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<title>Carnets de JLK - livre</title>
<description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
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<title>Zapping de rentrée</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 16:48:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1676282800.jpg&quot; alt=&quot;Aubry.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2091756&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Ces notules à la volée sont juste indicatives. Chacun des livres cités fera l’objet d’un article plus développé, à paraître sur mes blogs ou dans les pages de &lt;em&gt;24Heures&lt;/em&gt; et/ou du &lt;em&gt;Passe-Muraille.&lt;/em&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;26 premiers&amp;nbsp;titres à taster...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Personne&lt;/em&gt;, de Gwenaëlle Aubry. Mercure de France.&amp;nbsp;Prix Femina 2009.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Jouant de la déclinaison alphabétique en 26 séquences, d’Artaud à Zelig, le dernier livre de Gwenaëlle Aubry relève de la remémoration, certes très déconstruite et de la meilleure façon, des relations de l’auteure avec son père aux multiples visages. S’il y a certes un projet de roman, là-dedans, lancé par le père sur le dossier de son journal personnel portant l’inscription « à romancer », ce serait trop dire que ledit roman est bel et bien abouti « comme un roman ». Mais un vrai livre est là, chronique aux voix alternées, tissage de citations du père schizophrène luttant contre la dépersonnalisation, et de sa fille philosophe et romancière, marchant à tâtons vers le cher inconnu. Parfois un peu trop « écrit », disons un peu trop « littéraire », ce livre touche en profondeur et beaucoup plus simplement, dans un dialogue parfois bouleversant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;pttitrebleu&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-2084383&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/884332305.JPG&quot; alt=&quot;Zschokke.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2084383&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;Maurice à la poule,&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;de Matthias Zschokke. Traduit de l'allemand par Patricia Zurcher. Zoé, 258p, Prix Femina &quot;étranger&quot; 2009&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;. &lt;span style=&quot;font-weight: normal; font-size: 14pt; color: black; font-family: Arial; mso-bidi-font-weight: bold;&quot;&gt;Le dernier roman de l'auteur bernois établi à Berlin enchante par sa malice mélancolique. Fait déjà très remarquable&amp;nbsp;: que l’écrivain alémanique, publié par une éditrice genevoise, passe le cap des sélections parisiennes pour s’imposer avec un récit tout en finesse et en sensibilité, intitulé &lt;em&gt;Maurice à la poule&lt;/em&gt;, déjà gratifié d'un Prix Schiller et bien dans la veine de cet héritier de RobertWalser.&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; On retrouve d’ailleurs un «&amp;nbsp;zéro social&amp;nbsp;» en la personne du protagoniste qui vivote dans un quartier périphérique de Berlin (comme l’auteur, d’ailleurs) en tant qu’écrivain public à la (très) petite semaine. Autant qu’à Walser le rêveur bohême, on pense au flâneur par excellence que fut un Walter Benjamin en lisant &lt;em&gt;Maurice à la poule&lt;/em&gt; dont le ton et l’acuité douce-acides des observations comptent pour l’essentiel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;pttitrebleu&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-2084388&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/1134946834.jpg&quot; alt=&quot;Laferrière2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2084388&quot; /&gt;L'énigme du retour&lt;/em&gt;, de Dany Laferrière. Grasset, 299p.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: auto 0cm; text-align: justify;&quot; class=&quot;pttitrebleu&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Au premier regard, on pourrait être décontenancé par la forme de ce récit se déroulant sur la page comme un poème en vers libres, mais la substance émotionnelle de celui-ci, le souffle qui le traverse immédiatement, la cadence, le rythme et le jeu des images emportent le lecteur de la manière la plus immédiate et la plus naturelle. L'écrivain quinquagénaire,&amp;nbsp;exilé&amp;nbsp;depuis 1976, est soudain frappé par la nouvelle de la mort soliaire de son père, dans l'immensité de New York où, vieux révolutionnaire, il était lui aussi&amp;nbsp;en exil d'opposant à la dictature haïtienne. Après une virée plein nord dans le froid et la neige,&amp;nbsp;le fils revient à Montréal et bascule dans une vaste remémoration faisant alterner les séquences nostalgiques de son enfance et de sa jeunes en Haïti, et celles de la vie qui continue, ponctuées d'observations sur ce qu'est devenu le monde et ce qu'il est devenu lui-même, écrivain soucieux de son identité et brassant la réalité à pleines mains. Dans la filiation directe et revendiquée de Césaire en son &lt;em&gt;Cahier du retour au pays natal,&lt;/em&gt; Dany Laferrière&amp;nbsp;fait ici retour sur lui-même tout en parlant au nom de tous ceux qui&amp;nbsp;ont été arrachés, de gré ou de force, audit pays natal. Un épisode déchirant entre tous: celui où il tambourine à la porte de son père,&amp;nbsp;claquemuré dans sa chambre de Brooklyn, qui hurle, désespéré, qu'il n'a jamais eu ni fils, ni femme ni pays...&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-2079519&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/78171342.jpg&quot; alt=&quot;Ndiaye.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2079519&quot; /&gt;Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye. Gallimard.&lt;/strong&gt;&lt;/em&gt; Très bien placé pour le prix Goncourt (décerné lundi prochain 2 novembre), le dernier roman de la romancière et dramaturge franco-sénégalaise mérite absolument cette consécration publique souvent discutable, tant son livre est sensible et intéressant, d'une admirable porosité psychologique et d'une langue non moins prégnante, à cela s'ajoutant un regard profond et nuancé sur les séquelles des migrations humaines et de l'aculturation. Loin de simplifier ou de flatter les trois destins de femmes que modulent les personnages de Norah l'avocate, revenue de France au Sénégal auprès de son despotique père tout décati, de Fanta la déçue, qui fait payer à son conjoint blanc Rudy, faible et pantelant d'amour, la déconvenue de son exil en France, ou enfin de Khady Demba, la plus poignante de ces trois figures, Marie&amp;nbsp;Ndiaye, en éclaire les tribulations en multipliant les points de vue, mêlant réalisme et glissements oniriques ou fantastiques, sur fond de guerre des sexes et d'affrontements culturels. On pense au V.S. Naipaul d'&amp;nbsp; &lt;em&gt;À la courbe du fleuve&lt;/em&gt; ou de &lt;em&gt;Dis-moi qui tuer&lt;/em&gt;, pour les trajectoires désastreuses de personnages postcoloniaux,&amp;nbsp;&amp;nbsp;parfois aussi au Simenon africain pour les atmosphères un peu poisseuses dans lesquelles se déroulent ces trois récits méandreux et&amp;nbsp;lancinant par leurs notations, incessamment émouvants et &quot;musicaux&quot;, puissamment significatifs aussi sans tomber dans la démonstration politiquement correcte.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-2064981&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/1681769231.jpg&quot; alt=&quot;Haenel.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2064981&quot; /&gt;Jan Karski&lt;/em&gt;, de Yannick Haenel. Gallimard.&lt;/strong&gt; Ils n'ont rien fait ! Les Alliés n'ont rien fait pour sauver les Juifs Européens de l'extermination. Ni Rossevelt ni surtout Anthony Eden ne firent quoi que ce soit pour&amp;nbsp;anticiper l'accueil des Juifs avant le génocide ni, dès qu'ils furent au courant du génocide en cours&amp;nbsp;(dès 1943, le massacre de plus d'un million&amp;nbsp;et demi de Juifs était connu), malgré les protestations de Churchill. Or l'action d'un homme, résistant polonais envoyé en mission dans le ghetto de Varsovie, en 1942, puis chargé de dire ce qui s'y passait aux leaders juifs du monde entier, aux&amp;nbsp;Alliés et au gouvernement polonais en exil à Londres, aide à mieux discerner la stratégie clairement établie du &quot;monde libre&quot;,&amp;nbsp;fondée sur&amp;nbsp;une sorte de&amp;nbsp;déni d'urgence et de report à l'heure&amp;nbsp;des comptes. Ce personnage, Jan Karski, apparaît à la fin du film &lt;em&gt;Shoah&lt;/em&gt; de Claude Lanzmann, au fil d'un épisode réellement bouleversant. À la mémoire de ce &quot;juste&quot;, en combinant faits avérés, chronique historique à plusieurs entrées, et développements relevant de la fiction où il&amp;nbsp;endosse littéralement la peau&amp;nbsp;de Karski&amp;nbsp;- pour lui faire dire&amp;nbsp;des choses qui peuvent parfois&amp;nbsp;se discuter -, l'essayiste-romancier Yannick Haenel&amp;nbsp;accomplit un travail de remémoration&amp;nbsp;d'autant plus nécessaire que l'héroïsme et les souffrances du peuple polonais restent souvent occultés, comme on l'a vu récemment lors de la projection du film &lt;em&gt;Katyn&lt;/em&gt; de Wajda.