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        <title>Carnets de JLK - fabienne_verdier</title>
        <description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
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                <title>Fabienne Verdier ou l’abstraction vitale</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Wed, 02 Jan 2008 17:27:33 +0100</pubDate>
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                    &lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/02/27c68060552bb06a043f7264084e412e.jpg&quot;&gt;&lt;/a&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/ff9034ad8dc401997f02240847b25b69.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-713299&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/ff9034ad8dc401997f02240847b25b69.jpg&quot; alt=&quot;ff9034ad8dc401997f02240847b25b69.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-713299&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;ENTRETIEN Un livre magnifique, rassemblant ses œuvres et un entretien avec Charles Juliet, illustre la démarche exemplaire de l’artiste.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le parcours existentiel et artistique de Fabienne Verdier fait figure, pour beaucoup, de véritable leçon de vie. Initiée à la calligraphie traditionnelle au fin fond de la Chine, au lendemain de la Révolution culturelle, ainsi qu’elle le raconte dans &lt;em&gt;Passagère du silence&lt;/em&gt;, l’humble disciple de Maître Huang Yuan est aujourd’hui une artiste de renommée internationale. Est-ce pour autant une « star » ? Le prétendre serait ne rien comprendre à ce qui l’anime ni à ce qu’elle vit... &lt;strong&gt;&lt;br /&gt; - Qu’est-ce qui, depuis votre rude apprentissage en Chine, a changé pour vous ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Pour l’essentiel rien n’a changé : j’en suis toujours à me battre pour me construire, et ce n’est pas plus facile aujourd’hui que dans mes périodes d’apprentissage les plus rudes. Cela tient d’abord au fait que la relation au monde actuel est très difficile. Le monde de la consommation fausse notre rapport à autrui autant qu’il menace chacun de nous. J’ai tout à fait conscience, par exemple, du danger que représente ce qu’on appelle le marché de l’art, auquel je participe pour vivre de ma peinture, mais avec réticence, sans aucun goût pour les mondanités, et je sens que plus ça ira et plus je m’enfermerai. Je constate que plusieurs de mes camarades artistes chinois, qui crevaient de faim quand je les ai connus, gagnent aujourd’hui des millions de dollars. Je m’en réjouis pour eux, mais l’art est autre chose pour moi qu’un moyen de se faire de l’argent. On n’a pas idée des sacrifices qu’il représente, et je me refuse d’ailleurs à produire pour vendre.. Je tiens à rester rare afin de préserver mon intégrité ; en fait je me bats contre le marché ! Par ailleurs, je détruis 80% de mes travaux. Ceci dit, je viens de passer deux mois durant lesquels, ayant à présenter mon livre en Belgique et en Suisse, j’ai fait d’innombrables rencontres à la fois émouvantes et stimulantes : de jeunes gens qui doutent de tout et que ma démarche encourage à poursuivre une recherche personnelle ; de vieilles personnes aussi qui me disent que ma peinture les aide à vivre ; et cela va plus loin que la jouissance esthétique : cela touche au sens de la vie. Bref, on me rend au centuple ce que j’essaie de donner.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Le grand collectionneur zurichois Hubert Looser vous a comparée aux maîtres de l’abstraction lyrique américaine, avant de vous inviter à « dialoguer » avec De Kooning, Cy Twombly ou Donald Judd par des créations qu’il a incorporées à sa collection. Comment l’avez-vous vécu ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Looser a découvert mon travail à Lausanne, à la galerie Pauli, puis il a débarqué dans mon atelier avec toute une documentation qui m’expliquait la parenté de mes recherches avec celles de Kooning, de Pollock ou de Barnett Newman, dont je ne me doutais pas. Or j’ai trouvé, chez ces peintres, une préoccupation spirituelle fondé sur des recherches que j’ignorais, recoupant la mienne. Jusque-là, je ne comprenais pas l’art radical d’un Donald Judd. Or la proposition si généreuse de Hubert Looser, de créer des œuvres en résonance avec ces maîtres m’a révélé leurs univers tout en m’aidant à mieux définir la spécificité de mon abstraction.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Dans quelle mesure celle-ci participe-t-elle encore de sa source chinoise ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;img name=&quot;media-713284&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/00/cf172548e2a0eb43eea71c2c91729688.jpg&quot; alt=&quot;4cf6caed941d39a865680d909ebc5acc.