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        <title>Carnets de JLK - entre_cour_et_jardin</title>
        <description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
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                <title>La vérité selon Sacha Guitry</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 06 Apr 2008 21:24:09 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/1035841525.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/00/1035841525.jpg&quot; alt=&quot;1035841525.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-944957&quot; name=&quot;media-944957&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Succès « classique » immédiat avec Le nouveau testament, pièce étincelante à voir au Théâtre Kléber-Méleau, à Lausanne.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Une fois de plus, la formule « maison » fait gazer l’usine, si l’on ose dire. Sur un texte avec lequel on le sent pleinement en phase (la double thématique de l’âge et de la sincérité le touchent à l’évidence), Philippe Mentha règle une mise en scène claire et nuancée, quant à la direction d’acteurs, avec sept autres comédiens tous coulés dans leur personnage. A ces atouts s’ajoutent ceux de l’ «emballage cadeau» traditionnel, avec un superbe décor art nouveau signé Jean-Marc Stehlé, des costumes de Patricia Faget et des éléments musicaux griffés Nino Rota.&lt;br /&gt; Programmer Sacha Guitry ne revient-il pas à flatter le public, avec ce qu’il faut de bagatelle saupoudré de bons mots à la parisienne ? On pourrait le croire, tant l’image du brillantissime acteur-auteur reste liée à la figure du tombeur de haut vol dont on répète les formules fleurant le cynisme. Comme un Courteline, un Feydeau ou un Labiche, le théâtre de Guitry est souvent réduit aux dimensions du « boulevard », décrié après la Deuxième Guerre mondiale. Mais on revient à ces « vieilles lunes » pour y découvrir des auteurs moins superficiels qu’on avait cru. &lt;em&gt;Le nouveau testament&lt;/em&gt; en est la meilleure preuve, même si l’on y rit beaucoup, chose naguère suspecte…&lt;br /&gt; La vie des Marcelin n’a pourtant rien de rigolo au moment où le rideau se lève : le docteur et sa femme, la cinquantaine passée, ne partagent plus que les mondanités. Monsieur aimerait mettre sa vie «en révolution», engageant alors une nouvelle secrétaire, mais Madame, qui a déjà un jeune amant, ne voit pas d’un bon œil la jolie élue. L’hypocrisie règne d’ailleurs tous azimuts, et c’est un véritable tissu de mensonges dans lequel l’intrigue va soudain faire un trou gros comme ça à la faveur de la lecture inopinée du testament de Marcelin par sa femme et ses amis, qui le croyaient noyé. Passons sur le détail…&lt;br /&gt; On sait Philippe Mentha fan de Molière. Or on retrouve du contempteur de la tartuferie, dans une société aux règles tombant en désuétude, chez le Guitry à la fois cinglant et philosophe, comme apaisé par l’âge, ciselant ici une galerie de portraits d’une réelle densité. Les scènes où le docteur vieillissant parle avec son ancienne amante, femme de son plus proche ami, ou avec la jeune fille qui ne sera pas sa maîtresse, comme le craint sa femme, puisqu’elle est… le spectateur verra bien qui, dégagent une réelle émotion, tendre et nostalgique.&lt;br /&gt; Finissons par les fleurs aux huit comédiens réunis : Mentha (Marcelin) en tête, donne le ton de la justesse, Juliana Samarine (Lucie Marcelin) y ajoute une frémissante force fragile, entre angoisse de vieillir et désir de jouir encore, Juan Antonio Crespillo (son jeune amant) campe un irrésistible bellâtre piaffant, Virginie Meisterhans (la jeune secrétaire) éclate de juvénile crânerie, Caroline Cons (l’ancienne chérie du docteur) séduit autant par sa grâce survivante, Maurice Aufair (mari pataud de la précédente) ronchonne comme il faut, enfin Edmond Vuilloud compose une valet de chambre snob à souhait tandis que Lise Ramu dessine une silhouette de secrétaire sévère qui fait contre mauvaise fortune sourire résigné : vieillir se fait aussi dans l’inégalité. Poil au nez.&lt;br /&gt; Bref, mordant mais amical, Sacha Guitry fait une fois de plus assaut d’esprit, mais aussi de cœur, et le public savoure le cocktail.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne-Renens, ch. De l’Usine à gaz. Ma-me-je, 19h : Ve-sa, 20h.30. Li, 17h.30. Relâche lundi Location : 021 625 84 00, ou 021 619 45 45.&lt;br /&gt; Photo: Carole Parodi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; 
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                <title>Un théâtre de l’empathie</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Sun, 24 Feb 2008 09:35:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/a91581eeff37d71d27271edd248546a0.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-864567&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/a91581eeff37d71d27271edd248546a0.jpg&quot; alt=&quot;a91581eeff37d71d27271edd248546a0.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-864567&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;ENTRETIEN Un festival de théâtre pour lui seul : c’est le privilège d’Eric-Emmanuel Schmitt, cette semaine à Evian, où&amp;nbsp;8 de ses pièces sont présentées. A cela s’ajoutant &lt;em&gt;La tectonique des sentiments&lt;/em&gt;, jouée à Paris, et &lt;em&gt;La rêveuse d’Ostende&lt;/em&gt;, nouveau recueil de nouvelles.