&amp;nbsp;Malgré les spéculations de l'auteur, son ouvrage a le premier mérite, comme&amp;nbsp;&lt;em&gt;Les Bienveillantes&lt;/em&gt; de Jonathan Littell,&amp;nbsp;de &lt;em&gt;travailler&lt;/em&gt; la mémoire du XXe siècle, non pour se complaire dans la mauvaise conscience à bon marché mais pour rappeler ce qui fut et reste le propre de notre ingénieuse espèce...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;img name=&quot;media-2064977&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/2016830330.jpg&quot; alt=&quot;Perrin02.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2064977&quot; /&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le dit du gisant&lt;/em&gt;, de Jacques Perrin. L'Aire.&lt;/strong&gt; Si le premier livre de Jacques Perrin, grimpeur de pointe et non moins grand connaisseur de vins, commence par le récit d'une chute terrible dans une face nord des Aiguilles de Chamonix, c'est bien plus que la relation&amp;nbsp;d'un accident de montagne et de ses séquelles, de l'antichambre de la mort à la reconstruction du protagoniste, que &lt;em&gt;Le dit du gisa&lt;/em&gt;nt. De fait, ce livre à l'écriture étincelante, souvent&amp;nbsp;poétique et cependant arrimée à l'anguleuse réalité, relève à la fois d'une vaste remémoration, englobant la génération des fans de rock des années 70-80, du journal de bord d'un rescapé du grand saut, et d'une chronique&amp;nbsp;méditative largement ouverte à la vie qui continue, qu'on pourrait dire de type phénoménologique. Il y a de l'esthète et de l'ascète chez Jacques Perrin,&amp;nbsp;sans que son récit ne s'égare dans la pseudo-mystique.&amp;nbsp;Parfaitement rythmée, la narration joue volontiers sur le contrepoint et la fugue, avec quelquechose du parcours initiatique, le pied léger. C'est, indéniablement, une des belles suprises de la rentrée romande.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Exit le fantôme,&lt;/em&gt; par Philip Roth. Gallimard, coll. Du monde entier.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-2018094&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/1833125462.jpg&quot; alt=&quot;Roth2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2018094&quot; /&gt;On retrouve ici, immédiatement portée par un grand souffle narratif en dépit de la fragilité physique &amp;nbsp;du narrateur, ce qu'on pourrait dire la suite de la magistrale trilogie amorcée avec &lt;em&gt;Pastorale américaine&lt;/em&gt;, redéployée ensuite&amp;nbsp;dans &lt;em&gt;J'ai épousé un communiste&lt;/em&gt; et dans &lt;em&gt;La Tache&lt;/em&gt;, grand massif romanesque revisitant le deuxième demi-siècle de la vie aux Etats-Unis, dont Zuckerman (double de Philip Roth) reste évidemment le meneur de jeu. Comme dans les romans susnommés, la grande affaire d'&lt;em&gt;Exit le fantôme&lt;/em&gt; est un rendez-vous avec le temps, lorsque le protagoniste retrouve New York après plus de dix ans d'exil dans sa thébaïde des Berkshires. Après les générations&amp;nbsp;antérieures, c'est ici àla fois en amont et en aval que le rescapé du cancer poursuit sa conversation avec des amis perdus (le magnifique écrivain mentor-ami Lonoff et la femme qui lui survit)&amp;nbsp;et d'autres plus jeunes qu'il rencontre (un couple d'écrivains et un terrifiant raseur vampirique), sur fond de réélection déprimante...&amp;nbsp;Le prochain Nobel de littérature, dans quelques jours, ne saurait&amp;nbsp;tomber mieux.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1999711&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/02/1881885829.jpg&quot; alt=&quot;Quignard5.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1999711&quot; /&gt;La Barque silencieuse,&lt;/em&gt; de Pascal Quignard. Seuil&lt;/strong&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;On pourrait dire que c'est le plus dense et le plus beau des livres de cette rentrée française, si Pascal Quignard ne faisait pas figure d'auteur hors saison et hors norme, reliquait d'une société&amp;nbsp;lettrée en voie de disparition. Mais s'il est plus proche de Montaigne ou de Walter Benjamin que d'un Michel Houellebecq ou que d'une Christine Angot, l'essayiste-conteur-poète-penseur nous réinstalle bel et bien au coeur du temps avec sa constellation de fragments méditatifs parfois frottés de lyrisme achoppant à l'origine des&amp;nbsp;mots, tels le mot cercueil, le mot solitude, le mot élargissement, le mot suicide, le mot liberté, ainsi de suite. Sixième tome du cycle de &lt;em&gt;Dernier royaume&lt;/em&gt;, dont le premier (&lt;em&gt;Les Ombres errantes&lt;/em&gt;) a obtenule Prix Goncourt 2002, ce nouveau livre est de ceux qu'on emporte partout avec soi comme un viatique pour le consulter et l'annoter, y revenant à tout moment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1999739&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/2066008910.jpg&quot; alt=&quot;Wabéri.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1999739&quot; /&gt;Passage des larmes&lt;/em&gt;, d'Abdourahman A. Wabéri.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Au fil d'un récit vif et clair, alternant les deux voix de frères ennemis que tout sépare en apparence (l'un est docteur en sciences de la communication, l'autre croupit dans une prison de haute sécurité en tant que terroriste islamiste), l'auteur, né à&amp;nbsp; Djibouti en 1965, développe un roman épico-méditatif de très belle tenue. La première ligne narrative suit l'enquête d'un&amp;nbsp;Djiboutien exilé à Montréal qui revient au pays en qualité d'espion économique chargé de glaner tous les renseignements utiles sur la situation en ce lieu&amp;nbsp;d'un imminent bouleversement géo-strartégique.&amp;nbsp;Or ses menées, entrecoupées des souvenirs personnels de son enfance et son adolescence de jumeau confiné dans l'ombre de son frère, sont&amp;nbsp;observées, comme à travers les murs, par&amp;nbsp;une espèce de double prisonnier, entièrement voué&amp;nbsp;au Miséricordieux et fomentant la liquidation du &quot;traître&quot;. La figure de Walter Benjamin, éternel exilé,&amp;nbsp;marque les deux récits&amp;nbsp; de sa présence, moins paradoxale qu'il n'y pourrait paraître.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1999755&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/2047655764.jpg&quot; alt=&quot;Abimi.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1999755&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le dernier échangeur,&lt;/em&gt; de Daniel Abimi. Campiche.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;La classe moyenne de notre bon vieux monde s'est méchamment encanaillée ces dernières décennies, comme l'a bien montré Michel Houellebecq, et ce mouvement de libération des moeurs, virant au nouveau conformisme &quot;libertin&quot;, n'a pas épargné notre bonne vieille Suisse ni notre bonne ville de Lausanne. C'est du moins ce que le &quot;fouille-merde&quot; du protagoniste du premier roman de notre confrère Daniel Abimi, journaliste de terrain passé par dix ans d'humanitaire (ce qui peut aider en matière de lucidité désabusées), documente au passage après avoir été entraîné dans une suite de meurtres sordides affectant un groupe d'échangistes de nos régions dont le plus dénué de scrupules et un grand affairiste de l'immobilier régional, cocaïnomane et pervers polymorphe dont le lecteur se gardera de chercher le &quot;modèle&quot; pisque Le dernier échangeur n'est pas &quot;à clef&quot;. Point d'intrigue trop sophistiquée non plus dans ce polar d'une écriture un peu jetée et pâtissant&amp;nbsp;aussi d'un excès de localismes vaudois (de &quot;gouille&quot; à &quot;déguiller&quot;, entre autres), mais remarquable en revanche par son climat de dèche et de mal-être, d'ennui vaseux et de médiocrité, sous un regard qui tire vers le burlesque ou vers la fraternité à la Deschiens...&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1999740&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/67302959.jpg&quot; alt=&quot;Arditi.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1999740&quot; /&gt;Loin des bras&lt;/em&gt;, de Metin Arditi. Actes Sud.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Le dixième livre de Metin Arditi, ingénieur en génie atomique d'origine turque et notable reconnu de la vie culturelle genevoise, est sans doute son roman le plus accompli, vivante et chaleureuse évocation des derniers feux d'un pensionnat pour jeunes gens chic des environs de Lausanne. Sous la forme d'un récit kaléidoscopique en brèves séquences, rappelant un peu le découpage cinématographique des &lt;em&gt;Hommes de bonne volonté&lt;/em&gt; de Jules Romains, le livre fait défiler une belle brochette de personnages, de&amp;nbsp;Mme Alderson la&amp;nbsp;digne directrice de l'établissement&amp;nbsp;à ses divers professeures et professeurs,&amp;nbsp;plus ou moins typés&amp;nbsp;voire extravagants, et&amp;nbsp;à ses pensionnaires plus ou moins chahuteurs ou mal dans leur peau en dépit de leurs solides arrières financiers. Le roman prend corps au fil des pages, les dialogues très développés y ont doublé valeur&amp;nbsp;narrative et musicale, et l'évocation de la bascule de deux époques est très bien marquée elle aussi, finalement consommée par le rachat américain de la maison. Surtout, la dimension affective et la pâte humaine des personnages donne au roman sa vérité vibrante et son épaisseur. Très belle avancée d'un romancier qui se dit avant tout un artisan, et dont on sent qu'il aime les gens. Une écriture fluide et claire&amp;nbsp;lui a valu déjà pas mal de succès et de&amp;nbsp;distinctions littéraires, dont le joili Prix Ronsard des lycéens...