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-713284&quot; /&gt;- Il est évident que l’enseignement de mon maître reste une base fondamentale, avec tout ce qu’il implique. Les bâtonnets primordiaux, mais aussi la transmission d’un souffle immense. Ainsi je voulais que ma peinture s’ouvre à une dimension plus universelle, et c’est le sens aussi des grands formats que j’investis comme des paysages. Je m’y promène, J’y rêve. Par rapport aux abstraits américains, je ne me sens pas, comme eux, démiurges tout-puissants, mais plutôt dans la lignée du non-vouloir et d’une connaissance purement intuitive. Ma peinture est une peinture d’au-delà du désir d’art, elle s’accorde à une notion que le bouddhisme appelle l’« ainsité », exprimant avec fulgurance ce qui est ainsi, ce qui doit être ainsi et pas autrement. Sans jugement de valeur, « cela » chute dans le réel. Je foudroie la forme. C’est le sens de l’expression « entre ciel et terre ». Le tableau prend forme parce qu’on est en plein accord avec cette verticalité. J’ai alors le sentiment de travailler dans une sorte de mémoire primordiale. Nous sommes tous des fragments de mémoire. Je ne suis, pour ma part, qu’une petite tête chercheuse de cette mémoire incommensurable. Il y a en chacun de nous des milliards d’univers « à naître », et cette alchimie intérieure qui entre en résonance avec la nature – fondamentale pour moi – mais aussi avec les œuvres les plus diverses, les mystiques du moyen âge ou Gabriel Fauré, Leopardi ou Hofmannstahl, entre tant d’autres rencontres vivantes ou posthumes, constitue l’ « encre » d’où se précipite le trait de pinceau...&lt;img name=&quot;media-713291&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/af99a9950db515ceb44859b7ec3543bb.jpg&quot; alt=&quot;0b71c4886655f325183f6138d349999e.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-713291&quot; /&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Ainsi fulgure la beauté&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/span&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Un formidable trait vertical de pinceau rouge sur fond vert (couleurs de la passion) et le titre &lt;i&gt;Entre terre et ciel&lt;/i&gt;, constituent le fronton du magnifique ouvrage faisant&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; suite (notamment) à &lt;i&gt;L’unique trait de pinceau&lt;/i&gt; (Albin Michel, 2001), où se trouvait illustré, non moins somptueusement, la passage de l’œuvre calligraphique à la peinture,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; et à &lt;i&gt;Passagère&lt;/i&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-family: Arial&quot;&gt;du silence&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;(Albin Michel, 2004),&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-family: Arial&quot;&gt;récit de l’apprentissage et des tribulations chinoises de Fabienne Verdier. Devenue peintre à part entière, accueillie dans le gotha de l’art contemporain par le truchement de la galerie lausannoise d’Alice Pauli, Fabienne Verdier nous fait entrer ici dans le jardin secret d’île-de-France où, loin de la rumeur du monde, dans le voisinage privilégié de la nature, elle exerce son ascèse créatrice. Un entretien de haute volée, avec l’écrivain Charles Juliet, nous éclaire sur le processus de cristallisation de l’œuvre, de la plus simple donnée quotidienne à la plus profonde méditation, alors que deux reportages photographiques (un portrait en mouvement de Dolorès Marat et un aperçu du&lt;/span&gt;&lt;/em&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;Rituel du feu&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-style: normal; font-family: Arial&quot;&gt;, signé Naoya Hatakeyama, par lequel l’artiste brûle impitoyablement ses «&amp;nbsp;ratés&amp;nbsp;») nous font approcher la réalité physique du travail de Fabienne Verdier, pour lequel un atelier avec «&amp;nbsp;fosse à peindre&amp;nbsp;» a été construit par l’architecte Denis Valode. On se rappelle &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;alors que cet art de l’épure extrême procède d’un véritable combat, évoquant une sorte de danse de tournoyant derviche, avec un pinceau plus grand que l’artiste, suspendu au plafond et tenu verticalement, dont le trait va saillir comme une foudre liquide. Fascinante «&amp;nbsp;visite&amp;nbsp;», que prolonge l’émerveillement de quatre-vingt peintures admirablement reproduites, &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;où la beauté fulgure.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&amp;nbsp;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Fabienne Verdier&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Entre terre et ciel&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;. Texte de Charles Juliet. Photographies de Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Albin Michel.