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Eric-Emmanuel Schmitt est aujourd’hui l’un des meilleurs «vendeurs» de la scène littéraire française, taxé d’auteur francophone le plus lu dans le monde en 2003, et multipliant les succès par ses livres, traduits en plus de 30 langues, autant que par les représentations théâtrales et les films qui en sont tirés - l’Académie française lui ayant décerné son Grand prix de théâtre pour l’ensemble de son oeuvre. Limpidité de l’expression, primat de l’imaginaire et de l’émotion appliqué à des situations humaines universelles, optimisme existentiel sur fond de quête spirituelle : tels sont quelques-uns des atouts de l’écrivain, qui prépare actuellement l’adaptation cinématographique d’ &lt;em&gt;Oscar et la dame rose…&lt;br /&gt;&lt;/em&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Des huit pièces qui vont être données à Evian, pourriez-vous dégager un caractère commun ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - Cela me serait difficile sans regard extérieur, mais le fait que mes pièces soient jouées dans une cinquantaine de pays me permet d’évaluer ce qui est perçu en général de mon théâtre : un mélange de divertissement et de réflexion sur la vie. J’aime raconter des histoires qui aient un sens, et j’aime créer des personnages très divers et parfois égarés, sans les juger. Je ne fais de théâtre à thèse même si j’aime bousculer les gens par les questions que je pose et les situations que je propose, sans les troubler gratuitement. Dans &lt;em&gt;Oscar et la dame rose&lt;/em&gt;, j’ai touché au tabou de la maladie mortelle de l’enfant, mais ce sujet à faire fuir a touché les publics du monde entier par le fait, je crois, qu’il débouche sur l’acceptation de la vie. Mon théâtre reste accessible à chacun, jouant sur la simplicité et le sérieux si possible non affiché. Voltaire disait qu’une histoire drôle doit être courte, et je dirais qu’il en va de même d’une histoire sérieuse…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Comment l’idée de &lt;em&gt;La tectonique des sentiments&lt;/em&gt; vous est-elle venue ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - De l’histoire de Madame de la Pommeraye, dans &lt;em&gt;Jacques le fataliste&lt;/em&gt; de Diderot, qui entreprend de se venger. Mais je voulais aller au-delà de la vengeance d’une femme: dans une sorte de parcours initiatique où elle découvrirait finalement les impasses de la passion et de l’orgueil. J’ai personnellement une grande méfiance à l’égard de la passion, bien sûr fondée sur l’expérience, et c’est ce que je voulais évoquer : ce tumulte de gens qui aiment ou croient aimer, et se blessent en aimant mal.&lt;br /&gt; - &lt;strong&gt;Comment construisez-vous vos personnages ?&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;- Essentiellement par empathie. Ce ne sont pas des marionnettes que je manipule, mais des individus que j’essaie de comprendre comme des clients de bistrots que j’écouterais parler de leur vie. Cela fait un peu « bateau » de dire qu’on est « à l’écoute » de ses personnages, mais c’est bel et bien comme ça que je vis : un peu comme une éponge à la Simenon, un auteur que j’adore pour sa façon de faire de la littérature qui se moque de la littérature. Le grand écrivain égyptien Naguib Mahfouz m’a dit un jour qu’il se nourrissait lui aussi de tout ce qu’il entendait dans les cafés et les rues du Caire, ce qu’on pourrait dire la voix de l’humanité.&lt;br /&gt; - &lt;strong&gt;Tant dans &lt;em&gt;La tectonique des sentiments&lt;/em&gt; que dans &lt;em&gt;La rêveuse d’Ostende&lt;/em&gt;, vous réservez de beaux rôles à de vieilles dames…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - C’est vrai que les vieilles personnes ont parfois beaucoup à nous apprendre, alors que la société actuelle tend à les oublier, et je suis très sensible au fait qu’elles sont souvent dépositaires d’un secret. Or cela aussi est un aspect que je déplore aujourd’hui : qu’on n’en finisse pas de se confesser en public et de se livrer à tous les déballages, sans respect du vrai secret de chacun.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;- Vous venez tout droit des Lumières, notamment par Diderot auquel vous avez consacré votre thèse, tout en professant une foi respectueuse du mystère. Qu’est-ce à dire ?&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; - J’ai beau être agrégé de philosophie et m’être consacré dans mes jeunes années à la recherche de LA vérité : il m’a fallu déchanter de ce côté-là, mais l’expérience de la vie, et certaines leçons cuisantes, plus encore la découverte du mystère enveloppant notre condition de mortels, m’ont fait écrivain, du côté de ceux que j’appelle les « chevaliers de l’incertain». Tout ce que j’écris est structuré par le doute. Je pourrais dire comme Diderot que je m’endors « pour » et me réveille « contre », et j'ajouterai enfin que tout mon trajet de vie consiste, bien plus qu’à le résoudre : à apprivoiser le mystère…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Eric-Emmanuel Schmitt. &lt;em&gt;La tectonique des sentiments&lt;/em&gt;. Albin Michel. La pièce est actuellement à l’affiche à Paris, au Théâtre Marigny-Hossein, avec Clémentine Célarié et Tcheky Karyo. Jusqu’au 30 mars.&lt;br /&gt; &lt;em&gt;La rêveuse d’Ostende&lt;/em&gt;. Nouvelles. Albin Michel.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Huit d’un coup…&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Pendant quatre jours, du jeudi 28 février au dimanche 2 mars, la ville d’Evian-les-Bains se met à l’heure d’Eric-Emmanuel Schmitt : dix troupes de la région jouant actuellement ses pièces ont décidé de se réunir pour lui rendre hommage. Elles présentent au Théâtre Antoine Riboud (théâtre du Casino) à la Médiathèque et à la MJC: &lt;em&gt;Variations énigmatiques&lt;/em&gt; ;&lt;em&gt;Mr Ibrahim et les fleurs du Coran&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;Le Visiteur&lt;/em&gt; ;&lt;em&gt;Petits crimes conjugaux&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;Oscar et la dame rose&lt;/em&gt; ; &lt;em&gt;Hôtel des deux mondes&lt;/em&gt; ;&lt;em&gt;La nuit de Valognes&lt;/em&gt; ;&lt;em&gt;Le Libertin&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt; Les spectacles seront donnés en plusieurs points de la ville : le Théâtre Antoine Riboud (Théâtre du Casino), la Médiathèque et la MJC. L’auteur fera le déplacement de Bruxelles pour la circonstance.&lt;br /&gt; Evian-les-Bains, du 28 février au 2 mars. Infos : Horaires et planification sont susceptibles d’être modifiés ; avant tout déplacement renseignez-vous à l’Office du tourisme : 04 50 75 04 26 ou 04 50 94 20 51. http://www.eviantourism.com&lt;/p&gt;
