<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0">
    <channel>
        <title>Carnets de JLK - blaise_cendrars</title>
        <description>Riches Heures de lecture et d'écriture</description>
        <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/blaise_cendrars/</link>
        <lastBuildDate>Wed, 20 Aug 2008 19:20:51 +0200</lastBuildDate>
        <generator>HautetFort.com</generator>
        <copyright>All Rights Reserved</copyright>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/11/03/la-gueule-de-cendrars.html</guid>
                <title>La gueule de Cendrars</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/11/03/la-gueule-de-cendrars.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Blaise Cendrars</category>
                                                <pubDate>Wed, 10 Jan 2007 09:10:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cendrars8.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cendrars8.JPG&quot; alt=&quot;medium_Cendrars8.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Le regard de Doisneau&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt; La figure de Blaise Cendrars relève de la légende voire du mythe, pour ne pas dire du folklore littéraire (l’écrivain-bourlingueur, n’est-ce pas), au point que souvent ledit cliché risque d’occulter l’œuvre, rééditée chez Denoël dans une formule qui peut se discuter (l’appareil critique en est vraiment élémentaire) mais au moins accessible dans les grandes largeurs. Or le temps pourrait bien être venu de faire retour à Cendrars, à la fois au poète et au rhapsode en prose, à l’inventeur de formes et au mystificateur mystique reconstruisant le monde au fil d’un voyage essentiellement imaginaire et verbal, mais à partir d’un substrat d’expériences et de rencontres, de choses vues et vécues, d’objets trimballés ou contemplés qui donnent une épaisseur particulière à sa transposition poétique. Revenir à la &lt;em&gt;Prose du Transsibérien&lt;/em&gt; ou aux &lt;em&gt;Pâques à New York&lt;/em&gt;, à &lt;em&gt;Moravagine&lt;/em&gt; ou à &lt;em&gt;L’homme foudroyé&lt;/em&gt;, à &lt;em&gt;Dan Yack&lt;/em&gt; ou au &lt;em&gt;Lotissement du ciel&lt;/em&gt; : voyage fabuleux en perspective, avec un écrivain qui fut à la fois&amp;nbsp;un grand vivant&amp;nbsp;et un érudit lettré, un être simple et complexe dont la gueule seule nous raconte des tas d’histoires…&lt;br /&gt; La gueule de Cendrars, les mains du manchot (la droite se devine comme un bout d'aile invisible…), sa façon de se tenir, les gens avec lesquels il fraie, Cendrars fumant sa clope derrière un cactus, à sa table, à côté du bois pour l’hiver, avec un groupe de gamins gitans, dans une rue d’Aix-en-Provence, au soleil, dans la pénombre de la pauvre cuisine où il écrit dans une doublure de manteau à l’air de vieux sac : telles sont les images du poète que le jeune Doisneau, qui n’avait pas encore de nom, a fixées lors d’une première rencontre en Provence qui allait se prolonger, en 1949, avec un livre évoquant &lt;em&gt;La banlieue de Paris&lt;/em&gt;, initialement paru à lausanne à l’enseigne de la Guilde du Livre.&lt;br /&gt; C’est une bien belle idée que de réunir ces photos de Doisneau, entre autres documents (lettres manuscrites, coupures de presse, chronologies des deux compères, planches des « contacts » originaux) dans ce superbe album, avec un commentaire liminaire de la fille du poète, Miriam Cendrars, qui « raconte » la rencontre de Cendrars et Doisneau (en octobre 1945) et détaille ce que chaque photo « raconte » elle aussi. Dans une évocation complémentaire de &lt;em&gt;Doisneau la malice,&lt;/em&gt; Jérôme Camilly cite son ami photographe lui parlant de Cendrars : « Il avait un tel poids humain qu’il pouvait s’adresser à n’importe qui ». Cela même que disait aussi Henry Miller, juste avant de rappeler que chez Cendrars ce poids humain allait de pair avec la légèreté et le souffle de l’ange, Cendrars supervivant et poète…&lt;br /&gt; &lt;strong&gt;&lt;em&gt;Doisneau rencontre Cendrars&lt;/em&gt;. Buchet-Chastel, 119p.&lt;br /&gt; &lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/thumb_Cendrars40001.JPG&quot; alt=&quot;medium_Cendrars40001.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                        <item>
                <guid isPermaLink="true">http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/11/07/cendrars-en-verite1.html</guid>
                <title>Actualité de Cendrars</title>
                <link>http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2006/11/07/cendrars-en-verite1.html</link>
                <author>noreply@ (JLK)</author>
                                                <category>Blaise Cendrars</category>