&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1986076&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1365811325.2.jpg&quot; alt=&quot;Wiazemsky.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1986076&quot; /&gt;Mon enfant de Berlin&lt;/em&gt;, d'Anne Wiazemsky. Gallimard.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Héritière d'un nom célèbre, Claire Mauriac a connu la difficulté de porter&amp;nbsp;celui qui faisait forcément d'elle &quot;la fille de&quot;, forcément un bon parti bourgeois dont un certain Patrice était censé partager la vie en lui donnant le sien. Or la guerre permit à Claire d'échapper à ses chaperons de parents, via la Croix-Rouge française, qui la lança&amp;nbsp;dans une aventure solidaire la conduisant finalement, en 1944-45, en pleine apocalypse berlinoise. C'est là que son parcours croisera celui d el'homme de sa vie, Yan Wiazemsky, prince de sang et de coeur, charmeur en diable, bel et bon sous tous rapports et la séduisant illico en se montrant absolument ignorant du nom de François Mauriac. De cette&amp;nbsp;histoire forcément belle et intéressante (avec ce qu'elle dit notamment du sort des&amp;nbsp;Allemandes promises au viol dès le déboulé des hordes russes), la fille de Claire tisse un vrai roman, en tout cas par la forme du livre qui emprunte aux confidences de la mère qu'on imagine, aux lettres de celle-ci à sa propre mère, à son journal épisodique et à une narration extérieure liant la gerbe. Plus qu'un récit de vie, il en résulte un bel hommage romanesque à des figures attachantes.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1986057&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/1400361766.jpg&quot; alt=&quot;Chalandon.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1986057&quot; /&gt;La Légende de nos père,&lt;/em&gt; de Sorj Chalandon. Grasset.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Après le troublant &lt;em&gt;Mon Traître&lt;/em&gt;, sondant les abysses d'une relation amicale sur fond de guerre civile irlandaise, c'est toujours dans l'équivoque des conduites personnelles sur fond d'Histoire, avec une grand hache, que Sorj Chalandon nous entraîne au fil d'une&amp;nbsp;petite histoire tortueuse à souhait.&amp;nbsp;Le roman s'ouvre sur ce pénible moment que représente la mort d'un proche (ici le père du narrateur)&amp;nbsp;marquée par le sentiment lancinant&amp;nbsp;d'un rendez-vous manqué, et d'autant plus que le défunt, taiseux, avait des choses à raconter de son passé de Résistant. Or c'est avec un autre présumé héros que le protagoniste, journaliste de seconde zone recyclé dans la rédaction de bios d'inconnus en veine de confessions, explore ce passé&amp;nbsp;de l'Occupation en France,&amp;nbsp;non sans surprises à la clef, où l'interrogation se porte avec force sur la légende de chacun et ce que cachent les monuments vénérés. Autre surprise pour qui ne la connaît pas encore: l'écriture de Sorj Chalandon, à la découpe remarquable, aux rythmes singuliers et aux formules souvent frappantes, prégnante, mordante même, et poétique à la fois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1986043&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/938445541.2.jpg&quot; alt=&quot;Holder.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1986043&quot; /&gt;Bella ciao,&lt;/em&gt; d'Eric Holder&lt;em&gt;. Seuil&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&quot;Une seule femme possède en même temps le derrière arrogant d'une adolescente, l'épanouissement des maternités heureuses, les pattes d'oie, au coin des yeux, de qui a tellement aimé rire. La sienne, si on a eu la chance de la rencontrer tôt&quot;, écrit le narrateur de &lt;em&gt;Bella ciao&lt;/em&gt;, écrivain quinqua qui a eu cette chance et l'a cabossée, cette chance,&amp;nbsp;en plongeant peu à peu dans le vertige de l'alcool. &quot;Elle était la femme de ma vie comme j'étais l'homme de la sienne. Seul un voile liquide nous séparait...&quot; Jusqu'au jour où Mylena, n'en pouvant plus, lui&amp;nbsp;dit comme ça: basta, j'en ai assez, un matin de quatorze juillet. Et lui de se retrouver nu et perdu, tout au fond d'un trou dont il va se sortir à la force des mains, en louant sa force de travail. Quelque part au bord de l'Atlantique, à Miéville-les-Bains, le protagoniste va jouer à cache-cache avec Myléna et ses enfants tout en se frottant à Franck, le vigneron qui l'épuise à fabriquer des pieds de vigne, et Michel son père. Les pognes en sang, notre écrivain se refera entre chaleur humaine du&amp;nbsp;café du soir et&amp;nbsp;rage de labeur (On ne travaille bien qu'avec la rage ! lui crie Michel), retours&amp;nbsp;à sa belle farouche ou à ses enfants, retour à l'écriture aussi. Belle écriture, nourrie de tout un vocabulaire artisanal et terrien, mots du métier et des gens, des choses de la terre et des cadeaux de la vie. De beaux personnages aussi, très attachants et dessinés à la&amp;nbsp;fine pointe sensible, hantent ce livre d'une densité déliée.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1980129&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/2039885615.jpg&quot; alt=&quot;Amélie01.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1980129&quot; /&gt;Le voyage d'hiver,&lt;/em&gt; d'Amélie Nothomb. Albin Michel.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Il est de bon ton, chez pas mal de &lt;em&gt;purs&lt;/em&gt; littéraires, de faire la moue à la seule&amp;nbsp;mention du nom &amp;nbsp;d'Amélie Nothomb, qu'ils n'ont souvent pas lue mais que son extravagant succès, et sa&amp;nbsp;productivité métronomique (17 romans en 17 ans) irrite visiblement. Or si tous ses livres ne sont pas de qualité égale, la dame aux chapeaux voyants, genre sorcière d'Harry Potter,&amp;nbsp;n'en a pas moins un talent très singulier. Parfois jetée d'apparence,&amp;nbsp;son écriture court et vole et son esprit pétille et scintille, avec des traits fulgurants même s'ils n'éclairent pas longtemsp. Tout cela qu'on retrouve ici dans une espèce de conte-thriller traitant d'un projet d'attentat terroriste dicté par la déraison du coeur. Les plus succulents moments, à mon goût, découlent de la passion du protagoniste-narrateur pour l'amie jolie&amp;nbsp;d'une romancière à bec-de-lièvre qui voit cet amour se faire sous ses yeux (ou plutôt ne pas oser se faire) de pucelle juste capeble d'écrire des romances sans les vivres. C'est drôle, très bien filé, cela se lit en deux heures et s'inscrit aussitôt dans une constellation dont l'ensemble fait bel et bien une oeuvre originale...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;L'Annonce, de Marie-Hélène Lafon. Buchet-Chastel.&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1974234&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/278227813.jpg&quot; alt=&quot;Lafon1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1974234&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;On pense à &lt;em&gt;Campagnes&lt;/em&gt; de Louis Calaferte en pénétrant, par une nuit formidablement évoquée - nuit d'une région particulière, à Fridières dans le Cantal, semblable à nulle autre - dans l'univers où se retrouve Annette et son enfant, dans un clan familial jalousement clos où l'intrdouit Paul, qu'elle a rencontré par le truchement d'une petite annonce. Dans cette&amp;nbsp;bicoque de bourg étroite et rechignée où il y a un en-bas pour les uns et un enhaut pour les autres, que relie le journal en transit de l'un à l'autre avec ses nouvelles du monde, Annette fait ce qu'elle peut pour être admise de Nicole la soeur et des deux oncles&amp;nbsp;aux figures tutélaires. Et le temps passe, le petit Eric grandit, la maison et le village et le monde traversent les saisons - tout cela que Marie-Hélène Lafon ressaisit dans une écriture âpre, serrée, à la fois très minutieuse et très rythmée. Un exergue annonce la couleur de ce sombre et beau roman, pétri d'humanité:&amp;nbsp;Le papier est bon âne. Ce qu'on lui met sur le dos , il le porte. Tout le poids du&amp;nbsp;monde ici, qu'un style allège pour le meilleur.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;Milo&lt;/strong&gt;, de David Bosc. Alia.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-1973754&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1037780268.gif&quot; alt=&quot;Bosc.gif&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1973754&quot; /&gt;Francis Ponge disait à peu près que le poète est au monde afin de prendre les mots dans son atelier et de les réparer, et c'est un mouvement qu'on retrouve dans le deuxième roman de David Bosc, à la fois par&amp;nbsp;le travail de haute finesse de l'auteur sur l'écriture et par celui de son protagoniste, cassé lui-même, après une séparation, et revenant à la maison fracassée de son passé. Il faut citer immédiatement et entièrement le premier paragraphe de ce livre noir et lumineux à la fois, avant de le lire lentement et avec la plus grande attention aux phrases souvent aussi belles que des vers ou des fragments d'aphorismes, mais sans firitures pour autant: &quot;J'allais dire que pour Emile, qui ne l'a pas vue finir, enmporté par la grippe à quatre-vingt-quatre ans, et pour Karine qui y a perdu son pucelage non loin de son anniversaire, l'année 1990 n'a guère eu de ressemblance. Les jours de pluie de mars, du même mois les heures où, quand même, on s'est chauffé le dos sous le blouson ou l'habit noir, à l'abri du vent. Pour le reste, et même les plus violeurs des événements, le plus obligatoires des misères ou des fêtes, l'écho que ça jetait dans leur crâne était trop différent, par exemple&quot;...