mystique. Dieu sait que le wagnérisme artistique, les pompes symbolistes à la Gustave Moreau, pis encore: la littérature de prétendus Initiés, ne m’ont jamais transporté, mais une fois encore je suis curieux de voir où nous conduit ce drôle d’apôtre de Dantec…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Les animaux dénaturés</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/23/en-route-vers-quoi.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Sat, 24 Sep 2005 07:55:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; (2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_cyberdog2.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quel intérêt y a-t-il à suivre un personnage programmé ? Un tueur de tueurs est-il plus digne d’attention qu’un tueur ? Et ne va-t-on pas s’enferrer dans ce morne enfer du bout du monde où tout semble consommé : « Plus de frontière à conquérir, plus de guerre à affronter, plus de limite à outrepasser, les gladiateurs professionnels avaient de beaux jours devant eux. Du pain et des jeux…» Mais où diable nous conduit Dantec ? se demande-t-on en poursuivant, avec Sergueï Plotkine, son protagoniste tueur à gages, l’exploration de Grande Jonction, en territoire mohawk, dont il est censé liquider le maire convaincu de trahison – de qui ou de quoi, on ne sait ?&lt;br /&gt; On ne sait pas non plus où on va mais on y va. Le premier être vivant que rencontre Sergueï à Grande Jonction est un chien, du genre cyberdog ex-militaire&amp;nbsp;; le premier homme un type qui le révulse (&lt;em&gt;Ecce homo degueulando&lt;/em&gt;), gardien adipeux de l’Hôtel Laïka dans lequel lui est attribuée la capsule 108, au dixième étage d'où il a vue sur la ville-frontière dont on s'embarque pour le cosmos.&amp;nbsp;Dans ladite capsule pressurisée,&amp;nbsp;Sergueï se retrouve&amp;nbsp;seul avec une sorte de djinn informatique qui danse autour de lui comme un esprit luciférien et lui envoyant des&amp;nbsp;infos neuronumériques utiles à son repérage. Une douche sort du mur, des robots nettoyeurs s’activent à la vitesse de la poussière, il est question de valises-maisons en carton recyclo et l’on voit une navette Discovery quitter la terre par le hublot, bref on se croirait à la fois dans &lt;em&gt;Brazil&lt;/em&gt; pour le décor futuro-déglingué et dans les &lt;em&gt;Chroniques martiennes&lt;/em&gt; de ce vieux gamin de Bradbury, mais il y a &lt;em&gt;autre chose&lt;/em&gt; qui se prépare et c’est cela qui nous scotche à cette étrange lecture.&lt;br /&gt; Devant le miroir Sergueï ne se reconnaît pas. Qui est-il ? Le catalogue des meurtres qu’il a commis aux quatre coins de la planète est-il réel ou construit par ceux qui lui ont reformaté l’espace mental ? On se le demande en entendant la musique sérielle de tous les bruits de l’hôtel Laïka, devant lequel le chien, lui aussi reconstruit (il parle) attend le protagoniste. Chien d’aveugle ou Cerbère ? Partout règne le visage froid de la Machine et voici qu’une parole du Christ cité par Luc traverse l’esprit du Terminator &amp;nbsp;Plotkine &amp;nbsp;: « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il fût déjà allumé ». Dans la foulée on apprend que l’ère du pétrole est révolue, au profit de l’hydrogène et qu'une espèce de paix a été négociée par l’Unimanité après le Grand Djihad, laquelle Unimanité&amp;nbsp;a interdit toute religion « intolérante » au profit d’un nouveau polythéisme « portatif ». A l’horizon du Vieux Monde, l’Europe se divise en émirats soumis à la Charia et en Fédération européenne slavo-russe, tandis que le Cosmodrome de Grande Jonction cristallise, derrière un rideau de fer, les derniers rêves d’une humanité en perdition. Or tout est à venir au tournant de cette page 163 où, soudain, Sergueï choisit de marcher « vers un des possibles que le programme d’instruction n’avait pas prévu »…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Après le désastre</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/09/22/apres-le-desastre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Maurice G. Dantec</category>
<pubDate>Thu, 22 Sep 2005 22:25:00 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lecture de &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; de Maurice G. Dantec (1)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On entre&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_cosmos.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt; dans &lt;em&gt;Cosmos incorporated&lt;/em&gt; comme dans un cauchemar éveillé avec la sensation de participer psychiquement et physiquement à la genèse d’un espace-temps et d’un personnage se construisant à vue. D’emblée on ressent la même oppression que dans les premières pages de &lt;em&gt;1984,&lt;/em&gt; à cela près que la surveillance n’est pas ici que du Dehors &lt;em&gt;bigbrotherisé&lt;/em&gt; mais de partout, puisqu’on vous scanne jusqu’à l’ADN et qu’on vous manipule du Dedans par contrôle et/ou injection d’information.&lt;br /&gt; Le cauchemar a des dehors fascinants de film psychique hyperplastique, dont le début est une genèse en raccourci, lumière rouge et matière blanche, œil émergeant de la soupe originelle avec un iris scellant l’identité de l’Adam apparu dans le portique de contrôle, plus exactement prénommé Sergueï Diego Dimitrievitch, Plotkine de son nom, né en 2001 en Sibérie et en principe âgé de 56 ans mais en réalité deux fois plus jeune à la suite de deux cures de rajeunissement transgéniques. Tout cela qu’il apprend en même temps que le lecteur, et c’est la première belle idée du livre : que le premier personnage émerge du chaos (des « années noires » qui ont fait 500 millions de morts en quatre décennies) sans avoir connu jusque-là que la guerre et se découvrant pourtant des souvenirs d’enfance en Sibérie et ailleurs (il aurait donc vécu en Argentine ?) avant de se rappeler sa première mission.&lt;br /&gt; Avec la première esquisse du personnage commence de se brosser une fresque spatio-temporelle assez saisissante, à la fois très maîtrisée dans les grandes largeurs et passionnante par les multiples observations qui la nourrissent. On est là dans une espèce de monde-fourmilière-cerveau, à l'enseigne de l'Unimonde Humain (&quot;un monde pour tous - un Dieu pour chacun&quot;)&amp;nbsp;où les hommes sont en train de se transformer en machines, à un point de l’Histoire où l’involution se concrétise à la fois par ce déficit de l’élément humain et par la dégringolade de la démographie, entre autres composantes du désastre généralisé, dont la régression&amp;nbsp;du progrès lui-même. Les éléments satiriques émaillant les premières séquences de l'hypertexte historico-politique donnent du vif à la fresque en mouvement, et l'arrivée du protagoniste à Grande Jonction,&amp;nbsp;type de la nouvelle ville-jungle genre Las Vegas des paumés du paradis orbital, antichambre du &lt;em&gt;Far Sky&lt;/em&gt; où&amp;nbsp;se&amp;nbsp;situe désormais l'Avenir radieux,&amp;nbsp;dénote un sacré pouvoir d'évocation.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Bref, je n’en suis à l’instant qu’à la page 67, mais cela me semble très bien parti, très dense et dégageant une espèce de sombre beauté…&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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