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                <title>Pierrot le fou le reste</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Thu, 17 Jan 2008 05:50:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/e55a50651b1e194a4c66873a28c5f56e.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-778413&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/02/e55a50651b1e194a4c66873a28c5f56e.jpg&quot; alt=&quot;e55a50651b1e194a4c66873a28c5f56e.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-778413&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;La Compagnie Un air de rien revisite &lt;em&gt;Pierrot le fou&lt;/em&gt; de Godard en évitant le recyclage complaisant. A voir à Vidy.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Quel sens cela peut-il bien avoir, plus de quarante ans après le choc artistique qu'a constitué la sortie de &lt;em&gt;Pierrot le fou&lt;/em&gt; (en 1965), de revisiter au théâtre l'un des films «cultes» de Jean-Luc Godard, alors même que celui-ci dénonce aujourd'hui le manque de créativité des nouvelles générations? Comment échapper au réchauffé, voire à la resucée débile, étant entendu que ce qui survit du film tient essentiellement au cinéma, plus exactement: à la géniale «musique de plans» de Godard? Après &lt;em&gt;Bonnie and Clyde&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Sailor and Lula&lt;/em&gt;, cette énième cavale des amants libertaires ne se réduirait-elle pas à un recyclage opportuniste?&lt;br /&gt; Telles sont les questions que se seront posées d'aucuns avant d'assister au &lt;em&gt;Pierrot le fou&lt;/em&gt; de la Compagnie Un air de rien, dans une mise en scène très inventive de Sandra Gaudin et une (belle et efficace) scénographie de Sylvie Kleiber, assistée par Joan Ayrton pour l'horizon pictural, avec une équipe de trentenaires fringants pour complices, dont sept comédiens pétants de talentueuse santé.&lt;br /&gt; Qu'est-ce que &lt;em&gt;Pierrot le fou&lt;/em&gt; à l'origine? En gros, pour citer un bout du scénario de Godard, c'est l'histoire de Ferdinand et Marianne qui «sautent dans l'eau en riant. Ils ne réussissent pas à sauver les valises mais s'en foutent, et s'éloignent en se tenant par la taille. Le long de la plage déserte, éclairée par le soleil couchant, la mer efface la trace de leurs pas.» C'est donc une histoire d'amants sur la plage du monde, ici et maintenant, dont on va suivre les traces de pas avant que la mer ne les efface, à moins que ça ne finisse à la mitraillette, comme dans les polars à quatre sous, et qu'il en reste du rouge, assorti à la robe de la dame...&lt;br /&gt; Au théâtre, maintenant, c'est tout de suite la question du langage qui est posée par une petite fille au ballon à Pierrot vautré dans sa baignoire et lisant sa propre histoire pour lâcher justement ce mot de «langage»: «Ah mais, m'sieur, le langage, c'est quoi?»&lt;br /&gt; Eh bien, voici ce que c'est: c'est du piapia de pub gorillé, ce sont les formules de la persuasion clandestine et de la philosophie à La petite semaine de Suzette postmoderne, c'est du patchwork de clichés émaillant tous les discours de tous les pouvoirs et de tous les affects du monde qui nous entoure autant en 2008 qu'en 1965, y compris les images pastichant la téloche ou les journaux gratuits.&lt;br /&gt; C'est plus précisément la &lt;em&gt;road story&lt;/em&gt; de Marianne et Ferdinand préludant à celle des &lt;em&gt;Valseuses&lt;/em&gt; de Blier ou de &lt;em&gt;Tueurs nés&lt;/em&gt; de Stone, mais avec les moyens du théâtre. Donc c'est redécoupé pour la scène, avec un montage de plans ad hoc, un dialogue recousu pile-poil «sur la bête». Et «la bête» vivante sur scène: sept comédiens en chair et en os pour dire la vie vite au moyen d'un éventail d'expressions touchant à toutes les formes, via le chant et la danse, la citation légendaire (le couple en Dauphine), le clin d'oeil au burlesque américain ou à la bande dessinée anarchisante, notamment.&lt;br /&gt; Les acteurs réunis en l'occurrence sont tous épatants, à commencer par Diane Müller et Christian Scheidt (Marianne et Ferdinand), bien entourés par Hélène Cattin avec ses jolis nénés à l'air de femme superactuelle, Jean-Paul Favre qui chante et danse avec la grâce d'un éléphanteau de revue, Shin Iglesias «dégageant» elle aussi un max, Magali Tosato jouant Magali Tosato comme dans un film de Godard, et Nicolas Rossier en Godard à cigare pour l'envoi final.&lt;br /&gt; Surtout, avec musiques et lumières (Pascal Noël, Ben Merlin et Guitos Fournier), costumes (Marie-Christine Meunier) et objets plus ou moins automobiles combinés dans l'ensemble du montage, sans temps morts ni trous d'espace, le ton du spectacle, en crescendo, «sonne» juste, ludique, intelligent et rigolo, le pied léger. Rien d'un «jeunisme» de pacotille dans cette réalisation chaleureusement accueillie, mais comme un air de jeunesse tonifiant...