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1960309&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/1572671846.JPG&quot; alt=&quot;LireFauquemberg09.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1960309&quot; /&gt;Mal Tiempo&lt;/em&gt;, de David Fauquemberg. Fayard.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; J’avais signalé le punch de David Fauquemberg après lecture de Nullarbor (Prix Nicolas Bouvier 2007), et le voici multiplié par dix, dans un roman tendu et captivant, vigoureux et subtil, formidable portrait d’un jeune boxeur cubain « par désespoir », dont l’honneur ombrageux sera en butte aux règles biaisées, voire pourries, de la politique et de la spéculation. Autre portrait non moins complexe, ici « en creux » : celui du narrateur, el Francés, proche sans doute de l’auteur. Passionnant, même pour un lecteur que The Game n’intéresse pas « en soi ». Michel Déon et le chroniqueur de &lt;em&gt;L’Equipe&lt;/em&gt; ont raffolé de ce livre qui s’inscrit dans la filiation d’Hemingway et de Mailer !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; °°°&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-1985993&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/1657086742.jpg&quot; alt=&quot;Salvayre.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1985993&quot; /&gt;BW, de Lydie Salvayre. Seuil.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; On connaît le talent incisif, cinglant et pénétrant à la fois, de la redoutable Lydie Salvayre. À la férocité critique de cette intraitable observatrice des mondes actuels, s’ajoute ici une profonde tendresse de complicit puis les initiales BW désignent le nom de son compagnon de vie et de rages, mais aussi de passions (sauf celle du voyage, dont BW a l’apanage exclusif), qu’elle écoute et fait parler tout en ne se privant pas de la ramener. Grand voyageur à travers la vie, grand lecteur, grand amateur de femmes, BW fut un éditeur au sens le plus noble du découvreur. Or ce livre raconte son refus d’obtempérer et sa décision de rompre avec l’édition, au fil d’un portrait qui devient celui du nouveau dissident en société de consommation.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; °°°&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1960344&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/488461925.2.JPG&quot; alt=&quot;Janovjak3.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1960344&quot; /&gt;L’Invisible&lt;/em&gt;, de Pascal Janovjak. Buchet-Chastel.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; On pense illico à Marcel Aymé en lisant le premier roman de Pascal Janovjak, à la fois pour sa modulation d’un thème cristallisant moult fantasmes (de puissance occulte ou d’assouvissement bestial), et pour sa verve de conteur. Le protagoniste est une sorte d’homme sans qualités à l’époque de Michel Houellebecq, invisible au figuré dans son état d’avocat d’affaires établi au Luxembourg, et qui le devient au propre en une nuit. Premier constat : Janovjak a la « papatte », son récit est d’un écrivain pur jus, avec un mélange de sensualité et d’humour détonant, à quoi s’ajoute une puissance d’évocation « physique » qui rend crédible le paradoxe initial : un corps invisible et qui continue de souffrir de fichues crampes d’estomac et en bave quand on s’assied dessus…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1985995&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/335681644.jpg&quot; alt=&quot;Germain.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1985995&quot; /&gt;Hors champ&lt;/em&gt;, de Sylvie Germain. Albin Michel.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Coïncidence en liaison probable avec l’esprit du temps sensible au thème de la disparition (l’homme perdu dans la foule ou la femme constatant qu’on ne la voit plus au de-là de la cinquantaine…), Sylvie Germain, après L’Inaperçu, revient au thème de l’effacement, ici jusqu’à la dissolution finale du protagoniste, Aurélien de son prénom. Le roman part très bien, notamment avec de superbes page retrouvées du journal de son frère Noël, tabassé par des brutes est vivant désormais comme un presque légume, sur les bienfaits de la lecture et le bel avenir qu’il a devant lui… Du côté d’Aurélien, en une semaine, son sentiment de disparaître progressivement aux yeux des autres est bien perceptible, tout en restant un peu extérieur et par trop démonstratif. On a connu la romancière plus subtilement investie par son sujet, et son écriture moins « faite »…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1960346&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/2021786855.jpg&quot; alt=&quot;Revaz2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1960346&quot; /&gt;Efina&lt;/em&gt;, de Noëlle Revaz. Gallimard, 182p.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Après un premier roman, intitulé Rapport aux bêtes et souvent adulé, excessivement à mon goût en dépit de son originalité certaine, Noëlle Revaz n’a plus rien publié d’égal et l’on se demandait si elle ne resterait pas l’auteure d’un seul livre, « démolie » par un trop brillant début. Tout au contraire : Efina montre une neuve et irrésistible énergie, à quoi s’ajoute l’humour dévastateur des cœurs cabossés. Magnifique roman des relations mimétiques (dont René Girard a tout vu et tout dit) et de la guerre des sexes, Efina est également un double portrait de femme adorablement imbuvable et de comédien, imbuvablement adorable, au fil des années qui ont vu les trentenaires devenir, selon la règle, de futurs quinquagénaires…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; °°°&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1985996&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1305223878.jpg&quot; alt=&quot;Mauvignier.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1985996&quot; /&gt;Des hommes,&lt;/em&gt; de Laurent Mauvignier. Minuit.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; On se dit d’abord que l’auteur s’empêtre, se prend les pieds dans ses phrases et tourne autour du pot, tout au portrait d’une espèce de SDF empoisonnant son entourage familial, avec un premier esclandre qui devrait nous faire juger, plutôt, le milieu en question., Bernard, dit Feu-de-bois, ose offrir un cadeau coûteux à sa sœur. Scandale : d’où lui vient cet argent, lui qui ne cesse de nous pomper… Sur quoi le livre bascule, on se retrouve dans la nuit d’Algérie, quelques décennies plus tôt, et c’est un autre Bernard qu’on découvre, les tenants d’une autre tragédie à double face, la guerre et la jeunesse, des hommes jetés les uns contre les autres et l’école de la vie, comme on dit chez les scouts. À détailler, évidemment, pour la construction et la dentelle barbelée de l’écriture…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1960348&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/1948219266.2.jpg&quot; alt=&quot;Joris3.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1960348&quot; /&gt;Les hauts Plateaux&lt;/em&gt;, de Lieve Joris. Actes Sud.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Après la mort de sa mère, avec laquelle le mésentente fut souvent explosive, Lieve Joris retrouve le Congo de son oncle belge évoqué dans le roman éponyme (Mon oncle du Congo) ou dans l’inoubliable Danse du léopard, du côté d’Uvira et de ses zones restées très dangereuses : plus précisément sur ces hauts plateaux où cohabitent des peuples « oubliés » par les colons ou plus souvent rétifs voire rebelles à leur enseignement. Avec un jeune guide, la voyageuse accomplit une sorte de voyage d’adieu rituel qui n’en est pas moins, aussi, la découverte de terres et de gens qu’elle sait observer dans les moindres détails de la vie, avec un sens du fait symbolique qui donne extrêmement de relief à certains épisodes, et par exemple avec les tournées des évangélisateurs en nouveaux marchands d’illusions préférés aux malheureux instituteurs. Très personnellement impliquée, Lieve Joris témoigne une fois de plus d’un gâchis humain et culturel qu’elle « vit » au milieu de tous les dangers, aussi ferme que poreuse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1985998&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/2122374272.jpg&quot; alt=&quot;beigbeder.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1985998&quot; /&gt;Un roman français&lt;/em&gt;, de Frédéric Beigdeber. Grasset.