                                                <pubDate>Thu, 23 Nov 2006 14:30:00 +0100</pubDate>
                <description>
                    &lt;p&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cendrars02.2.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/images/medium_Cendrars02.2.JPG&quot; alt=&quot;medium_Cendrars02.2.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; border-width: 0px&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dernières parutions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;L'actualité de Cendrars est relancée ces jours par la publication de quatre livres marquant, du même coup, la fin de la réédition des &lt;em&gt;Oeuvres&lt;/em&gt; annotées par Claude Leroy, chez Denoël. Avec les volumes 13, 14 et 15 de cette série s'achève ainsi une édition assortie d'un appareil critique léger. Le dernier volume, reprenant les fameux entretiens de Cendrars avec Michel Manoll,&amp;nbsp;&lt;em&gt;Blaise Cendrars vous parle...&lt;/em&gt; illustre parfaitement le travail de mise en perspective de Claude Leroy, qui détaille par exemple les circonstances dans lesquelles ont été réalisés ces entretiens et l'énorme travail de refonte accompli par Cendrars pour le passage de l'oral à l'écrit.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Autre transcription passionnante relevant du même genre: Celle de &lt;em&gt;Qui êtes-vous ?,&lt;/em&gt; émission de radio qui rassemble ici, autour de Cendrars, divers interlocuteurs (dont les écrivains Emmanuel Berl et Maurice Clavel) qui s'affairent à pousser le poète dans ses derniers retranchements, d'où il échappe le plus souvent avec des prodiges de malice affabulatrice ou de mauvaise fois. Un certain Dr Martin, jouant les psychanalystes, parvient cependant à le transporter, soudain, sur le terrain de l'absolue sincérité, et tout l'entretien s'en trouve éclairé d'une autre lumière. La pauvre Berl ne semble pas bien comprendre à quelle&amp;nbsp;sorte de vérité&amp;nbsp;se réfère Cendrars, alors que les propos de celui-ci tissent une véritable profession de foi poétique sur fond, quelque peu inattendu, de pessimisme philosophique nourri de Schopenhauer.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le continent Cendrars n'a cessé, ces dernières années, de se trouver cartographié par moult&amp;nbsp;diligents chercheurs tous plus ou moins liés au Fonds Cendrars des Archives littéraires suissses. Ces travaux ont nourri, comme elle le révèle d'entrée de jeu, la nouvelle édition de la grande biographie de son père dont Miriam Cendrars avait publié une première mouture en 1984. Monumentale, cette biographie entremêle le récit&amp;nbsp;d'une vie et&amp;nbsp;les innombrables écrits procédant de celle-ci ou la réinventant, d'une manière incessamment créatrice. Fils d'un&amp;nbsp;inventeur raté qui s'inventait déjà tout un monde dans ses palabres de bistrot, le jeune Sauser devenu Cendrars a passé par une multitude d'avatars souvent peu connus, parfois peu glorieux, mais&amp;nbsp;dont l'ensemble constitue bel et bien une légende de la littérature du XXe siècle.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;Deux affabulations du poète, rapportées par&amp;nbsp;Claude Roy&amp;nbsp;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;strong&gt;&quot;&lt;/strong&gt;Blaise Cendrars, quand je le rencontrai, était un vieil homme. Manchot, boucané, la trogne d’un adjudant de la Coloniale qui aurait eu du génie dix minutes avant Apollinaire. &lt;em&gt;La prose du Transsibérien&lt;/em&gt;, les &lt;em&gt;Pâques à New-York&lt;/em&gt; : mon cœur bat toujours en lisant ces poèmes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un grand malheur avait frappé Cendrars : la mort de son fils. Un peu de hargne aussi l’avait atteint, comme un peu de mal-mûri gâte une vieille pomme rouge : Cendrars était, tout compte fait, un célèbre méconnu. Il consolait sa grande peine, et ses petits ressentiments, en fabulant à sa machine à écrire. Un de ses livres d’alors s’intitule &lt;em&gt;Histoires vraies&lt;/em&gt;. C’est hâbler dès le titre. Cendrars galopait au large du réel.