&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne, Théâtre de Vidy, jusqu’au 3 février. &lt;a href=&quot;http://www.theatrevidy.ch/&quot;&gt;www.theatrevidy.ch&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cet article a paru dans l'édition de 24 Heures du 17 janvier 2008.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Freud et Dieu causent grave</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 09 Nov 2007 11:15:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/02/7b0838241783a91e418e024f03b7cc4b.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-653154&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/02/7b0838241783a91e418e024f03b7cc4b.jpg&quot; alt=&quot;7b0838241783a91e418e024f03b7cc4b.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-653154&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Le visiteur&lt;/em&gt; d’Eric Emmanuel Schmitt, mis en scène par Gildas Bourdet&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais qu’est-ce que ce truc ringard ? Voilà ce qu’on pourrait se demander d’abord en découvrant le décor brunâtre représentant un intérieur viennois fleurant le vieux rat savantasse, où apparaissent d’abord un octogénaire chenu et sa fille quadra plus vraiment bimbo... Ensuite le thème, mes aïeux : Sigmund Freud qui reçoit, en 1938, la visite d’un drôle de type, qui est peut-être un dingue échappé de l’asile ou Dieu déguisé en dandy magicien, avec lequel il va « causer grave » pendant qu’Anna, sa fille, se fait interroger par les brutes de la Gestapo ! Autant dire : la totale.&lt;br /&gt; Et c’est exactement ça, près de quinze ans après la création du &lt;em&gt;Visiteur,&lt;/em&gt; qui a glané 3 Molière dans la foulée et fut représenté dans le monde entier, alors que le texte a été vendu à plus de 40.000 exemplaires: la totale non moins que tardive (!) surprise&amp;nbsp;d’une pièce grave et belle, qui n’a pas pris une ride alors qu’elle relève d’un genre remontant à l’époque de Sartre et Camus, servie par des interprètes également remarquables, à commencer par Benoît Verehaert dans le rôle adorablement méphistophélique de Dieu, face auquel Alexandre von Sivers campe un Freud en héros de la Raison poignant d’humanité.&lt;br /&gt; Gildas Bourdet signe la mise en scène de cette version qui accentue magnifiquement le dessin de chaque personnage, pour mieux détailler et éclairer le grand débat qui s’y joue.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne. Espace culturel des Terreaux, dernière le 11 novembre à 17h.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Une amitié salvatrice</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Entre cour et jardin</category>
                                                <pubDate>Thu, 01 Nov 2007 14:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/3b93e7b8a20243e84fa826f5e7677e4e.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-637891&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/01/3b93e7b8a20243e84fa826f5e7677e4e.jpg&quot; alt=&quot;3b93e7b8a20243e84fa826f5e7677e4e.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-637891&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;strong&gt;Serge Merlin porte &lt;em&gt;Le neveu de Wittgenstein&lt;/em&gt; de Thomas Bernhard avec une intensité sensible prodigieuse.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;L’extraordinaire émotion théâtrale que nous vaut ces jours la représentation du &lt;em&gt;Neveu de Wittgenstein&lt;/em&gt; de Thomas Bernhard dans l’interprétation tantôt désopilante et tantôt bouleversante de Serge Merlin, touche, à partir de la perception tragi-comique de notre chère et putain de condition humaine, à tous les registres de l’expression, de la douceur délicate à l’invective explosive, en passant par les nuances pathétiques ou grotesques d’un récit que la pudeur de l’écrivain fait avancer masqué.&lt;br /&gt; On réduit souvent Thomas Bernhard à sa posture (indéniable) d’imprécateur, alors que c’est aussi un inégalable chroniqueur de sa vie et de son époque fracassées, dont les récits « autobiographiques » récemment réunis en un volume (notamment &lt;em&gt;L’Origine,&lt;/em&gt; &lt;em&gt;La Cave&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Souffle&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Le Froid&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Un Enfant&lt;/em&gt; *) cristallisent la substance douloureusement compulsive et la formidable musique.&lt;br /&gt; &lt;em&gt;Le neveu de Wittgenstein&lt;/em&gt;, sous-intitulé &lt;em&gt;Une amitié&lt;/em&gt;, se rattache à cette confession d’un enfant du XXe siècle marquée par les relents du nazisme et le désastre de l’après-guerre autrichien, la tuberculose et la rage folle d’échapper à la mouise et à le crétinerie récurrente des philistins ; surtout : par l’émotion partagée avec quelques «êtres vitaux » dont le grand-père, une femme jamais nommée et, ici, un rejeton rejeté de la milliardaire clique des Wittgenstein, passionné de musique et de littérature, d’art et de philosophie. Si ce récit, publié en 1982 et dont le déclencheur remonte à 1967 dans un hôpital viennois où l’auteur séjournait pour l’ablation d’une tumeur au thorax, n’est pas explicitement destiné au théâtre, sa tournure de monologue à vrilles plus ou moins frénétiques en fait un objet vocal et dramatique aux ressources exceptionnelles, ainsi que le prouve Serge Merlin de toute l’âme de son corps dans la version scénique que lui ont finement retaillée Bernard Levy, par ailleurs metteur en scène, et Jean-Luc Vincent, dans une scénographie et des lumières magnifiquement accordées de Giulio Lichtner et Jean-Luc Chanonat.&lt;br /&gt; &lt;img name=&quot;media-637921&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/a58a743ee1be46178b730f699492ba80.jpg&quot; alt=&quot;abdb0e5e1bb6bdfda8f7bc65bb41d244.