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Vous avez dit « roman » ? On m’explique que c’est pour entrer dans la course aux prix, et le fait qu’après Weyergans, dont le roman l’était tout aussi peu, la remémoration familiale de Beigdeber, amorcée lors d’une garde à vue (il s’est fait ramasser au petit matin des paumés cocaïnomanes tandis qu’un compère leur alignait un peu de neige sur un capot), tient plutôt de la chronique alerte à la néo-hussard et ferait un autre Goncourt bien parisien… FB aussi a la « papatte » chère à Sollers, il a le sens de la tournure et de la formule « à la française », il a un ton à lui, genre vilain canard honteux de son menton en galoche et de ses oreilles décollées, il croyait avoir tout oublié de ses jeunes années et profite de sa cellule pour en tirer quelques souvenirs marquants, et bien plus : un récit alterné présent-passé qui s’étoffe avec plus de sensibilité frottée de mélancolie que dans ses romans à personnages. Sous ses airs de dilettante, le cher « pipole» cache un écrivain. On l’a toujours traité en « petit frère », dont l’aîné serait ici un Bernard Frank…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-2007076&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1932934475.jpg&quot; alt=&quot;gwenaelleaubry.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2007076&quot; /&gt;Personne&lt;/em&gt;, de Gwenaëlle Aubry. Mercure de France.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Vous avez dit « roman » ? Là encore, on frise le code du genre par convention commerciale alors que ce « récit », usant de la déclinaison alphabétique en 26 séquences, d’Artaud à Zelig, relève bonnement de la remémoration, certes très déconstruite et de la meilleure façon, des relations de l’auteure avec son père aux multiples visages. S’il y a certes un projet de roman, là-dedans, lancé par le père sur le dossier de son journal personnel portant l’inscription « à romancer », ce serait trop dire que ledit roman est bel et bien abouti « comme un roman ». Mais un vrai livre est là, chronique aux voix alternées, tissage de citations du père schizophrène luttant contre la dépersonnalisation, et de sa fille philosophe et romancière, marchant à tâtons vers le cher inconnu. Parfois un peu trop « écrit », disons un peu trop « littéraire », ce livre touche en profondeur et beaucoup plus simplement, dans un dialogue parfois bouleversant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img name=&quot;media-1960341&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/1384190703.jpg&quot; alt=&quot;DeRoulet.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1960341&quot; /&gt;Le silence des abeilles&lt;/em&gt;, de Daniel de Roulet. Buchet-Chastel.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; S’il y a quelque chose d’un peu « téléphoné » dans la mise en place de cette fable romanesque retraçant la trajectoire d’un enfant du siècle nouveau, rejeton d’un paire de soixante-huitards caricaturaux à souhait, qui oscille lui-même entre la rébellion écolo et le néo-nazisme brouillon, le développement du nouveau roman de Daniel De Roulet vaut cependant par divers aspects. Malgré le récit trop elliptique de son développement personnel, le protagoniste Siddhârta (sic) Schweitzer, renommé Sid par sa grand-mère après l’abandon de ses parents et Sida (resic) par ses camarades d’école, se dégage de cette excessive stylisation au fil des pages, notamment par sa passion des abeilles, au contact de mentors d’occasion (aux States ou sur un alpage des Grisons) et d’une jeune Japonaise amoureuse qui résiste à ses dérives. D’une écriture parfois trop factuelle à mon goût, mais limpide et lumineuse, Daniel de Roulet dégage progressivement une atmosphère très particulière – un espace romanesque réel et personnel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;À suivre:&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Les taiseux,&lt;/em&gt; de Jean-Louis Ezine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Lecture; journal littéraire 2002-2009,&lt;/em&gt; de Michel Crépu.&lt;br /&gt; &lt;em&gt;L’incendie du Hilton&lt;/em&gt;, de François Bon.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Un coeur intelligent&lt;/em&gt;, d'Alain Finkielkraut.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Un Candide walsérien</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/04/22/rien-n-a-de-sens.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 16:39:31 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/884332305.JPG&quot; alt=&quot;Zschokke.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-1713497&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Le dernier livre de Matthias Zschokke&lt;em&gt;,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Maurice à la poule.&lt;/em&gt; Prix Femina &quot;étranger&quot; 2009. Formidable coup de pouce aux éditions Zoé !&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Maurice s’ennuie ferme dans son bureau de la banlieue au nord de Berlin. Il ne fait rien, a horreur de parler, même à ses amis, écoute les notes d’un violoncelle à travers le mur de la maison voisine, se demande qui est à l’origine de ces notes douces, mais ne voudrait surtout pas le savoir pour de bon : la simple perspective d’apprendre des faits l’effraie. Un curieux personnage pour un étrange roman. Maurice à la poule conte sa vie, mais elle est insignifiante, ce dont il a conscience, et d’ailleurs il préfère fréquenter les gens ennuyeux. Il écrit à son associé Hamid : « la seule chose qui m’occupe, c’est de ne pas laisser monter la panique et de m’habituer peu à peu à cette façon vaine et molle de ramper d’un jour à l’autre. » Là réside tout l’enjeu du roman : l’absence de sens.&lt;br /&gt; Les « contacts sociaux sont une exigence éhontée », les êtres humains ne changent pas, et aucun jeu n’en vaut la chandelle. Maurice estime que rien n’est digne d’être discuté lors d’une conversation avec un vieil ami, et certainement moins encore les problèmes de la banlieue. Tout dialogue avec un ami doit évacuer la politique. Maurice ne changera pas le monde, il ne s’engagera pas. Mais le roman lui, ne refuse pas la description de la société en termes économiques et sociologiques, avec une ironie assez subversive. Les phrases ne retiennent que les faits, sans adoucir aucunement la réalité, et cette brutalité comporte un effet comique. Le tout garde une distance amusée par rapport à l’anthropologie et à la sociologie : « J’aime beaucoup aussi écouter les Noirs ou les Esquimaux quand il parlent de leurs histoires. Ou les pingouins, les ours polaires et les gnous. Tous, ils parlent de rituels, d’habitudes, de coutumes, de réflexions qui ont cours chez eux et qui sont inimaginables pour moi. »&lt;br /&gt; En plus de débiter son récit sur Maurice et de peindre la banlieue avec ironie, le narrateur joue avec son lecteur, brise régulièrement l’illusion romanesque en prétendant par exemple qu’il ne maîtrise pas ses personnages, et ne se refuse pas quelques digressions. Alors que Matthias Zschokke rompt la linéarité du récit, et omet les faits saillants et les événements héroïques alors qu’il favorise les détails et les personnages insignifiants, il rappelle le besoin fondamental de l’homme pour le récit : « nous voudrions avoir un destin, une histoire, un bon gros fil rouge ». Sans récit pas de sens. Et la vie dans Maurice à la poule en paraît bel et bien privée, si ce n’est qu’il finit sur un sourire, un sourire sur le bonheur des petits riens.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Laurence de Cpulon&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Matthias Zschokke, &lt;em&gt;Maurice à la poule&lt;/em&gt;, traduit de l’allemand par Patricia Zurcher, Genève, Zoé, 2009&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cet article&amp;nbsp;a paru &amp;nbsp;dans&amp;nbsp;&lt;em&gt;Le Passe-Muraille&lt;/em&gt;, No 78, de juin 2009.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Naufragés de la solitude</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/07/21/naufrages-de-la-solitude.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Mon, 09 Nov 2009 16:38:26 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;En lisant Bonheur flottant&lt;/em&gt; de Matthias Zschokke.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_matthias.2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;br /&gt; Il est certains livres qui traduisent le sentiment diffus d'une époque ou d'une catégorie d'individus à un moment donné, et tel est assurément le cas du deuxième roman de Matthias Zschokke, &lt;em&gt;Bonheur flottant&lt;/em&gt;, dont il émane un mélange de désenchantement et de révolte, de lassitude physique et métaphysique, sur fond de saturation et de ras-le-bol existentiel, assez caractéristique du tournant du siècle et du millénaire.&lt;br /&gt; Le premier quartet de personnages, réunis sur un yacht au large de paisibles rives lacustres qu'on imagine suisses, est constitué d'une femme à la très forte personnalité, Tana de son prénom, et de trois anciens camarades d'école de celle-ci, qui se retrouvent sur son bateau comme de vieux enfants réunis «pour ne pas devoir réfléchir» ou «pour ne pas avoir froid». Plus précisément, il y a là l'ingénieur en Eaux et forêts Portman, du genre pragmatique qui se veut «trouveur» plus que chercheur; l'avocat-notaire Samuel qui se tue au travail pour soigner sa femme maladive et somnole le reste du temps; et enfin Linus, autrefois Lina, qui a renoncé à une carrière de chanteuse et découvert qu'elle était «plutôt faite pour être un homme» avant de se résigner à un sort «élimé» puisqu'aussi bien «il ne veut plus rien devenir, il ne veut plus qu'être».