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17.05.2008
Mon art contemporain
De Lascaux à Alexandre Rosa et Fabien Clairefond...
L’avantage certain de n’avoir aucune éducation académique en matière d’art facilite l’approche décontractée de celui-ci, au seul gré de son goût et de ses intuitions. L’une d’elles, en ce qui me concerne, a toujours été que la notion d’art contemporain, pas plus que la notion de poésie contemporaine, n’avait de validité dans le sens linéaire, voire hégélien, d’une continuité fatale et d’un progrès cumulatif. La merde en boîte de Piero Manzoni est certes notre contemporaine, mais Lascaux, Uccello, Bâcho, Goya ou les jeunes Rosa et Clairefond me touchent plus immédiatement que ce conceptuel caca-là, comme autant de flèches lancées à travers le temps et m’atteignant hic et nunc, ici et maintenant, « direct au système nerveux » comme le disait Philippe Sollers à propos de Francis Bacon.
Il y a là quelque chose de sexuel. La peinture est à mes yeux, malgré ses états apolliniens (le Cézanne sorti du lit de ses négresses) l’art le plus sexuel, du moins est-ce, le nez cherchant l’huile et la couleur incarnée, ce qui me semble dans sa part physique et sauvage, qui a ma préférence un jour sur deux (le lendemain je me repose et je lévite devant Cézanne ou Duccio). Le temps du sexe pictural va du désir obscur à la jouissance extatique. C’est comme ça qu’il nous sort du territoire clos de notre cercle solitaire ou du musée et nous lance dans la couleur et le mouvement même immobile d’une sorte de musique des sens: c’est ce que j’aime dans les paysages du jeune Alexandre Rosa, dont j’ignorais jusqu’à l’existence il y a trois semaines de ça. Ce flamboiement sanglant et sombre incendie la toile de Goya à Soutine et à Bacon, et je suis physiquement et poétiquement touché de retrouver un reflet de ce que ce dernier appelait la flaque dans les portraits-paysages de Rosa, qui sont une musique romantique d’arbres crépusculaires ou de murs mélancolique…
On me dira que la peinture de ce jeune homme est hors d’âge. Je n’en ai cure, ni qu’il ait trente ou cent trente ans. Plus ou moins contemporain de Courbet comme son ami Clairefond est plus ou moins contemporain de Dürer, en disciples plus ou moins lointains de maîtres anciens qui me sont aussi contemporains que Véronèse ou que Soulages - mais à présent que ce présent devienne contemporain de demain : c’est tout ce que j’espère, sans souci de la mode mais à la conquête de tout ce qui les fera flamber plus avant…
Images : Alexandre Rosa, Alentours de Reims, 33x46cm. Avril 2007.
Fabien Clairefond, La Seine-Billancourt, huile sur carton, 25x25,5cm
12:04 Publié dans Les yeux fertiles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : art, littérature





Commentaires
A mon sens, Alexandre Rosa pratique une peinture "couillue" (je crois que c'est une expression de Cézanne).
Ecrit par : Fabien Clairefond | 17.05.2008
UNE LANGUE COMME UNE AUTRE
Le monde est un sexe qui parle
De sa jouissance permanente
Glaciation extatique et chaleureuse
Du pur instant de douceur
De tous les langages
Bouton de rose incandescent
A la lèvre charnue d'où perle
L'aquarelle des mirages
Aux huiles essentielles
Et aux pigments veloutés
Ecrit par : gmc | 20.05.2008
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