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-637921&quot; /&gt;Dès la première évocation des retrouvailles de Thomas Bernhard et de son ami Paul Wittgenstein, respectivement encagés au Pavillon Hermann du service de pneumo-phtisiologie de la Baumgartnerhöhe, et dans le Pavillon Ludwig de l’asile psychiatrique du Steinhof, séparés par un grillage plein de trous, le rire se mêle à l’effroi et à l’émotion plus tendre. De la même façon, le comique, parfois énorme (la charge contre les promenades à la campagne et la nature en général, ou le morceau d’anthologie sur les prix littéraires qui sont autant d’occasion pour les philistins de « chier » sur la tête des artistes), l’effroi (la solitude de Paul le paria, ou le désespoir de Thomas le suicidaire) et l’émotion (la fin déchirante où Thomas se reproche sa lâcheté devant la mort annoncée de Paul) se fondent en unité dans la musique de cet hymne joyeusement funèbre à l’amitié et à ce qui nous sauve de tout ce qui pèse sur le corps de nos âmes...&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne, Théâtre de Vidy, &lt;em&gt;Le neveu de Wittgenstein&lt;/em&gt;. Coproduction Chaillot/Vidy. Salle de répétition, jusqu’au 18 novembre.Tlj à 19h30, dimanche à 18h30. Lundi relâche. Durée 1h3o. Loc : Payot librairie et 021 619 45 45&lt;br /&gt; (*) Thomas Bernhard. Gallimard, coll. Biblos, 505p.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/2169e3f05b6ec2af29fdeab7e41e5a80.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-637899&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/2169e3f05b6ec2af29fdeab7e41e5a80.jpg&quot; alt=&quot;2169e3f05b6ec2af29fdeab7e41e5a80.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-637899&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Images: Mario del Curto&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Ce cher fou de Platonov</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Entre cour et jardin</category>
                                                <pubDate>Mon, 29 Oct 2007 18:44:11 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;A la Grange de Dorigny, Gianni Schneider signe sa meilleure mise en scène avec un Platonov merveilleusement servi par Roland Vouilloz et ses camarades.&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/665a38bb4917022f0321c2a3f14059e0.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-632767&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/00/00/665a38bb4917022f0321c2a3f14059e0.jpg&quot; alt=&quot;665a38bb4917022f0321c2a3f14059e0.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-632767&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; Un cliché tenace assimile l’œuvre d’Anton Pavlovitch Tchekhov, et notamment son théâtre, à une suite de tableaux doux-acides de la province russe pré-révolutionnaire où des personnages plus ou moins ratés ou revenus de tout, entourés de femmes plus ou moins mélancoliques, distillent leurs velléités et leurs regrets sur fond de mélancolie et d’ennui. Cette image éclate à la découverte des premiers récits virulemment satiriques du jeune écrivain, et Platonov, sa première pièce jetée sur le papier au tournant de sa vingtième année, révèle également un observateur cinglant de la société et des comportements humains, dont un humour irrésistible pimente des dialogues merveilleusement vifs, témoignant d’une incroyable maturité chez le jeune auteur. Il est vrai que celui-ci avait « vu du pays », comme on dit, dès son enfance de prolétaire évoquant celle des gosses de Dickens, et que son œil de clinicien (il finira sa médecine en 1884) s’exerce déjà avec une absolue netteté, laquelle n’empêche aucunement la plus amicale compréhension.&lt;br /&gt; L’ondoyant Platonov, évoqué à un moment donné comme l’incarnation de la jeunesse russe indécise et jouisseuse, est ainsi le plus fieffé tombeur, et se dit lui-même la dernière des crapules, mais on ne l’en aime pas moins en dépit de ses frasques et des dégâts qu’il fait sur son passage, jusqu’au (presque) suicide de sa propre épouse, qu’il se réjouit surtout de n’avoir pas le souci d’enterrer…&lt;br /&gt; Si Platonov n’a pas, et de loin, la perfection formelle des &lt;em&gt;Trois sœurs&lt;/em&gt; (déjà montée par le metteur en scène lausannois) ou de &lt;em&gt;La cerisaie&lt;/em&gt;, le « matériau » psychologique (plus que la chancelante trame dramatique) qu’il propose à l’homme de théâtre n’en est pas moins riche, et particulièrement dans le jeu des relations entre Platonov et les femmes, qui constitue d’ailleurs l’axe majeur de l’adaptation d’Olivier Zuchuat travaillée par Gianni Schneider.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;img name=&quot;media-632775&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/02/02/80d26da698cf2c6e70d1c128a92b689c.jpg&quot; alt=&quot;dcbc83ca1530deff35e10ba9ea763ed9.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-632775&quot; /&gt;Un pari casse-cou&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Celui-ci a choisi de servir Platonov à ses acteurs « tout nus », si l’on peut dire, en les faisant jouer sans le moindre accessoire sur un damier de jeu d’échecs. Celui-ci correspond d’ailleurs à la première scène de la pièce, et toute celle-ci se déroulera en fonction de ce choix scénographique parfaitement adapté, comme un ballet de figures en confrontation.