&lt;br /&gt; Ces quatre compagnons, foncièrement mal à l'aise sur la terre ferme, où ils forment d'ailleurs «un tableau parfaitement ridicule», ont trouvé sur l'eau un refuge («Il n'y a qu'au large, sur l'eau que règne le calme») loin du monde et de leurs vies respectives où chaque fois, de surcroît, «ils échappent un peu plus les uns aux autres». Leur pacte amical consiste en effet à se ménager les uns des autres, et d'ailleurs ils n'ont quasiment plus rien à se dire, chacun ne s'exprimant guère désormais que par monologue.&lt;br /&gt; Tana s'y déploie le plus abondamment, elle qui a beaucoup vécu et bourlingué mais déclare d'emblée qu'elle n'a «plus aucun plaisir» et qu'il ne lui «reste plus aujourd'hui, dorée et sucrée, que la poire de la mélancolie». Constatant sa décrépitude physique avec quelle cruelle lucidité, elle regrette de n'avoir pas assez flambé dans ses années ardentes, se moque des problèmes de rentes et de caisse maladie qui obsèdent ses concitoyens surprotégés, et déclare que «l'horreur, la vraie, c'est se trouver pris dans une accalmie». Pour résister au désespoir, elle s'est exercée à être plus présente au monde, comme ce sera le cas aussi de deux autres personnages apparaissant bientôt, prénommés Ellen et Roman, vivant à Berlin et se retrouvant une fois par semaine au Restaurant Au Jardin-Fleuri.&lt;br /&gt; Un hasard bienvenu (pour la suite du roman notamment...) fait Ellen, en séjour dans ces régions, se réfugier à son tour sur le yacht où elle amène une soudaine bouffée de vie et d'histoires. Pendant qu'elle raconte la «vie de tous les jours» à ses hôtes d'une nuit, Roman, qui a publié jadis des livres dont personne ne se souvient, s'attache à renouer, lui aussi, un nouveau lien avec les choses et avec les mots. Comme Tana a redécouvert les «premiers plans» du paysage quotidien, il se voudrait humble chroniqueur, et fidèle, et spontané comme un enfant, de cela simplement qui est.&lt;br /&gt; «Partout, tout le monde s'exprime sur tout et n'importe quoi, dit Tana, mais aucun de ces discours n'est vivant, les mots ne sont pas irrigués.» De la même façon, à Berlin, Roman «vit» la dégradation liée à la fausse parole, et cherche à lui résister. Or, tout le roman de Matthias Zschokke illustre ce double mouvement opposé de la dissolution et d'une résistance solitaire, voire atomisée, dans un climat de poésie crépusculaire frottée d'humour triste.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Matthias Zschokke. &lt;em&gt;Bonheur flottant&lt;/em&gt;. Traduit de l'allemand par Patricia Zurcher. Editions Zoé, 284 pp.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Noëlle Revaz au débotté</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/11/07/noelle-revaz-au-debotte.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Sat, 07 Nov 2009 00:29:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/1335719017.jpg&quot; alt=&quot;Revaz7.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2087306&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Son premier livre, &lt;em&gt;Rapport aux bêtes&lt;/em&gt;, inspire un film. Et son nouveau roman, &lt;em&gt;Efina,&lt;/em&gt; court pour le Prix Femina.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La plus en vue des romancières romandes « risque », lundi prochain, de décrocher le Prix Femina, l’un des consécrations de l’automne littéraire parisien. Son deuxième roman, &lt;em&gt;Efina,&lt;/em&gt; bien en place sur les listes des meilleures ventes, le mériterait d’ailleurs amplement. C’est en effet une histoire d’amour singulière qu’&lt;em&gt;Efina&lt;/em&gt;, marquée par la rencontre à épisodes, de coups de gueule en coups de coeur, d’une passionnée de théâtre et d’un grand comédien, aussi compliqués l’un que l’autre. Très largement saluée pour l’originalité de son écriture, Noëlle Revaz l’avait été, déjà, à la parution de &lt;em&gt;Rapport aux bêtes&lt;/em&gt;, son premier roman paru chez Gallimard en 2002. Depuis lors, la romancière a touché au théâtre avec brio, mais c’est au cinéma que ressurgit Rapport aux bêtes, dans une adaptation de Séverine Cornamusaz, intitulée Cœur animal, à laquelle elle n’a pas collaboré.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Y a-t-il un fil rouge liant vos deux romans ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Il y en a un évident : c'est le couple, et le questionnement sur l'attachement : qu'est-ce que l'amour? C'était très visible dans Rapport aux bêtes, où le paysan s'interrogeait sur son lien avec sa femme, en le niant et le refusant, ce qui produisait l'effet contraire. Dans Efina, les deux personnages ne cessent aussi de s'interroger sur la nature de ce qui les réunit, sans bien réussir à le comprendre et à le vivre. Je vois aussi un autre motif commun, c'est la question de la place de l'homme et de la femme l'un face à l'autre. Dans les deux romans l'homme semble prendre presque toute la place, mais la femme demeure au centre de ses pensées.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Quel a été le déclencheur de &lt;em&gt;Rapport aux bêtes&lt;/em&gt;, et celui d’&lt;em&gt;Efina&lt;/em&gt; ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- L'idée de départ de Rapport aux bêtes était la vision d'un couple dont la femme s'appellerait Vulve. Efina est né d'une réflexion, au théâtre, sur l'apparence et les faux-semblants. C'est un livre sur les illusions et la réalité, sur la vie qu'on rêve, qu'on poursuit, qu'on aimerait idéale, et la vie telle qu'elle est vécue.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Qu’est-ce qui vous intéresse dans la passion liant Efina et T ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Ce qui m'intéresse c'est: peut-on entrer en contact avec l'autre, peut-on vivre quelque chose avec lui? Efina et T sont, en fin de compte, des personnages solitaires.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- L’image de l’amour que vous donnez dans &lt;em&gt;Efina&lt;/em&gt; peut sembler anti-romantique, voire cynique. Comment vos lecteurs le prennent-ils ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Au contraire, je trouve qu'Efina est un livre romantique, qui affirme que l'amour est important et durable et que les sentiments ne faiblissent pas, et résistent au temps, à tout. Il n'y a rien de plus romantique! Mes lecteurs apprécient peut-être cette histoire d'amour parce qu'elle reste ce qu’elle est avec ses errances et ses imperfections.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- Travaillez-vous beaucoup sur la phrase ? Et pourquoi supprimer le point d’interrogation ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Je l'ai supprimé, car ces interrogations sont à mi-chemin entre la pensée et la question, elles sont mentales et ne sont pas prononcées. Je ne voulais pas ralentir et hacher la phrase. Et de fait, je travaille beaucoup le rythme de la phrase et des paragraphes.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;- C’est aussi un roman qui fait beaucoup rire. Qu’est-ce pour vous que le comique ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- J'ai souvent un regard ironique ou amusé sur les choses. C'est important pour moi qu'il y ait toujours de l'humour dans mes textes. C'est comme un lien que j'établis avec le lecteur parce que je sais que là où je ris, il va rire aussi. C'est un clin d'oeil que je lui fais, une manière de se mettre en tant qu'auteur de façon légère dans le texte, de faire sentir sa présence...&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;Noëlle Revaz, &lt;em&gt;Efina.&lt;/em&gt; Gallimard, 300p.&amp;nbsp;&lt;br /&gt; Noëlle Revaz signera son roman à la librairie Payot, à Nyon, ce samedi 7 novembre.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Ceux qui ont un jardin secret</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/11/06/ceux-qui-ont-un-cabanon.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Fri, 06 Nov 2009 11:47:19 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/1062299474.2.jpg&quot; alt=&quot;Casa.