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La potion du charlatan

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(Chroniques de la Maison bleue, II. À propos du dernier opuscule de Roland Jaccard)

Revenu de dix jours d’hosto avec une ordonnance longue comme un bras, j’ai trouvé dans mon courrier le dernier opus de mon ami Roland dont la dédicace prétendait que cette Confession d’un gentil garçon fût « mieux qu’un médicament ». Le souffle !

Et pourtant il y avait du vrai dans cette crânerie de charlatan insomniaque et sûrement hypocondre sur les bords. RJ sait de quoi il parle en matière de médocs durs et de médecine douce genre littérature : il s'est d’ailleurs servi de moi en tant que «mule» d’un somnifère interdit en France qu’il m’a chargé de lui ramener à Paris avec la complicité d’un certain Dr Mouton, autre charlatan probable.

Au reste je n’insulte pas notre prétendu «gentil garçon» en le taxant de charlatanisme puisque c’est lui-même, et dans cette confession plus que jamais, qui se traite de monstre, de scélérat notoire et de néant sur pattes, comme par manière d’homéopathie préventive et en toute mauvaise foi bonne: Je vous dis pis que pendre de moi pour vous mettre à l’aise (ou vous couper l’herbe sous les pieds) ensuite de quoi rendez-vous chez Yushi !

L’avant-dernière fois que nous avions rencard chez Yushi, le restau japonais minable de la rue des Ciseaux dont il a fait son point de chute, RJ a dû me supplier par téléphone de le rejoindre tant je me sentais mélancolique et agoraphobe ce soir-là, craignant surtout d’affronter sa cour de nymphettes et de jeunes gandins snobs, mais non, promis - juré, nous serions seuls et le sage chinois l’avait dit : c’est avec de l’homme qu’on soigne l’homme. Et c’est de la même façon que mon charlatan préféré osait prétendre maintenant qu’un petit recueil d’ euphorismes - néologisme superbe soit dit en passant, emprunté à Grégoire Lacroix - constituerait un «meilleur médicament» que le cocktail prévu par les spécialistes de l’hosto.

Et c’est vrai, même si l’on n’apprend rien de décisif qu’on ne sache déjà du vaurien dans cette confession rebrassant ses thèmes au gré de nouvelles variations, avec cette liberté de ton et cette élégance elliptique de pseudo-cynique pseudo-nihiliste jouant l’indifférence et le détachement en toute sincérité - mais si!

On lit et relit Amiel comme on lit et relit Léautaud: par hygiène et pour s’huiler les rouages; et les fragments du grand journal épars de Roland Jaccard ont sur moi le même effet distanciateur, condensateur et curieusement libérateur.

Quant au contenu médicamenteux détaillé de cette potion de faux charlatan faisant pièce aux vraies arnaques de l’époque, je suis à l’instant trop flagada pour en établir plus précisément le rapport - donc à chacune et chacun de se pointer chez la pharmacienne de l’ami Roland...

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