&lt;br /&gt; De ce parti pris relevant du défi, le metteur en scène tire une relecture de Platonov certes partielle, mais tout à fait cohérente, qui doit beaucoup à l’équipe de comédiens réunie par Schneider, à commencer par Roland Vouilloz dans le rôle-titre, dont le crescendo de l’interprétation vaut à elle seule le déplacement. Or ce formidable comédien n’est pas seul : il y a ensuite Juliana Samarine en générale encore jeune (veuve de général plus exactement), dont le jeu époustoufle également par sa netteté cinglante et sa malice pince-sans-rire. Et Juliana Samarine non plus n’est pas seule, car Shin Iglesias étincèle non moins, de même que les grands « pros » Edond Vuilloud et Jacques Probst, en vieux ciselés à la fine gouge, et l’équipe entière, à savoir encore Sandra Gaudin et Jean-Paul Favre, Mathieu Loth, Geneviève Pasquier et Julien Schmutz.&lt;br /&gt; Bel « objet » théâtral, cette réalisation est également très maîtrisée du point de vue visuel, autant par sa scénographie (signée Eleni Kaplani et Gianni Schneider), ses lumières (Laurent Junod) et ses éléments musicaux (Jean Rochat), ses costumes (Lara Voggensperger) et ses incrustations vidéo (Eugene Dyson). Enfin, comme le public « marche » à fond, notre conseil final suivra le mouvement : marche !&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne, Grange de Dorigny, jusqu’au 11 novembre. Loc : 021 692 21 24&lt;br /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Le silencieux volubile</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/09/23/le-silencieux-volubile.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Entre cour et jardin</category>
                                                <pubDate>Tue, 25 Sep 2007 05:49:51 +0200</pubDate>
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                    &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/41127b84c682f8412290d632319e493d.jpg&quot;&gt;&lt;img name=&quot;media-563581&quot; src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/media/01/01/41127b84c682f8412290d632319e493d.jpg&quot; alt=&quot;41127b84c682f8412290d632319e493d.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; id=&quot;media-563581&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;Hommage&amp;nbsp;à Marcel Marceau&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;La disparition de Marcel Marceau ne manquera pas, comme le préfigurait hier le déferlement d’hommages officiels, amicaux ou pseudo-amicaux, de susciter un feu d’artifice d’images plus «&amp;nbsp;poétiques&amp;nbsp;» les unes que les autres, le qualifiant tantôt de «&amp;nbsp;magicien du silence&amp;nbsp;», de «&amp;nbsp;funambule des étoiles&amp;nbsp;» faisant clignoter son bip-bip ou d’ambassadeur silencieux de l’humanité bavarde.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Le personnage de Bip, que le Juif alsacien né Marcel Manguel &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;inventa au lendemain d’une affreuse guerre où il fit lui-même acte de résistance au côté de son frère, alors que leur &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;père pris en otage mourrait à Auschwitz, est devenu une sorte de cliché, comme le petit prince de Saint-Exupéry ou, avant eux, le Pierrot lunaire de la tradition théâtrale populaire auquel Jean-Louis Barrault prête sa mine fardée dans &lt;i&gt;Les Enfant du Paradis&lt;/i&gt; de Marcel Carné. Pourtant, dès que Marceau réapparaissait sur scène, ledit cliché redevenait image vivante et signifiante.&lt;span&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Simplicité enfantine, épure de l’expression et du geste, langage immémorial et universel chorégraphiant l’homme de toujours et de partout: tels étaient les composants de l’art de Marcel Marceau, qui eut le premier mérite de rafraîchir et de populariser la pantomime remontant à l’Antiquité occidentale tout en essaimant dans toutes les cultures. Parmi ses sources personnelles, les comiques du cinéma américain (à commencer par Charlot, mais également Buster Keaton dans ses vacillements et ses grimaces) ont compté, autant ensuite que l’observation directe de la comédie humaine. Plus profondément, sa parole silencieuse, il l’a expliqué, relaya le mutisme sidéré des revenants des camps de la mort, sans que cela se perçoive pour autant dans ses «&amp;nbsp;récits&amp;nbsp;». Ceux-ci avaient atteint une perfection classique qui ne se renouvelait guère que par le frémissement d’une présence. La magie de la représentation, et l’émotion incarnée,&lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt; bien moins perceptible à la télévision, passaient alors jusque dans la énième répétition de ses séquences les plus célèbres, de l’homme marchant contre le vent (repris par Michael Jackson) à la plus symbolique et «&amp;nbsp;incontournable&amp;nbsp;» cage de verre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;«&amp;nbsp;Marcel c’est l’homme du mystère&amp;nbsp;», disait Raymond Devos de Marceau, dont il hérita, malgré sa bedaine et sa faconde, une part de la grâce dansante. Plus épuré, comme les personnages d’un Beckett ou d’un Giacometti, l’homme de Marceau pratiquait la pantomime comme &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;«&amp;nbsp;un art qui hypnotise&amp;nbsp;», selon la propre expression de l’artiste. Celui-ci avait hésité entre diverses formes d’expressions avant de suivre &lt;span&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;les cours de théâtre du mythique Charles Dullin et de trouver, à cette enseigne, sa voie chez le mime Etienne Decroux. En fondant sa propre compagnie, il avait inscrit au répertoire des mimodrames et des pantomimes tels que &lt;i&gt;Le Manteau&lt;/i&gt; d’après Gogol, &lt;i&gt;Le Joueur de flûte,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Paris qui rit, Paris qui pleure&lt;/i&gt;. C’est cependant avec Bip qu’il aura fait le tour du monde et qu’il restera dans toutes les mémoires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;Son héritage se perpétue en outre doublement, à la fois par l’enseignement