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2085983&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;Celui qui s’est bricolé un abri dans les arbres / Celle qui ne boude jamais dans son boudoir / Ceux qui ont le sens de la clairière / Celui qui fuit les estrades / Celle qui relit la Cinquième Promenade du Rêveur solitaire dans la salle d’attente d’une modeste gare de zone industrielle / Ceux qui n’en finissent pas de visiter et de faire visiter l’unique pièce de leur cabane au toit défoncé / Celui qui parle avec émerveillement du mauve intense des landes de bruyère dont la fleur est la préférée de sa mère impotente / Celle qui chantonne en constatant le progrès quotidien de son lupus érythémateux / Ceux qui n’ont jamais tué un lapin et ne le regrettent point / Celui qui ne se sait pas affilié à la société secrète des zélateurs du point-virgule et qui l’est bel et bien / Celle qui remplit son nouveau matelas de laine de mouton sur lequel elle va faire des sauts dont elle se réjouit déjà, ah, ah / Ceux qui redoutent les émanations d’ammoniac / Celui qui croit reconnaître son père enfui dans le portrait de Napoléon le Premier qu’il déniche dans un placard secret de sa mère défunte / Celle qui pouffe tous les matins en retrouvant bien roses ses joues de lolotte dans le miroir ébréché / Ceux qui ont l’air d’anges même quand il se chient dessus / Celui qui se reproche de ne pas être attentifs aux messages personnels du personnel céleste / Celle qui s’est fait à tout sauf aux lazzis de ses collègues téléphonistes de mœurs païennes / Ceux qui se planquent dans le tendre refuge de la poésie de Verlaine / Celui qui sait par cœur &lt;em&gt;Booz endormi&lt;/em&gt; et en inflige la récitation à ses neveux insomniaques /&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; Celle qui se mitonne un lapin en gibelotte / Ceux qui attendent un petit signe du bon Dieu quand ils font le bien et son tout dépités de ne voir Rien / Celui qui raconte ses mécomptes au fils du Comte qui se cure le nez de son index à l’ongle rongé / Celle qui vend des rameaux de buis au magasin Le Bon Berger / Ceux qui portent leur auréole de côté comme un béret / Celui qui achète des romans noirs avec le produits de ses ventes de pains de glace / Celle qui lit &lt;em&gt;Le Chemin de la perfection&lt;/em&gt; au milieu des peluches qui la voient travailler la nuit / Ceux qui s’identifient aux héros de Ponson du Terrail / Celui qui porte le nom de Clément Douleur qui en impose à ceux qui savent la triste fin de sa mère écrasée un vendredi 13 par un tram bleu / Celle qui bouchonne le catcheur dont les fesses rebondies ont la consistance de la courge&amp;nbsp;crétoise&amp;nbsp;/ Ceux qui savent distinguer la scarole de la frisée et la trévise de la roquette / Celui qui a construit une estrade pour son lit à une place et y adjoindra un baldaquin au moment du&amp;nbsp;deux-places / Celles dont les soupes sont si consistantes que les cuillers s’y tiennent au garde-à-vous / Ceux qui laissent dans l’ancien pavillon de chasse des reliefs de festins et peut-être même d’orgies / Celui qui a connu (au sens biblique) &lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;la chaisière de la paroisse dans la chapelle désaffectée du château Peugeot / Celle qui lit Hérodote en surveillant la chèvre Amandine / Ceux qui aiment leurs enfants presque autant que leurs veaux / Celui qui prend à la glu les oiseaux pillards de son cerisier / Celle qui file des sucres d’orge aux jolis adolescents qui lui feront des choses à l’insu de l’épicier Lasueur / Ceux qui craignent de s’en aller sans avoir connu la griserie du Baptême de l’Air / Celui qui croyait voir le ciel de plus près du sommet de la Tour Eiffel / Celle qui aime jouer de la flûte douce durant la sieste de faucheurs / Ceux qui se voient enfants à la fenêtre alors qu’il s’est remis à pleuvoir sur la prison, etc.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: Arial;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Image: &lt;em&gt;la cabane de&amp;nbsp;JLK&lt;/em&gt;. Cette liste a été établie dans les marges du merveilleux récit de Jean-Louis Ezine, &lt;em&gt;Les Taiseux&lt;/em&gt;, paru cet automne&amp;nbsp;chez Gallimard et sur lequel je reviendrai.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Palatino Linotype&amp;quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;mso-spacerun: yes;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-indent: 35.4pt; text-align: justify;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: &amp;quot;Palatino Linotype&amp;quot;; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman';&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Ceux qui jactent</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 14:01:00 +0100</pubDate>
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&lt;div style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/1170800964.jpg&quot; alt=&quot;Panopticon756.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2084098&quot; /&gt;Celui qui ne veut plus « réacter », selon son expression, qu’à ce qui est Top / Celle qui se branche Full Wellness / Ceux qui se font mobber par la taupe des RH / Celui qui cafte par Devoir Citoyen / Celle qui impose son intimité bisexuelle à tout le compartiment du Pendolino/ Ceux qui ont un caisson de silence privatif dans lequel ils se claquemurent de plus en plus souvent / Celui qui s’est fait une réputation de probité en crachant sur tous les livres qu’il n’a pas lus / Celle qui suce celui qui lèche ceux qui rampent / Ceux qui parlent pour dire qu’ils n’en ont rien à secouer de Benoît XVI / Celui qui se congèle de ressentiment sans oser dire à la sous-secrétaire que son mépris le blesse / Celle qui répond de façon exquise à ceux qui la traitent de pétasse grave de leur seul regard de fans de Fogiel / Ceux qui parlent tous en même temps dans le coin fumée de l’Entreprise sans s’aviser du silence prolongé de Marjorie que vient de terrasser une rupture d’anévrisme / Celui qui préfère être au chômage que privé de primes d’excellence / Celle qui lance de faux bruits qu’elle dément pour se faire estimer de ceux qu’elle sciait / Ceux qui se passent de vieux chants de lutte sur leur i-pod en attendant la fin de la pause où il n’est question que des licenciements prochains / Celui va marcher en forêt pour retrouver le sens et la musique du mot clairière / Celle qu’inquiète le fait qu’un Appel hyper-important puisse lui arriver sur son portable dans le casier du vestiaire femmes de la piscine du Creux Bleu où elle fait ses 60 bassins quotidiens / Ceux qui ont compris qu’ils ont avantage à la fermer quand parle celui qui dit Je Parle en les fusillant de son regard de Chef de Projet, etc.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Image : Philip Seelen&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
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<title>Les collines de Pavese</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2005/07/25/les-collines-de-pavese.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Thu, 05 Nov 2009 10:39:31 +0100</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/346704735.jpg&quot; alt=&quot;Langhe.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2083719&quot; name=&quot;media-2083719&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En relisant &lt;em&gt;Travailler fatigue&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; De seize à vingt ans ils ont tous rêvé d’Amérique mais seuls quelques-uns sont partis, et, maintenant que le temps a passé, ceux qui sont restés et ceux qui sont revenus voient le pays autrement du fait que ceux qui sont revenus parlent de ce qu’ils ont vu là-bas et du pays dont ils se sont langui avant de le retrouver, et le pays est embelli d’avoir été quitté parce que le pays est vu d’Amérique, un garçon tendre encore voit l’homme dur qu’il admire en secret lui dire que les femmes de là-bas ne valent pas celles de la montagne ici quand le printemps fait bander les gars, et celui qui est revenu pose sa main sur l’épaule du plus jeune et lui murmure que nul pays n’est plus beau que les Langhe les soirs d’été, mais ce qu’il raconte est aussi fait pour chasser le plus jeune de l’ennui de ces collines, fous le camp mon garçon, ne reste pas, réponds à l’appel de la rue, ne reste pas seul avec les vieux, va tenter ta chance, va vivre ta vie…&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_cesarepavese.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.7em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Image des Langhe: Jacques Perrin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La ballade de tous les exils</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Wed, 04 Nov 2009 21:39:00 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/02/1134946834.jpg&quot; alt=&quot;Laferrière2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2082979&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Prix Médicis à Dany Laferrière et Médicis « étranger » à Dave Eggers. 2009, bon millésime...&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Après le Goncourt à Marie Ndiaye et le Prix Décembre à Jean-Philippe Toussaint, pour &lt;em&gt;La vérité sur Marie&lt;/em&gt;, paru chez Minuit, c’est un nouveau « doublé » d’excellent niveau que couronne le Prix Médicis 2009, considéré comme le plus «pointu» des prix littéraires de l’automne parisien. De fait, &lt;em&gt;L’énigme du retour&lt;/em&gt; du quinquagénaire haïtien Dany Laferrière, installé depuis 1976 à Montréal et déjà reconnu pour une quinzaine de livres savoureux, dont le premier parut en 1985 sous le titre de &lt;em&gt;Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer&lt;/em&gt;, est un des romans de la rentrée les plus toniques et les plus émouvants, aussi intéressant par sa forme de poème que par sa substance sensible. Trente ans après son exil de fils d’opposant à la dictature, l’écrivain, dès le soir où il apprend la mort de son père dans une chambre de Brooklyn où il se terrait, seul et désespéré, amorce un retour au pays, d’abord imaginaire puis réel, traversé par un souffle puissant et mêlant vitalité et nostalgie. D’une forme inhabituelle, en vers libres et fluides comme une grande ballade rythmée aux images simples et fortes à la fois, &lt;em&gt;L’énigme du retour,&lt;/em&gt; deuxième coup d’éclat de Grasset, est un récit autobiographique qui s’inscrit dans le droit fil du &lt;em&gt;Cahier d’un retour au pays natal&lt;/em&gt; d’Aimé Césaire.&lt;br /&gt; Pour faire bon poids dans un cercle étroit ( !), l’écurie Gallimard se place également en première place avec le Médicis « étranger » au jeune romancier américain Dave Eggers avec Le grand Quoi, autre roman « épique » marqué par la rencontre de l’auteur américain avec un réfugié des camps éthiopiens en exil aux States d’après le 11 septembre…&lt;br /&gt; Quant au Médicis de l’essai, il échoit à Alain Ferry pour &lt;em&gt;Mémoire d’un fou d’Emma,&lt;/em&gt; consolation des éditions du Seuil…&lt;/p&gt;