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Un jour, j’avais été lui rendre visite à Aix-en-Provence. Pendant tout le déjeuner il m’avait parlé du célèbre tableau du Maître de l’Annonciation d’Aix. Je n’avais pas de chance. La toile était justement en voyage. Elle avait quitté l’église de la Madeleine, envoyée il ne savait où pour une de ces expositions temporaires qui font voir du pays aux chefs-d’œuvre. Mais ça ne faisait rien : Cendrars avait exactement le tableau dans l’œil. Il le connaissait comme sa poche. Il l’avait étudié pendant des mois et des mois. Il avait même fait à son sujet des découvertes capitales. Il avait acquis la certitude que l’auteur de cette Annonciation était un de ces satanistes déguisés en peintres pieux qui abondaient au XVè siècle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ils camouflaient sous une orthodoxie apparente leurs blasphèmes et leurs défis. La preuve, c’est que le bouquet qui, dans l’Annonciation d’Aix se trouve aux pieds de la Vierge est composé sournoisement de toutes les fleurs chères à Satan, et aux treize mille démons, Séddim, Schirim, Bélial, Belzébuth et leur cohorte sulfureuse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le peintre avait rassemblé dans un pot de cuivre la flore de l’enfer : le chardon stérile, la racine de houx, la mandragore, l’iris noir, toutes les fleurs du jardin du mal. Cendrars était intarissable sur ses découvertes. Il les étayait d’une scintillante érudition où les traités de démonologie, les Pères de l’Eglise, les descriptions des théologiens de l’Eglise syriaque, l’Histoire de la Magie en France du bon Garchet et les traités persans d’astrologie venaient à la rescousse.&lt;br /&gt; Après le déjeuner, nous allâmes en flânant jusqu’au Musée, et dans la seconde salle, je tombai sur la toile de l’Annonciation d’Aix. Elle y était accrochée temporairement, parce qu’on faisait des travaux dans l’église de la Madeleine. Je me précipitai sur le bouquet dont Cendrars m’avait entretenu pendant une bonne partie du déjeuner. Pour découvrir que le peintre avait représenté avec autant d’amour que de minutie, non pas les végétaux vénéneux que m’avait décrits le poète, mais (plus innocemment) deux lys blancs, une campanule bleue et une rose rouge.&lt;br /&gt; « Regardez, Cendrars ! » M’écriai-je.&lt;br /&gt; Il se pencha, examina avec un œil stupéfait le bouquet que je lui désignai, se releva avec une expression souveraine d’indignation :&lt;br /&gt; « Ah les salauds !s’écria-t-il : ils ont fait des repeints ! »&lt;br /&gt; L’année suivante, après une journée à Aix en compagnie de Cendrars, il m’emmena boire à la fin de l’après-midi le verre des adieux dans un petit bar du cours Mirabeau. Il ne pouvait m’accompagner jusqu’à la gare, où j’allais prendre le train, mais avait décidé de faire un bout de chemin avec moi.&lt;br /&gt; « Vous avez vu, me dit-il, le patron de ce petit bar devant lequel nous venons de passer ? C’est Charlot, un vieil ami à moi. Ah si nous avions eu le temps, j’aurais aimé que vous bavardiez avec lui ! C’est un personnage étonnant. Il est bistrot, mais il a en même temps la passion de l’archéologie, des vieilles pierres, de l’histoire. Pendant l’occupation, c’est lui qui a organisé l’évasion des résistants de la prison d’Aix. »&lt;br /&gt; « Quelle évasion ? » demandai-je.&lt;br /&gt; « Oh ! tous les journaux en ont parlé. On a même décoré Charlot après la Libération . Il était peut-être le seul aixois à connaître l’existence du souterrain creusé au Moyen Age, un souterrain qui réunissait le Palais de Justice à la place où avaient lieu les exécutions capitales. Charlot a réussi de sa cellule à en trouver le tracé, à creuser au bon endroit pendant des nuits avec ses camarades, et finalement à y faire passer douze personnes avec lui, qui attendaient d’être fusillées par les Allemands. Une nuit, ils ont filé et les Allemands ne les ont jamais rattrapés. »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je quittai Cendrars, arrivai à la gare, pour m’apercevoir que j’avais raté mon train. Schéhérazade ne donne pas la vertu d’exactitude à ceux qui l’écoutent. J’avais deux heures à tuer en attendant le prochain départ, et je décidai de retourner bavarder avec le nommé Charlot.&lt;br /&gt; Il fut très aimable. Dommage : il n’avait jamais été en prison sous l’occupation. Il n’y avait malheureusement eu aucune évasion de la prison ni du Palais de Justice. Personne n’avait entendu parler du fameux souterrain qui réunissait la Conciergerie à la place des exécutions capitales.&lt;br /&gt; Mais quoi ? Quel mal y avait-il là ? Cendrars avait été heureux deux heures. Je l’avais été avec lui...&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;strong&gt;Propos rapportés par Claude Roy in &lt;em&gt;Somme toute, anatomie du mensonge&lt;/em&gt;. Paris Gallimard.1976. Page 215-217.&lt;br /&gt; Photo de Robert Doisneau: Blaise Cendrars et les Gitans d'Aix-en-Provence.&lt;br /&gt; Cette citation de Claude Roy a été retrouvée par Bona Mangangu, citée sur son blog (cf liens ci-contre).&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
                </description>
                            </item>
                </channel>
</rss>