qu’il dispensa en fondant en 1978 son Ecole internationale de mimodrame, fort de la conviction qu’un art qui ne se transmet pas est amené à mourir, et par les multiples hommages que constituent d’innombrables citation, bien au-delà de la seule pantomime muette, dans les cirques et les théâtres, de Zouc au clown Pic, entre tant d’autres - partout où le rire et l’émotion continuent de nous parler tandis que Marcel Marceau lui-même à cessé de se taire…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot; style=&quot;margin: 0cm 0cm 0pt; text-align: justify&quot; class=&quot;MsoNormal&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 10pt; font-family: Arial&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cet hommage a paru dans les éditions de &lt;em&gt;24Heures&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;La Tribune de Genève&lt;/em&gt; du 24 septembre 2007.&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/01/17/grandeur-et-ruine-de-mokhor.html</guid>
                <title>Grandeur et ruine de Mokhor</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/01/17/grandeur-et-ruine-de-mokhor.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Entre cour et jardin</category>
                                                <pubDate>Fri, 08 Jun 2007 22:27:32 +0200</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_mokhor.2.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Une épopée poétique flamboyante&amp;nbsp;de René Zahnd&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; C’est l’histoire éternelle de la grandeur et de la ruine d’une cité humaine, qui devrait sa fortune à l’exploitation d’un gisement de sel. La Mokhor de René Zahnd fait évidemment penser aux royaumes disparus de l’Afrique d’avant la colonisation, et les échos de celle-ci, les tribulations des indépendances et des dictatures qui en sont issues se perçoivent également au fil de ce poème épique, mais le palais décati dont le narrateur est le gardien pourrait être celui de &lt;em&gt;L’automne du patriarche&lt;/em&gt;, et ses décombres évoquent à la fois ceux de la récente &lt;em&gt;Guerre&lt;/em&gt; de Lars Noren. L’ample chronique qui se déploie, tissée d’épisodes à la fois réalistes et légendaires, de contes et de petits dialogues frottés d’humour où apparaissent notamment une petite fille aux questions candides, un guérisseur charlatan, un chef de guerre et un militant désespéré, saisit par son pouvoir d’évocation et son mélange de vitalité et de tristesse, rappelant les écrits de maints auteurs du tiers-monde, tel &lt;em&gt;Le pleurer-ri&lt;/em&gt;re d’un Henri Lopes. En crescendo prenant, l’histoire aboutit à l’affrontement symbolique du poète-rebelle Bakour et du guerrier Yarko, qui se disputent les faveurs d’une Meryem rappelant, non sans emphase, une certaine Hélène antique…&lt;br /&gt; Fou d’Afrique, dont il aime et connaît les couleurs, les oiseaux, les femmes (superbement célébrées en l’occurrence), les gens et leur culture, René Zahnd a composé &lt;em&gt;Mokhor,&lt;/em&gt; sans doute son plus beau texte de théâtre à ce jour, pour Hassane Kouyaté, lequel se réapproprie &lt;em&gt;physiquement&lt;/em&gt; la partition, entre murmure hypersensible et clameur, avec autant de naturel malicieux que d’intensité dramatique. Dans un beau dispositif scénographique de Gilles Lambert, évoquant un campement sommaire que domine une échelle-tour dont le relief s’accuse sous les éclairages clair-obscurs de Liliane Tondellier, Philippe Morand règle une mise en scène à la fois rigoureuse et limpide, rendant la poésie de l’ouvrage, et ses multiples flèches de sens, avec générosité.&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne. Théâtre de Vidy, en reprise.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
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                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/04/26/contre-pedants-et-faux-culs.html</guid>
                <title>Contre savantasses et faux-culs</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2007/04/26/contre-pedants-et-faux-culs.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Entre cour et jardin</category>
                                                <pubDate>Thu, 26 Apr 2007 07:25:00 +0200</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Moliere.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Moliere.jpg&quot; alt=&quot;medium_Moliere.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Les Femmes savantes&lt;/em&gt; selon Philippe Mentha, c’est toute la verve cinglante de Molière dirigée contre les cuistres et les tartuffes, modulée avec malice. Un régal à savourer à Kléber-Méleau&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; On rit de bon cœur en assistant, une fois de plus, au gorillage de l’affectation pédante et de l’hypocrisie puritaine que stigmatise Molière dans &lt;em&gt;Les Femmes savantes&lt;/em&gt;. Ce cher Poquelin se moque-t-il de la femme qui aspire à s’instruire et à s’émanciper de sa seule condition ménagère ? Bien plutôt, visant autant l’homme que la femme, il brocarde la cuistrerie et, plus grave, l’hypocrisie des dévots qui prônent le tout-Esprit pour mieux exercer leur pouvoir. Trois siècles après la création de la pièce (en 1672, un an avant la mort de Molière) la critique est toujours pertinente. Il n’est que de remplacer Trissotin par le docteur Lacan adulé par un parterre de snobs, entre autres exemples impliquant les nouvelles dévotions et les nouvelles censures.