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;Charles Juliet.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;Entretien avec Fabienne Verdier&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;. Albin Michel, 73p.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/b&gt; &lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;(ce petit ouvrage constitue l'édition séparée de l'entretien figurant dans&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;&lt;b&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;Entre terre et ciel&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;/em&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;)&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: Arial&quot;&gt;Cet entretien a paru dans l'édition de &lt;em&gt;24 Heures&lt;/em&gt; du 18 décembre 2007.&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-713286&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/259de4a72b1d9d7f442192d9a1bf8c23.jpg&quot; alt=&quot;d08fa6bab0afdfd97d5b7828ac215587.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-713286&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>La Belle et la Bête</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Fabienne Verdier</category>
                                                <pubDate>Thu, 20 Sep 2007 22:40:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/72a39f535a91c3620699aa083176c566.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-559000&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/01/72a39f535a91c3620699aa083176c566.jpg&quot; alt=&quot;72a39f535a91c3620699aa083176c566.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-559000&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;Deux nouveaux livres hors normes de Fabienne Verdier et Umberto Eco&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Mes petites variations sur les thèmes de la beauté et de la laideur vont trouver ces prochains jours de nouveaux prolongements avec deux livres magnifiques.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-559005&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/6450bc57372668ab110ad4006bbfe655.jpg&quot; alt=&quot;acac9dda544e3ca0d89ca18afea791b1.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-559005&quot; /&gt;Le premier est dévolu à l’art et à la pratique de celui-ci, dans son nouvel atelier de la région parisienne, de Fabienne Verdier, approchée par Charles Juliet et accompagnée dans sa geste picturale par les photographes Dolorès Marat et Naoya Hatakeyama. Après &lt;i&gt;L’Unique trait de pinceau&lt;/i&gt;, illustrant le travail de la calligraphe, c’est le peintre à part entière qui nous accueille dans l’univers de signes et de fulgurances formelles de sa peinture qu’on dirait dansée – et c’est d’ailleurs bien ainsi quelle procède, manipulant d’énormes pinceaux suspendus entre ciel et terre. J’y reviendrai sous peu, en espérant une visite prochaine à la Sente des Fouines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-559025&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/1eb644ac9956f86b742a00ff292aed7a.jpg&quot; alt=&quot;17da620610ea197e3ca502e8651ba09b.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-559025&quot; /&gt;Du second, intitulé &lt;i&gt;Histoire de la laideur&lt;/i&gt; et rassemblant une prodigieuse iconographie,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; je relève&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; d’abord cette citation de Voltaire qu’Umberto Eco reproduit dans son introduction&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;Demandez à un crapaud ce que c’est que la beauté, le grand beau, le tò kalon. Il vous répondra que c’est sa crapaude avec deux gros yeux ronds sortant de sa petite tête, une gueule large et plate, un ventre jaune, un dos brun. Interrogez un nègre de Guinée&amp;nbsp;; le beau est pour lui une peau noire, huileuse, des yeux enfoncés, un nez épaté. Interrogez le diable&amp;nbsp;; il vous dira que le beau est une paire de cornes, quatre griffes et une queue&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Le beau a été théorisé à qui mieux mieux dans la culture occidentale, où le laid n’a jamais été qu’un repoussoir, en tout cas dans les grandes largeurs. Or l’univers du laid, relativement laid selon les époques, parfois d’une inquiétante beauté ou d’une joyeuse odieuseté, signe aussi du tragique ou du refoulé, est à redécouvrir à travers tous ses avatars, de l’Antiquité au romantisme ou du kitsch au camp…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-559019&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/5f7706825ecfffa6483363a5de644f53.jpg&quot; alt=&quot;085b41b7942c52ae1b873e444871a70e.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-559019&quot; /&gt;Fabienne Verdier. &lt;em&gt;Entre ciel et terre&lt;/em&gt;. Avec un texte de Charles Juliet, 86 œuvres et 56 photos en couleurs. Albin Michel, 272&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; p. 75 euros.