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<title>Lévi-Strauss, modeste humaniste</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/11/03/levi-strauss-modeste-humaniste.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 18:19:06 +0100</pubDate>
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&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/996167078.jpg&quot; alt=&quot;Lévi-Strauss2.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2080409&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Claude Lévi-Straus est mort, samedi 31 octobre dernier, dans sa centième année. Un choix de ses œuvres avait été rassemblé, sous son regard, dans un volume de La Pléiade, paru l’an passé. Révérence à l’écrivain…&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Au printemps 1941, entre le 25 mars et le 20 avril, Claude Lévi-Strauss et André Breton se retrouvèrent sur le même bateau à destination de la Martinique, « une boîte de sardines sur laquelle on aurait collé un mégot », dixit Victor Serge, chargé de quelque deux cents passagers fuyant le nazisme. Evoquant cette traversée, Lévi-Strauss décrit André Breton, au début de Tristes Tropiques, qu’on peut dire aujourd’hui son chef-d’œuvre. sous les traits d’un voyageur « fort mal à l’aise sur cette galère » en précisant que, « vêtu de peluche, il ressemblait à un ours bleu »…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Claude Lévi-Strauss, qui deviendrait l’un des plus grands anthropologues du XXe siècle, magnifique écrivain par ailleurs et digne centenaire de l’Académie française, n’était alors qu’un jeune ethnologue « américaniste » revenu de deux expéditions chez les Indiens bororo et au Mato Grosso avec ses première collections et observations. De douze ans son aîné, André Breton faisait déjà figure de « pape » du surréalisme, taxé d’«agitateur dangereux » par la France de Pétain. Une même passion pour l’art, la littérature et la politique (Lévi-Strauss avait un passé de socialiste actif) allait cependant rapprocher les deux hommes, qui converseraient durant ce voyage par lettres et de vive voix.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Or le lecteur retrouvera, dans Regarder écouter lire, le dernier des sept livres des &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt; de Claude Lévi-Strauss réunis (par celui-ci) dans la Bibliothèque de la Pléiade, un aperçu du débat qui les opposait alors. Breton y défend, notamment, le « spontanéisme » de l’art, le plus vrai dans son jet brut, tandis que Lévi-Straus, plus classique, rappelle l’importance du métier et de l’élaboration « secondaire » de l’œuvre. Plus tard, &lt;em&gt;L’Art magique&lt;/em&gt; de Breton suscitera d’autres objections plus fondamentales de Lévi-Strauss, et pourtant, avec le recul, les passions communes et les œuvres de ces deux grands écrivains se rejoignent dans leur apport respectif à la connaissance de l’homme par la littérature et à travers les arts. Tous deux sont des « bricoleurs » de génie, qui pratiquent par collages. Tous deux sont de grands explorateurs de la créativité humaine, attentifs à ses mythes et pratiquant le même décentrage par rapport à l’Occident.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Dans sa remarquable préface aux &lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt; de Lévi-Strauss, Vincent Debaene rappelle que « l’étude de l’homme est, par essence, littérature », non du tout au seul sens du « beau style » mais au sens d’un approfondissement de la connaissance qui « exige réflexion, lenteur et confrontation patiente aux données empiriques », à laquelle l’anthropologie peut être d’un grand apport. Sans narcissisme ni fétichisation du style, Lévi-Strauss développe, poursuit Debaene, « une écriture majestueuse qui fait songer à Chateaubriand pour la posture et à Bossuet pour le rythme ». Formules un peu solennelles cependant, à nuancer à la lecture de &lt;em&gt;Tristes Tropiques&lt;/em&gt;, d’un ton souvent très direct et d’une mélancolie fleurant le XXIe siècle (la mémorable conclusion, en hommage à la beauté des choses), mais qui inscrivent bel et bien l’anthropologue dans la filière classique des grands voyageurs-naturalistes-essayistes, tel un Montaigne, notamment, dans cette posture qui est de déférence envers le monde et l’homme nu, tranchant avec l’avidité contemporaine…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;Taxé d’«astronome des constellations humaines » Lévi-Strauss fut un grand lecteur des cultures conçues comme un ensemble de systèmes symboliques. Laissant les textes scientifiques les plus ardus, dégagées de la « mode » structuraliste, Ses Œuvres réunies ici visent le public cultivé mais non spécialisé. Avec &lt;em&gt;Tristes Tropiques,&lt;/em&gt; captivant parcours sur le terrain et fondation des thèses structurales, &lt;em&gt;Le Totémisme aujourd’hui&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;La pensée sauvage&lt;/em&gt;, suivie des trois «Petites Mythologiques » (&lt;em&gt;La potière jalouse&lt;/em&gt;, La voie des masques et &lt;em&gt;Histoire de lynx&lt;/em&gt;), celui qui se dit « humaniste modeste » a voulu retracer son parcours personnel sous son double aspect scientifique et littéraire, dont la conclusion de &lt;em&gt;Regarder Ecouter Lire&lt;/em&gt; marque le point de fusion du savant et de l’artiste.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; color: black; font-family: Verdana;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Œuvres&lt;/em&gt; de Claude Lévi-Strauss préface de Vincent Debaene ; édition établie par Vincent Debaene, Frédéric Keck, Marie Mauzé et Martin Rueff. Gallimard, «Bibliothèque de la Pléiade», 2062 p., 64 €&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt;&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: small; font-family: Times New Roman;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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<title>Ralentir: chef-d'oeuvre</title>
<link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/11/03/ralentir-chef-d-oeuvre.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (JLK)</author>
<category>Livre</category>
<pubDate>Tue, 03 Nov 2009 15:45:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/1232219377.2.JPG&quot; alt=&quot;Ikiru5.JPG&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2079997&quot; /&gt;&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Ikiru (Vivre),&lt;/em&gt; d’Akira Kurosawa (1910-1998), à la Cinémathèque. &lt;em&gt;Histoire permanente du cinéma&lt;/em&gt;, les 8 et 9 novembre.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Akira Kurosawa considérait &lt;em&gt;Ikiru&lt;/em&gt; (1952) comme son chef-d’œuvre. C’est en effet un film extraordinaire, dont le thème recoupe celui de &lt;em&gt;La mort d’Ivan Illitch&lt;/em&gt;, nouvelle non moins inoubliable de Léon Tolstoï. De quoi s’agit-il plus précisément ? D’un homme soudain confronté à sa mort annoncée, qui fait un bilan tout négatif de la vie qu’il a menée jusque-là et qui essaie de se sauver in extremis.&lt;br /&gt; Le film de Kurosawa retrace d’abord le portrait du personnage surnommé « la momie » par ses collègues de l’Administration dont il dirige la Section des citoyens; c'est type même du bureaucrate sclérosé qui s’oppose à toute réforme et notamment aux requêtes des citoyennes en matière de jardins d’enfants. Apprenant qu’il est atteint d’un cancer inguérissable, il commence par se lancer dans une débauche compulsive qui ne le satisfait guère, puis ce début de récit finit abruptement, et tout recommence alors tout autrement. La suite se passe ainsi dans un local où se trouve réunie une assemblée de femmes et d’hommes, sous le portrait voilé de crêpe de « la momie ». On comprend que c’est une cérémonie du souvenir, après la mort du personnage, l’on y boit beaucoup et les langues se délient.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/710265019.jpg&quot; alt=&quot;Ikiru1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; id=&quot;media-2080004&quot; /&gt;Comme dans &lt;em&gt;Rashomon&lt;/em&gt;, du même Kurosawa, c’est « en creux », par les témoignages alternés de ceux qui ont vu le défunt se transformer, durant ses derniers mois, que se reconstruit son portrait tandis qu’on voit le vieil homme, seul sur une balançoire de jardin public, sous la neige, murmurer un chant lancinant et mélancolique d’une lugubre splendeur. À relever l’interprétation, à commencer par celle, formidable, de Takashi Shimura. Le film est disponible en DVD.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne. Cinémathèque suisse: le 8 novembre à 21h, et le 9 novembre à 15j. Durée du film : 2h.22, vo sous-titrée en anglais.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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