&lt;br /&gt; Ainsi que le rappelle Philippe Mentha, Molière, qu’on a parfois taxé de misogynie, ne délivre pas ici un « message »: il incarne un débat ou le bon naturel (Henriette) se défend contre la pose savantasse (sa mère, sa tante et sa sœur aînée), où la sincérité de l’amour (Clitandre) s’oppose à la convoitise (Trissotin), où la culture vécue (populaire avec Martine, aristocratique chez Clitandre) bat en brèche la fatuité sorbonicole. Si le contenu polémique de la pièce est d’époque, sa défense du sens commun nous parle, autant que nous font toujours rire les figures de la femme-dragon et du mari jouant les coqs en son absence et se faisant tout chapon dès qu’elle rapplique.&lt;br /&gt; Il y a 28 ans de ça, en novembre 1979, la nouvelle troupe de Renens jouait son existence, sans subvention, sur une magistrale réalisation de &lt;em&gt;Tartuffe&lt;/em&gt;, annonçant déjà un style « maison », avec une interprétation apparemment traditionnelle mais non moins originale par ses accentuations, et un somptueux décor « en dur » de Jean-Marc Stehlé. Avec ces &lt;em&gt;Femmes savantes&lt;/em&gt; d’aujourd’hui, Philippe Mentha règle une mise en scène également classique de tournure, mais épurée et portée par un souffle tonifiant. Ainsi de la joute inénarrable de Clitandre et de Trissotin, qui se déroule… dans la chambre à coucher de ces dames. Si le comique est parfois accusé jusqu’au grotesque (les scènes du sonnet ou de la bisbille des pédants), c’est à bon escient, et le ridicule ne tue aucun personnage, sauf l’affreux Trissotin, cagot vaniteux auquel Christian Gregori donne la triste mine glaçante d’un démon mesquin.&lt;br /&gt; Dans les rôles principaux, Séverine Bujard est une formidable Philaminte, à la fois écrasante et jovialement décalée dans son rôle de bas-bleu contraint en sa plantureuse chair. On voit bien aussi que le tempérament impétueux d’Armande est en contradiction avec ses poses « philosophiques », comme le fait sentir Virginie Meisterhans. Punie d’avoir snobé Clitandre (Juan-Antonio Crespillo, superbe lui aussi en fougueux jeune homme lucide et loyal), elle souffre de ce que celui-ci ait rabattu sa flamme sur sa sœur Henriette, campée avec grâce et malice par Alexandra Tiedemann. Quant au Chrysale de Philippe Mentha, il est non moins attachant, jusque dans sa faiblesse, que son frère Ariste, autre honnête homme que Nicolas Rinuy campe avec une élégance virevoltante. Mais il faudrait citer tout le monde, Samy Benjamin épatant en Vadius, Fabienne Guelpa en Bélise ou Hélène Firla en Martine (en alternance avec Lise Ramu), notamment. La scénographie de Gilbert Maire est aussi du pur Kléber-Méleau, de même que la musique de Daniel Perrin et les beaux costumes de Patricia Faget. Autant parler de pleine réussite, saluée debout par le public de la première…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Renens. Théâtre Kléber-Méleau. &lt;em&gt;Les femmes savantes&lt;/em&gt;, jusqu’au 29 mai. Loc : 021 625 84 29.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cet article a paru dans l'édition de &lt;em&gt;24Heures&lt;/em&gt; du 26 avril 2007.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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                <title>Pinget à la tropicale</title>
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                <author>noreply@ (JLK)</author>
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                                                <pubDate>Fri, 09 Feb 2007 09:45:00 +0100</pubDate>
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                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/thumb_Architruc.35rvb.jpg&quot; alt=&quot;medium_Architruc.35rvb.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Un &lt;em&gt;Architruc&lt;/em&gt; dopé aux rythmes africains&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; Farce douce-acide à la fois mordante et subtile dans sa mise en abyme du jeu des personnages, où Robert Pinget « détourne » le cliché de la critique d’un pouvoir ubuesque en y introduisant les éléments « trop humains » de l’amitié et de la mélancolie existentielle, &lt;em&gt;Architruc&lt;/em&gt; est une pièce délicate dont les ressources du texte exigent beaucoup de ses interprètes, que ceux-ci privilégient son verbe ciselé ou qu’il choisissent de l’aborder de façon plus physique et clownesque, comme on le voit ces jours à La Passerelle dans la version d’Ahmed Madani, créé à l’enseigne du Centre dramatique de l’océan indien et de la compagnie Teat la Kour, où la musique (signée Lego) et la danse « africaines » ont une belle part.&lt;br /&gt; Dans une très jolie scénographie (style castelet à transformations) de Raymond Sarti, le jeu des trois protagonistes oscille entre la bouffonnerie et la tendresse, où les mimiques impayables du tyranneau Architruc (Miselaine Soobraydoo), la gestuelle gracieusement désarticulée de son ministre Baga (Erik Isana) et les belles interventions musicales (notamment) de leur cuisinier (Roméo Andriamandresy Hasivelo, dit Lego), font l’originalité du spectacle, tout en couleurs et en verve endiablée, sans que la « sauce » ne prenne pourtant, tout au moins lors de la première représentation.&lt;br /&gt; Cela tient-il au décalage entre un texte trop raffiné et un jeu si expansif, ou, plus trivialement, aux conditions de la représentation qu’on imaginerait plus volontiers à ciel ouvert, au milieu d’une foule festivalière ou villageoise ? Le fait est qu’on éprouvait un pincement au cœur, mercredi soir, devant l’accueil plutôt froid réservé à une si généreuse équipe…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Lausanne, Théâtre de Vidy, La Passerelle, jusqu’au 25 février. Me-je-sa à 20h.30. Ve à 19h. Di à 18h. Relâche lundi. Durée : 1 heure. Loc. : 021 / 619 45 45.&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
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