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-559020&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/e2c1730cb6023f289a9ef15c2c8f39ec.jpg&quot; alt=&quot;ff74b4e876ea48e7254b9e1b128eac38.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-559020&quot; /&gt;Umberto Eco. &lt;em&gt;Histoire de la laideur&lt;/em&gt;. Flammarion, 451p&lt;/strong&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; &lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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                <title>Mademoiselle Fa</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Fabienne Verdier</category>
                                                <pubDate>Sat, 15 Sep 2007 06:45:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/be6df520aa68028b566a7d54048d2b5e.gif&quot; alt=&quot;083f2f33f8ee5fd736646106b30c1cc6.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;RENCONTRE Dans &lt;em&gt;Passagère du silence&lt;/em&gt;, Fabienne Verdier raconte son apprentissage du grand art de la Chine, au prix d'inimaginables difficultés.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Le rayonnement de certains êtres, par leur œuvre ou par leur simple présence, semble procéder d'une sorte de grâce, et c'est ce qui saisit précisément à l'approche de la peinture autant que de la personne de Fabienne Verdier, dont il émane la même lumière comme traversée de souffle vital. Rien pour autant de l'angélique suavité dans cette aura, ni de flatteur ou de seulement talentueux dans la beauté foudroyante de l'œuvre révélée par &lt;em&gt;L'unique trait de pinceau&lt;/em&gt;, dont nous découvrons aujourd'hui de quelle longue et parfois très douloureuse initiation cet art magistral marque l'accomplissement, alors même que Fabienne Verdier se dit toujours et encore, avec son mélange de complète humilité et de malice joyeuse, « une apprentie » ...&lt;br /&gt; Belle façon de rappeler ce qu'elle doit aux derniers maîtres humiliés et offensés de la Chine millénaire, dont l'héritage a été vilipendé par l'atroce Révolution culturelle de Mao, et auprès desquels elle a acquis en dix années très difficiles, et très belles aussi, les bases de l'art de la calligraphie, intimement mêlé à la tradition poétique et à la pensée chinoises. C'est d'ailleurs en hommage à ces grands lettrés, traités comme des gueux par les apparatchiks communistes, que « Mademoiselle Fa », ainsi que l'appelait l'un d'eux, a laissé ses pinceaux une année durant pour raconter son initiation dans un récit bouleversant d'humanité paru récemment sous le titre de Passagère du silence.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/9ccc9f8aacf985ead4b8922f38c65ed0.jpg&quot; alt=&quot;b6b9bece8c5f8d34422fdbd0f58455c3.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Au chemin de la Dame&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;Le temps d'une heure dérobée à sa tournée de promotion (une démarche qui lui sied aussi bien qu'un dentier à une crevette), une rencontre éclair avec Fabienne Verdier nous aura du moins permis de vivre, comme hors du temps, ce bonheur rarissime d'un partage immédiat de l'émerveillement que pouvaient inspirer, ce jour-là d'arrière-automne tissé de gris suprêmes et d'airs légers, les soies aux multiples bleus du lac et des monts de Savoie découverts du chemin de la Dame, cette étroite arête aux à-pics surplombant les vignes et l'eau et finissant dans l'entrelacs de ruelles de Rivaz. Or à chaque instant de cette balade, comme un enfant découvrant le monde au matin ou comme le poète chinois ivre au bord de l'étang nocturne plein de scintillements d'étoiles, Fabienne Verdier n'aura cessé de s'exclamer gaiement: « Mais regardez ci, mais regardez ça, mais quelle beauté !»&lt;br /&gt; Et de se rappeler tout haut les premières montagnes contemplées en son adolescence finissante, dans la maison de pierre de&lt;br /&gt; son père sculpteur, au pied des Pyrénées, où deux ans durant il l'aida à éprouver durement, entre pigments broyés et travaux à la vigne, sa vocation d'artiste. Puis d'évoquer la retraite actuelle de son vieux maître Huang Yuan où elle a demandé à un ami d'aller prendre de ses nouvelles: « C'est pour m'enguirlander, une fois de plus, qu'il m'a fait savoir, du fin fond de ses montagnes du Sichuan, que j'étais bien écervelée de m'inquiéter de sa santé alors qu'il est tout occupé à devenir immortel !»&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Une ardente exigence&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Au naturel, dans les gestes de sa peinture ou dans l'acte de mémoire que représente Passagère du silence, Fabienne Verdier en impose par le même mélange de spontanéité et de présence concentrée, d'extrême sensibilité et de force acquise au fil d'épreuves dont on dirait qu'elle a sciemment recherché les plus dures.&lt;br /&gt; « A 20 ans, explique-t-elle, pour pallier la vacuité prétentieuse d'une certaine ambiance avant-gardiste, et plus précisément l'incurie d'une Ecole des beaux-arts où l'on n'apprenait plus rien et que j'ai vécue comme un cauchemar, je me suis mise à étudier le chinois après avoir découvert les livres de François Cheng sur l'art et la pensée taoïstes, dans lesquels je me suis sentie en harmonie et qui m'ont fait pressentir une échappée de ce côté-là. »&lt;br /&gt; Ce que la jeune femme ne pouvait imaginer, évidemment, c'est que la voie la conduisant à l'antique civilisation chinoise constituerait un véritable chemin de croix dont la première station se situerait à Karachi, où elle serait violentée et abusée par une bande de brutes. Dès son arrivée en 1983 à Chongqing, dans le Sichuan, la candide boursière allait en outre se trouver confrontée aux rigueurs du système communiste et aux séquelles encore sensibles de la Révolution culturelle. Cloîtrée dans une piètre pièce à néon et paillasse à la porte de laquelle un dazibao interdisait à ses condisciples de « déranger l'étrangère » sous peine de graves mesures punitives, surveillée et censée ingurgiter le pire académisme, au milieu de 2000 étudiants encasernés aux gamelles numérotées, elle s'obstina cependant à penser que les gardes rouges n'avaient pas tout éradiqué et qu'il restait quelque part quelque maître à débusquer. Par l'entremise d'un jeune artiste insoumis dont elle ne manqua pas de tomber ensuite amoureuse, elle finit ainsi par rencontrer un vieux peintre et calligraphe taoïste du nom de Huang Yuan, qui commença par lui faire valoir qu'une étrangère, femme qui plus est, ne pourrait jamais suivre l'enseignement d'un maître chinois, proscrit de surcroît !&lt;br /&gt; Le b. a.-ba du bâtonnet ...&lt;br /&gt; Têtue comme une chèvre tibétaine, l'aspirante calligraphe allait cependant déposer, six mois durant, ses rouleaux de calligraphe à la porte du maître qui, bientôt convaincu de ses dispositions, la défia un jour en ces termes: soit dix ans à mon école, soit des nèfles ! Or ce sont ces années d'enseignement à la fois artistique et humain, essentiellement fondé sur le non-dit et brutalement interrompu par les troubles de 1989, que Fabienne Verdier raconte au fil de &lt;em&gt;Passagère du silence.&lt;/em&gt; D'un premier stage auprès du maître graveur de sceaux Cheng Jun, qui se fit couper une main par les gardes rouges, aux exercices basiques de la calligraphie (des milliers de bâtonnets à aligner jusqu'à les rendre vivants et vibrants ...) ordonnés par Huang Yuan, la jeune artiste allait progressivement acquérir plus qu'un métier: une connaissance nouvelle et globale engageant sa main-esprit et la préparant à un art libéré de toute contrainte apparente à proportion de la contrainte matérielle affrontée.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Sauvée par la beauté&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/5a9c9b6fae3f52bbde3a36c57791f72b.jpg&quot; alt=&quot;7e1bc2b08da20960777fc23ca1b2a4e8.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;Au cours de ces années, la vie quotidienne et les hommes n'auront cessé de faire ressentir le « poids du monde » à Fabienne Verdier, qui raconte aussi les révoltes étudiantes et quelques voyages au Tibet ou chez les minorités malmenées par les Chinois, tels les Yi. Par ailleurs, autre épisode haut en couleur, elle évoque sa participation à la mise sur pied de la tournée des bateliers-chanteurs du Yang-tseukiang accueillis au Festival d'Avignon en 1987.&lt;br /&gt; Frappée à deux reprises par de graves maladies, dont elle subit aujourd'hui encore les atteintes, Fabienne Verdier a également échappé à l'enlisement existentiel du fonctionnariat, dans des circonstances assez cocasses. Alors qu'elle travaillait momentanément à l'ambassade de France à Pékin, elle fut ainsi « rattrapée » par son maître Huang Yuan, venu spécialement du Sichuan pour la houspiller et lui signifier que, tonnerre, il ne lui avait pas prodigué son enseignement pour qu'elle finisse aussi lamentablement ! Se le tenant pour dit, elle interrompit sa carrière de conseillère culturelle et se consacre exclusivement désormais, dans son ermitage d'Ile-de-France, auprès du mari sinophile qu'elle a rencontré à Pékin et de leur fils, à sa passion pour la peinture et à la beauté qui, répètet-elle en son sourire radieux, l'aura finalement sauvée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Fabienne Verdier. &lt;em&gt;Passagère du silence&lt;/em&gt;. Albin Michel, 292 pp. Pour mémoire: L'unique trait de pinceau. Calligraphie, peinture et pensée chinoise. Albin Michel, 175 pp.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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